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Enfants Thru-Hiking
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Enquête : est-il dangereux d’emmener ses jeunes enfants sur de longs treks ?

  • 15 juin 2022
  • 11 minutes

Grayson Haver Currin Grayson Haver Currin Grayson Haver Currin est un journaliste musical de longue date. Il écrit pour le New York Times, Rolling Stone, le Washington Post et Outside.

Vous partiriez bien en famille marcher des centaines de kilomètres, sac sur le dos, à la découverte des sentiers les plus emblématiques du monde. L’occasion de se créer d’inoubliables souvenirs, en vivant une expérience hors du commun. Mais ce type d'aventure au long cours - ces fameux "through hikes" très populaires aux US - est-il vraiment adapté aux enfants, s'interroge notre journaliste qui a rencontré des familles qui ont tenté l'expérience.

Avoir deux enfants, pensait Ben Crawford, les empêcherait, avec sa femme Kami de faire l’Appalachian Trail. Mais il avait tort. En 2018, avec leurs six enfants, ils sont partis sur les 3 500 kilomètres de sentier, de la Géorgie au Maine, devenant ainsi la famille la plus nombreuse à avoir parcouru cet emblématique sentier. « En fait, je n'avais jamais vu qui que ce soit s'y lancer dans ces conditions", se souvient-il. "Je croyais, comme toute le monde, que plus vous avez d'enfants, moins vous pouvez arriver à vivre ce genre d’expérience, mais j'avais tout faux."

Début mai, le couple Crawford, tous deux âgés de 42 ans, a suscité un réel intérêt dans les médias et les réseaux sociaux lorsque toute la famille - y compris leur cadet, Rainier, âgé de six ans - a terminé le marathon Flying Pig de Cincinnati (Ohio) en neuf heures. Sur les réseaux sociaux, ils ont tantôt été accusés de maltraitance, tantôt félicités pour leur approche éducative. Les services de protection de l'enfance leur ont d'ailleurs rendu visite, tout comme en 2018, lorsque la famille a traversé la Caroline du Nord jusqu'au Tennessee en VTT après avoir dormi dans une salle de bain alors qu’un blizzard intense régnait dehors. (Ils ont été blanchis dans les deux cas.) « Ca nous a rapproché » explique Kami.

"J'ai entendu beaucoup d'arguments comme quoi rester à l'intérieur est plus sûr pour les enfants, or franchement ils ne m'ont pas convaincu".

Cela fait maintenant vingt ans que la famille Crawford se lance dans des aventures en famille. Tout commence en 2002, Ben et Kami, avec leur nouveau-né, Dove, en remorque, entament un voyage à vélo à travers les États-Unis, direction l'Ouest. Au début de leur voyage, ils rencontrent un groupe de randonneurs sur l'Appalachian Trail en Virginie, ce qui les intrigue. Une fois leur randonnée à vélo achevée par une collision avec une voiture (malgré l'absence de casque, tout le monde s'en est sorti), ils ont acheté des sacs à dos avec l’argent de l'assurance. Ainsi, lorsque leur famille s'est agrandie, ils ont commencé à parcourir chaque année les 150 km du Wonderland Trail de Washington autour du mont Rainier (4 392 m). « Nous avons alors constaté l'impact de ces aventures sur notre famille, comment ces dix jours avaient changé notre façon d'appréhender le reste de l'année », se souvient Ben. « Une seule question se posait désormais : Est-ce que cela peut aussi fonctionner sur cinq mois ? », s'est alors demandé le couple Crawford.

Or Ben et Kami ne sont pas les seuls à se poser la question. Chaque année, il semble que de plus en plus de parents aient les mêmes interrogations à l'heure de s'engager sur les sentiers longue distance des États-Unis avec leurs enfants. Certaines de leurs aventures suscitent un véritable engouement dans la communauté des randonneurs. En 2018, tout le monde parlait des Crawford. En 2021, c'est un enfant de cinq ans, Harvey Sutton, qui fit le buzz en atteingnant le terminus nord de l'Appalachian Trail... séchant ainsi ses deux premières semaines de maternelle. Et cette année, les fans du Pacific Crest Trail (PCT) n'ont d'yeux que pour les Daley, une famille de cinq personnes plutôt photogéniques, arrivée dans la Sierra Nevada fin mai.

