Longtemps réservés à un usage militaire ou médical, ces harnais s’attachant à la taille et aux cuisses pourraient bien faire leur apparition sur les sentiers très bientôt. Equipés de moteurs intégrés, ils peuvent, théoriquement, doubler votre vitesse de marche ou de course. Jusqu’à 27 km/h selon certains fabricants. Bien sûr cela peut faire sourire ou indigner, mais ses partisans rappellent que le vélo à assistance électrique a lui aussi soulevé pas mal de scepticisme… avant de rencontrer le succès qu’on lui connait aujourd’hui.
Un cran (nettement) au-dessus de la chaussure à plaque de carbone – Nike Vaporfly en tête – qui a fait exploser les chronos de milliers de coureurs ces dernières années, voici qu’arrive l’exosquelette qui pourrait faire fantasmer plus d'un coureur en mal de performance, ou de moindre effort. Rien de bien nouveau toutefois pour les soldats de certaines armées occidentales qui ont déjà testé cette technologie sur les terrains les plus accidentés afin d'accroitre leur résistance à la fatigue et leur permettre de transporter de lourds équipements. Pas plus que pour certains paraplégiques qui ont vu leur mobilité s’améliorer et leur quotidien changer.
Mais voici que cette innovation se démocratise et s’étend à deux des marchés les plus juteux du moment, la randonnée et la course à pied, et notamment au trail. De quoi faire hurler les puristes, et on les comprend. Mais il faut avoir vu exploser le marché du vélo à assistance électrique, parvenu à se faire une place jusque dans le VTT, pour se dire que, aussi saugrenues que peuvent sembler ces nouvelles applications, mieux vaut y regarder à deux fois avant de les condamner. D'autant que l'on retrouve l'assistance électrique dans d'autres disciplines comme l'escalade et même le ski de randonnée. Etderrière ces nouveaux produits se cachent des industriels chinois déjà bien implantés sur le marché mondial de la mobilité assistée.
Comment ça fonctionne ?
Conjuguant « une IA de pointe et des capteurs de mouvement », explique l’un des deux principaux constructeurs présents sur le marché, DNSY, cet exosquelette », détecte vos intentions musculaires et ajuste instantanément la puissance de l'assistance à la marche. »
Il se présente sous la forme d'une sorte de harnais motorisé fixé à la taille et aux cuisses. « Avec le DNSYS X1 », poursuit le fabriquant « vous pouvez économiser jusqu'à 50 % de votre énergie pendant la marche, ce qui équivaut à un allègement de 36 kg du poids de votre sac à dos. Pesant moins de 2 kg, une fois plié et réduit un format A4, selon la marque Hypershell il se glisserait dans n’importe quel sac.
Concrètement que pourrait-on faire avec ?
Principalement de la randonnée et de la course à pied. Notamment du trail, insistent les fabricants. Mais Hypershell précise que son modèle s'adapte à plus de 9 modes sportifs, dont l'équitation ou encore plus étonnant « l'escalade « et l’alpinisme, voire du cyclisme. L’idée étant non point de vous téléporter, non, mais d'augmenter vos performances en vous fatiguant moins.
Quelle vitesse espérer ?
Moins fatigué, vous devriez allez plus loin, mais aussi plus vite. Certaines marques proposant une option "boost" permettant de courir pendant plusieurs minutes à 27 km/h. Soit plus vite qu’un vélo électrique bridé à 25 km/h. Ce qui suppose, on l’imagine, une bonne maîtrise de la course et une sérieuse connaissance du terrain, si on veut éviter la chute, mais ça le fabriquant ne le dit pas.
Quelles sont les principales marques sur le marché ?
Sans surprise, ce sont deux marques chinoises qui semblent à ce jour s’imposer sur ce marché émergent. DNSYS et Hypershell.
DNSYS est basée à Pékin et s’est lancée dans l’aventure en 2020. Dans son équipe, explique-t-elle sur son site, des experts en robotique qui ont fait leurs armes dans des sociétés renommées, telles que Segway, DJI, and Xiaomi. Mais aussi des professionnels de la santé issus d'Hocoma, un des acteurs majeurs de l’exosquellette en Chine. A ce jour elle a déposé plus de 20 brevets. Ses points forts : l’intelligence artificielle, l’ingénierie biomédicale et la médecine.
Hypershell, société fondée à Shanghai est toute jeune elle aussi. Trois ans à peine. Le lancement de son modèle grand public Hypershell Go/Pro/Carbon s’est fait en 2023 via une opération de financement participatif sur Kickstarter. 1 230 207,32 USD émanant de 2638 contributeurs ont été réunis en un mois. Ses dernières innovations ont été très commentées lors du Consumer Electronics Show (CES ) organisé à Las Vegas en janvier dernier.
Quelle est la promesse ?
« Révolutionner nos activités en pleine nature et bien plus encore » annoncent les fabricants. Avec l’Hypershell Omega, on apprend qu’on peut « aller plus loin, gravir des montagnes plus hautes, courir plus vite, et transporter plus de poids en cours de route, ou simplement marcher avec moins d'effort (…) « Dites adieu aux jambes douloureuses après une séance de shopping, la visite de musées, de parcs à thème et d'expositions. », s’enthousiasme la marque. « Hypershell offre puissance et force à ceux qui en ont besoin, quand ils en ont besoin(…) Réduisez la fatigue, élargissez votre rayon d'action et votre liberté, voyagez à travers les jungles, les déserts et les montagnes enneigées et explorez l’immensité de la nature sauvage (…). Pour les explorateurs comme les amoureux de la montagne, Hypershell peut être le Sherpa dissimulé dans votre sac à dos, compenser une quantité importante de poids tout en réduisant le mal de l'altitude et le risque d'accidents lorsque vous êtes épuisé.». Rien moins que ça !
Plus simplement, DNSYS comme Hypershel ambitionnent de permettre à ceux qui se fatiguent vite, de rester dans la foulée de leurs amis, plus aguerris. Ou, au quotidien, de faciliter les transports de votre domicile à votre lieu de travail par exemple.
Parmi les cibles, aussi, des professionnels tels que les photographes, souvent lourdement chargés, dont l’effort serait allégé. A terme, les constructeurs plancheraient sur d'autres applications encore. Notamment des modèles utilisables pour le bricolage ou le déménagement, qu’on louerait par exemple, comme on le fait aujourd’hui pour une fourgonnette ou une ponceuse.
A quel prix ?
Longtemps les prix des exosquelettes sont restés très élevés : de 10 000 à 100 000 euros, voire plus parfois. Ces modèles de loisirs tourneraient plutôt autour de 400 à 1000 euros pour le haut de gamme. Mais la facture peut grimper vite dès lors qu’on souhaite y ajouter une batterie de recharge ou un accessoire. De quoi refroidir les amateurs. Sans parler du coût écologique de ces équipements doté de batteries et bourrés d'électronique.
Quelle autonomie espérer ?
Comptez une trentaine de kilomètres en mode marche. Dont une quinzaine de minutes seulement en mode "boost".
Quand ces produits seront-ils disponibles ?
Encore en phase de finalisation, ces produits ne devraient arriver que dans cinq ou six mois.
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