Broad Peak Avalanche 2026

Broad Peak : ce qui s’est réellement passé lors de l’avalanche qui a emporté Nims Dai et neuf autres alpinistes

  • 10 août 2026
  • 12 minutes

Une semaine de fortes chutes de neige sur le Karakoram n’a pas découragé les dix alpinistes partis à l’assaut du Broad Peak le 28 juillet dernier. Parmi eux, Nims Dai, qui tentait de gravir une deuxième fois les quatorze sommets de plus de 8 000 mètres sans oxygène supplémentaire, mais aussi plusieurs des guides népalais et pakistanais les plus expérimentés de leur génération. Deux jours plus tard, tous ont été balayés par une avalanche entre les camps II et III. Les données de leurs balises GPS, croisées avec les récits des témoins, nous ont permis de reconstituer les heures qui ont précédé le drame. Les sauveteurs racontent, eux, les jours passés à risquer leur vie pour retrouver les corps et les rendre à leur famille.

À près de 5 800 mètres d’altitude, le corps de Nawang Thindu Sherpa gisait sur les pentes inférieures du Broad Peak (8 051 mètres), où une avalanche l’avait emporté quelques jours plus tôt. Plusieurs centaines de mètres en contrebas, ses amis Pem Dorje Sherpa et « Speed » Dawa Sherpa remontaient vers lui en taillant des marches dans la neige d’un vaste couloir très raide. Au fil de leur ascension, ils équipaient la pente d’une corde qui devait leur permettre, une fois la dépouille atteinte, de la redescendre jusqu’au camp de base puis de la rendre à sa famille. Ce 2 août, les deux hommes en étaient déjà à leur seconde tentative. Dans la matinée, ils avaient dû rebrousser chemin après avoir déroulé les 300 mètres de corde emportés sans parvenir jusqu’au corps. Ils en avaient emprunté une centaine de mètres supplémentaires à l’autre équipe de sauveteurs avant de s’engager de nouveau dans le couloir. 

« Nous avons emporté autant de corde que possible, nous confie Pem Dorje. Il aurait fallu huit personnes pour cette opération, mais nous n’étions que deux. » Malgré les cent mètres récupérés auprès des autres sauveteurs, les deux hommes sont de nouveau arrivés au bout de leur corde au bord d’une crevasse béante, là où la pente se redressait jusqu’à former un surplomb. Ils y ont installé un relais et se sont arrêtés pour évaluer la situation. Le corps de leur ami se trouvait encore plus d’une centaine de mètres au-dessus d’eux. C’est alors qu’ils entendirent un énorme grondement. Une puissante avalanche dévalait le couloir, et ils se trouvaient en plein sur sa trajectoire.

Des fenêtres météo trop courtes

Cinq jours auparavant, au matin du 28 juillet 2026, dix alpinistes avaient quitté le camp de base du Broad Peak, installé à environ 4 900 mètres, pour gagner le camp I à 5 640 mètres en suivant les cordes fixes. Répartis entre quatre expéditions indépendantes, ils formaient la deuxième vague de prétendants au sommet de la saison. La neige fraîche avait effacé toute trace du premier groupe, parti une dizaine de jours plus tôt. Ils s’étaient élancés à la faveur de l’une des premières journées dégagées après une semaine de tempête et d’importantes chutes de neige sur le Karakoram, le long de la frontière entre le Pakistan et la Chine. Jenjen Lama, guide et responsable du camp de base pour l’opérateur népalais Seven Summit Treks, avait observé les mêmes conditions sur les pentes du K2, de l’autre côté du glacier Godwin-Austen. « Il a beaucoup neigé du 22 au 26 juillet. Dans le Karakoram, il faut normalement attendre cinq jours que la neige se stabilise avant de repartir, nous explique-t-il. Mais les fenêtres météo sont trop courtes ici. Si l’on attend, il recommence à neiger. Pour atteindre le sommet, il faut donc accepter de prendre le risque. C’est une chance sur deux, la vie ou la mort. Il n’y a pas d’autre solution. »

