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coureur de la Barkley, les finisseurs
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  • Trail Running

Film : pourquoi il faut voir « Les Finisseurs », rencontre avec les héros de la redoutable Barkley

  • 15 septembre 2021
  • 12 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

« La Barkley sans pitié », premier film du photographe Alexis Berg et Aurélien Delfosse nous avait déjà saisi par sa justesse et sa force. Il semblait difficile de faire mieux. « Les finisseurs », deuxième réalisation du duo, présenté en avant-première à l’UTMB cette année, s’impose comme sa suite logique et incontournable. Une plongée étonnante dans une course trop couverte par les médias pour l’être vraiment bien. Voilà qui est réparé par ce film de 47 minutes, qu’on ne peut que vous presser d’aller voir.

On croyait tout savoir de la Barkley. Tout ou presque a été dit sur cette course « A la frontière de ce qui est humainement possible ». Si dure que longtemps aucun coureur n’était arrivé à la finir. Du pain béni pour les médias. Mais comment les blâmer ? Prenez pour cadre de sombres forêts très escarpées, nichées au fond du Tennessee, en arrière-plan une prison, aujourd’hui désaffectée mais encore en activité lors des premières édition de la Barkley, en 1986. Un temps souvent épouvantable : boue, grêle, brouillard et ciel bas garantis, une distance à la hauteur des ultras - cinq boucles de 20 miles, soit 100 miles (160 km) - et une barrière temps propre à décourager les athlètes les plus valeureux : 60 heures et pas une minute de plus pour cette course d’ultra endurance doublée d’une course d’orientation (aucun GPS n’y est autorisé ) et d’une sorte de « course au trésor – en l’occurrence des livres cachés tout au long du parcours .

coureur de la Barkley, les finisseurs
(Alexis Berg)

Pour bien ficeler le tout, ajoutez des rites immuables, imaginés par un maître-d’œuvre redoutable : l’intriguant Gary "Lazarus Lake" Cantrell, Laz pour les intimes. Physique de père Noël et regard de malin maniant l’ironie et la provocation avec une nonchalance feinte : « « Is everybody ready for fun time ?  (« Alors, prêts pour une petite partie de plaisir ? », ndlr), dit-il en allumant sa cigarette, signal du départ de la course. Un joueur en fait, fin connaisseur de l’âme humaine, un homme nourri tout petit aux défis : « chez moi, on ne laissait jamais gagner les enfants », explique-t-il en souriant. « S’ils gagnaient, c’est qu’ils le méritaient ». Un homme capable de faire courir pendant trois jours et trois nuits parmi les meilleurs coureurs d’ultras du moment sur une course réputée impossible à boucler. Tous courent, 99% échouent, souffrent, et en redemandent.

Sadique Laz ? Masochistes ces coureurs ? C’est bien plus complexe que cela, expliquaient Alexis Berg et Aurélien Delfosse dans leur premier film, "La Barkley sans pitié", produit et diffusé par L’Equipe en 2018. Dans ce premier opus - Prix: Meilleur Film de sport de montagne au Ladek Mountain Festival, Best Cinemathography Awards du festival Trails in Motion - qu’on ne peut que vous encourager à voir ou à revoir, le photographe et le journaliste avaient couvert l’édition 2017 de la Barkley. Une édition hors norme, comme l’explique Alexis dans l’interview qu’il nous a accordée (à lire ci-dessous), qui donnera matière à leur premier film. Déjà on avait été saisi par l’intensité dramatique et humaine qui se dégageait de ce documentaire de 20 minutes, construit sur la base de photos et de quelques minutes de vidéo. Un subtil jeu de zoom et travelling sur des images fixes dont les deux réalisateurs sont parvenus à tirer une saisissante impression de mouvement. Une réussite. Au point que revenir sur le sujet, avec cette fois un propos différent certes - un focus sur les finisseurs, les 15 coureurs qui en 35 ans sont parvenus à terminer cette course donnée pour impossible à boucler - semblait très périlleux. Mais à l’issue du visionnage des » Finisseurs », on ne peut que se réjouir que les réalisateurs soient eux aussi, allés au bout de leur course.