Et chaque fois, le débat ressurgit : embarquer un enfant sur un long trek est-il vraiment bon pour lui ? Les scientifiques ne suggèrent-il pas que ce n'est peut-être pas la meilleure idée pour les jeunes corps et cerveaux. Reste qu'aucun consensus clair ne se dégage sur cette question. Et quand bien même il y en aurait un, n'est-ce pas aux parents d'évaluer les risques auxquels ils peuvent exposer leurs enfants ? « Je ne fais pas de prosélytisme, je n'essaie pas d’encourager tous les parents à se lancer dans ce type d'expérience dans la nature avec leurs enfants », explique Ben. « Mais j'ai entendu beaucoup d'arguments comme quoi rester à l'intérieur était plus sûr pour les enfants, or franchement ils ne m'ont pas convaincu".

« C’est un complément à notre vie, pas un échappatoire »

Pour être honnête, je dois bien avouer que je n'ai pas d'enfant moi-même. Il y a une dizaine d'années, avec ma femme, Tina, nous avons choisi de poursuivre de grandes aventures outdoor plutôt que d'en avoir, un choix faussement binaire que nous n’avons pas fait évoluer avec le temps. Malgré tout, je me demande souvent si les parents devraient faire d'aussi longues randonnées avec leurs enfants ? D'autant que les exemples se multiplient.

L'année dernière, par exemple, sur le point d'achever la première partie désertique du PCT, nous avons rencontré "Little Foot", une petite fille de quatre ans qui traversait le Mojave avec ses parents à une vitesse remarquable. Ce qui a suscité pas mal de débats ave les randonneurs rencontrés sur le sentier. Est-ce bien raisonnable qu'un enfant aussi jeune arpente de si longues étendues sans eau ? Ou s'approche potentiellement d'autant de serpents à sonnettes et de plantes toxiques ? Quels effets cela a-t-il sur son corps en plein développement ? Ayant à l’esprit les dégâts causés par la randonnée sur mes propres articulations, je me suis rangé du côté des sceptiques. Partir sur de telles aventures avec un bébé ou un jeune enfant me semblait plutôt égoïste. J'avais l'impression que ces parents le faisaient plus pour nourrir leur popularité sur les réseaux sociaux ou dans les médias que pour le bien-être de leur famille.

Harvey “Little Man” Sutton sur l'Appalachian Trail
Harvey “Little Man” Sutton sur l'Appalachian Trail (Josh Sutton)

C'était sans compter sur ma rencontre avec Josh et Cassie Sutton et leur fils, Harvey, surnommé "Little Man" qui a commencé à me faire changer d'avis en ce début d'année. À la fin de l'été dernier, Harvey a attiré l'attention du pays lorsqu'à l'âge de cinq ans, il est probablement devenu la plus jeune personne à parcourir le PCT en une seule saison. « C’est un complément à notre vie, pas un échappatoire », explique sa mère, Cassie. « Nous n’avons rien à fuir ».

Il y a plusieurs années, Josh, agent immobilier à Lynchburg, en Virginie, située juste à l'est du sentier lui-même, s'est passionné pour les "retraites de déconnexion", ces pauses de plusieurs mois devenues un véritable phénomène dans les entreprises américaines. Avant cette aventure, le couple raconte que sa vie se résumait à une course sans fin, typique des jeunes cadres. Ensemble, ils aspiraient à un projet sportif tant qu'ils étaient encore jeunes. Ils sont donc partis au Népal, pour faire un trek jusqu'au camp de base de l'Everest. Un voyage de trois semaines qui leur a montré qu'on pouvait faire autre chose de sa vie que juste boucler ses fins de moi, raconte Josh.

"Il neige, les orteils de mes enfants sont froids… Comment vais-je réussir à les réchauffer ?"

