S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Everest khumbu
  • Aventure
  • Alpinisme & Escalade

Everest : la saison commence plus tard que d’habitude… et pourrait être encore plus meurtrière

  • 23 avril 2024
  • 5 minutes

Frederick Dreier Frederick Dreier

La voie normale de l’Everest est enfin ouverte aux alpinistes. Avec presque deux semaines de retard. La faute à un hiver particulièrement sec, le manque de neige ayant rendu la mise en place d’échelles plus complexe que prévue. Mais quelles sont les conséquences d’un début de saison tardif ? Risque-t-on, au vu de la concentration d’alpinistes sur une période plus courte, de voir apparaître des embouteillages sur le toit du monde, comme en 2019 ? Quid de l’exposition des Sherpas ? Et de l’état de la montagne à la fin de ce mois d’avril ? 

Mercredi 17 avril. Les icefall doctors, Sherpas alpinistes chevronnés, viennent de finir de tracer l’itinéraire traversant le tristement célèbre glacier du Khumbu, une section labyrinthique parsemée de crevasses, de tours de glace précaires et autres obstacles mortels, souvent le théâtre de tragédies. L’an dernier, en 2023, trois d’entre eux sont morts lorsqu'un bloc de la taille d'une maison leur est tombé sur la tête.

Le rôle des icefall doctors ? Trouver et sécuriser un itinéraire pour travers le glacier du Khumbu d’une part. Et ensuite le maintenir en état pendant toute la saison de l'Everest. Au total plus d’une soixantaine d’échelles – et d’innombrables cordes fixes – sont accrochées à la glace et vérifiées chaque jour jusqu’à fin mai. Un travail minutieux et héroïque. Car sans ces efforts, quasiment aucun alpiniste ne pourrait passer du camp de base au camp I.

« Nous avons donc dû passer plus de temps à chercher un itinéraire bien plus fiable »

La mission des icefall doctors est plus que délicate. Surtout quand on sait que le glacier est en perpétuel mouvement – l’itinéraire de la saison dernière n’existant plus. Il leur faut donc en créer un nouveau, en slalomant entre de nombreuses crevasses, parfois cachées par de précaires ponts de neige. Le tout en s’exposant le moins possible aux avalanches et chutes de séracs. Or cette année, leur tâche a été particulièrement ardue. La faute à un hiver particulièrement sec, le manque de neige ayant rendu la mise en place d’échelles plus complexe que prévue.

« Nous avions envisagé deux ou trois itinéraires différents, mais la glace était trop fragile. C’était trop risqué. Cela a rendu très difficile la mise en place d’échelles et des cordes le long de l’itinéraire », nous a expliqué Pemba Tshering, l’un des huit icefall doctors œuvrant sur place cette année. « Nous avons trouvé de nombreuses sections où la glace ressemblait à du pop-corn. Cela voulait dire que la surface du glacier était irrégulière, friable, et donc potentiellement dangereuse à traverser. D’où notre retard. Car nous avons donc dû passer plus de temps à chercher un itinéraire bien plus fiable ». 

Pemba Tshering nous a précisé que les huit icefall doctors sont arrivés au camp de base de l'Everest le 8 mars. De là, ils se sont immédiatement mis au travail. Très vite, ils ont dû faire face à d’innombrables tours et des ponts de glace instables. Cette année, l'équipe de Sherpas a d'abord tenté de suivre approximativement la voie utilisée en 2023. Avant de faire demi-tour à deux reprises. Et d’abandonner complètement ce tracé.

Un retard qui n’est pas sans conséquence sur la saison de l'Everest

Après des jours d'essais et d'erreurs, ils ont finalement achevé la liaison entre le camp de base et le camp I la semaine dernière. L'itinéraire de cette année suit celui que les guides ont utilisé pendant la saison 2017, selon Pemba Tshering. De quoi ajouter environ deux heures au temps d'ascension par rapport aux années précédentes. « Entre 500 et 600 personnes sont censées emprunter cet itinéraire, nous devons donc nous assurer qu'il est très sûr », a-t-il déclaré.

Au cours des deux jours qui ont suivi l'achèvement du sentier par les icefall doctors, des équipes de porteurs et de guides sont montées du camp de base vers les camps supérieurs afin de construire des tentes et de laisser des provisions pour les prochains push vers le sommet – qui ont traditionnellement lieu à la mi-mai. Au cours des prochaines semaines, les alpinistes s'aventureront au-dessus du camp de base pour s'acclimater.

