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Alexandre Boucheix alias Casquette Verte UT4M
  • Aventure
  • Trail Running

Casquette Verte, le Parisien qui secoue l’ultra trail

  • 8 septembre 2022
  • 12 minutes

Coralie Havas Coralie Havas Passionnée d'escalade, de montagne et de culture outdoor au sens large, Coralie est journaliste pour Outside. Elle est basée à Uzès quand elle n'est pas sur la route à bord de son van.

« Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul » résume Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, 18e sur l'UTMB, vainqueur de l'UT4M et de l'Ultra 01 cette année. Du costume cravate au short de trail, des escaliers de Montmartre aux sentiers montagnards, ce traileur autodidacte, ex gros fumeur, mène une double vie. Parisien fêtard, il enchaîne les ultras et les (grosses) performances. Autant dire qu'à la Diagonale des Fous, à la Réunion, fin octobre, on l'attend au tournant.

« Je pourrais raconter à mes petits-enfants que j’ai fait un semi-marathon, c’est incroyable » s’est dit Alexandre Boucheix à ses débuts. Une fois l’objectif atteint, en 2015, les courses se sont enchaînées, que du bonus pour lui. Rapidement, il est tombé dans l’ultra, en 2017, lorsqu’il s’est inscrit à la CCC (100 km, 6 100 D+), puis, « ivre mort », à la Diagonale des Fous (160 km, 9400 D+). Des courses qui lui ont mis le pied à l’étrier avant que les performances arrivent – 18e à la mythique course réunionnaise l’année dernière, victoire sur l’Ultra 01, 18e sur l’UTMB cette année… De quoi donner envie de lui poser deux-trois questions.

Tu as commencé à courir en 2015. Qu’est-ce qui t’a amené à cette pratique ?

J’ai commencé à courir lorsque je suis rentré dans le monde du travail, tout droit après être sorti de l’école de commerce. À l’époque, je n’étais pas du tout sportif, j’avais une vie d’étudiant, avec 20-25 kg en trop parce que je sortais beaucoup, je mangeais mal et j’étais un gros fumeur. En gros, j’avais un physique de lâche. […] À l’époque, à mon taf, il y avait un gars, Ronald, 45 ans, papa de trois enfants qui, tous les lundis matin à la machine à café, se la pétait en disant qu’il avait couru 25/30 bornes le week-end pour préparer un 80 km dans trois semaines. Un ovni à mes yeux ! […] J’ai alors acheté une paire de chaussure de running et je suis parti courir. J’ai fait 500 mètres, j’ai craché mes poumons. Et au bout d’un kilomètre, je me suis dit « ok, je rentre, ce n’est pas pour moi ce sport ». J’ai le souvenir d’avoir balancé mes baskets. Puis Ronald m’a amené courir avec lui. C’était atroce, une souffrance absolue - je n’avais pas du tout le physique d’un sportif.

Mais petit à petit, je me suis pris au jeu. 5 km, 10 km. Assez rapidement, je me suis inscrit à un semi-marathon en me disant « tu pourras dire à tes petits enfants que tu as fait un semi, c’est incroyable ». Puis j’ai fait le marathon de Paris juste après. J’ai ensuite découvert l’univers du trail, avec l’Eco-Trail de Paris, la SaintéLyon et les Templiers. Je devais terminer 3000ème ou 4000ème… Mais les sensations étaient incroyables ! Tu rejoins Saint-Etienne à Lyon en pleine nuit, sous la neige, sans dormir… J’ai adoré ça - l’ambiance, les sensations, même s’il y avait énormément de souffrance. Et au bout de la deuxième année, j’ai commencé à me passionner pour l’ultra […] Je me suis alors inscrit à la CCC. Puis, en rentrant de boîte, ivre mort, à la Diagonale des Fous. Pas le truc le plus abordable. Il se trouve que j’ai été tiré au sort. Là j’ai très vite découvert ce qu’étaient les 100 km en montagne et les 100 miles. […] À partir de là, je suis tombé dedans, comme Obélix. J’adore l’ultra, le dépassement de soi… Tout me plaît.

