À peine sorti de l’eau, où il photographie les concurrents de l’étape de la World Surf League d’Anglet qui se tient jusqu’au 23 août, Laurent Masurel, l’une des références mondiales de la photo de surf, nous livre ses conseils pour réaliser les plus beaux clichés.
Matos rangé dans son sac à dos imposant, Laurent nous met tout de suite au défi de deviner le poids de tout son équipement. Sur la balance : 22 kg ! On comprend rapidement pourquoi, quand il déballe ses accessoires devant nous.
Petite présentation du matériel utilisé :
-Boîtiers : Canon EOS-1DX en double exemplaire, Canon 1D Mark iv, Sony Alpha 6000.
-Objectifs : 1x fisheye, 1x 16-35mm f2.8, 1x 50mm, 1x 80mm, 1x 70-200mm, 1x 300mm, 1x 400mm, 1x 600mm.
-Trépied : modulable en monopode (essentiel dans les zones de rochers).
-Caissons étanches.
Conseil n°1 : Du matériel spécifique
Pour la photo de surf, le boîtier n’a pas vraiment d’importance. Par contre les objectifs, eux, sont essentiels. L’entre-deux ne fonctionne pas et donnera des photos sans caractère. Il faut soit se placer très loin de son sujet et donc avoir un téléobjectif (600mm, 400mm, 300mm), soit se placer très proche avec des objectifs plus petits (80mm, 50mm). Dans un premier temps, je conseille plutôt de shooter depuis le bord de mer avec de grosses focales et évidemment un trépied pour s’assurer de la stabilité de l’appareil. Avec un 600mm, le moindre mouvement rendra votre photo floue. Une fois que vous maîtrisez ce type de prises, vous pouvez vous approcher de votre sujet, soit depuis un bateau, soit dans l’eau avec un caisson étanche pour protéger votre matériel.
Conseil n°2 : Bien se placer
Depuis le bord, tout fonctionne assez bien, de face comme en position légèrement excentrée par rapport à votre sujet. Voilà pourquoi il est plus simple de commencer ainsi. Dans l’eau, il y a plus de règles à respecter, notamment pour votre sécurité et celle des surfeurs. Il faut se tenir à 20 mètres minimum d'eux et ne pas être dans leur trajectoire. Ça demande un peu d’expérience, d’observation et surtout d'anticipation.
Conseil n°3 : Dans l'eau, utiliser des palmes pour se déplacer
Se déplacer dans l’eau est usant physiquement, d’autant plus avec du matériel photo. Même si votre boitier a tendance à flotter, grâce à sa coque, il faut une certaine dextérité pour naviguer avec tout ce matériel. L’utilisation de palmes est essentielle, on les porte toujours lorsqu’on est dans l’eau.
Conseil n°4 : Shooter en rafale
La rafale a plusieurs avantages. Elle permet de sélectionner le moment qui vous convient le mieux. Et surtout il n’est pas rare que l’autofocus de votre appareil ait du mal à faire la mise au point exactement sur le sujet, du fait de la forte luminosité renvoyée par les vagues. Dans ce cas, le mode rafale optimise votre réussite, vous aurez alors plus de chance d’avoir au moins une photo nette dans le lot.
Conseil n°5 : Mes réglages de base
Même s’il faut bien sûr s’adapter aux conditions du jour, voici, en général, mes réglages :
Vitesse d’obturation : 1/2000, les surfeurs se déplacent relativement vite, il faut une vitesse d’obturation élevée pour être sûr qu’ils ne soient pas flous sur la photo.
Ouverture : entre f5,6-f8, c’est un bon compromis pour obtenir un piqué satisfaisant tout en gardant une ouverture suffisante pour avoir assez de lumière.
8 à 12 images par seconde en mode rafale.
Conseil n°6 : Pour la photo de grosses vagues, restez hors de l’eau
Le rapport entre le risque et le résultat est très défavorable lorsqu’on shoote dans l’eau dans les spots de grosses vagues comme Nazaré (spot portugais, référence mondiale pour le surf de grosses vagues, ndlr). Même les pros se placent généralement sur le bord avec une grosse focale (600mm). De plus, pour rendre compte de l’immensité des vagues, il est plus intéressant d’être loin du sujet.
Conseil n°7 : Osez le noir et blanc
Malheureusement, on voit trop peu de photos de surf en noir et blanc. Pourtant les contrastes peuvent donner des clichés sublimes, notamment entre l’écume, le surfeur, et le reste de l’océan.
Conseil n°8 : Ne pas dénaturer vos photos en post-traitement
Une erreur fréquente, notamment chez les débutants, est de trop saturer les photos en post-traitement. Il est vrai que le bleu de l’eau peut donner envie de se lâcher sur le curseur “saturation”, mais il faut faire attention de ne pas dénaturer la réalité. Pour ma part, je me contente simplement de rectifier légèrement l’exposition quand c’est nécessaire (sauf commande spécifique). Se forcer à ne pas trop retoucher les photos, est aussi un bon exercice. Cela permet de se concentrer au moment de la prise de vue.
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