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French Alps 2030
  • Société

Démission surprise de la directrice des opérations du JO 2030 : qu’est-ce qui a coincé ?

  • 10 décembre 2025
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Nouveau couac dans l’organisation des JO 2030 dans les Alpes ! Mardi 9 décembre 2025, le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques Alpes Françaises 2030 a officiellement annoncé le départ d’Anne Murac, jusqu’alors directrice des opérations, un poste stratégique. Moins de six mois après sa nomination, elle quitte ses fonctions, suscitant une onde de choc dans le petit monde de l’olympisme français. La raison de son départ serait liée à une prise de décision unilatérale d’Edgar Grospiron, le président du Cojop. La liste des problèmes autour de l’organisation de ces Jeux s’allonge encore après l'annonce il y a quelques jours du conseil départemental de Savoie de claquer la porte ... pour des problèmes de communication.

Le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) Alpes Françaises 2030 se veut sobre : « La directrice des opérations du Cojop Alpes françaises 2030, Anne Murac, a annoncé ce mardi 9 décembre sa volonté de quitter le comité d’organisation ». Et d'ajouter : elle a « joué un rôle clé dans la mise en œuvre, la structuration et l’organisation opérationnelle du projet », permettant de « poser des bases solides pour les phases opérationnelles à venir ». En réalité, c'est plutôt la fragilité de l’organisation des Jeux qui est mise en évidence dans un contexte déjà marqué par des tensions sur la gouvernance, la carte des sites ou le calendrier.

Anne Murac a une longue carrière dans l’organisation d’événements complexes. Elle a été, jusqu’à 2024, responsable du « cluster Île-de-France » pour le Jeux olympiques d'été de 2024. Sa mission consistait à coordonner l’ensemble des sites, des infrastructures, de la logistique, des transports, de l’accueil, des relations avec les collectivités locales, et à garantir le bon déroulé des compétitions en Île-de-France. Soit un faisceau de responsabilités stratégiques et déterminantes pour l’organisation de l’un des plus grands événements sportifs jamais organisés en France. Surtout, elle a rempli son rôle sans accroc puisque les JO 2024 n’ont connu aucun incident majeur. Son recrutement, en juillet 2025, pour prendre en charge l’organisation des JO d’hiver 2030 témoignait de l’intention du Cojop de capitaliser sur l’expérience acquise à Paris 2024.

Des nominations clés sans la consulter

Alors qu’est-ce qui a coincé pour les JO 2030 ? Selon Le Parisien, repris par d’autres médias, la démission aurait été provoquée par des désaccords internes, notamment autour de la désignation des responsables des quatre « clusters » Savoie, Haute-Savoie, Nice et Briançon. Ces responsables auraient été nommés par des acteurs politiques, sans que l’on sache qui à ce stade, et validés par le président du Cojop Edgar Gropsiron… sans qu’Anne Murac n’ait été consultée. Ce sont ces nominations qui auraient « mis le feu aux poudres », selon nos confrères, et provoqué le départ de la directrice des opérations.

Au-delà des querelles de personnes, c’est un défi structurel que met en lumière ce départ. En effet, la carte des sites, clé de voûte du projet 2030, n’est pas finalisée, et des décisions cruciales – comme l’intégration de stations comme Val-d'Isère – restent en suspens à ce stade. Sans parler de la décision du conseil départemental de Savoie, tombée le 3 décembre 2025, de suspendre sa participation à toutes les réunions liées aux JO 2030. Le départ d’un profil expérimenté, dans un contexte d’incertitudes multiples, pourrait accroître le climat de défiance vis-à-vis du projet, tant de la part des institutions que des populations locales, déjà plus que dubitatives ( et le mot est faible !).

Le succès des JO de Paris ne garantit pas celui des Alpes 2030, encore moins avec le départ d’Anne Murac. Les Jeux d’hiver posent en outre des défis spécifiques : dispersion géographique, infrastructures en montagne, transport ou encore impact environnemental dans un milieu en première ligne face au réchauffement climatique… Si le Cojop comptait sur l’expérience d’Anne Murac pour structurer le projet, sa démission oblige à repenser la gouvernance, la répartition des responsabilités, et la manière dont les décisions sont prises entre acteurs politiques, techniques et territoriaux. Surtout au regard de la longue liste des dénis démocratiques qui entourent l’organisation de ces Jeux (voir encadré).

En attendant, le Cojop affirme qu’un recrutement sera lancé rapidement et que l’équipe « Opérations » reste mobilisée. Qui pour prendre le relais ? Sans compter que le départ d'Anne Murac pourrait en entrainer d'autres... À commencer par Mathilde Meurisse, actuelle directrice des sports recrutée au même moment que l'ex-directrice des opérations et elle aussi membre de l'équipe de Paris 2024.

Le Cojop se réjouissait, en juillet 2025, de recruter ces deux expertes. À leur nom étaient associés ceux d'Elie Patrigeon en tant que directeur héritage, impact et durabilité et de Blandine Vinagre-Rocca comme directrice des affaires publiques. Le premier travaille dans le giron du Comité paralympique et sportif français depuis plus de 8 ans tandis que la seconde était directrice du cabinet du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquier. On voit mal ces deux-là quitter le navire, à la différence d'Anne Murac donc et potentiellement de Mathilde Meurisse.

Deux ans de bataille face à un déni de démocratie flagrant
- 2023–2024 : La candidature aux Jeux d’hiver 2030 est montée à la va-vite par Laurent Wauquiez et René Muselier. Sans aucun débat ni concertation publics. Malgré tout, la France est désignée comme « preferred candidate » : aucune consultation nationale ou alpine n’aura été organisée.
- 2024 : Aucune saisine de la CNDP (Commission nationale du débat public) malgré un budget supérieur à 2 milliards d’euros. Rappelons que la CNDP ne peut s’autosaisir et que la saisine est obligatoire au-delà de 460 M€.
- 2024–2025 : Cafouillage au niveau de la gouvernance, et multiplication des contretemps.On assiste au retrait de Martin Fourcade et constate l’absence de Direction Générale. La carte des sites reste incertaine, au grand dam, bien souvent, des principaux intéressés, visiblement pas toujours consultés.
- 2024–2025 : L’opposition ne baisse pas les bras : recours multiples pour obtenir un débat public. Saisines des tribunaux administratifs (Paris, Lyon, Marseille).
- Novembre 2025 : Constat international du manque de consultation : la France va devoir s’expliquer. Saisi, le Comité Aarhus de l’ONU tranche : le recours des associations et ONG est recevable.
- 3 décembre 2025 : la Savoie claque la porte des discussions. Un département clé s’insurge publiquement contre l’absence de consultation. C’est une première.
- 9 décembre 2025 : Anne Murac, la directrice des opérations, démissionne. Elle n'aurait pas été consultée pour la nomination des quatre responsables des clusters Savoie, Haute-Savoie, Briançon et Nice

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