En 1992, l’anthropologue anglais Neil Whitehead part au Guyana, minuscule Etat au nord de l’équateur, à la recherche d’une civilisation disparue. Il en revient obsédé par le kanaima, figure de sorcellerie violente redoutée en Amazonie. Vingt ans plus tard, l’écrivain Frank Bures remonte sa piste, entre archives, témoignages et enquête sur le terrain, au risque d’être à son tour happé par des récits terrifiants. Pour Neil Whitehead, anthropologue formé à Oxford, tout a commencé par une hypothèse : l’existence, sur le plateau des Guyanes, de sociétés anciennes plus complexes qu’on ne le croit, peut-être comparables au mythe d’El Dorado. On est alors en 1992, et le scientifique, qui travaille avec le Walter Roth Museum, arrive au Guyana, aux confins du Venezuela et du Brésil. Son objectif ? Documenter des sites funéraires à urnes dans une région isolée, le Paramakatoi. Mais là, au cœur des montagnes, il rencontre une infirmière qui va bouleverser ses recherches. Elle va l’orienter non pas vers des vestiges, mais des morts pour le moins inquiétantes. Ce qu’il devrait vraiment étudier, dit-elle, c’est le kanaima, nom donné à des personnes dotées de pouvoirs étranges et de rituels plus étranges encore. On racontait qu’elles pouvaient se transformer en jaguars ou en tamanoirs. Qu’elles pouvaient parcourir instantanément de vastes distances. Elles étaient particulièrement redoutées, parce qu’on les disait connues pour attaquer des victimes isolées lorsqu’elles marchaient dans la forêt, ajoute-t-elle. Considérés par certains comme des « chamans noirs », les kanaima s’inscriraient dans un paysage plus large de « sorcellerie d’agression » qui s’étend à travers toute l’Amazonie. Mais il existerait aussi des aspects du kanaima — notamment le rôle joué par certaines plantes — propres à cette région. Il existe bien des façons de tomber malade au Guyana, mais l’infirmière explique à Whitehead que les victimes d’une attaque de kanaima présentent des signes révélateurs : langue et visage gonflés, avec des marques de coups caractéristiques sur le corps. Elles souffrent de fièvre,…
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