Parmi les dix alpinistes se trouvait Nirmal « Nims » Purja, 43 ans, guide de haute montagne et l’une des figures les plus connues de l’alpinisme contemporain. Après avoir détenu le record de vitesse sur les quatorze sommets de plus de 8 000 mètres, il était en route pour être le premier à réussir l’enchaînement une deuxième fois sans oxygène supplémentaire. Une réussite au Broad Peak ne lui aurait plus laissé que le Cho Oyu, en Chine, à atteindre. Pour cette expédition, Nims Dai évoluait sous les couleurs d’Elite Exped, sa propre agence, devenue l’un des principaux opérateurs commerciaux en haute altitude. À ses côtés se trouvaient deux compagnons expérimentés, Nima Sherpa, 36 ans, et son ami de longue date Pur Bahadur Gurung, 37 ans, surnommé « Yukta ». Ce dernier venait d’achever sa formation de guide UIAGM, la plus haute qualification internationale du métier, et devait recevoir officiellement sa certification en décembre, lors de la Journée internationale de la montagne. Habitué des expéditions de premier plan, il avait notamment participé au récent documentaire de National Geographic consacré à l’Everest, Everest: The Other Side.

Une autre équipe, encadrée par Seven Summit Treks, accompagnait l’Omanaise Nadhira Al Harthy, 48 ans. Première femme de son pays à avoir atteint le sommet de l’Everest, en 2019, elle enchaînait depuis les 8 000 avec l’objectif de compléter à son tour les quatorze sommets. Elle venait d’échouer sur le Gasherbrum II voisin et voulait sauver sa saison en gravissant au moins un 8 000. Deux guides chevronnés, Gyaljen « Gyalu » Sherpa, 47 ans, et Nawang Thindu Sherpa, 28 ans, l’accompagnaient. Le plus jeune du groupe comptait déjà cinq ascensions de sommets de plus de 8 000 mètres. Gyalu était, lui, un vétéran passé par d’audacieuses ascensions hivernales à l’Everest et au Makalu. Il détenait un record homologué par le Guinness World Records après être devenu le premier homme à gravir trois fois le Kangchenjunga, troisième plus haut sommet du monde, au cours d’une même saison. Cette ascension devait être sa deuxième au Broad Peak en 2026. Dix jours plus tôt, il avait déjà conduit un client américain à quelques centaines de mètres du sommet.

La troisième équipe appartenait à Imagine Nepal, autre grande agence népalaise dirigée par le célèbre alpiniste et guide UIAGM Mingma Gyalje Sherpa, plus connu sous le nom de Mingma G. Celui-ci suivait l’expédition par radio depuis le K2, où il encadrait un autre groupe. Sur le Broad Peak, le vétéran Kili Pemba Sherpa, surnommé « Kilu », 45 ans, accompagnait l’alpiniste chinois Wang Zhong. Considéré comme l’un des Sherpas les plus solides de l’Himalaya, Kilu venait d’achever sa propre quête des quatorze 8 000 après avoir gravi le Nanga Parbat au début du mois de juillet. Il avait atteint vingt fois le sommet de l’Everest et faisait partie de l’équipe népalaise qui avait réussi la première ascension hivernale du K2, en 2021. Client de longue date d’Imagine Nepal, Wang Zhong approchait lui aussi du terme de sa quête des quatorze sommets.

La dernière cordée réunissait le guide pakistanais Sohail Sakhi, 33 ans, et sa cliente américaine Sarah Mallory Geis, 39 ans, dont l’expédition avait été organisée par sa société Moving Mountains. Sakhi comptait parmi les jeunes alpinistes les plus accomplis du Pakistan. Il avait gravi le K2, le Nanga Parbat, le Gasherbrum I, le Gasherbrum II, le Manaslu et le Kangchenjunga, excellait dans l’installation des cordes fixes et avait réalisé une grande partie de ses ascensions de 8 000 sans oxygène supplémentaire.

Les dix alpinistes ont passé la nuit du 28 juillet dans différents emplacements du camp I, avant de remonter l’arête vers le camp II le lendemain. Long, raide et soutenu, l’itinéraire normal du Broad Peak suit une arête relativement protégée jusqu’au camp II, à environ 6 250 mètres. Il traverse ensuite une pente exposée aux avalanches pour rejoindre le camp III, à 7 000 mètres, puis le sommet. Si le Broad Peak est l’un des moins élevés des quatorze 8 000, son ascension reste extrêmement dangereuse et les avalanches y sont fréquentes.

