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Blizzard Torres del Paine
  • Aventure
  • Randonnée

5 morts en Patagonie dans le blizzard des Torres del Paine : une catastrophe évitable ?

  • 19 novembre 2025
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Le 17 novembre 2025, une violente tempête de neige a frappé le parc national Torres del Paine, en Patagonie chilienne, causant la mort de cinq randonneurs surpris alors qu’ils effectuaient le célèbre circuit O. Le bilan le plus lourd jamais relevé dans cette zone. L’émotion est vive et des voix s’élèvent pour questionner la gestion du risque dans l’un des parcs les plus emblématiques d’Amérique du Sud.

« Nous sommes au campement Los Perros. Certaines personnes ont escaladé le John Gardner ce matin et le temps s’est considérablement dégradé. Il y a trop de neige et certaines personnes sont bloquées. Les vents sont très forts », écrit un témoin sur place lors de l'accident. Le message d’alerte est d’abord apparu sur Facebook. Un groupe de randonneurs arpentait le secteur Los Perros - Paso John Gardner, une des portions les plus isolées et exigeantes du circuit O dans le parc national Torres del Paine, au sud du Chili, lorsqu’une tempête aussi soudaine que violente a balayé la région, le 17 novembre 2025. De fortes chutes de neige, une visibilité quasi-nulle et des rafales de vent atteignant jusqu’à 193 km/h, selon la Direction météorologique du Chili, ont surpris les marcheurs en fin de matinée. La tempête serait due à une dépression brutale venue de l'Antarctique, un phénomène connu en Patagonie mais rarement aussi soudain. La veille de l'accident, le parc était placé en alerte météo.

Avec son alerte, un des randonneurs rapportait une situation déjà désespérée et ses mots annonçaient alors le désastre en devenir. Le message est bien lancé… mais trop tard pour cinq randonneurs. Les deux Mexicains Cristina Calvillo Tovar et Julián García Pimentel, l'Anglaise Victoria Bond et les deux Allemands Nadine Lichey et Andreas von Pein ne sortiront pas vivants du blizzard. L'enquête est en cours pour déterminer les causes des décès : hypothermie, chute, désorientation... Les corps ont été retrouvés dans la même zone mais pas tous ensemble, certains proches du Paso John Gardner, d'autres en contrebas. Ce passage, situé à 1 200 mètres d'altitude, domine le glacier Grey et est considéré comme le point le plus exposé et le plus dangereux du circuit O, déjà connu comme le trek le plus difficile, qui fait le tour complet du parc.

Une zone à 5 heures de marche de la première route

À cause des conditions extrêmes, les hélicoptères de secours n’ont pas pu intervenir immédiatement : les opérations de recherche et de sauvetage ont donc été menées essentiellement à pied par une équipe de plus de vingt personnes composées de gardes forestiers, de policiers, de militaires et de sauveteurs de montagne, appuyés par un chien et des drones. Le lieu où l’accident s’est produit se trouve à 4 à 5 heures de marche du point routier le plus proche.

Finalement, les autorités ont confirmé le décès des cinq personnes initialement portées disparues. L’évacuation des corps, depuis un secteur très difficile d’accès, est prévue dès que les conditions météorologiques le permettront, notamment par hélicoptère. L’identité des cinq victimes a été dévoilée par le délégué présidentiel de la région de Magallanes, José Antonio Ruiz, qui a confirmé que des procédures consulaires sont en cours pour rapatrier les corps depuis cette zone extrêmement isolée.

Un parc aussi spectaculaire qu'imprévisible

Le parc national Torres del Paine est l’un des joyaux naturels du Chili, réputé pour ses paysages de roches granitiques, de glaciers, de lacs et de rivières. Il attire des centaines de milliers de visiteurs chaque année. Selon le plan de développement local, plus de 231 000 personnes étaient déjà entrées dans le parc entre janvier et mai 2025. La route empruntée par les victimes, le circuit O ou Macizo Paine, est l’une des plus exigeantes : elle traverse plusieurs secteurs à haute altitude, des cols exposés comme le John Gardner, des refuges isolés, des portions sans accès routier, et des zones particulièrement sensibles aux changements météo. Le point culminant du parc est le Cerro Paine Grande, qui s’élève à 3 050 mètres d’altitude.

Le climat extrême de la zone est bien connu : des vents puissants, des chutes de neige soudaines, des pertes de visibilité se produisent régulièrement. Des rafales intenses et des conditions de type « whiteout » – une visibilité nulle due à la neige – rendent régulièrement la progression périlleuse. Pour autant, c'est le premier accident d'une telle ampleur dans le Torres del Paine. En 2016, un randonneur tchèque trouvait la mort sur la même zone. Il mourrait d'hypothermie. Dans le même secteur, le secteur Grey, un Chilien perdait aussi la vie, en 2014, après une tempête. Chaque année, plusieurs évacuations ont lieu sur le circuit O.

Ouverture d'une enquête judiciaire

Le drame relance un débat récurrent : la gestion des risques dans les parcs de haute montagne, surtout quand ils sont très touristiques. L’augmentation continue du nombre de visiteurs – à peine 10 000 dans les années 80 pour près de 400 000 de nos jours – rend certains secteurs plus fréquentés, y compris hors-saison. Certains médias avancent qu’au moment de l’accident, un « changement de tour » aurait laissé des secteurs du parc sans gardes et donc non-surveillés. La CONAF, entité qui gère le parc en lien avec le ministère de l'Agriculture, ne nie pas ces faits mais affirme que le parc était opérationnel. Le parquet chilien a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour déterminer les responsabilités liées à la catastrophe. Le parc, lui, est partiellement fermé sur le circuit O pour faciliter les opérations de recherche, de récupération et d’évacuation. Un coup dur pour l'industrie touristique chilienne.

La présidente exécutive de la Fédération des entreprises touristiques du Chili (Fedetur), Mónica Zalaquett, a exprimé sa solidarité envers les personnes touchées et leurs familles et a rappelé que « la gestion des risques et l'administration adéquate de ces territoires doivent être une priorité absolue de l'État. La gestion rapide des urgences, la disponibilité de personnel qualifié, la prévention active et la coordination institutionnelle sont des éléments essentiels pour protéger ceux qui visitent ces espaces ».

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