Lorsque leur fil Harvey est né, un an après cette aventure, les Sutton considéraient déjà que cette pause de trois semaines avait été bien trop courte. Or un soir, alors qu'il tient son nouveau-né dans les bras, Josh découvre l'existence de Buddy Backpacker, l’adorable gamin à lunettes du Colorado qui avait terminé l'Appalachian Trail à cinq ans et le Pacific Crest Trail à six ans. « Je suis un peu compétitif », admet Josh en riant. « Alors j'ai fait le calcul - en 2021, notre fils aurait sept mois de moins que Buddy. En fait, tout a commencé par une simple plaisanterie ».

Harvey commence à marcher à seulement neuf mois. À ce moment-là, Josh et Cassie l'emmènent dans un parc non loin de chez eux pour y effectuer des promenades d'un kilomètre avec de nombreuses pauses au bord du ruisseau. À l'âge de trois ans, Harvey part plusieurs fois en excursion avec Josh et semble apprécier les bivouacs à 20 degrés. Un an plus tard, la famille passe six jours à parcourir un tronçon de 90 kilomètres sur l'Appalachian Trail. Une expérience qui plait tant à Harvey qu'il réclame à hauts cris de prolonger le bivouac.

Ces randonnées préparatoires, bien qu'intenses, sont moins difficiles que ce qu'ils rencontrent en janvier 2020, lorsqu'ils débutent l'Appalachian Trail en plein hiver. « Qu'est-ce que je suis en train de faire ? » se souvient avoir pensé Cassie après être entrée dans le parc national des Great Smoky Mountains un mois plus tard. "Il neige, les orteils de mon enfant sont froids… Comment vais-je réussir à les réchauffer ?" Cassie décide alors de lui raconter des histoires au fil de la randonnée, de le distraire jusqu'à ce que sa température corporelle augmente à nouveau. Dès lors, au fur et à mesure de leur avancée dans les montagnes les jeux deviennent non seulement une technique de motivation cruciale, mais aussi un moyen essentiel de contrôler la santé d'Harvey. Lorsqu'il cesse de jouer ou de participer aux récits, l'heure de la pause arrive. Pourtant, la plupart des nuits, Harvey arrive au bivouac avec l'énergie nécessaire pour jouer à cache-cache ou au loup, mobilisant les autres randonneurs pendant qu'ils s'installent dans leurs sacs de couchage.

Pour les Sutton, tous deux âgés d'une trentaine d'années, ces souvenirs sont inestimables et valent bien le travail supplémentaire qu'ils doivent fournir pour financer ces aventures. Mais qu'en pense le petit Harvey ? "Mon moment préféré était quand nous mangions des bonbons, me raconte-t-il.

« Les gens nous ont dit : 'Pourquoi ne pas vous lancer plus tard, quand Harvey pourra davantage s'en souvenir ?' », explique Josh, actuellement en train de se préparer pour une randonnée sur le sentier John Muir à la mi-juin avec sa famille. « Je réponds que ces souvenirs sont pour moi et Cassie des moments incroyables que nous avons passés en famille. Nous ne voulons pas que notre fils grandisse en un clin d'œil, sans que l’on puisse en profiter".

« Il ne s'agit pas de savoir ce que les enfants veulent, car ils désirent des choses ridicules, n'est-ce pas ? »

Pour Marketa et David Daley, un couple californien de 31 ans qui a déjà parcouru le tiers du Pacific Crest Trail avec trois enfants âgés de deux à cinq ans, la randonnée en famille a été une véritable échappatoire, un moyen d'explorer d'autres possibilités hors d'une vie qui leur semblait banale.

