Apparue dans les années 1970, la cascade de glace est une discipline classée dans la grande famille de l’escalade. Souhaitant à l’origine présenter les conseils d’un pro pour se lancer, nous nous sommes aperçus qu’il devenait de plus en plus difficile de pratiquer en France, et même en Europe. En cause, le changement climatique, qui menace cette pratique très spectaculaire.
"Étant donné la douceur actuelle et à venir, des conditions de la glace et pour des raisons de sécurité, la sixième rencontre de la première glace d’Aiguilles qui devait avoir lieu samedi 21 et dimanche 22 décembre est annulée". Le communiqué des organisateurs du “Rassemblement de la première glace”, publié il y a quelques semaines, donne le ton. Pratiquer la cascade de glace, une forme d’escalade qui consiste à grimper le long de formations glaciaires à l'aide de piolets et crampons, en France, pourrait bientôt devenir impossible, ou très rare.
Des températures trop irrégulières
“En France, c’est de plus en plus compliqué, il faut être honnête”, confie Jeff Mercier, gendarme secouriste au PGHM de Corse (anciennement à celui de Chamonix) et spécialiste de la discipline. C’est d’ailleurs depuis le Tyrol autrichien où il est actuellement pour pratiquer qu’il nous a répondu. “La problématique, c’est l’irrégularité des températures. Pour la cascade de glace, il faut qu’il fasse très froid sur une période assez longue pour former les cascades et qu’elles soient suffisamment solides pour qu’on puisse grimper.”
Alors que s’est ouvert hier l’Ice Climbing Ecrins, l’un des grands rendez-vous français de cascade de glace à L’Argentière-la-Bessée, c’est vers l’étranger qu’il faut désormais regarder pour être sûr de pouvoir pratiquer. “Il existe encore quelques spots en France, mais les jours où l’on peut grimper sont de moins en moins nombreux. Même ici dans le Tyrol ça se raréfie. Il n’y a que dans les Rocheuses Canadiennes qu’on peut en faire régulièrement.”
Très technique, la cascade de glace reste relativement accessible en termes de niveau. “Cela reste assez physique, mais si on est bien encadré, il n’y a pas de problème. Par contre, on ne peut pas se passer d’un guide, et en ce sens c’est assez différent de l’escalade où on peut aller en faire dans une salle très facilement”.
L’alternative : le dry-tooling
Complémentaire, le dry-tooling est une forme d’escalade assez proche qui se pratique sur la roche à partir du même matériel, à savoir les piolets-traction et des crampons. Apparu dans les années 1990 comme une manière de s’entraîner à l’escalade mixte ou à la cascade de glace, il s’est rapidement développé pour devenir une discipline à part entière. “Lorsqu’il n’y a pas assez de glace, le dry-tooling est une bonne alternative, même si ce n’est pas la même chose.”
Pour se faire une petite idée de ce sport, voici un film sur le Canadien Gordon McArthur, qui s’est attaqué à la voie considérée la plus dure du monde, en Colombie-Britannique, au Canada :
Quoi qu’il en soit, si vous souhaitez tenter l’expérience, la meilleure solution reste de contacter un bureau des guides, qui offre un encadrement professionnel et saura vous renseigner sur la faisabilité ou non en fonction des conditions.
La suite est réservée aux abonnés
- Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
- Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
- Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€