Plaque d'immatriculation MaineLazarus Lake, Barkeley Marathoncoureur de la Barkley, les finisseurscoureur de la Barkley, les finisseurs

Comme « La Barkley sans pitié », « Les Finisseurs » est d’une facture impeccable. Pas de voix off, une bande son soutenue mais jamais envahissante, un rythme de narration lent, de très belles images : on retrouve quatre des traits qui, déjà, faisaient la force du premier opus. Et si le montage mêlant scènes d’action - au final peut nombreuses – et interviews des finisseurs, n’est pas aussi impressionnant que celui de « La Barkley sans pitié » (un vrai travail d’orfèvre d'Yvan Ratiarivelo) - il n’en reste pas moins très pertinent. Car au-delà des images sensationnelles que véhicule depuis trop longtemps cette course, les réalisateurs sont parvenus à en donner des éléments de compréhension. Au fil des longs entretiens qu’ils ont recueillis auprès de 13 des participants, soit la quasi-totalité des finisseurs, ces « héros », explique Laz, on comprend leur motivation et on reste sidérés par la profondeur de certains d’entre eux et notamment par l’impressionnant Jared Campbell (triple finisher ! ) qui explique au final « aimer encore plus le processus vers la Barkley que finir la Barkley elle-même » ou encore par Brian Robinson, finisseur et virtuose du Rubik's Cube qui définit la Barkley comme "un gros puzzle à résoudre". Des hommes la hauteur sans doute des attentes de Laz, le fascinant créateur de cette «  course possible … à la limite de l’impossible », pour reprendre les termes d’Alexis Berg que nous avons interviewé.

coureur de la Barkley, les finisseurs
(Alexis Berg)

Alexis Berg : "Dans la Barkley, il y a un condensé d’intensité, un rapport au temps qui crée le sentiment d’une urgence qui dure … 60 heures."

Comment définirais-tu la Barkley ?

Pour moi, c’est la course la plus difficile à finir. Ce n’est pas forcément la plus dure à gagner, contrairement à l’UTMB où se concentrent un maximum d’athlètes de haut niveau et où la concurrence est la plus rude. Non, à la Barkley, on ne lutte pas contre des adversaires. Les adversaires ce ne sont pas les autres. On lutte contre soi-même.

Mike Tilden, Barkley MarathonJonathan Basham, Barkley MarathonJohn Kelly, Barkley MarathonAndrew Thompson, Barkley MarathonBrian Robinson, Barkley Marathon

Tu as couvert de nombreux ultras au cours de ces dernières années en tant que photographe ou vidéaste, qu’est-ce qui t’a le plus surpris à l’issue des prises de vue et des tournages réalisés sur la Barkley ?

La première fois, c’était en 2017, j’étais intrigué. Mais au fil des trois éditions que j’ai couvertes (2017, 2018 et 2019), ce qui m’a surpris, c’est le plaisir et l’intérêt renouvelés que j’ai éprouvés à le faire. Il y une part de fascination pour cette course. Je n’aurais pas pu prévoir la relation que j’ai nouée avec la Barkley au fil des ans. Ce qui a été fondamental, c’est cette édition de 2017. Une édition épique. Mon introduction à cette course a été inoubliable. C’est la Barkley la plus longue. La seule que j’ai couverte qui ait abouti à un finisher. C’est long, trois nuits à suivre ce duo John (Kelly) et Garry (Robbins) dans les bois. J’ai eu l’impression d’être très proche d’eux. J’ai un souvenir très fort de ce temps entre l’arrivée de John et celle de Garry. Je m’en souviens avec une intensité rare. J’en revois encore les images. C’est quelque chose qui m’a habité pendant longtemps. C’est ce qui est l’origine de « La Barkley sans pitié ».  Cette année-là en 2017, je couvrais la Barkley pour un magazine américain. Ces photos me hantaient. J’en ai parlé avec Aurélien ( Delfosse, coauteur des deux documentaires et du livre dédiés à la course, ndlr). Je n’avais pas envie de laisser ces images un peu folles au fond d’un disque dur. C’est alors qu’est née l’idée d’en faire un film. C’est la première fois que j’appliquais cette technique sur de l’image fixe. Aurélien s’occupait déjà des productions documentaires pour l’Equipe, mais on a dû improviser, tatonner, chercher. On avait peu de moyens, on a fait avec les ressources dont nous disposions autour de nous. On a essayé d’explorer avec des animations légères, avec la volonté de ne pas aller trop loin. Ce principe d’absence totale de voix, off, c’était notre parti pris à tous les deux. Notre chance, c’est que les narrateurs ont une qualité d’élocution, un esprit de synthèse de leurs idées, une capacité  à illustrer leur propos réellement exceptionnels. Il est donc facile de se passer d’une voix off.