Mais ce retard dans l’achèvement de l’itinéraire entre le camp de base et le camp I n’est pas sans conséquence pour la saison. Son début officiel a d’ailleurs été repoussé d'environ 12 jours, explique Tshering Sherpa, membre Sagarmatha Pollution Control Committee, une organisation qui, à l’origine, s’occupait uniquement de la protection de l’environnement dans le parc national de l’Everest. « Habituellement, nous sommes prêts dès la première semaine d'avril », a-t-il souligné.

« Nous sommes dans l’urgence »

L'impact de ce retard sur les alpinistes n'est pas encore connu. Même si pour Tshering Tenjing Sherpa cela ne devrait pas modifier le calendrier de départ des cordées en route pour le sommet. Sauf que certains organisateurs d'expéditions sont dans l'embarras. Tashi Sherpa, président de la société de guides népalaise 14 Peaks Expedition - l'une des plus grandes agences sur le mont Everest, avec environ 100 clients pour 2024 - explique que ses porteurs risquent de devoir travailler plus longtemps que prévu pour transporter le matériel jusqu'aux camps supérieurs.

« Nous sommes dans l'urgence », a-t-il déclaré. « Je pense que les Sherpas n'auront pas beaucoup de jours de repos cette année ». Pour faire face à cet imprévu, l’organisateur nous annoncé vouloir faire pression sur les autorités népalaises afin qu'elles autorisent 14 Peaks Expedition à acheminer du matériel par hélicoptère jusqu'aux camps I et II. Une pratique interdite au début de l'année par les autorités du village de Khumbu-Pasang Lhamu pour qui le matériel et la nourriture doivent être transportés à dos d'homme entre le camp de base et les camps supérieurs.

Mais pour Tashi Sherpa cela risque de considérablement augmenter les risques pris par les Sherpas cette saison. « Il est tellement dangereux de tout transporter à travers la cascade de glace à l'aide d'un sherpa, alors je pense que le gouvernement devrait comprendre et nous laisser utiliser des hélicoptères », a-t-il expliqué. « La vie des gens est très importante. Comment pouvez-vous envoyer un Sherpa vingt fois à travers la cascade de glace du Khumbu alors que c'est si risqué ? ». 

Une concentration d’alpinistes dans une zone très exposée

D'autres opérateurs népalais ont fait écho à la demande Tashi Sherpa, notamment son co-président Mingma Sherpa, qui a déclaré à Everest Chronicle qu'il prévoyait lui aussi de faire pression sur les autorités afin qu'elles autorisent le transport par hélicoptère vers les camps I et II. Le calendrier resserré de cette année mettant davantage en danger les Sherpas comme leurs clients.

« Environ 500 à 600 Sherpas vont devoir faire au moins sept aller-retours entre le camp de base et le camp I, le camp 2 et le camp 3. Et des centaines d'alpinistes vont accomplir au moins deux ou trois tours pendant l'acclimatation. Beaucoup de monde, en très peu de temps, va traverser une zone très exposée, susceptible de s'effondrer et de provoquer des avalanches », explique un opérateur qui a tenu à garder l'anonymat. « Le fait d'autoriser les hélicoptères à transporter des charges importantes réduirait la pression exercée sur la glace fragile ».

Traverser le glacier du Khumbu est donc plus dangereux que d'habitude cette année. Les icefall doctors demandent donc à chaque alpiniste de prendre des précautions supplémentaires : un seul grimpeur à la fois sur une échelle, alléger les charges transportées par les travailleurs en haute altitude afin d'éviter de surcharger les échelles et respecter strictement les mesures de sécurité lors de l'utilisation des échelles.

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

Une longue file d’alpinistes progressant, le 19 mai 2026, du camp III, à environ 7 200 mètres d’altitude, vers le camp IV, autour de 7 900 mètres, sur l’Everest (8 848,86 mètres).
La rédaction

Everest : plus de 270 alpinistes au sommet en une seule journée, un record malgré le risque d’embouteillage

Bartek Ziemski Everest ski
La rédaction

Après sa descente à ski de l’Everest, Bartek Ziemski jette un regard amer sur la course aux 14 × 8 000

Sommet Everest
Marina Abello Buyle

Everest 1996 : 30 ans après, retour sur la tragédie qui a révélé les dérives des expéditions commerciales

Drone Everest Airlift
Marina Abello Buyle

Everest : au camp de base, les drones au cœur des tensions géopolitiques entre Pékin et Washington

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications