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Stations de ski vertes
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Alpes, Pyrénées, Jura : où skier « vert » cet hiver

  • 7 janvier 2020
  • 5 minutes

Roxane Guichard Roxane Guichard

Face au dérèglement climatique et à la perspective d'hivers peu enneigés, les stations de ski s'efforcent d'adopter des pratiques moins polluantes et plus durables, tant sur le plan environnemental que social. Quels sont les sites les plus exigeants? À quels labels se fier? Tour d'horizon d'un secteur en pleine mutation.

En matière de changement climatique et d'écosystèmes montagneux, les perspectives ne sont pas très engageantes. Météo France estime que, en moyenne montagne en France, on perd cinq jours d'enneigement tous les dix ans... Début novembre 2019, Domaines Skiables de France (DSF), chambre professionnelle représentant 250 stations sur les six massifs français, a lancé un appel à la "mobilisation générale" à l’intention de "tous les acteurs de la montagne". Elle a également annoncé sa volonté de mutualiser les financements pour "la recherche de solutions concrètes autour de la réduction des gaz à effet de serre, de la ressource en eau, de la biodiversité et des déchets" d’ici le printemps 2020.

Il faut dire que ces dernières années, les hivers trop doux ont eu, pour les stations de basse ou moyenne altitude, des conséquences parfois catastrophiques. Alors que beaucoup d'entre elles ont lourdement investi dans les "canons à neige" - qui ne pourront pas suivre indéfiniment la cadence du réchauffement - d'autres, confrontées à la faillite à court ou moyen terme de leur modèle économique, se sont décidées à renverser la perspective en changeant leurs structures, modes de fonctionnement et offres de loisirs, misant sur la promotion d'une montagne "verte".

Mais l’impact environnemental du ski, que l'on cite souvent en premier, n’est qu’un exemple parmi d’autres des conséquences du tourisme hivernal sur les écosystèmes montagneux, et certains acteurs locaux n'ont pas attendu le cri d'alarme de DSF pour commencer à inverser la tendance. L’association d'éducation au développement durable Mountain Riders a ainsi développé le label hexagonal Flocon Vert dès 2011. De loin le plus exigeant en Europe, il vise à valoriser les destinations ayant une politique de développement durable de pointe en matière environnementale et sociale.

21 critères pour le Flocon Vert

Mobilité douce, recyclage, gestion de l’eau, maitrise de l’énergie, respect de la biodiversité ou encore mise en avant du patrimoine local, 21 critères définissent les actions que les stations doivent valider pour prétendre au titre. Ces critères sont travaillés par un collège de plus de 70 structures expertes sur les questions de développement durable, de tourisme ou de montagne (ADEME, Fondation pour la Nature et l’Homme, domaines skiables, hébergeurs, commerçants, associations de défense de l’environnement, etc.). Un organisme indépendant assermenté audite ensuite les stations candidates pour vérifier la conformité des actions avec le cahier des charges Flocon Vert, garantissant une indépendance à l'attribution du label.

À ce jour, seules six stations françaises peuvent se prévaloir d'un Flocon Vert :

  • La station des Rousses (Haut-Jura) brille notamment par sa politique engagée de recyclage, mais aussi par la mise en valeur des énergie locales, comme la chaufferie au bois.
  • La Vallée de Chamonix (Haute-Savoie) labellisée en 2013 puis renouvelée en 2017, est par exemple parvenue à limiter à 11 % la surface totale de ses sites recourant à la neige de culture. Autre mesure phare, la mise en place d'une libre circulation dans la vallée, possible sur l’ensemble des lignes de bus et de train en se munissant d’une carte hôte remise par les hébergeurs.
  • Châtel (Haute-Savoie) se distingue par sa forte sensibilisation à l’environnement et à la réduction des déchets.
  • La Pierre Saint-Martin (Pyrénées-Atlantiques) mène un travail de fond pour limiter la production de neige artificielle
  • Chamrousse (Isère) utilise notamment les toitures des habitations touristiques pour produire de l’énergie solaire.
  • Valberg (Alpes-Maritimes) a par exemple réduit de 30 % sa consommation électrique en limitant l'éclairage nocturne.

Le point noir des transports

Un autre label, international et baptisé Green Globe, propose aussi une certification, sans qu'elle soit spécifique à l'écosystème montagnard. Elle récompense des acteurs du secteur du tourisme globalement engagés dans une démarche en faveur du développement durable. À ce jour, Green Globe regroupe plusieurs Club Med (Aime la Plagne, L’Alpe d’Huez La Sarenne, Val d’Isère...), mais aussi des domaines skiables à part entière comme le Grand Massif, en Haute-Savoie ou le domaine de Serre Chevalier, dans les Hautes-Alpes.

