Champion du monde sur route, en cyclo-cross et en gravel, le Néerlandais fera ce week-end son retour en VTT lors de la Coupe du monde aux Gets. Moins d’un mois après sa victoire sur les Champs-Élysées lors de la dernière étape du Tour de France, le petit-fils de Raymond Poulidor relancera sa quête du seul titre mondial qui lui résiste encore.
À 31 ans, le Néerlandais possède l’un des palmarès les plus impressionnants du cyclisme moderne. Huit fois champion du monde de cyclo-cross, champion du monde sur route en 2023 puis de gravel en 2024, il a également remporté trois fois le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, deux fois Milan-San Remo, porté le maillot jaune du Tour de France et gagné des étapes sur le Tour comme sur le Giro. En VTT, pourtant, il se heurte régulièrement aux chutes, au manque de préparation et à des adversaires qui consacrent toute leur saison à la discipline. Il a remporté plusieurs manches de Coupe du monde, mais jamais le titre mondial ni l’or olympique. Les 21 et 23 août, il disputera aux Gets le short track puis le cross-country olympique, sa seule course de préparation avant les Mondiaux du 30 août à Val di Sole, en Italie, où il avait remporté une manche de Coupe du monde en 2019.
L’un des meilleurs vététistes du monde
Avant de s’imposer parmi les grandes figures du cyclisme sur route, Mathieu van der Poel évoluait déjà au plus haut niveau en VTT. En 2018, il décroche la médaille de bronze des championnats du monde de cross-country à Lenzerheide, en Suisse. L’année suivante, à 24 ans, il devient champion d’Europe et remporte trois manches de Coupe du monde, à Nové Město, Val di Sole et Lenzerheide. Le titre mondial semble alors à sa portée.
Mais entre les classiques au printemps, le Tour de France en été et le cyclo-cross en hiver, le VTT peine à se faire une place dans son calendrier. Ses apparitions s’espacent et, à chaque retour, il lui faut retrouver ses repères dans les montées sèches, les relances et les descentes techniques, face à des adversaires qui enchaînent les courses toute l’année. Son classement UCI le contraint également à partir loin sur la grille de départ. Les victoires laissent alors place à une succession de rendez-vous manqués.
Depuis Tokyo, une série noire
La chute la plus célèbre remonte aux Jeux olympiques de Tokyo, en 2021. Dans le passage rocheux du « Sakura Drop », Van der Poel bascule par-dessus son guidon et heurte lourdement le sol. Une rampe présente lors des reconnaissances a été retirée pour la course, mais le Néerlandais aborde le saut comme si elle se trouvait toujours en place. Il tente de repartir avant d’abandonner, touché à la hanche. Des douleurs persistantes au dos perturbent ensuite sa saison et le contraignent à renoncer aux championnats du monde de VTT, puis à une partie de l’hiver de cyclo-cross. Deux ans plus tard, il revient aux Mondiaux de VTT organisés en Écosse, six jours seulement après avoir été sacré champion du monde sur route à Glasgow. Son retour sur un VTT dure moins de trois minutes. Une chute dès le premier tour le contraint à l’abandon.
En mai 2025, sa tentative à Nové Město tourne une nouvelle fois court. Van der Poel chute deux fois dans les premières minutes. La seconde lui fracture le scaphoïde et endommage les ligaments du poignet, perturbant sa préparation pour le Tour de France. Trois mois après cette blessure, il est pourtant de nouveau au départ d’une manche de Coupe du monde de VTT aux Gets.
Sixième aux Gets, puis 29e aux Mondiaux
En août 2025, Van der Poel s’élance loin sur la grille des Gets avant de remonter jusqu’au groupe de tête. Il dira même avoir pensé pouvoir gagner, mais perd du terrain dans les descentes et termine sixième, à environ une minute du Français Luca Martin. Deux semaines plus tard, il part de la 33e position aux championnats du monde de Crans-Montana. Revenu jusqu’à la deuxième place dans les premiers tours, il paie ensuite les efforts fournis pour traverser le peloton et recule progressivement. Il termine 29e, à plus de cinq minutes du Sud-Africain Alan Hatherly, sacré champion du monde pour la deuxième année consécutive. « Le titre mondial de VTT reste mon rêve, et il me reste encore quelques années. Nous allons continuer d’essayer », déclare Van der Poel après la course. Il explique également que le VTT reste la discipline dans laquelle il prend le plus de plaisir à rouler.
Une seule course pour se préparer aux Mondiaux
Vendredi, le short track déterminera la position de départ de Van der Poel pour le cross-country de dimanche. Une place parmi les 24 premiers lui permettrait de partir de l’une des trois premières lignes. Dans le cas contraire, ses résultats sur route et en cyclo-cross devraient lui assurer une place sur la cinquième ligne. L’écart peut paraître mince, mais il lui éviterait de dépenser une nouvelle fois une grande partie de son énergie à remonter le peloton.
Une semaine plus tard, le parcours de Val di Sole et son important dénivelé devraient favoriser les coureurs les mieux préparés. Van der Poel retrouvera notamment le double champion du monde en titre Alan Hatherly, le double champion olympique Tom Pidcock, le leader de la Coupe du monde Luca Martin, Adrien Boichis et Christopher Blevins. Le Néerlandais ne sera pas favori, malgré sa victoire à Val di Sole en 2019. La manche des Gets permettra de savoir jusqu’où il peut se rapprocher des meilleurs spécialistes avec une seule course dans les jambes.
Les Gets en 2027, Los Angeles en 2028
Quatre semaines seulement sépareront les Mondiaux de VTT de Val di Sole de ceux sur route, organisés le 27 septembre à Montréal. Une chute pourrait encore perturber la fin de saison de Van der Poel, comme en 2021 après Tokyo ou en 2025 avant le Tour de France. Le Néerlandais accepte pourtant ce risque alors que son programme sur route pour le mois de septembre n’est pas encore totalement arrêté.
Un échec à Val di Sole ne le ferait pas renoncer pour autant au VTT. Les Mondiaux de VTT seront organisés aux Gets en 2027, avant les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Van der Poel aura alors 33 ans et a déjà présenté cette édition comme sa dernière occasion de décrocher l’or olympique. Il envisage même de renoncer au Tour de France cet été-là pour préparer le VTT dès la fin des classiques. Le titre mondial et le titre olympique restent les deux seules grandes récompenses qui lui échappent dans la discipline.
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