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À bord du Mont-Blanc Express, cap sur les cascades et canyons sauvages du Valais

  • 4 septembre 2026
  • 5 minutes

Suisse Tourisme Suisse Tourisme Article Sponsorisé

C’est un train panoramique comme on en fait plus. D’express il n’a que le nom, car il tient plus du tortillard plein de charme que du TGV, mais c’est précisément pour cela que nous sommes montés à son bord. Entre Martigny et Chamonix, le Mont-Blanc Express traverse depuis plus d’un siècle l’une des vallées les plus spectaculaires et pourtant les moins connues des Alpes. À chaque arrêt ou presque, surgit une surprise. Des gorges suspendues au-dessus des torrents, des villages accrochés à la montagne, des barrages monumentaux et surtout des canyons parmi les plus beaux de Suisse. En quête de fraîcheur mais aussi d’un peu d’adrénaline, nous avons fait halte à Salvan, dans la vallée du Trient, du côté des Marécottes, le petit paradis de Jérémie Heitz et des frères Falquet. La saison n’était plus au ski hors-piste, mais nous n’avons pas été déçus, au contraire.

En Suisse, le Mont-Blanc Express se joue des pentes à 20%, grâce à un système de crémaillère. Train à traction électrique, il circule sur une seule voie ferrée dite « métrique » et franchit allègrement montagnes, gorges, torrents et rivières. Sur son parcours, un chapelet de viaducs, ponts, tunnels et galeries pare-neige qu’il égraine à la douce allure.  Mais personne ne s’en plaint, car il y a tant à voir.

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Le voyage commence pour nous à Martigny, il pourrait s’achever à Saint-Gervais-Les-Bains Le Fayet, son terminus, mais nous sauterons du train bien avant. Quelques minutes après avoir quitté la plaine du Rhône, le train rouge et blanc s’engage dans la vallée du Trient et entame son ascension vers les montagnes. Depuis 1906, cette ligne relie le Valais aux portes du massif du Mont-Blanc. Construite dans l’un des reliefs les plus accidentés des Alpes, elle constitue encore aujourd’hui l’une des plus remarquables aventures ferroviaires de Suisse. Son histoire remonte à la fin du XIXe siècle, lorsque les premiers projets imaginèrent une liaison entre Martigny, le haut de la vallée du Trient et la France voisine. La ligne suisse fut inaugurée en 1906 avant d’être raccordée à Chamonix en 1908.

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Mais ici, le train n’est pas seulement un moyen de transport, il permet de désenclaver une multitude de sites préservés, comme nous allons en faire l’expérience. À mesure que le convoi grimpe au-dessus de la vallée, les villages se font plus rares, les pentes plus abruptes et les torrents plus tumultueux. Depuis les fenêtres apparaissent des forêts profondes, des falaises de gneiss et des cascades qui plongent vers le fond de la vallée. Des paysages souvent impossibles à apercevoir depuis la route. C’est d’ailleurs ce qui fait encore aujourd’hui le charme du Mont-Blanc Express, il permet de découvrir un Valais souvent ignoré par les visiteurs filant directement en voiture vers Zermatt ou Verbier.

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L’allure est douce, mais il ne nous faut pas plus d’un quart d’heure pour atteindre notre objectif, le village de Salvan, une des portes d’entrée du Tour de la Vallée du Trient, superbe parcours de 61 km à faire en itinérance sur cinq jours généralement. Nous nous concentrons sur une randonnée nettement plus courte (5,4 km) mais particulièrement rafraîchissante, les Gorges du Dailley. Depuis la gare, quelques minutes suffisent pour rejoindre l’un des plus beaux sentiers accessibles de toute la vallée. Longtemps resté oublié, ce défilé est spectaculaire. Un impressionnant réseau d’escaliers, de passerelles et de plateformes permet de progresser au cœur même de la gorge. On serpente entre les parois, franchit des torrents, on s’approche au plus près des cascades. L’un des passages les plus connus permet d’observer le célèbre « rocher coincé », énorme bloc suspendu au-dessus du cours d’eau depuis des siècles.

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L’ambiance est sauvage, parfois vertigineuse, mais le parcours et ses 656 marches restent abordables pour un large public. Les nombreuses passerelles offrent des points de vue saisissants sur les cascades et les falaises fermant la vallée. Peu de sites permettent de s’immerger facilement dans un paysage aussi spectaculaire et pourtant, ce n’est qu’un début. Car notre but aujourd’hui n’est pas de regarder les flots glacés de haut, mais de nous y jeter.