Alexandre Boucheix alias Casquette Verte MaxiRaceAlexandre Boucheix alias Casquette Verte Marathon de ParisAlexandre Boucheix alias Casquette Verte UTMB Ecotrail

Tu as arrêté de fumer il y a 10 mois seulement. Courir des ultras tout en fumant un paquet par jour, c’est donc possible ?

Quand je fumais, je n’en parlais pas sur les réseaux parce que je trouvais que ça ne donnait pas une image terrible pour les jeunes. Il m’arrivait souvent, à cause du stress avant la course, de fumer un paquet de clope la veille du départ. Le matin, avant d’aller sur la ligne, je m’enchaînais 4/5 clopes. Sur la LyonSaintéLyon (152 km, 4350 D+, ndlr), à Saint-Etienne, en milieu de course, j’avais mon paquet qui m’attendait. Et à l’arrivée, la première chose que je demandais c'était où étaient mes affaires pour aller chercher des clopes. J’étais un gros fumeur. Les addictions, je connais. Mais physiologiquement parlant, avec du recul, je pense que ça ne me dérangeait pas. Je m’entraînais tellement - et puis je fais de l’ultra, pas du sprint.

Au final, j’ai arrêté pour ma santé, pas pour les performances. Je ne voulais pas mourir d’un cancer à 50 ans. Et puis maintenant, j’en éprouve une grande fierté personnelle – je ne suis plus dépendant mentalement.

Pourquoi Casquette Verte ?

À l’époque, j’étais président du BDE de mon école, j’organisais des week-ends d’intégration. On achetait des tee-shirts et des casquettes. J’ai toujours rattaché le fait de courir avec avoir une casquette, je pense que c’est dû à Forrest Gump. Quand j’ai commencé ce sport, le premier carton ouvert devant moi était rempli de casquettes vertes. À savoir qu’à l’époque, j’étais très fier de prendre un selfie de moi transpirant pour montrer que j’avais fait mes 8 km en 50 minutes, que c’était phénoménal. Au bout de la 3e ou 4e fois, une pote m’a dit que j’étais un gros lourd, qu’elle en avait marre de voir ma tête. La sortie d’après, comme je voulais toujours dire à tout le monde ce que j’avais fait, j’ai mis ma casquette par terre et je l’ai prise en photo. Personne ne peut en vouloir à une casquette non ?

C’est un peu devenu mon gri-gri au point où je ne cours pas une seule fois sans casquette. […] Après, il y a le personnage qui s’est créé sur les réseaux sociaux ce qui me permet, d’une certaine manière, d’avoir un pseudo-anonymat. Ça me permettait de séparer cette vie. Celle du petit parisien un peu arrogant qui va faire des ultras en montagne. Et celle d’Alexandre Boucheix. Je préférais que ce soit une casquette qui soit critiquée plutôt que mon nom directement. Maintenant, c’est devenu un truc de ouf. Dans Paris, plein de gens viennent me saluer, surtout depuis l’UTMB de cet été. C’est super agréable pour moi, mais aussi pour ceux qui se sont identifiés à mon profil, ce qui n’était pas prévu.

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Beaucoup, sur les réseaux sociaux, critiquent ta vision de l’entraînement, ta consommation d’alcool… Tu leur réponds quoi en général ?

Déjà, au début, étant un Parisien qui fait du trail, je me suis fait snober par tous les mecs… J’ai toujours eu tendance à détester et à fuir ceux qui pensent savoir. Et il y a beaucoup de personnes comme ça sur les réseaux. Des gens qui pensent détenir LA vérité, bien qu’ils ne fassent pas des ultras, et qui veulent que les autres appliquent leurs conseils. Moi, je préfère me foirer et découvrir les choses par moi-même. Pour me rendre compte que la plaque brûle, j’ai toujours été du genre à poser la main dessus pour vérifier si elle était vraiment chaude. C’est comme ça que j’apprends le mieux. Je n’ai pas envie d’être redevable. Je préfère découvrir les choses par moi-même, quitte à ce que ça ne marche pas.

