Dire qu’il a de la suite dans les idées est un euphémisme ! Après plus de quatre semaines d’attente pour trouver le bon créneau météo – les Pyrénées ont connu quasiment 40 jours de neige consécutif – l’alpiniste vient de boucler sa Trilogie hivernale avec la voie « Ouest / Nord Ouest » du Pic D’Ossau situé à 2 884 m d’altitude. Ne lui reste plus qu’à enfourcher son vélo pour rejoindre Annecy. Trois jours en selle en perspective, mais vent dans le dos cette fois. De quoi boucler ce qui pourrait bien être son « dernier voyage au long cours ».
Divine Providence dans le Mont-Blanc, la voie de la Gamma dans la Barre des Ecrins.. une à une Charles Dubouloz a coché les cases d’un redoutable parcours hivernal qu’il avait imaginé. Il vient de signer son troisième et dernier exploit de l’hiver avec le Pic D’Ossau – sommet emblématique de la chaîne Pyrénéenne -abordé via la voie « Ouest / Nord Ouest. De quoi mettre un point presque final à une aventure débutée trois mois plus tôt, avant de regagner Annecy à vélo.
Cette voie, c’est 600 mètres d’ascension en solitaire, mais aussi l’aboutissement d’une longue et pénible attente. Faute de fenêtre météo, l’alpiniste a dû prendre son mal en patience et ronger son frein pendant des semaines. Aussi n’a-t-il pas perdu une seconde quand le bon créneau s’est présenté. Tout comme pour Divine Providence ou la Gamma, il a su se montrer opportuniste. Il lui aura fallu 48h pour venir à bout de cette ultime étape, durement arrachée. Dès le premier jour, son sac à dos est tombé dans le vide. A l’intérieur tout le confort indispensable à ces ascensions : doudoune, réchaud, eau, nourriture… Sa nuit sur la face sera dantesque.
Ce projet, qui l’a vu passer du massif du Mont-Blanc aux Ecrins avant de finir dans les Pyrénées, Charles, 37 ans, l’avait en tête depuis des années, nous confiait-il en décembre dernier. Et il pourrait bien être le dernier des grands projets en solo qui ont marqué sa carrière : « Déjà, encore petit, j’ai rêvé devant les Patrick Berhault, les Lionel Daudet, ces mecs qui ont fait de la montagne très dure. Et qui n’en ont pas eu forcément assez. Ils ont cherché des choses un peu plus sur la durée. Je m’inscris dans cette démarche à la fois de performance dans la voie en elle-même et puis de voyage, d’où le fait de rallier le massif du mont Blanc, celui des Écrins puis les Pyrénées à vélo. C’est un peu dans la lignée de Lionel Daudet qui fait son tour de France sur le fil de la frontière. J’ai trouvé ça fabuleux à l’époque. Cette trilogie nait de cette envie de voyage au long cours, avec une ascension remarquable dans chaque massif. Et puis, je me suis dit que ce serait un peu le coup de grâce de finir là-dessus. »
A voir si Charles Dubouloz, jamais en mal d’un nouveau projet, tient parole…
Photo d'en-tête : Charles Dubouloz- Thèmes :
- Alpinisme
