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Départ Mauritius by UTMB
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Fin de l’ultra-trail Mauritius by UTMB : « Le modèle économique ne fonctionne pas ! »

  • 26 septembre 2024
  • 5 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

Un trou énorme dans la trésorerie, des annonceurs locaux déconfits, pour Yotta Sports, organisateur de la toute nouvelle étape mauricienne du World Series, le constat est clair : c’est un échec ! L’entreprise d’événementiel sportif basée à Lyon, spécialisée dans le développement d'événements sportifs outdoor, a donc annoncé hier sa décision de rompre son contrat avec l'UTMB et de ne pas organiser en 2025 de deuxième édition de l’étape World Series Mauritius by UTMB. L’affaire ne devrait pas en rester là et semble s’acheminer vers une procédure et une renégociation sans doute difficile, nous explique, Sami Driss, Directeur Général de Yotta Sports.

En novembre dernier quand Sami Driss, Directeur Général de Yotta Sports, donne des précisions sur le nouvel événement mis en route par sa société, le « Mauritius by UTMB », une des dernières étapes des UTMB World Series, il est encore très optimiste. Certes, il ne parle plus de 2000 coureurs visés, comme aux premiers jours de l’annonce, mais le moral est encore au beau fixe. : «On est en bon ordre de marche car notre objectif est de réunir, les 22 et 23 juin 2024, plus de vingt-cinq nationalités différentes sur les cinq continents. Nous voulons véhiculer aussi cette image internationale de l’UTMB. Au minimum, nous visons 1 500 participants et comptons aussi sur une bonne participation mauricienne», explique-t-il.

Moins d'un an plus tard, il déchante et vient d'annoncer hier, mercredi 25 septembre, qu’il n’allait pas reconduire cet événement et qu’il mettait un terme à sa collaboration avec l’UTMB. Contacté hier par Outside, il s’en explique plus en détails.

Dans le communiqué de presse diffusé hier, vous écrivez que la «pression croissante imposée par UTMB est de plus en plus difficile à supporter. Elle impacte également les partenaires locaux qui peinent à trouver un retour sur investissement à la hauteur de leurs efforts », qu’entendez-vous par là exactement ?

« En rejoignant les World Series, c’est un droit qu’on s’est acheté. On est en charge de cet évènement, ce qui veut dire qu’on s’occupe de tout. Notamment d'aller trouver des partenaires locaux (office du tourisme, hôtellerie, automobile, construction…), puisque les partenaires internationaux, dont Hoka, nous n’avons pas de contact avec eux et nous ne touchons rien de leur part. Mais malheureusement, nous avons appris, alors que le contrat était déjà signé, que la visibilité qui était octroyée aux locaux était beaucoup trop faible. Donc on a eu pas mal de difficultés à développer ces revenus-là. D'autant que nous sommes dans un tout petit pays, et qu’en termes d'activation c’est encore plus compliqué. 

(…) Dans la charte des World Series, la place (physique, dans l’affichage, ndlr) pour les partenaires locaux passe après l’ensemble des partenaires des World Series. Par exemple sur une arche d'arrivée ou de départ, elle est quasi inexistante. Les places de choix, les zones stratégiques sont réservées aux partenaires de l’UTMB. Du coup pour les locaux, la visibilité est faible, réduite à des supports qui ont peu d'impact. 

Ne réunir que 900 traileurs ( 700 au départ ) en juin dernier, contre 2000, puis 1500 initialement visés, n’a-t-il pas affecté votre budget ?

Bien sûr ça a eu un impact sur le budget général, mais au vue de la perte qu’on enregistre, même si on avait eu 1000 personnes supplémentaires, cela n’aurait rien changé. Il n’y a pas de business modèle à 2000 athlètes, et c’est là où il y a un souci. On arrive à un moment donné où l’expérience pour le traileur se retrouve dégradée parce que c’est de l’argent en moins à mettre à disposition sur les packages athlète, sur les ravitaillements, sur la sécurité. Et nous ne voulons pas nous retrouver dans une zone de tension où on ne peut pas assumer la production de l’événement en toute sérénité.

Quel est le montant de votre perte ? 

Je ne peux pas vous donner les chiffres, mais la perte est significative et elle met en danger notre structure.

Avant de rejoindre cet événement aviez-vous une expérience du trail ?

