Sur fond de glaciers, de yourtes perdues et d’immensités balayées par le vent, « Into Altai » suit une expédition au cœur du Tavan Bogd. Plus qu’un film de freeride, Yannick Boissenot offre ici une aventure lente, contemplative et profondément humaine dans l’un des territoires les plus isolés de la planète.
Présenté dans plusieurs festivals internationaux et déjà récompensé à Whistler, Innsbruck ou encore en Espagne, ce beau documentaire de 37 minutes, suit les riders Camille Armand, Pierre Hourticq et Victor Daviet dans le massif du Tavan Bogd, à l’extrême ouest de la Mongolie. Une région quasiment inconnue du grand public, située à la frontière de la Mongolie, de la Russie et de la Chine.
Le décor est vertigineux. Le Tavan Bogd, littéralement « les cinq montagnes sacrées », rassemble plusieurs sommets glaciaires culminant à plus de 4 000 mètres d’altitude. Les glaciers plongent dans des vallées désertes où la présence humaine reste rarissime. Pendant deux semaines, l’équipe installe son camp de base dans une yourte traditionnelle au milieu de cet environnement minéral et glacé, avant de partir explorer quotidiennement les lignes et les vallons du massif.
Le ski devient ici un mode de déplacement, presque un prétexte pour s’immerger dans un territoire encore largement préservé. Le film s’attarde autant sur les longues approches, les attentes liées à la météo ou les moments de silence face aux glaciers que sur les descentes elles-mêmes, pourtant très engagées. Replacée au cœur du récit, la montagne en devient presque un personnage à part entière.
Amateurs de performances pures, passez votre chemin. Avec Into Altai, le réalisateur Yannick Boissenot signe un documentaire qui s’éloigne volontairement des codes habituels du freeride pour raconter avant tout une expérience d’exploration. Et ça marche.
Photo d'en-tête : Yannick Boissenot