Napier Fuller, un Américain engagé dans la première vague de tentatives des 18 et 19 juillet, décrit l’ascension comme l’une des plus difficiles de sa vie. « À peine les crampons chaussés, ça fusait de partout. La progression était éprouvante, l’escalade très technique et les chutes de pierres particulièrement dangereuses », nous raconte-t-il. Avec Gyalu Sherpa, il avait finalement fait demi-tour à quelques centaines de mètres du sommet, là où s’arrêtaient les cordes fixes. Touché à plusieurs reprises pendant l’ascension, il se souvient surtout d’une pierre reçue à la tête. « Le choc a été si violent que j’ai été sonné. Il y a un petit trou dans mon casque. » Pour lui, face au Broad Peak, « l’Everest est un jeu d’enfant ».

Une avalanche, puis le silence radio

Le 30 juillet au matin, rien ne laissait encore présager le drame. À 5 h 33, les balises GPS situaient les quatre équipes au camp II. Deux heures plus tard, les dix alpinistes progressaient régulièrement en direction du camp III. Peu avant 9 heures, Nims Dai se trouvait en tête, à 6 659 mètres d’altitude. Ce fut le point le plus haut atteint par le groupe avant que l’avalanche ne balaie l’itinéraire. Vers 9 heures, Jenjen Lama montait en direction du camp II du K2 avec plusieurs clients lorsqu’il a vu une immense avalanche balayer le Broad Peak, de l’autre côté de la vallée. Les coulées sont courantes sur cette partie de la voie, mais celle-ci était beaucoup plus importante que toutes celles qu’il avait observées jusque-là. Il a allumé sa radio et tenté de joindre Gyalu et Nawang Thindu, sans obtenir de réponse. « Je me suis dit qu’ils avaient probablement éteint leurs radios pour économiser les batteries. J’ai appelé le camp de base et leur ai demandé de continuer à essayer de les joindre. »

Dans l’après-midi, une fois arrivé au camp II, la situation lui est apparue beaucoup plus inquiétante. En échangeant avec Mingma G, présent au même endroit, il a compris que celui-ci avait lui aussi perdu tout contact avec son groupe au Broad Peak. Jenjen Lama a alors appelé le siège de Seven Summit Treks à Katmandou pour lui demander de consulter les balises de Nadhira Al Harthy et du reste de son équipe. Les données indiquaient une chute brutale. Celle de l’Omanaise l’avait localisée plus de 1 500 mètres en contrebas, au pied de la montagne et très loin de l’itinéraire. Les appels se sont multipliés et les responsables des expéditions ont découvert que les autres balises affichaient le même mouvement. Quelque chose de très grave venait de se produire. 

À la nuit tombée, Mingma G, Jenjen Lama et plusieurs chefs d’expédition ont commencé à organiser les secours depuis le camp II du K2. La tâche s’annonçait particulièrement complexe dans cette région du Karakoram, très éloignée des infrastructures dont bénéficient les expéditions sur l’Everest et certains sommets népalais. L’absence d’hélicoptères privés réduit les possibilités d’intervention, tandis que l’isolement impose des équipes moins nombreuses et complique tous les déplacements. Le réseau téléphonique comme l’accès à Internet restent très aléatoires. Les communications reposent essentiellement sur des systèmes satellitaires coûteux, Starlink ne fonctionnant pas autour du Broad Peak. Les balises GPS peuvent bien transmettre la position des alpinistes en direct, encore faut-il disposer d’une connexion pour consulter leurs données depuis le camp de base. Faute de mieux, les équipes dépendent donc presque entièrement de la radio. Face aux risques d’avalanche et à l’ampleur des recherches qui se préparaient, les responsables des expéditions présentes sur le K2 ont rapidement renoncé à leurs propres ascensions afin de mobiliser des renforts.

