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Concertation JO2030
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Les JO 2030 lancent une « plateforme de concertation citoyenne »… pour discuter de projets déjà verrouillés !

  • 15 mai 2026
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Annoncée comme une réponse aux critiques sur l’absence de consultation autour des JO d’hiver 2030, la nouvelle plateforme de participation citoyenne de la Solideo Alpes 2030 devrait ouvrir le 26 mai pour un mois. Mais elle arrive après la signature du contrat olympique, le vote de la loi JO et les principaux arbitrages politiques. Et surtout, elle ne porte, pour l’heure, que sur deux projets précis et elle évite toujours la question qui n’a jamais été posée publiquement depuis l’attribution des Jeux aux Alpes françaises : fallait-il organiser ces JO d’hiver en France ? Après deux ans de décisions prises sans débat public global, l’initiative ressemble moins à une ouverture démocratique qu’à un leurre grossier. 

Mais de qui se moque-t-on ? Depuis des mois, les promoteurs des Jeux olympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises répétaient la même promesse, la concertation viendrait. Après les critiques sur l’absence de consultation populaire lors de la candidature, après les recours, déboutés, devant les juridictions françaises puis devant l’ONU, après la décision du Conseil d’État refusant l’organisation d’un débat public global, voici donc la réponse annoncée par la Solideo Alpes 2030 : une plateforme de « participation citoyenne » officiellement mise en ligne cette semaine.

Les porteurs du projet olympique auraient-ils enfin entendu les demandes des Français ? Disons plutôt qu’ils ne font qu’appliquer les modalités inscrites dans le projet de loi relatif à l’organisation des JO 2030. De quoi calmer les esprits ? Pas vraiment. 

Cette « concertation » arrive alors que l’essentiel est déjà acté. Le contrat hôte a été signé, la loi olympique votée, les grands équilibres du projet fixés, les premiers marchés lancés et la structure même des Jeux déjà verrouillée politiquement. Et s’il faudra attendre le 26 mai pour pouvoir exprimer ses opinions sur le sujet, au regard des informations déjà en ligne, on comprend vite que cette plateforme n’a pas vocation à répondre à la seule question qui importe depuis plus de deux ans maintenant. Celle qui n’a jamais été posée aux Français : voulait-on, oui ou non, de Jeux olympiques d’hiver dans les Alpes françaises ?

À ce stade, les citoyens sont invités à s’exprimer non pas sur l’opportunité des Jeux, mais sur des aménagements déjà inscrits dans leur logique de réalisation. Et ce, sur deux thématiques à ce jour.
La première concerne la future « ligne olympique réservée » entre Briançon et Le Monêtier-les-Bains, avec aménagements de voies dédiées aux transports collectifs, modifications de carrefours et réorganisation des mobilités locales. La seconde porte sur la réhabilitation du fort des Trois-Têtes à Briançon, destiné à accueillir 900 athlètes pendant les Jeux, accompagnée d’aménagements de voirie, de réseaux et d’une solution de transport par câble. 

On suppose que d'autres thématiques suivront, mais là n’est pas la question. Car cette « consultation » intervient une fois les grands arbitrages déjà réalisés, projet par projet, infrastructure par infrastructure. Exactement ce que dénoncent depuis des mois les opposants aux Jeux, du Collectif Citoyen JOP 2030 à Mountain Wilderness qui y voient clair depuis longtemps. Notamment depuis que, le 3 avril dernier, le Conseil d’État a validé cette logique de fragmentation en estimant que les ouvrages liés aux JO 2030 ne constituaient pas un « projet unique », mais une série d’opérations distinctes réparties sur plusieurs territoires. Une décision majeure, qui a permis d’écarter l’idée d’un débat public global piloté par la Commission nationale du débat public, comme nous l’expliquions le 7 avril dans Outside.

Dans ce contexte, on comprend que cette nouvelle plateforme soit accueillie avec beaucoup de scepticisme – le mot est faible - par les collectifs opposés aux Jeux. Le Collectif Citoyen JOP 2030 dénonçait récemment des « mesurettes proposées par les porteurs du projet et labellisées “mesures de concertation” » qui « ne seront que de pure forme ». Il critiquait aussi explicitement « des mesures de concertation allégées, infrastructure par infrastructure ». Il ne s’est pas trompé, hélas.

L’affaire a tout d'une mascarade. Et les propos de Damien Robert Directeur Général de la Solideo Alpes 2030 – Etablissement public aménageur, superviseur et financeur, chargé de la concertation des projets - feraient sourire si les enjeux économiques, sociaux, environnementaux et humains des JO 2030 n’étaient pas aussi importants. « La concertation du public constitue un pilier essentiel [de la Solideo], écrit-il. « Habitants, élus, acteurs locaux, associations et usagers sont pleinement associés aux réflexions et aux décisions, afin de concevoir des équipements utiles, adaptés et partagés. Ce dialogue continu permet d’ancrer chaque projet dans les réalités des territoires et d’en garantir l’appropriation sur le long terme ».

Sur le site de la plateforme, on apprend que « dans un contexte où les grands projets sont attendus autant qu’ils peuvent susciter des interrogations, elle [la Solideo] a fait le choix d’une démarche fondée sur l’information, le dialogue et l’association progressive des publics. En ce sens, la concertation doit permettre d’expliquer les objectifs, de rendre les opérations compréhensibles, de recueillir les attentes et les vigilances, d’anticiper les contraintes techniques, foncières ou réglementaires, et de nourrir des décisions plus robustes. Cette participation s’inscrit dans la durée, avec une logique d’information continue, de dispositifs adaptés aux réalités locales et d’attention particulière portée aux habitants, aux usagers, aux élus, aux associations et aux acteurs économiques ».

Dans les Alpes, les habitants directement concernés par les JO 2030, et plus largement les contribuables français mis devant le fait accompli depuis deux ans apprécieront.

Pour participer ou consulter les projets, c’est ici.
Deux projets seulement sont actuellement soumis à concertation : la ligne olympique réservée Briançon – Le Monêtier-les-Bains et la réhabilitation du fort des Trois-Têtes à Briançon. Mais il faudra attendre le 26 mai pour pouvoir y participer concrètement. La concertation durera un mois, jusqu’au 26 juin. Pour l’instant, le public découvre surtout un portail annonçant de futurs questionnaires, des rencontres publiques, un registre numérique et des « cahiers d’acteurs ».

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