Quel est le trait commun à tous ces finisseurs ?

Il y en a plusieurs, mais si l’on devait n’en retenir qu’un, ce serait l’obsession. Ils sont tous obsédés par cette course. Pour finir la Barkley, il faut avoir un rapport totalement obsessionnel à cette épreuve.

Comment ont-ils réagi à l’idée de témoigner devant la caméra ?

Sur les 15 finisseurs, nous avons pu en interviewer 13. Un était décédé, Jim Nelson, d’un accident en montagne en 2018. Un autre, Mark Williams, le premier à boucler la Barkley (1995) a refusé, lui, de nous rencontrer, comme nous le racontons dans notre livre (« Les finisseurs. La Barkley racontée », ndlr). Mark Williams ne nous a jamais vraiment expliqué pourquoi. Il nous a simplement répondu : « sorry, not interested ». Par la suite, Brian Robinson, un autre finisseur qui le connait bien, nous a donné quelques éléments d’explications. En 2015, l’Anglais Mark Williams n’était connu de personne. Et personne à l’époque ne pensait qu’il était possible de finir la Barkley. Les meilleurs s’arrêtaient au bout de trois tours. A tel point, qu’ils ne partaient même pas sur le quatrième. Mark y a cru, et il l’a fait. Alors, pourquoi il ne voulait pas nous rencontrer ? Sans doute à cause de son caractère. C’est quelqu’un de très secret, nous a dit Brian Robinson. Un solitaire, pas du tout intéressé par les lumières, ni par l’idée de s’exposer publiquement.  Mark Williams lui avait confié que s’il avait su ce qu’allait devenir la Barkley, le fait que ça devienne toute une histoire, il n’aurait pas fini la course.

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Les finisseurs ont-ils tissé des liens entre eux ?

Oui, beaucoup de liens, comme nous le racontons dans le livre. Trois d’entre eux notamment étaient, à vingt ans, les meilleurs amis, avant d’avoir des histoires différentes. Plusieurs ont été des élèves d’un mentor, David Horton (finisseur 2001). Des liens se sont ainsi tissés entre plusieurs générations. C’est une communauté étroite, aller au bout de cette course requiert des compétences telles et d’y consacrer tant de temps, que forcément ça crée des liens entre les finisseurs. Encore aujourd’hui ils ont l’habitude d’écrire d’assez longs comptes rendus de leur course pour en transmettre les clefs aux autres. C’est la raison pour laquelle, à un moment donné, il y a eu pas mal de finisseurs, car ils communiquaient entre eux sur la manière de s’entraîner, de planifier l’épreuve.

Quel est le finisher le plus éminent, d’après eux ?

C’est sans doute Jared Campbell, trois fois finisseur (2012, 2014, 2016, meilleur temps, 56 00 16, ndlr), car il a en lui toutes les qualités qu’on retrouve, plus ou moins réparties, chez beaucoup d’autres finisseurs. C’est un ingénieur, il a gros niveau en montagne et en escalade, c’est un coureur élite, vainqueur de la Hardrock100 et c’est aussi quelqu’un de brillant, de méthodique. Il a un mental incroyable. Autant de qualités qu’on retrouve chez l’une ou l’autre des familles de finisseurs. Lesquelles ? J’en vois cinq.

D’abord, les ingénieurs et les scientifiques : 10 sur 15 sont ingénieurs de métier, souvent assortis d’un doctorat. Trois travaillent dans la Silicon Valley. Puis les FKT, forts de leur expérience, de leur record sur de longues distances. Et aussi ceux qui ont fait l’Appalachian trail ou le Colorado Trail, ce sont d’anciens recordmen des sentiers US. Plusieurs parmi les finisseurs sont aussi des bâtisseurs ou des charpentiers qui ont construit leurs maisons eux-mêmes. De grandes maisons, souvent en bois. Ce n’est pas étonnant car on peut établir un parallèle entre mener un chantier sur plusieurs années et faire la Barkley qui peut être vue comme une sorte de grande construction sur plusieurs années. Enfin, il y a la famille religieuse. Plusieurs sont croyants ou issus de familles très croyantes.

Pourquoi n’y a-t-il aucune femme parmi les finisseurs ?

C’est une des questions importantes étudiées dans le livre. Une des raisons les plus simples, c’est que les femmes ont longtemps été moins nombreuses à participer à la Barkley. Pendant des années, elles ne représentaient que 10% des participants. Aujourd’hui, leur taux de participation est passé à 20%. Les pionniers de l’ultra étaient masculins, c’était une histoire d’hommes, organisée entre eux. Et peu de femmes avaient envie de faire la Barkley. Il faut aussi tenir compte du fait que Laz, l’organisateur, a toujours eu des propos qui ne les encourageaient pas vraiment : "les femmes ne sont pas capables de finir la Barkley", disait-il. Ceux qui le côtoient disent que c’est une démonstration de son fameux humour provocateur, mais aussi une manière de ne pas encourager les femmes. Je pense, moi, que c’est une façon de s’exprimer. Il a tenu des propos similaires sur les Français. En fait, Laz dit ça parce que c’est vrai, à ce jour, aucune femme n’a démontré le contraire. Humour ? Ironie ? Ce n’est pas toujours facile de se défendre derrière les mots. Il y a autre chose aussi, tous les finisseurs ( à l’exception de Mark Williams) ont dû faire la Barkley trois ou cinq fois avant de la réussir. Se consacrer à une quête sportive aussi incroyable, c’est assez unique. Du coup, la répartition des tâches n’étant pas toujours équitablement organisée entre les hommes et les femmes, ce n’est pas facile pour elles de gérer un tel investissement. La seule femme qui soit allée jusqu’au 4e tour, disait qu’elle se sentait assez proche d’être en mesure de finir la Barkley mais qu’elle ne disposait pas du loisir de revenir chaque année. C’est d’ailleurs le cas de trois, quatre meilleures femmes vues sur la Barkley.

coureur de la Barkley, les finisseurs
(Alexis Berg)

Laz est-il sadique ?

Non. Ce n’est pas une notion qui me parle énormément. C’est quelque chose qui a été énormément attaché à Laz. Cette image a contribué à fabriquer une sorte de malentendu sur ce gars-là. Or, aux US, il est très connu dans le monde de l’ultra, bien avant la Barkley. C’est un pionnier, un des tous premiers à avoir organisé des ultras, depuis 50 ans. Et il en a couru aussi. Depuis 81, il est la plume de « Ultra running magazine », la référence, la mémoire de ce sport. Depuis le numéro un, il en est le chroniqueur. Il a une grande culture de l’ultra running. Donc son image est bien loin de la réalité.

Comment peut évoluer cette course ?

Deux choses : depuis environ 10 ans la Barkley a atteint une sorte de médiatisation, elle ne sera donc plus jamais une course confidentielle. Même si Laz a mis beaucoup de dispositifs pour limiter ça. Les possibilités pour les médias sont réduites et les spectateurs ne sont jamais les bienvenus, d’où les changements de dates pour brouiller les pistes. La Barkley aurait pu être menacée par sa popularité. Mais on voit ces dernières années que c’est gardé sous contrôle par les organisateurs. Elle a conservé sa forme originelle et a peu bougé depuis sa version moderne, soit depuis 95. Ce qui risque de changer, c’est l’arrivée des meilleurs du monde. Les élites. Notamment l’arrivée d’une Courtney Dauwalter (vainqueure de Western States 2018 et de l’UTMB 2019, elle a jeté l’éponge de la Barkley cette année après le deuxième tour, ndlr). C’est la meilleure du monde, et elle a prévu de revenir l’année prochaine. Et François D’Haene et Kilian Jornet vont venir aussi. J’en ai encore discuté avec eux cet été. C’est ça qui va changer la Barkley. Ca va changer la notion des possibles. J’ai hâte de voir ça.

Qu’est-ce qui serait plus fort que la Barkley ?