Broad Peak Avalanche 2026
(Jon Visnic)

Des drones pour retrouver les corps

Le 31 juillet au matin, Jenjen Lama est redescendu au camp de base du K2, où il a installé un poste consacré aux recherches de ses collègues de Seven Summit Treks, Gyalu et Nawang Thindu, et de leur cliente Nadhira Al Harthy. Le même jour, deux hélicoptères de l’armée pakistanaise ont survolé le Broad Peak à la recherche de survivants tandis qu’une équipe de sauveteurs pakistanais et népalais fouillait les débris de l’avalanche. Les corps d’Al Harthy et de Gurung ont été retrouvés, ainsi qu’une jambe arrachée identifiée par la suite comme appartenant à Sarah Mallory Geis. La nouvelle s’est rapidement propagée sur les réseaux sociaux, accompagnée de nombreuses rumeurs. Des captures d’écran de la balise de Purja, dont la position semblait encore légèrement bouger, ont entretenu l’espoir qu’il soit toujours vivant, avec certains de ses compagnons. L’espoir de retrouver des survivants s’est dissipé lorsque les hélicoptères ont regagné la ville pakistanaise de Skardu sans avoir repéré aucun survivant, emportant seulement les deux corps et le membre retrouvés.

Pendant que l’armée poursuivait les recherches aériennes, Mingma G et d’autres sauveteurs népalais ont inspecté plus précisément la zone avec des drones civils prêtés par des alpinistes présents au K2. Dans l’après-midi, ils ont aperçu un groupe de cinq corps vers 5 900 mètres. Sur le petit écran de contrôle, une silhouette vêtue d’une combinaison en duvet turquoise a immédiatement attiré leur attention. Il ne pouvait s’agir que de Nims Dai. Plus haut, une autre dépouille reposait seule sur une barre rocheuse difficile d’accès, au-dessus de 5 975 mètres.

Au matin du 1er août, Mingma G et le guide pakistanais Shirbaz Khan ont constitué une équipe de neuf alpinistes venus de plusieurs agences et établi un camp avancé au pied de la montagne. Les sauveteurs se sont engagés sur l’itinéraire le soir même, profitant de conditions plus stables, avant d’atteindre le lendemain matin les corps repérés par le drone. Ils ont identifié Nims Dai et son coéquipier d’Elite Exped Nima Sherpa, Wang Zhong et son guide Kilu Sherpa d’Imagine Nepal, ainsi que Gyalu Sherpa de Seven Summit Treks. Le reste de la journée a été consacré à dégager les dépouilles partiellement ensevelies et à les préparer pour la descente. Après l’identification de ces cinq victimes, seuls Sohail Sakhi et Nawang Thindu Sherpa manquaient encore. Le sac à dos et la balise GPS de Sakhi avaient été retrouvés au pied de la montagne dès le premier jour des recherches. Or les images tournées par le drone de Mingma G ne montraient plus qu’un corps isolé, bloqué sur une barre rocheuse. Il ne pouvait s’agir que de Nawang Thindu.

Broad Peak Avalanche 2026
(Jon Visnic)

Manquer de corde leur a sauvé la vie

Pendant que le reste de l’équipe s’occupait des cinq premières dépouilles, deux alpinistes expérimentés de Seven Summit Treks, « Speed » Dawa Sherpa et Pem Dorje Sherpa, ont quitté le groupe avec 300 mètres de corde pour tenter de récupérer le corps de leur collègue. La voie normale ne permettait pas d’atteindre la barre rocheuse où gisait Nawang Thindu. Les deux hommes n’avaient d’autre choix que de remonter le couloir dans l’axe même de l’avalanche, alors que de petites coulées de neige poudreuse dévalaient déjà autour d’eux. 