« Nous nous sentions coincés, vivant une vie qui nous était trop accessible, où tout nous était dû. Je ne pense pas que ce soit la meilleure façon d'élever des enfants », témoigne Marketa. « L'mportant, c'est qu’avec David nous soyons heureux. À cet âge-là, ce qui compte, c’est que les enfants voient leurs parents réaliser leurs rêves. Il ne s'agit pas de savoir ce que les enfants veulent, car au fond, ils désirent des choses ridicules, n'est-ce pas ? »

La famille Daley
La famille Daley (The Daleys)

Les Daley se sont rencontrés lors d'un séjour de six mois passé à construire des sentiers dans la forêt nationale de Shasta-Trinity. Marketa avait déjà parcouru une douzaine de fois le John Muir Trail et le PCT en entier une fois, une perspective qui intriguait David. Mais la grossesse, puis l'adoption, sont venus interrompre leurs projets de randonnée. Après avoir trimballé leurs deux premiers enfants, Sequoia et Joshua, autour du Mont Hood (3 429 m), dans l'Oregon, sur le sentier Timberline, ils ont renoncé à ce genre d’aventures, la charge mentale étant tout simplement trop importante.

Puis, en 2020, ils ont eu leur troisième enfant, un garçon, Standa. Mais plutôt que de mettre fin aux discussions sur le trekking, l’arrivée de cet enfant les a stimulés. Les cinq membres de la famille vivaient avec les parents de Marketa sur la côte californienne, et David n'était pas satisfait de son emploi dans les parcs de l'État, notamment parce qu'il limitait ses activités outdoor aux week-ends. Tous deux avaient envie d'indépendance. Inspirés en partie par le livre de Ben Crawford, « 2000 Miles Together » (2000 miles ensemble), ils ont enfin décidé de tenter le PCT - ou du moins une partie de celui-ci. Au fond, qu'avaient-ils à perdre, se disaient-ils ?« Nous n'avons pas beaucoup planifié les choses, car nous ne savions pas jusqu'où nous arriverions à aller », se souvient Marketa. « Il s'agissait simplement d'essayer. Or Joshua, trois ans, a maintenant parcouru plus de 800 km à pied. Ça m'épate ».

Chaque soir, vers minuit, pendant que le reste de la famille dort, Marketa documente les modestes progrès de la famille sur Instagram. Elle raconte comment avec deux enfants elle a traversé des pentes enneigées en Californie du Sud ou comment elle a dû les surveiller lors des pauses sur le parking. Elle parle aussi des rhumes, d'intenses moments de fatigue et des genoux meurtris. Accablés par le manque soudain de confort et intimidés par les 4 000 km qui leur restaient à parcourir, ils manquent d’abandonner après 30 km. Les enfants usent leurs chaussures et sont « sales en permanence », relate alors Marketa. « Mais c'est tellement valorisant de venir à bout d’une section difficile », se souvient-elle. "On réalise alors que l’on est bien plus apte que ce qu’on pensait auparavant ».

Pendant les premiers kilomètres, la famille de cinq personnes s’entasse dans une tente de 3 mètres carrés, les pieds de Marketa et de David dépassant sur les côtés. En chemin, quelqu'un leur offre finalement une tente d'un mètre carré supplémentaire, un investissement qu'ils n’avaient pas fait, tout simplement parce qu' ils ne savaient pas combien de kilomètres ils allaient parcourir. Peut-être la nouvelle tente, suggère Marketa, annonce-t-elle plus d'espace et d'autonomie. « Le fait que nous soyons capables de faire ce que nous faisons nous ouvre tellement de possibilités », souligne-t-elle. « Quand nous revenons à la vie que nous menions auparavant, nous sommes armés de ressources différentes. De quoi nourrir d'autres projets ».

« Du point de vue du développement, le cerveau n'est pas vraiment préparé »

Même si le fait d'atteindre le quart du chemin du PCT ou d'un autre sentier de ce type donne sans doute un certain sentiment d'autonomie aux parents, certains médecins s'inquiètent toutefois des effets à long terme d'une telle entreprise sur les enfants. Effets qui pourraient rester cachés pendant des années, tant sur le plan psychologique que physique, craignent-ils.