On n’organisait pas de trails, mais on avait plus de quinze ans d'expérience (dans l’évènementiel outdoor, ndlr), et notre directeur de course à organisé l’Ironman de Vichy pendant plus de dix ans.

La plupart des étapes des World Series reposent sur des trails déjà existants, cela ne semble pas être votre cas, vous êtes donc un cas à part

Effectivement, nous sommes un cas à part, on a fait le pari de développer un nouveau territoire en termes de trail. C’était aussi une volonté de la part de l’Etat mauricien de mettre en valeur ce nouvel aspect de tourisme. Maurice étant plus connu pour ses plages paradisiaques que pour le côté trail où les courses actuelles ne dépassaient pas jusqu’à présent les 80 km. Nous, nous apportions quatre formats, dont un 135 km. C’est donc un événement qu’on a créé de toutes pièces. Et pour le monter on se disait : ‘Quoi de mieux que l’UTMB ?’ Par précaution, nous avions même calé notre évènement en juin pour ne pas être en concurrence avec Le Grand Raid à La Réunion, notre voisin.

Comment a été calculé l’objectif de 2000 participants ?

Cela a été évalué en corrélation avec les autres courses de l’UTMB.

Mais en même temps, partir de zéro était plus risqué. Avez-vous inclus ce paramètre-là dans votre réflexion en amont avec l’UTMB ? Vous ont-ils mis en garde sur ce point ?

Sur le nombre d'athlètes au départ, je pense que nous avons été plutôt conservateurs, comparé aux autres courses de l’UTMB. Mais ce qui a peut-être joué aussi, c’est le côté éloignement, on a pensé que nous avions la capacité d'attirer des athlètes à travers le monde. Mais on se rend compte que la population qui est venue, comme pour la plupart des autres courses du circuit, c’est plutôt du régional. (…) Mais on a réussi quand même à attirer 70 nationalités différentes. Cela dit, même avec 2000 participants, avec le modèle UTMB, on ne s’en sort pas. On s’en est rendu compte assez vite, une fois qu’on a découvert le modèle et on a été en stress tout au long de l’année.  

N’y a-t-il pas de système de mutualisation des moyens au niveau du cobranding, de l’installation etc dans le contrat qui vous lie à l’UTMB ?

(…) On en a parlé, mais en fait, il y a beaucoup de conseils pour l’organisation de la course, la communication et le suivi marketing. C’est du service en fait, mais en termes de choses tangibles, il n’y a rien.  Sans compter que nous devons travailler avec leur système de chrono, Live trail, et ca aussi, c’est cher, et à nos frais. En revanche il y a des obligations, notamment un nombre de branding important.

Mais ce n’était pas précisé dans le contrat ?

Nous n’avons pas eu connaissance du cahier des charges exact avant la signature du contrat.

Quel est le coût final de l’édition 2024 de Mauritius by UTMB  ?

500 000 euros. Ce qui inclut le coût de la licence annuelle versée à l’UTMB ( interrogé son montant précis, Sami Driss est resté discret, ndlr)

Où en êtes-vous dans vos relations avec l’UTMB ?

Depuis la fin de l’édition de juin, nous avons discuté avec eux, il y a eu quelques pas pour mettre plus en valeur les partenaires locaux, mais ce n’est pas suffisant et nous sommes maintenant dans une impasse. Il semble qu’il n’y ait pas de terrain d'entente. Or nous devions répondre aux questions qu’on nous posait sur la tenue de l’événement en 2025. Nous souhaitons revoir les termes du contrat. Il est de 4 ans, et on va devoir en rediscuter. Notamment au sujet de la redevance annuelle. Le business plan fourni n’est pas effectif en fait. Et nous n’avons pas d'éléments tangibles qui nous prouve que cela fonctionne, alors que par deux fois nous avons demandé à l’UTMB quelle était la situation des autres courses du circuit. Il y a un problème de transparence de l’information.(…)

C’est donc un échec, clairement. Et c’est nous qui le portons, alors que nous espérions dégager un bénéfice et contribuer au développement d'une autre forme de tourisme. On va donc entrer dans une procédure car le modèle vendu ne fonctionne pas.

Pensez-vous rejoindre d'autres circuits qui se posent en alternative à l’UTMB ?

Nous n’y avons pas encore réfléchi, et la question ne se pose pas actuellement, vu le contrat en cours.

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