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Au-dessus de Salvan, les torrents qui descendent des hauts plateaux ont en effet creusé au fil des millénaires un terrain de jeu exceptionnel pour le canyoning. Parmi eux, le secteur de la Salanfe occupe une place exceptionnelle. Ici, les vasques succèdent aux cascades, les toboggans naturels aux rappels et les sauts aux passages plus techniques. L’eau y a sculpté la roche avec une précision presque irréelle. Les parois polies, les bassins translucides et les gorges étroites composent un paysage qui semble conçu pour l’aventure. « Mais, on n’a touché à rien, hormis quelques points de sécurité », nous explique Claude-Alain Gailland, l’un des cofondateurs de l’agence No Limits.

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Guide de haute montagne, chef sécurité de l’Xtrème de Verbier depuis plus de 20 ans, le Valaisan l’a rachetée avec ses partenaires à Mike Horn il y a près de trente ans. Il connaît bien l’aventurier pour l’avoir assisté sur l’un de ses périples, mais lui est plutôt un homme de l’ombre, aussi à l’aise sur un 4 000 m – c’est lui que l’on a vu le 7 juin 2014 sur le Cervin seconder Géraldine Fasnacht lors de son saut en wingsuit, une première – qu’en eaux vives ou en selle la même année sur la RAAM, la plus longue et exigeante compétition d’endurance à vélo qui relie les deux côtes des États-Unis sur 4 800 kilomètres. Mais il n’est pas du genre à la ramener. Plutôt à se mettre au niveau de tous ceux qui, quelle que soit leur expérience, veulent tenter le canyoning. Et avec la Salanfe, il tient le terrain de jeu parfait.

Les obstacles s’y enchaînent naturellement, permettant aux débutants de gagner en confiance, tandis que les pratiquants plus expérimentés trouvent eux aussi leur compte dans la variété des passages et la montée en puissance des obstacles.  8°C seulement, c’est « choc thermique » assuré dès le premier saut dans les vasques limpides, mais les épaisses combis nous protègent rapidement du froid comme des chocs. De quoi encourager à dépasser ses limites, en toute sécurité. De quoi aussi nous donner envie de revenir très vite. Car Claude-Alain nous glisse au passage qu’outre le canyon de la Tinda, que nous aurions pu enchaîner, la zone compte aussi du rap jump et des rappels XXL sur le barrage des Toules… Le tout à quelques minutes de la gare, et quelques heures d’Annecy ou de Paris. Et toujours sans voiture, ni avion.

En pratique

Y aller

Le point de départ le plus simple est Martigny, accessible en train en environ 1 h 15 depuis Lausanne et 1 h 45 depuis Genève. Le Mont-Blanc Express prend ensuite le relais en direction de Chamonix et dessert notamment Salvan, Les Marécottes, Finhaut et Le Châtelard. Une fois dans la vallée, la plupart des sites et des activités sont accessibles à pied depuis les différentes gares.

Quand partir

Les Gorges du Dailley se parcourent généralement de mai à octobre, selon les conditions. Pour le canyoning, la meilleure période s’étend de juin à septembre, lorsque les débits et les températures sont les plus favorables. À l’automne, la vallée change complètement de visage et les mois de septembre et octobre offrent de très belles couleurs.

À ne pas manquer

Le voyage à bord du Mont-Blanc Express fait déjà partie de l’expérience, mais il mérite d’être ponctué de plusieurs arrêts. À Salvan, les passerelles et les 656 marches des Gorges du Dailley plongent au cœur des cascades. Un peu plus haut, le canyon de la Salanfe permet de découvrir la vallée depuis ses torrents. Le barrage d’Émosson, Finhaut et le village des Marécottes complètent facilement un séjour de quelques jours.

Le bon plan

La voiture peut rester à la maison. Le train relie directement les principaux villages de la vallée et de nombreuses randonnées et activités débutent à proximité immédiate des gares. Il est ainsi possible de combiner Mont-Blanc Express, marche et canyoning sans multiplier les transferts, tout en profitant pleinement du parcours ferroviaire.

Excursions, forfaits, logements, réservations et transports… pour en savoir plus sur la vallée du Trient, visitez  www.valais.ch/tips-de-saison et www.valleedutrient.ch.

Photo d'en-tête : Thibault Ginies
Thèmes :
Canyoning
Mont-Blanc
Suisse
Train
Valais

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