Après avoir envahi les villes, non sans créer de polémiques, la trottinette pourrait bien conquérir les milieux aquatiques. Une société française, Next Blue Tech, vient de lancer ce nouveau moyen de transport, pour l’instant disponible uniquement en location. Un nouveau gadget qui se veut très "vert". Vraiment?
Il a deux jours, Marseille interdisait les trottinettes électriques sur les trottoirs, au vu du nombre croissant d'incivilités et surtout d’accidents : 193 en sept mois d’expérimentation, dont trois victimes lourdement blessées. Un soulagement sans doute pour beaucoup de Marseillais, las de slalomer entre trottinettes, monoroues, gyropodes et autres hoverboards, d’ailleurs également concernés par l’interdiction. Le « lancé de trottinettes » dans la mer, nouveau « jeu » très populaire ces temps-ci n’ayant rien fait pour redorer l’image de ce nouveau mode de transport.
Le répit risque pourtant d’être de courte durée pour les Marseillais qui devraient voir arriver maintenant les « trottinettes de mer » !
Ce nouvel engin, est né à Meyreuil, dans les Bouches-du-Rhône, non loin de la cité phocéenne. L’idée de ce paddle électrique rappelle un autre projet lancé il y a quelques années par Hobie, une société américaine à l’origine du“Mirage Eclipse”, une planche déplaçant grâce à un système de pédales.


Deux passagers maximum
Ici, pas de pédalier ni de pagaie. Le déplacement de la planche se fait grâce à une hélice immergée. Celle-ci est alimentée par une batterie Li-Ion de 920 Wh qui offre une autonomie de 30km. Le tout pèse tout de même 35kg, bien plus qu’un SUP classique qui oscille généralement entre 9kg et 13kg, en fonction des modèles. L’engin, qui peut accueillir une charge de 150kg, circule entre 6 et 8km/h. Pas de quoi offrir des sensations fortes mais plutôt de se déplacer.
Sur le papier, le concept peut séduire, mais il pose malgré tout un certain nombre de questions. Bien que la dimension écologique soit bien évidemment mise en avant. Certes ce système ne rejette pas de CO2, ni ne consomme de carburant, mais la problématique de la batterie demeure. Sa fabrication et son recyclage devant être prise en compte dans son impact global sur la planète. Qu’en sera-t-il de l’avenir des batteries usagées ? Par ailleurs, à l’image des problèmes de sécurité occasionnés par les trottinettes en milieu urbain, obligeant le gouvernement à modifier le Code de la route pour l’adapter à ces nouveaux usages, le développement de ces “trottinettes des mers” pourrait mener aux mêmes types d'incidents.
Une réglementation floue
Étant donné sa motorisation, cet engin diffère d’un paddle classique et n’a donc pas la même réglementation, a priori. Pour autant, il reste beaucoup moins puissant qu’un jet ski. Ainsi, il semblerait y avoir un vide juridique qui interroge d’un point de vue de la sécurité. Or si la trottinette des mers devait relever du cadre s’appliquant aux véhicules nautiques à moteur (VNM), leur usage serait nettement réduit.
Parmi les obligations entreraient, notamment, la possession d’un permis bateau, pour être conduits seuls, l’interdiction de circuler la nuit, sans parler bien sûr du respect des distances de navigation. A savoir, dans la bande littorale des 300 mètres, circulation obligatoire dans les chenaux prévus (canal, passage navigable). De quoi refroidir certains, si tant est que la règlementation soit effectivement appliquée ...
Reste qu'après une première période de test sur le littoral marseillais, la dernière invention de la Société Next Blue poursuit sa tournée d’essai le jeudi 8 août à Fréjus et le lundi 12 août à l’île des Embiez.
Autre option : le surf volant surf oil
Dans le même esprit, une autre innovation française a vu le jour ces dernières semaines. Cette fois-ci ce n’est pas un paddle, mais un surf “volant” électrique, lui aussi propulsé grâce à une hélice placée sur un foil. Pouvant atteindre une vitesse de 40km/h, cette planche développée par la société Redwoodpaddle, basée tout près de Perpignan, est commercialisée depuis quelques semaines. Chris Defrance, patron de la PME à l’origine du projet, assure qu'il s'agit du “surf le plus sûr du marché”. En cas de chute, un coupe-circuit arrêterait le moteur instantanément. L’engin n’est tout de même pas à la portée de toutes les bourses : prix d’achat 5000€.
Mais au-delà du prix, sur lequel nous vous laisserons méditer, la question essentielle reste : a-t-on vraiment besoin sur l’eau de nouveaux engins motorisés, polluants directement ou indirectement ?
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