« Le secteur est extrêmement dangereux, parce que des avalanches peuvent partir de tous les côtés, nous raconte Speed Dawa. Elles nous arrivaient dessus de toutes les directions. Nous étions pris au milieu. » Après avoir déroulé leurs 300 mètres de corde sans atteindre Nawang Thindu, les deux hommes ont dû redescendre jusqu’au reste de l’équipe pour en récupérer une longueur supplémentaire. Quelques heures plus tard, ils ont atteint une zone crevassée où la pente se redressait brusquement jusqu’à former un surplomb. Speed Dawa a posé plusieurs broches à glace et commencé à franchir le ressaut, mais la corde est une nouvelle fois venue à manquer. Alors qu’ils se trouvaient bloqués sous le surplomb, une nouvelle avalanche les a balayés. « L’avalanche nous a entièrement recouverts, mais nous en sommes sortis vivants. Nawang se trouvait encore au moins 140 mètres plus haut. Nous avons pensé à nos familles, à nos enfants. Nous n’avions plus de corde et nous ne pouvions plus rien pour lui. La seule décision possible était de faire demi-tour. »

Speed Dawa a prévenu Seven Summit Treks par téléphone satellite qu’ils renonçaient à poursuivre. Même s’ils avaient réussi à rejoindre Nawang Thindu, redescendre sa dépouille dans une pente aussi raide, entre crevasses et surplombs, leur paraissait désormais impossible. Les deux hommes ont rebroussé chemin et retrouvé Mingma G et les autres sauveteurs, qu’ils ont aidés à préparer les cinq corps pour leur évacuation. La nuit approchant, l’équipe a dû interrompre la descente. Les dépouilles ont été solidement amarrées vers 5 700 mètres, avant que les sauveteurs ne rejoignent le camp avancé.

Vers 17 h 30, une nouvelle avalanche massive a dévalé l’itinéraire, charriant neige et débris jusqu’au pied de la montagne et projetant un nuage de poudreuse sur le camp des sauveteurs. D’après Speed Dawa, seule la dépouille de Kilu a été retrouvée dans les débris. Les corps de leurs quatre autres compagnons venaient de disparaître une nouvelle fois quelque part sur la dangereuse face du Broad Peak. Présent ce soir-là au camp de base, l’Américain Jon Visnic a assisté à la scène. « Nous étions les seuls à camper sur place le soir du 2 août, nous décrit-il. Au fond de la vallée, deux Sherpas sondaient la neige au pied de la zone balayée par l’avalanche. L’un avait une pelle, l’autre ce qui ressemblait à une sonde. Vers 16 h 30, une nouvelle coulée de neige humide a charrié jusqu’au fond de la vallée un corps vêtu d’une combinaison orange. Les deux hommes l’ont récupéré. »

Speed Dawa a alors compris que le manque de corde venait probablement de leur sauver la vie. « Si nous avions pu continuer, nous serions morts, c’est certain. Mingma G avait prévu d’envoyer d’autres hommes nous aider à préparer et à descendre le corps dès que nous l’aurions rejoint. Nous serions tous morts là-haut. »

Le 1er août, Mingma G avait pris publiquement l’engagement de ramener ses compagnons auprès de leurs familles. « Mes frères Kilu, Wang et Nims, nous vous ramènerons chez vous », avait-il écrit sur Instagram. Malgré le danger et les corps emportés une seconde fois par l’avalanche, il n’a pas renoncé. Alors qu’une grande partie des sauveteurs quittait le camp de base, Mingma G est resté avec seulement trois hommes, Dipan Gurung, Pemba Chhewang Sherpa et Shirbaz Khan. Au terme d’une nouvelle opération de douze heures, ils ont retrouvé les dépouilles et les ont finalement ramenées au camp de base le 5 août. Elles ont ensuite été évacuées par hélicoptère vers Skardu.

Alors que la saison 2026 touche à sa fin dans le Karakoram et que les moyens se raréfient, les corps de Sohail Sakhi et de Nawang Thindu, ainsi qu’une partie de la dépouille de Sarah Mallory Geis, devraient rester sur le Broad Peak. « On n’écrit que sur les morts, regrette Speed Dawa. Moi, je veux rendre hommage à Mingma G et à son équipe. Pendant trois ou quatre jours, sur un terrain incroyablement difficile, au milieu des rochers, des crevasses et des parois abruptes, ils ont retrouvé les corps et les ont ramenés. Qu’y a-t-il de plus important que cela ? On se souviendra du Broad Peak comme de l’endroit où Nims est mort. Mais il faudra aussi se souvenir des hommes qui l’ont redescendu. »

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