On le sent dans sa voix, et dans les petites étincelles qui apparaissent dans ses yeux dès qu’elle en parle : la grimpe, c’est ce qui fait vibrer Nolwen Berthier. Deuxième Française à avoir enchaîné un 9a+ avec Supercrackinette à Saint-Léger, cette Lyonnaise de 32 ans, désormais installée dans le Sud, interroge sans relâche la pratique qu’elle aime tant. Et si réussir en escalade ne se mesurait pas uniquement au degré, mais aux valeurs que l’on décide d’y projeter ? Interview. « Ça fait pile vingt ans que je grimpe cette année ». Rencontrée dans sa salle d’escalade à Vitrolles, proche de Marseille, Nolwen semble étonnamment reposée pour quelqu’un qui vient de terminer sa séance d’entraînement. Vingt ans de grimpe derrière elle, et toujours autant de passion : d’abord centrée sur la compétition de haut niveau — elle côtoie l’équipe de France pendant près de dix ans, jusqu’en 2019 — Nolwen lève le pied pour se tourner pleinement vers l’extérieur. L’élément déclencheur ? Le Covid. Compétitions suspendues, Nolwen se retrouve au chômage partiel et avec du temps. Beaucoup de temps. Pour la première fois, elle peut s’investir pleinement dans sa pratique, sans contrainte de calendrier ni objectif compétitif. Elle décide d’arrêter de s’entraîner pour les compétitions, « ça n’avait plus vraiment de sens dans ce contexte », et de se consacrer à la falaise. Supercrackinette, une voie coté 9a+ à Saint-Léger en sera l’aboutissement, une performance majeure qui la consacre comme la deuxième Française à enchaîner ce degré. « En quelque sorte, je suis devenue sportive professionnelle à ce moment-là. », confie-t-elle. Une transition naturelle, bien qu’elle soit sur un terrain différent. « En compétition, j’ai appris à me dépasser le plus possible sur un certain type de support, la résine, dans un cadre très codifié, avec des règles fédérales et d’autres compétitrices. Ma façon de vivre la falaise aujourd’hui, c’est en quelque sorte la même approche : je grimpe toujours avec la même assiduité, mais avec des règles et un cadre que je choisis. » L’escalade comme vecteur de sensibilisation aux enjeux écologiques…
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