Comme partout ailleurs, ce qui pollue le plus à la montagne, ce sont les transports. Mountain Riders relève ainsi que "57 % des émissions de gaz à effet de serre d’une station de montagne sont liées au transport des vacanciers depuis leur lieu de résidence jusqu’à la station". Les initiatives vertes visant à réduire l’empreinte carbone des transports commencent donc à essaimer à travers les massifs.

C'est ainsi que le village de Loudenvielle (Hautes-Pyrénées), situé à 900 mètres d’altitude, est depuis peu relié à la station de Peyragudes (1600 m) par une télécabine baptisée Skyvall. Un investissement de 10 millions d’euros qui a permis de transformer une demi-heure de montée par la route en 10 minutes par les airs, avec un débit de 1000 passagers à l’heure. Bilan de l'opération : une diminution du trafic automobile estimée à 89 000 trajets-voiture par an, équivalant à 274 tonnes de CO2.

À Megève, en Haute-Savoie, les skibus diesels viennent d'être remplacés par une nouvelle flotte équipée au gaz naturel comprimé (GNC). Comparés aux précédents, les nouveaux véhicules émettront 96 % de particules, 70 % d’oxydes d’azote et 30 % de CO2 en moins. Plus sportif, les Gets, en Haute-Savoie, ont misé sur les mollets de leurs visiteurs en adaptant localement les Vélib' parisiens avec les "Getslib", à 1 euro les 30 minutes.

Remontées à faible empreinte écologique

Mais la durabilité et le verdissement ne se jouent pas qu'en direction et au pied des pistes. Le groupe POMA, leader mondial du transport par câble - des remontées mécaniques en ce qui concerne les sports d'hiver - offre de plus en plus de solutions innovantes dans une optique de durabilité et de préservation de l'environnement. Une première télécabine équipée de la technologie "Direct Drive", un système de motorisation écodurable qui réduit la consommation d'énergie des installations mais aussi les nuisances sonores pour la faune, a été installée à Courchevel, tandis que la Plagne et Serre Chevalier ont misé sur des télésièges haut débit avec des motorisations silencieuses et à faible empreinte écologique.

Parallèlement, les activités touristiques proposées ont verdi, avec les stations souffrant le plus de l'absence de neige en pionnières. Exit les pistes arrosées par les canons, on passe au ski de randonnée, à la luge ou au ski de fond pour celles qui bénéficient d'un enneigement suffisant, mais aussi au trail ou au VTT (avec ou sans assistance électrique). Exemple de réussite le plus souvent cité : la station de Drouzin-le-Mont, située au col du Corbier (Haute-Savoie), qui a pris un virage à 180% en 2012, après la défection de sa société gestionnaire des remontées mécaniques. La commune a alors fait le pari de lancer un projet de "Montagne Douce" qui couvre les quatre saisons en proposant des activités outdoor durables.

Une tendance qui n'a pas échappé à l'équipementier tricolore Rossignol qui, confronté au déclin du ski alpin, admet sans détour "élargir ses horizons" vers d'autres activités pratiquées en montagne. Avec son nouveau service "Outdoor Experiences", Rossignol développe et fédère des aménagements outdoor dans des stations en quête de reconversion. Pour un ticket d'entrée de 15 000 euros et un abonnement annuel de 3 000 euros, le fabricant endosse le rôle de service d'ingénierie touristique et fournit signalétique, notoriété, publicité, site internet et digitalisation. Si quarante territoires ont déjà rejoint le réseau, le col du Corbier est la première station alpine à s’être dotée de la totalité des équipements Outdoor Experiences, suivie récemment par la station de Puigmal, dans les Pyrénées-Orientales.

Qu'elles soient en pleine fuite en avant le nez dans la poudreuse de culture, en mise au vert forcée ou en transition écologique militante, peu de stations échappent au constat qu'une nouvelle ère s'ouvre en montagne, les efforts restant inégalement répartis en fonction du massif, de l'altitude ou encore l'engagement des acteurs locaux. Reste que le constat est facile à l'échelle structurelle et qu'il appartient à chacun de participer dans la mesure de ses moyens à l'effort commun. Si vous faites partie des 8% de Français privilégiés partant au ski au moins un an sur deux, n'hésitez pas à vous renseigner sur les efforts consentis par votre station d'élection, et pensez train, covoiturage, skis ou snowboard recyclés, tri des déchets en vacances... La liste est longue, à nous de la compléter.

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