Ça a troublé pas mal de gens. Surtout qu’au départ, je n’avais aucune légitimité… Tout le monde me disait : « Dans deux ans tu ne courras plus, tu auras les genoux cassés, jamais tu ne progresseras ». Force est de constater, qu’avec les résultats qui sont arrivés, les gens ont compris que pour moi, ça fonctionnait. Alors ils m’ont dit que j’étais différent, que j’avais un don, un talent. Et ça, je n’y crois pas du tout. Le talent, ça n’existe pas. Le talent, c’est d’avoir envie de faire quelque chose. Et à partir de là, tu bosses, tu bosses, tu bosses. C’est à force de suer que tu vas réussir les objectifs que tu te fixes.

Je fuis les « on a toujours dit », les « j’ai lu dans », les « experts ». C’est qui les experts ? Certes il y a une réalité scientifique, mais il y a beaucoup de « on dit » qui sont ridicules. Je vais plutôt écouter un François d’Haene ou un Kilian Jornet qui va m’expliquer quelque chose qu’un énième mec qui me dit comment je devrais courir la Diagonale depuis son canapé. Je veux juste montrer qu’il y a d’autres vérités qui existent, qu’il faut être assez ouvert, qu’il faut arrêter de vouloir imposer sa méthodologique. Ça a chahuté parce qu’en faisant ça, j’ai mis un coup de pied dans la fourmilière du business des coachs, des mecs qui font de la nutrition, etc. J’étais un peu la preuve contraire de ce qu’ils affirment, que l’on n’était pas obligé de suivre des règles ultra contraignantes pour se faire plaisir.

Selon toi, qu’est-ce qu’il te manque pour aller jouer le podium chez les élites ?

Ce qu’il me manque, c’est plus de rigueur. De suivre des plans. Effectivement, quand tu veux monter à 95% de ce que t’es capable, tu peux le faire sans avoir à réguler à mort ta vie. Mais quand tu vas chercher le 99%, je pense qu’il faut mettre en place des règles. Il faudrait que j’arrête de faire des soirées, de faire des nuits blanches, de me mettre des races deux jours avant mes courses, de manger n’importe quoi. Aussi, je devrais mieux préparer les courses, mieux les repérer - j’y vais encore un peu trop à l’arrache. Mais c’est un truc que je n’ai pas envie de faire. Ce n’est pas mon métier. Et puis, rien qu’avec mon semi-marathon, j’étais hyper fier. J’ai déjà fait beaucoup plus que ce que j’espérais. Maintenant, ce n’est que du bonus.

Alexandre Boucheix alias Casquette Verte Trans Gran Canarias
(Transgrancanaria)

Tu es chef de projet système d’information. Tu n'as pas l’impression de mener une double vie ?

Avec mon métier, je suis un peu entre la partie commerciale et la partie geek. Mais je suis en costume cravate tous les jours - ça n’a rien à voir, de près ou de loin, avec ma pratique du trail. Ce soir, par exemple, je vais aller me changer, je serais en short/tee-shirt avec mon sac de trail et ma casquette. Là, Alexandre Boucheix a terminé sa journée de travail. Et Casquette Verte commence ses quelques heures de plaisir. Il y a cette dualité très agréable, également avec mes collègues. […] Ca me permet de garder les pieds sur terre. Mais s’il y avait uniquement ce quotidien métro-boulot-dodo, ce serait un peu dommage. Pouvoir s’en échapper mais ne pas être tout le temps dans l’échappée… Il y a un équilibre à trouver et une fois que tu as réussi, c’est super agréable.

Si un jour on te proposait d’abandonner ton travail pour une carrière pro en trail, tu accepterais ?

Je pense que là, je pourrais déjà m’arrêter - avec une expectative de mon niveau sportif. Je pourrais trouver des sponsors, grâce à ma communauté sur les réseaux, m’installer en montagne et me concentrer uniquement sur le trail. Après, est-ce que j’ai envie de ça ? Non.

Je suis bien à Paris, je suis fanatique de cette ville, j’ai envie de continuer d’y vivre. Je suis bien dans mon job, avec une certaine sécurité de l’emploi. Le problème du trail, c’est qu’on est sur un sport extrême outdoor. Si je me fais un genou, c’est fini. Je préfère ne pas prendre le risque, c’est trop dangereux. Je respecte d’autant plus les mecs qui ont fait le pas d’arrêter leur job pour tenter l’aventure sportive. D’une certaine manière, ils se créent un niveau d’insécurité et de pression ultra pesant. Certes, c’est cool, tu as plus de temps pour t’entraîner, passer du temps en montagne, la vie est douce. Mais si tu veux continuer à vivre, il faut que ça fonctionne assez bien pour que les sponsors continuent à te suivre. Je n’ai pas envie de me mettre cette pression-là… Sauf si je gagne au loto.

