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JO 2030 Alpes françaises
  • Société

76% des Français favorables aux JO 2030 dans les Alpes… pardon ?!

  • 8 juillet 2025
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Un récent sondage réalisé par Toluna Harris Interactive et largement repris dans la presse française avance que 76 % des Français sont favorables à l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver dans les Alpes en 2030. Que faut-il à trois Français sur quatre pour comprendre qu’économiquement et écologiquement, le projet Alpes 2030 a lui aussi, à la louche, trois chances sur quatre d’être un fiasco ?

France Info, Le Dauphiné Libéré ou encore Mediapart, la presse française relaie largement un sondage réalisé par Toluna Harris Interactive selon lequel 76 % des Français sont favorables à l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver dans les Alpes en 2030. L’étude, publiée en juin 2025, assure en effet que 29 % des sondés sont « tout à fait favorables » et 47 % « plutôt favorables » à l’organisation des Jeux sur un panel de 1 047 personnes représentatives de la population française et âgées de plus de 18 ans (marge d’erreur d’1,8 point). L'enquête, intitulée « Baromètre de la perception des grands événements sportifs par les Français » et commanditée par Territoires d'événements sportifs, une association regroupant plus de 25 collectivités dans toute la France, aborde différents thèmes, de la victoire du PSG en Ligue des Champions à la vision des JO 2024 à Paris. Concernant les Alpes françaises 2030 et ce fameux chiffre de 76 %, la question posée était la suivante : « Êtes-vous favorable ou opposé(e) à l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver de 2030 dans les Alpes françaises ? ». Cinq réponses possibles : « tout à fait favorable », « plutôt favorable », « plutôt opposé », « tout à fait opposé » et « ne se prononce pas ».

Le résultat de cette enquête est pour le moins surprenant. L’idée ici n’est pas de remettre en question la méthodologie de Toluna Harris Interactive, mais plutôt de s'interroger sur l'opinion des sondés. Sur quelle base fonder des attentes si optimistes pour les JO 2030 ? Économique ? Écologique ? Sportive ? Seul le dernier point semble cohérent, cet événement demeurant un rendez-vous sportif international renommé, apprécié et célébré. L’emballement médiatique et l’enjeu sportif sont-ils toutefois suffisants pour accueillir à bras ouverts les JO dans les Alpes ? Du point de vue économique et écologique, le scepticisme est permis.

Concernant l’aspect financier, l’ouvrage « Les Jeux olympiques en valent-ils la chandelle ? » – publié en juillet 2024 par le professeur de géographie humaine, de démographie et de tourisme à l’Université Libre de Bruxelles Jean-Michel Decroly – rappelle que les comptes des organisateurs des JO sont presque toujours déficitaires, particulièrement sur les éditions hivernales. Sur les treize dernières éditions d’été (hors Paris 2024), seules trois exceptions confirment la règle : Los Angeles en 1984, Atlanta en 1996 et Sydney en 2000. Et Paris 2024 ne semble pas échapper à cette règle.

6 milliards d'euros d'argent public pour Paris 2024

Dans un premier temps, le Comité d’organisation des Jeux Olympiques (Cojo) avançait, fin 2024, des dépenses de 4,4 milliards d’euros reposant en immense majorité sur des fonds privés. En juin 2025, la Cour des comptes publie pour sa part un rapport sur le coût estimé pour les finances publiques : près de 6 milliards d’euros. Au total, entre acteurs privés et publics, les Jeux 2024 auraient donc coûté plus de 10 milliards d’euros. Si le secteur privé semble dégager un bénéfice de plusieurs dizaines de millions d’euros, selon le Cojo, le secteur public n’a pas d’impératif de rentabilité et d’éventuelles recettes n’ont pas été divulguées. « Secteur public », « finances publiques », « acteurs publics », autant de mots pour dire qu’à la fin, l’argent provient du contribuable, du citoyen, par l’intermédiaire d’impôts et de taxes. Est-ce vraiment pertinent de s'engager dans des Jeux d'hiver quand on sait qu'en 2025 le déficit de l'Etat français devrait atteindre 175 milliards d'euros ?

À l’heure où le taux de pauvreté atteint des sommets en France, souvenons-nous de l'exemple grec. En 2004, les Jeux d’Athènes avaient aggravé la dette du pays, comme l’expliquait dans une interview exclusive accordée au quotidien Kathimerini Jacques Rogge, président du Comité international olympique (CIO) entre 2001 et 2013 : « On peut aisément dire que les Jeux de 2004 ont joué leur rôle dans l’accroissement de l’endettement grec. Si l’on regarde la dette extérieure de la Grèce, on peut attribuer aux Jeux jusqu’à 2 ou 3 % de celle-ci ». Après Paris 2024 et son budget sous-évalué, les Alpes 2030 seront-elles la goutte d’eau qui fait déborder le vase ?

Environ 746 500 tonnes équivalent CO2 pour les Alpes 2030

https://www.youtube.com/watch?v=YDHve3357Kk

Précision utile concernant les Alpes françaises 2030 : les JO d’hiver sont presque toujours moins rentables que les JO d’été. Moins d’athlètes, moins de sports représentés, moins de retombées médiatiques, moins de sponsors… les raisons qui expliquent cet écart sont nombreuses. « Endémiquement, les JO d’hiver ont plus de risque d’être déficitaires que les JO d’été », affirmait d’ailleurs le rapporteur du projet de loi olympique Jean-Michel Arnaud, par ailleurs sénateur Union centriste des Hautes-Alpes, lors d’une intervention sur Public Sénat fin juin 2025.

Sur le volet écologique, l’heure n’est plus à la pédagogie. La planète brûle, les glaciers fondent, les stations de sports d’hiver ferment les unes après les autres, les milieux montagnards sont les premiers frappés par le réchauffement climatique. Dans ce contexte, l’essence-même des Jeux Olympiques d’hiver est discutable et, à plus long terme, remise en question. Les organisateurs du projet Alpes françaises 2030 évaluaient, dans un rapport sommaire de juin 2024, entre 689 000 et 804 000 tonnes équivalent CO2 l’empreinte carbone de l’événement. En moyenne, cela représente, à titre de comparaison, plus de 2 800 vols Paris – Nice. Les réelles études d'impact n'ont pas été publiées. Il faudra attendre 2025-2026 pour les connaître, apprenait-on le 4 juillet sur le site du gouvernement. Et ce, alors même que des milliards d'euros vont à nouveau être investis, dont une partie provenant du contribuable. Dès lors, qui peut croire la promesse de la région Auvergne-Rhône-Alpes, région organisatrice au côté de Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’organiser des « Jeux sobres, durables et respectueux de l’environnement » ?

Avec ces éléments en tête, les sondés auraient-ils répondu de la même manière au sondage Toluna Harris Interactive ? Pas sûr...

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