« Du point de vue du développement, le cerveau n'est pas vraiment préparé à se défendre ou à se protéger avant neuf ou dix ans », explique Stephen Gonzalez, psychologue du sport au Dartmouth College, qui chaque année voit passer des milliers de randonneurs sur l'Appalachian Trail dans sa ville du New Hampshire. « Les enfants vont se dépasser, c'est certain ; mais pour eux, il n'y aura pas de pause, pas de refuge où ils pourront se recentrer sur eux-mêmes ce qui, à leur âge, est essentiel ». « C'est la base du traumatisme », explique le psychologue. « Lorsqu'une personne est exposée à un événement qui dépasse sa capacité à y faire face ».

« La puberté peut être retardée. Les enfants risquent d'avoir une densité osseuse plus faible. Il existe toute sorte de mauvaises adaptations à ces efforts »

De plus, le corps des enfants n'est peut-être pas en mesure de supporter des activités d'endurance aussi longues, d'autant qu'ils stockent moins d'énergie à long terme que les adultes, explique Tim VanHaitsma, professeur de kinésiologie au Westmont College. Ainsi, ils peuvent être plus enclins à souffrir d'un déficit énergétique relatif dans le sport (RED-S), un syndrome où l'apport nutritionnel ne correspond pas à la performance sportive pouvant endommager le fonctionnement de plusieurs organes. « Lorsque nous sommes privés d'énergie pendant assez longtemps, notre corps commence à optimiser différentes fonctions », poursuit le professeur. « La puberté peut être retardée. Les enfants risquent d'avoir une densité osseuse plus faible. Il existe toute sorte de mauvaises adaptations à ces efforts ».

Reste que les études sur la façon dont le corps des enfants réagit aux efforts physiques extrêmes ne sont ni définitives ni complètes. En effet, Tim VanHaitsma cite un article paru en 2021 dans la revue Sports Medicine, selon lequel « aucune preuve n'a définitivement démontré que les distances [d'ultra-marathon] soient dangereuses ou non » pour les enfants. Ben et Kami Crawford sont bien conscients de ces données contradictoires ; ils ont d'ailleurs utilisé ces arguments à l'heure de défendre leur position, dans une " lettre ouverte pour autoriser nos enfants à courir des marathons ».

La famille Crawfords
La famille Crawfords (Ben Crawford)

Les Crawford n'écartent pas pour autant le fait que des risques subsistent, qu'ils se soient trompés et que tous ces kilomètres puissent s'avérer mauvais pour leurs enfants. Ils sont conscients que " si l'enfant est constamment malheureux, cela ne peut qu'empirer », et ils ne cachent pas que Memory, leur quatrième enfant, a déjà souffert de légères engelures sur le Wonderland Trail.

« Nous n'avons pas testé l'effet à long terme des iPads ou de World of Warcraft sur les enfants »

« On traverse des rivières, on entend parler d'ours - la mort est une réalité quand on est dans la nature », explique Ben. « On se dit que si nos enfants sont gravement blessés, on s'en voudra éternellement, on comprendra qu'on a eu tort. Mais je me dis que nous allons tous mourir un jour ou l’autre. Ne faut-il pas choisir ses risques en fonction des bénéfices qu’ils engendrent en retour ? Est-ce que nos choix ne semblent pas inquiétants tout simplement parce qu'ils sont peu communs ? ", s'interroge-t-il. Avant d'annoncer que l'année prochaine, la plupart des membres de la famille a l'intention de parcourir le Pacific Crest Trail.

Kami considère pour sa part que sans le temps passé avec ses enfants sur le sentier, leur relation serait totalement différente. Surtout si les enfants n'avaient connu que la garderie et l'école pendant 18 ans. Cependant que Ben n'hésite pas dire que le combo repas McDonald's - temps d'écran incontrôlé - consumérisme infini sont des formes acceptées de négligence parentale.

« Un mode de vie très sportif est plus ancré dans la réalité, contrairement au fait de s'asseoir au bureau pour fixer un écran pendant huit heures, que ce soit pour un adulte ou un enfant », explique-t-il. Et à ceux qui rappellent qu'aucune étude ne prouve l'innocuité des longs treks sur les enfants, il rétorque que « personne n'a testé non plus l'effet à long terme des iPads ou de World of Warcraft sur les enfants ! ».

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