Alexandre Boucheix alias Casquette Verte UT4M
(Nacho Grez)

On te doit l’organisation de l’Ultra Trail de Montmartre. D’où t’es venue cette idée ?

Comme souvent, on était dans un bar avec des potes, un de nous trois avait fait une grosse session à Montmartre, 2000 ou 3000 mètres de dénivelé en 6 ou 7 heures. L’ivresse des différentes pintes venant, on s’est dit que ce serait trop bien de faire l’Everest et même 10000 D+ dans Paris. Le meilleur endroit, c’est Montmartre, sur l’escalier à gauche du funiculaire, un endroit très connu des coureurs parisiens qui veulent faire du dénivelé. On a fait le calcul, et on a vu qu’il fallait le faire 271 fois. Vu que je suis un peu taquin, j’ai dit qu’il faut que ce soit dur, voire impossible à terminer, un peu en mode Barkley. C’est pour ça qu’on l’a organisé deux jours après Noël, le 27 décembre, quand il pleut, il fait froid… Quand c’est blindé de touristes étrangers et qu’on a la pintade et le foie gras dans le ventre. […] Tu termines dans des états pas possibles, plus fatigué, pour ma part, qu’après une Diagonale des Fous. Je n’ai jamais eu aussi mal aux jambes - il n’y a rien de plus traumatisant que des escaliers. 80 km, 11 600 D+… Aucune course ne propose un profil comme ça. Pour l’instant, c’est en stand-by, il faut que je trouve le temps de pouvoir l’organiser à nouveau.

Cette année, sur l’UTMB, tu as donné rendez-vous à plein de supporters à Notre-Dame-de-la-Gorge. Que s’est-il passé là-bas ?

C’est un endroit où il a pas mal de monde pour encourager les coureurs, le dernier avant la montée dans le col du Bonhomme, généralement les élites y passent au moment où la nuit tombe. Chaque année, il y a un petit peu d’ambiance. Mais avec mon copain Ugo Ferrari, on s’est dit, toujours dans l’idée de « ce sport se prend un peu trop au sérieux », qu’on allait donner rendez-vous à des gens, qu’ils pouvaient venir avec des tambours, des tronçonneuses même. On veut que ce soit un endroit qui devienne aussi mythique que le virage des Hollandais sur le Tour de France. […] Il y a eu un monde fou. Les mecs sont venus en avance. J’ai même vu des vidéos où ils se sont échauffés. Quand Ugo et moi sommes passés, c’était une sacrée folie. Je n’ai jamais vécu, en course, une telle ambiance. J’ai même failli marcher sur Alexis Berg, le photographe… Ca te motive tellement que je suis monté pleine balle - j’ai dû m’arrêter en haut parce que j’étais en train de cracher mes poumons alors qu’il restait 140 km. C’était un vrai moment de partage entre les supporters et les coureurs. C’est invraisemblable d’avoir ça au km 35 d’un ultra. Ils sont restés pour tous les autres participants, ça a fait la fête pour les 2000 partants de l’UTMB. J’espère que ça va perdurer et que ça va devenir une tradition totalement dingue.

En général, tu n’aimes pas avoir d’assistance. Sur l’UTMB, tu as quand-même changé d’avis. Cécile Bertin t’a accompagné. Pourquoi ?

