Si votre prochain objectif est l'ascension du mont Blanc, ce guide pourrait bien devenir votre bible. Les débutants y découvriront les bases. Quant aux autres, un peu de révision ne leur sera sans doute pas inutile.
Gravir 4808 m vous semble réservé aux alpinistes aguerris ? Ce guide vous prouvera le contraire. Visant avant tout les néophytes, vous y trouverez tous les conseils pour apprendre ou approfondir les notions de base et passer de la randonnée à l’alpinisme. Publié aux Éditions du Mont-Blanc - Catherine Destivelle - alpiniste et éditrice ne laissant rien au hasard - aucun point n’a été négligé par l’équipe de rédaction du guide. Conçu par Agnès Rivière, Emmanuelle Callewaert et Kilian Gaignard, trois jeunes grimpeurs passionnés par le massif, « Gravir le mont Blanc sans inquiéter ses parents » a été écrit dans l’esprit de leur première ascension.
Parce qu'il n'y a rien de plus excitant que de découvrir un nouvel univers et de se lancer un challenge, voici 10 raisons de vous plonger dans ce guide. Vous n'écarterez pas forcément pour autant le recours à un guide patenté, si l'objectif s'avère très ambitieux, mais vous en sortirez certainement plus éclairé et avec l'envie d'aller plus loin.
Plonger dans un guide ludique et pédagogique
« Gravir le mont Blanc », c’est un peu comme retourner sur les bancs de l’école. Son allure de manuel de classe incite à plonger son nez dans une lecture aérée et rapide, tout en laissant de côté l’aspect rébarbatif des leçons à apprendre par coeur.
En bonus : un kit détachable à la fin du livre, à l'image de nos anciennes fiches de révisions. On y trouve les cartes topographiques du massif, une check-list du matériel à emporter, un rappel des différents noeuds, des astuces pour observer des animaux sauvages ou encore les règles de jeux de cartes pour passer le temps en refuge. L'antisèche idéale à glisser facilement dans le fond de son sac.
Élaborer la liste de son matériel et préparer son budget
En trois mots, l’équipement doit être : « complet, léger et adapté ». Pour s’y retrouver, le guide a tout prévu. Une rosace à la De Vinci d’un alpiniste aux quatre bras et quatre jambes pour faire le tour complet du matériel à porter sur soi ; et surtout un tableau très complet recensant équipement et budget.
Six pages dédiées à l'équipement, classé selon les catégories « vêtement et accessoires », « matériel technique », « nécessaire de sécurité », « vivres de survie », « matériel d’orientation », « matos du pro », « les indispensables au refuge », et « à ne pas oublier ». Chaque élément est indiqué avec son prix moyen, et des conseils qui laissent transparaitre la spontanéité et convivialité des auteurs. Le matériel indispensable figure également sur la check-list détachable à la fin du livre.
Les rédacteurs ont également établi un budget prévisionnel, qui prévoit 1500 à 2000€ de matériel, plus 100 à 150€ à compter pour l'ascension en elle-même (frais de refuge, de restauration et logistique). À savoir aussi que « pour l’ascension du mont Blanc accompagnée en 2-3, comptez entre 700 et 1000€ par personne. Pour un stage mont Blanc de 4-7 jours, comptez entre 1600 et 2300€ par personne. »
Connaître les règles de la montagne et les bons réflexes à avoir
« Prudence et anticipation » sont les mots d’ordre lors d’une ascension. Pour optimiser sa sécurité, voici quelques règles primordiales selon le guide :
- « On ne prend aucun risque lié à la météo »
- « On n’abandonne jamais personne en montagne »
- « On communique sur son état de santé de manière permanente »
- « Avant une course, si l’on ne se sent pas capable d’atteindre le sommet, on en discute en toute transparence »
- « On doit tous se coordonner sur le rythme et les pauses »
- « On prévient son entourage des dates, heures de départ et d’arrivée estimées, de l’itinéraire choisi et du nombre de personnes qui composent la cordée »
Dans le doute, un schéma rappelle les bonnes questions à se poser avant de prendre la meilleure décision : c’est la méthode « 3x3 », mise au point par l’École nationale de ski et d’alpinisme (ENSA), qui prend en compte le facteur humain, les conditions météo et la montagne, et le terrain.
Anticiper les principaux dangers de la montagne
Savoir évaluer ses propres limites et grimper en partageant le respect de ses compagnons de cordée est la base. Mais les dangers de la montagne sont également à connaître par coeur :
- Le mal aigu des montagnes (MAM)
- L’épuisement
- La déshydratation
- Le dévissage
- La perte de chemin
- Un rythme inadapté
- L’accident
- La mauvaise appréciation de la difficulté
- De mauvaises conditions météo (brouillard, neige, orage, vent, grand froid)
- La chute de pierres et les avalanches
Les auteurs en profitent pour partager leurs astuces : comment construire un igloo, un « rapide cours de nivologie », les « bases de sécurité pour une course hivernarle » ; ou encore un rappel des réflexes à avoir en cas d’accident.
Découvrir 22 parcours de randonnée, sur rochers ou glaciers pour s’entraîner avant le mont Blanc
Six parcours de randonnée, neuf sur rocher (dont des via ferrata) et quatre glaciers sont proposés à travers la France pour s’habituer à l’effort. Mais le vrai plus de ce chapitre réside dans les trois « premières courses » conseillées par la rédaction avant de se lancer jusqu’au sommet du massif. Et chaque étape est parfaitement détaillée, nourrie des souvenirs de grimpe des trois rédacteurs.
Le mont Gioberney (3552m)
Cotation officielle : F
D+ : 1635m
Durée : 2 jours
Difficulté : 2/5
Fréquentation : 4/5
Période : de juin à septembre
« Les bons conseils sécu de Papi Giogio : Attention à mon arête et à la glissade, les rochers sont parfois instables. Ne vous attardez pas trop pour redescendre, surtout en début de saison : le soleil fait vite fondre la neige, ce qui rend la redescende vers le refuge, puis vers la vallée, assez casse-pattes. »
Le Grand Paradis (4061m)
Cotation officielle : F
D+ : 2101m
Durée : 2 jours
Difficulté : 2/5
Fréquentation : 5/5
Période : de juin à septembre
« Les bons conseils sécu d’Oncle GP : J’aime égarer les foules qui s’extirpent dans la nuit à travers mon pierrier : pensez à bien repérer le chemin la veille au départ du refuge. Mon arête sommitale, toute en roche, a bien du panache, mais elle est aérienne : soyez prudent sur les 20 derniers mètres. Via le glacier de Lavecciau, je suis très crevassé, et je ne veux pas de vous dans mes crevasses : partez de bonne heure et ne traînez pas à la descente. »
Les dômes de Miage (3673m)
Cotation officielle : PD
D+ : 2490m
Durée : 2 jours
Difficulté : 2/5
Fréquentation : 5/5
Période : de juin à septembre
« Les bons conseils de Mamie Miage : Sur la Bérangère, mon rocher est parfois peu commode, et mes pentes présentent des passages en glace : prudence. Redescendre jusqu’à Contamines depuis mes dômes est bien long : une nuit de plus aux Conscrits fera la joie du voyageur. »
Repérer tous les détails du camp de base et des voies de montée
Un extrait de carte IGN présente le camp de base de Saint-Gervais et de ses alentours, sur lequel figure tous les bons plans du coin « testés et approuvés » par les auteurs : où acheter son matériel, trouver un camping, repérer les gares routières et ferroviaires ou les restaurants. Sans parler de suggestions d’activités outdoor, en cas de séjour prolongé dans la région ou de plan B si votre ascension du mont-Blanc est annulée.
Et puis, évidemment, les route d’accès au sommet : la voie du Goûter, la voie Italienne, la voie des Trois Monts, la voie Bionnassay, et la voie des Grands Mulets. Cinq options aux niveaux de difficultés variés et aux itinéraires expliqués de fond en comble. Avec, assorties, leurs cartes topographiques détachables à la fin du livre, et le trajet résumé inscrit au dos.
S’entraîner à s’encorder
En mer comme en montagne, savoir manier les cordes et leurs noeuds est obligatoire. « Gravir le mont Blanc » en profite pour apprendre aux futurs alpinistes à s’encorder correctement, en proposant notamment le « mode d’emploi » de cinq noeuds : le noeud de huit, de cabestan, de demi-cabestan, de pêcheur, et faire un marchand.
« Une fois la théorie acquise, place à la pratique avec l’encordement : enfiler son baudrier, veiller à bien le serrer, attaquer le bout de la corde au baudrier avec un noeud de huit, et attacher la corde à un mousqueton à vis directionnel. »
Sauver quelqu’un d’une crevasse
Attention, faire face à une telle situation de danger nécessite de l’entraînement. Le guide rappelle qu’il est préférable de se former avant de s’aventurer sur un glacier crevassé. Mais pour les alpinistes confrontés à une chute d’un camarade dans une crevasse, les auteurs rappellent les gestes d’urgence à appliquer pour le sauver. D’ailleurs, préférez confier le kit crevasse à la deuxième ou troisième personne de la cordée car la première est plus susceptible de tomber dedans.
Étape 1 : « stopper la chute », en prenant appui dans la neige à l’aide de ses piolets et des crampons - autrement dit, faire un « corps-mort ».
Étape 2 : « vérifier l’état du compagnon de cordée en détresse. »
Étape 3 : « faire un mouflage avec le kit crevasse. »
Étape 4 : « effectuer une remontée sur corde en auto-secours »
Pour rappel, ne vous engagez pas dans une remontée sans être 100% en sécurisé vous-même.
Apprendre la cotation des courses
Les nombreuses cotations peuvent prêter à confusion pour les novices. Le guide rappelle donc les bases des classifications du niveau de difficulté selon les disciplines :
- « Pour commencer tranquillement, l’échelle de cotation des randonnées pédestres, de T1 à T5 »
- « Ensuite, les cotations d’escalade, avec notamment la grille française (de 1 à 9 avec des subdivisions, a,b,c) et l’échelle internationale de l’UIAA (de I à XII)
- « La cotation alpine globale, qui va de F (facile) à ABO (abominable) et qui combine les critères de la rando, du rocher, du glacier et de la grimpette »
- « Et finalement, pour les plus coriaces, la cotation d’engagement ou de sérieux, qui permet d’estimer le degré de danger lié à l’éloignement, l’altitude, les possibilités d’échappatoires (de I à VI) »
S’enrichir de la culture du massif
Enfin, pour connaître le massif du Mont-Blanc comme sa poche, des chapitres d’histoire et de culture sont proposés. Rien d’ennuyeux ni de scolaire, mais quelques dates intéressantes à connaître, comme celle de la première ascension du mont Blanc ou encore celle de la reconnaissance officielle de l’alpinisme.
On retrouve également une compilation d’oeuvres inspirées du territoire à travers plusieurs domaines artistiques :
- Mont Blanc et littérature, « les livres de chevet » de la rédaction du guide : « Premier de Cordée » , Roger Frison-Roche, Arthaud (1942) ; « L’Ascension du mont Blanc », Ludovic Escande, Allary Éditions (2017) ; ou quelques BD comme « Mont Blanc, le Royaume de la Déesse Blanche », Vivianne Perret et Laurent Bidot, édition Glénat (2010).
- Mont Blanc et cinéma, « les soirées ciné » des alpinistes : « Premier de cordée » de Louis Daqui (1944), puis de Pierre-Antoine Hiroz et Edouard Niermans (1999), « Au-delà des cimes » de Rémy Tezier (2008).
Pour aller plus loin dans votre préparation, les auteurs ont pensé à lister les clubs de montagne et les guides de haute montagne prêts à vous venir en aide ou à vous former :
- Les clubs de montagne : FFCAM ; FFME ; FSGT. À savoir que « la FFCAM propose des Grands Parcours Alpinisme pour progresser vers l’autonomie à des prix défiant toute concurrence. C’est une excellente solution pour apprendre les techniques avec des passionnés. »
- Les guides de haute montagne : le Syndicat National des Guides de Montagne ; la Compagnie des Guides de Saint-Gervais ; la Compagnie des Guides de Chamonix ; les Guides Indépendants de Chamonix.
« Plusieurs organismes spécialisés, comme l’UCPA, proposent des stages collectifs d’initiation (tels que les écoles de neige) ou d’approfondissement. La plupart des agences proposent des stages ‘‘mont Blanc’’ d’une semaine avec l’objectif de gravir le toit des Alpes à la fin du séjour. »
Gravir le mont Blanc sans inquiéter ses parents
Éditions du Mont-Blanc, juin 2020, 240 pages, 32€
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