Faire plus dur, c’est vraiment facile. Demain, il suffit d’organiser une course sur le parcours de l’UTMB en moins de 15h ! Or la Barkley, c’est une course possible … à la limite de l’impossible. Délicat. Alors qu’il est facile de créer une course impossible. Il y a quelque chose de pernicieux dans l’ultra running où les courses « les plus dures du monde » selon leurs organisateurs se multiplient. Or Il faudrait faire une liste de ces courses où 80% des participants passent la ligne d’arrivée ! Alors c’est beaucoup plus dur de gagner l’UTMB que la Barkley, mais ce ne sont pas du tout les mêmes efforts.

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La version française, la Chartreuse terminorum, est-elle à la hauteur de l’américaine ?

Je n’ai jamais eu la chance d’y assister, je peux donc difficilement en parler. Le format de la Barkley est très original, mais ce qui fait son identité, au-delà du format, c’est son histoire, la manière dont ces choses-là se sont nouées ; la culture, les gens qui l’ont construite. La Barkley, c’est un lieu, plein de petites choses qui sont indépassables. Ce n’est pas un service à rendre à la course organisée en France de la comparer à la Barkley ou de l’appeler la « Barkley française ». C’est ce qu’ils vont en faire en France qui sera intéressant.

Mais il faut savoir que Laz adore voir ses idées de course reproduites. La Barkley ce n’est pas grand-chose par rapport au Big (Big backyard ultra) et au concept du « Dernier homme debout ». Ces choses-là, Laz les a dessinées dans son jardin. Et aujourd’hui on compte 150 Big dans le monde, il adore qu’une idée ait pu inspirer tant de gens. Les gens se trompent s’ils pensent qu’il pourrait ne pas apprécier qu’on s’inspire de lui. Mais il organise déjà six courses. Ca lui prend déjà beaucoup de temps, il est déjà bien occupé pour en organiser d’autres.

A-t-on vu des accidents graves sur la Barkley ?

A ma connaissance, il n’y a pas eu d’accident particulier. Mais si la Barkley a pu marquer de manière forte les concurrents jusqu’à les accompagner bien après la course, oui c’est certain. En 2017, l’échec de Gary Robbins n’est toujours pas effacé de sa mémoire ou de son cœur. C’est le cas de tous ceux qui se sont approchés de finir. C’est un des autres traits communs à presque tous ceux qui l’ont couru plusieurs fois. Ils avaient besoin de fini. Dans le film (« La Barkley sans pitié »), un finisseur explique d’ailleurs que pour sa troisième tentative, il a loué sa maison, et vécu en camping-car pour mieux se préparer. Il a fait un choix extrêmement radical, preuve de son engagement.

coureur de la Barkley, les finisseurs
(Alexis Berg)

En tant que photographe/vidéaste, quelles difficultés techniques as-tu rencontrées pour couvrir cette course ?

Les zones autorisées par Laz sont très limitées, quasi inexistantes. Deux endroits seulement. La course est longue et se déroule dans un milieu particulier, avec une météo pas toujours facile. Mais il se passe plein de choses, même si on ne peut aller nulle part, et que les paysages ne sont pas spectaculaires. Pour un photographe, il y a plein de choses à faire car il y a un condensé d’intensité, un rapport au temps qui crée le sentiment d’une urgence qui dure … 60 heures.

Qu’as-tu retiré à titre personnel de la Barkley ?

J’ai couvert la course trois fois, mais je dirais que plus que la course elle-même, c’est surtout le projet, l’idée de retrouver les finisseurs, cette quête, l’idée de les rencontrer chez eux qui m’a apporté quelque chose. Et puis ces mois à travailler autour de la matière première, l’écriture, le montage. C’est ça l’expérience que j’en ai tirée, quelque chose de très riche. Ce film n’était pas une commande. Avec Aurélien nous étions presque les seuls à penser qu’il pouvait nous mener quelque part. Ca a été une expérience pour nous deux.  On apprend un peu de tout, et surtout en faisant. Avant de l’entreprendre, on ne savait pas le faire. On l’a bâti au jour le jour. Ah oui, ce que j’en retiré … c’est d’être parvenu, moi aussi, à finir quelque chose : un livre, un film.


La Barkley sans pitié

La Barkley sans pitié
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Les Finisseurs - le film

Les finisseurs
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Les finisseurs - le livre

Alexis Berg & Aurélien Delfosse, Les éditions Mons, 39€

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