Parce qu’elle m’a tanné ! En fait, je n’aime pas avoir de bâtons ni d’assistance. Ma mentalité de fond, c’est la phrase de Cyrano de Bergerec, « ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul ». Or sur l’UTMB, si tu ne prends pas de bâtons, c’est comme si tu partais avec une heure de retard sur les autres. Et si tu n’as pas d’assistance, tu vas te porter tes gels tout le long alors que les autres coureurs avec qui tu vas essayer de jouer le classement ne vont pas se gêner… Alors, fondamentalement, si je cherche un temps, j’ai intérêt à avoir ça. […] L’avantage avec Cécile, c’est que l’on ne se connaît pas tellement. […] Je savais qu’en tant que mère de famille de quatre enfants, elle avait de la poigne. Si elle avait eu besoin de me remettre deux claques, de me dire « tiens ce n’est pas un pique-nique, aller hop dégage », elle aurait été capable de le faire. Vu qu’il n’y avait pas d’affect entre nous, elle aurait pu se le permettre. […]

Au départ, on s’est demandés si ça allait fonctionner. Et au final, ça a cartonné. Je l’ai vécu comme une assistance quasi professionnelle, même si je lui faisais un petit bisou avant de partir. Plein de gens lui ont d’ailleurs demandé si c’était ma maman. […] Elle était aussi stressée que moi, aussi fatiguée et aussi heureuse que ça se termine bien. Après, je milite pour que l’on interdise les bâtons et l’assistance partout. Quand on y réfléchit, c’est fou qu’une personne se déplace en bagnole alors que l’on a des ravitos. Au niveau de la consommation d’énergie, des restrictions que l’on doit se mettre pour les choses changent, c’est quand-même le plus mauvais des exemples. En tout tu dois avoir 500-600 assistances, des gens qui font le parcours en bagnole juste pour leur donner de l’Ice Tea à la place de l’eau et pour leur porter quatre gels… J’ai deux/trois copains ultra-traileurs, aux avant-postes, qui sont assez d’accord avec moi là-dessus. Je pense que l’on ne va pas tarder à écrire une espèce de manifeste pour tenter de supprimer ça.

Quels sont tes projets ? N’as-tu pas envie d’aller sur du plus long ?

J’ai envie de faire le Tor des Géants l’année prochaine, soit 2023, soit 2024, ça va dépendre de mon tirage au sort de l’UTMB. Je me dis qu’entre un 100 miles et un 330 bornes, ça doit être encore un autre monde. Après, mon format de prédilection reste le 100 miles et 10 000 D+ parce que ça peut se courir quasiment tout le long… et que ça se fait sur un week-end. Je bosse, j’ai cinq semaines de congés payés plus un peu de RTT, presque tout passe dans la course à pied.

Sinon, quand je serai plus vieux, je retournerai d’où je viens, c’est-à-dire dans le peloton, ce sera tout aussi sympa. Je revivrai des trucs que j’ai un peu oublié. À l’avant-course, même si tu discutes avec les gens, tu ne prends pas du plaisir au petit ravito sur les Templiers à manger des tartines avec du roquefort… […] C’est bien de savoir que je vais pouvoir arrêter de mettre autant d’implication. Là, je cours tous les jours, deux/trois heures, et je me barre au moins une fois par mois en montagne ou de l’autre côté du monde sur des courses. Ma vie est régie par ça. À partir du moment où je vais vouloir construire une famille, toute l’implication que je mets dans l’ultra, je vais la mettre dans ma famille. J’ai envie d’être un papa présent.

Et le personnage de Casquette Verte, il existera toujours ?

Je ne sais pas. Au départ, je voulais détruire le personnage, comme avait fait Daft Punk. Après, je me suis rendu compte que c’était un peu dommage de faire ça parce qu’il y a certaines valeurs, certaines images que je veux continuer à faire passer - je ne dis pas ça en mode je veux être inspirant ou quoi. Mais je me suis rendu compte qu’il me plairait bien, dans quelques années, une fois que j’aurais le temps, de faire un peu de caritatif. En fait, j’ai une grande base de fans d’enfants qui ont des parents traileurs. Ils ne retiennent pas les noms des athlètes mais se souviennent de "Casquette Verte", font des pancartes pour m’encourager. […] T’as envie de leur faire plaisir, de ne pas donner un mauvais exemple. Je pense que ça va aller vers là. J’aimerais que ce truc de Casquette Verte perdure à travers du bénévolat en rapport avec les enfants qui n’ont pas accès au sport, qui sont hospitalisés, qui n’ont pas les mêmes chances que les autres. Donc Casquette Verte continuera d’exister, mais pas du tout autour du personnage qui se prend des grosses pintes et qui va mettre des fessées aux montagnards.

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