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Drone Mavic 2
  • Voyage

Roadtrip : l’usage des drones de plus en plus dangereux dans de nombreux pays

  • 1 février 2022
  • 5 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Huit ans de prison pour espionnage : le Français Benjamin Brière, condamné mi-janvier par un tribunal iranien, paye un prix exorbitant la prise de vue réalisée avec un drone de loisir en mai 2020 dans un parc naturel du pays. Le cas de ce vanlifer, pris désormais dans un embroglio politique le dépassant largement, est révélateur d’un durcissement général de la réglementation sur l’usage des drones récréatifs. Car, du Maroc au Nicaragua en passant par Cuba, ou, tout dernièrement les Emirats Arabes Unis, le drone est quasiment banni et son usage passible de la prison ou d’amendes très lourdes. Problème : la réglementation est généralement très floue, laissant libre court à des interprétations dangereuses pour le voyageur. Explications.

Comment Benjamin Brière pouvait-il se douter que trois bases militaires se trouvaient à proximité du spot où, en mai 2020, il a fait voler son drone ? Sur la route depuis deux ans, seul à bord de son Sprinter, il postait régulièrement des images de son périple sur son compte Instagram "Call it living vanlife", tout comme des milliers de vanlifers. « Benjamin avait beaucoup voyagé », explique Blandine Brière sa sœur, 31 ans, que nous avons interviewée le 27 janvier. « Organisateur de concerts du Japon à Dubai pendant dix ans, il avait décidé en 2018 d’aménager lui-même son van et de parcourir le nord de l’Europe avant de partir vers l’Iran en passant notamment par la Turquie et le Kurdistan irakien. C’est un passionné de voyages, mais novice en matière de drone dont il s’est équipé pour une centaine d’euros, un petit modèle de loisir, comme on en trouve partout sur internet ».

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Quand il a été arrêté, il y a plus de 20 mois, il se trouvait en Iran, dans un parc naturel situé à la frontière du Turkménistan. Le connaissant, poursuit Blandine, « il a sans doute alors réagi avec un grand sang-froid, beaucoup d’humanité et une grande ouverture d’esprit ». Une bonne foi qui ne convaincra pas les juges iraniens, qui à l’issue de près de deux ans d’emprisonnement l’ont condamné à huit ans de prison pour espionnage, un crime passible de la peine de mort dans cet Etat. Jugé à huis clos sans que la défense ait eu accès à son dossier, on a peu d’éléments précis sur le parc naturel dans lequel il a été arrêté, mais après des recherches sur Maps, à la frontière Iranienne avec le Turkménistan, nous avons localisé le Golestan National Park, zone très proche de la ville de Mashadd, dans laquelle Benjamin a été jugé. Dans sa dernière photo postée sur Instagram, datant du 26 mai 2020 (donc juste avant d’être arrêté), il est dans l’Abr Forest, qui se trouve effectivement dans le Golestan National Park. Or sur Map on distingue également trois bases militaires dans les environs, comme on peut le visualiser, en rouge, sur la carte ci-dessous.  

Carte bases militaires en Iran
Les 3 bases militaires se situant à proximité de l'endroit où Benjamin Brière a fait voler son drone

Cela semble avoir suffi pour que les Iraniens arrêtent le Français et le condamnent aujourd’hui, sans autre argumentation précise ni procès digne de ce nom. On sait que ce verdict tombe à l’heure où l’Iran négocie avec les grandes puissances à Vienne le retour des États-Unis à l’accord nucléaire de 2015. Reste qu'il semble que les juges aient profité d’une réglementation floue en matière d’usage du drone pour nourrir leur dossier à charge. 

Pas toujours d'interdiction formelle mais...

Partout dans le monde les drones sont soumis à des régulations strictes, y compris en France bien sûr. Hauteur du vol, portée de vue, respect de la vie privée, identification du pilote, zones interdites… Sur le territoire français, les règles à respecter sont nombreuses, strictes, compliquées - elles dépendent de la date d’achat du drone ainsi que du poids précis de l’appareil. Mais au moins, elles sont claires. Il suffit de se rendre sur le site officiel de l'administration française pour cerner précisément celles qui s’appliquent à vous et votre “oiseau”. Résultat : moins de risque de recevoir une amende, de se faire arrêter ou emprisonner.

En Iran, en revanche, c’est nettement plus complexe. Alors que certains pays ont explicitement proscrit l’usage de drones sur leur territoire – c’est le cas notamment du Maroc, de l’Algérie, du Nicaragua, de la Corée du Nord et de Cuba, ou tout récemment des Émirats Arabes Unis, suite à l'attaque mortelle d'un drone contre une importante installation pétrolière située à l'extérieur d'Abu Dhabi - d’autres n’ont pas de législation claire sur le sujet, rendant les conséquences judiciaires qui suivent d’autant plus abusives. C’est le cas notamment de la République islamique d’Iran qui, selon l’Organisation de l’aviation civile impose certaines limites à l’utilisation de drones touristiques.
Selon le site d’informations spécialisé Drone Laws les infos à retenir sont les suivantes :

  • Évitez de faire voler votre drone au-dessus des personnes ou des foules. 
  • Maintenez une distance minimale de 250 mètres entre votre drone et les zones résidentielles, les écoles, les cinémas ou les foules. 
  • Lorsque vous faites voler votre drone, tenez compte de la vie privée d'autrui. 
  • Évitez de faire voler votre drone à proximité d'installations militaires, de centrales électriques ou d'autres zones susceptibles d'inquiéter les autorités locales. 
  • Maintenez l'altitude de votre drone en dessous de 50 mètres. 
  • Vous pouvez l’utiliser uniquement pendant la journée, et uniquement par temps favorable (visibilité supérieure à 3 km) 
  • Évitez de faire voler votre drone à moins de 2 kilomètres des aéroports ou dans les zones fréquentées par les avions. 
  • Tout drone pesant plus de 300 grammes nécessite un permis, ce qui fait du DJI Spark le seul drone grand public autorisé à voler en Iran.

Rien de très étonnant à ce stade. Mais le site précise que pour les visiteurs étrangers, “ la situation juridique actuelle de l'Iran concernant l'utilisation des drones n'est pas claire. De nombreux rapports ont fait état d'expériences négatives par les utilisateurs de drones. Par conséquent, il n'est pas recommandé d'introduire votre drone dans le pays, sauf si vous pouvez obtenir une autorisation.  En Iran, les arrestations pour utilisation d'appareils GPS ou de caméras peuvent survenir très rapidement. Lorsque vous entrez dans le pays en utilisant une technologie appropriée, les autorités de sécurité iraniennes supposent rapidement que vous êtes un espion.”

Si vous voyagez dans des pays “au contexte géopolitique tendu”, il semble donc fortement recommandé de laisser votre drone chez vous, comme l’explique le guide Lonely Planet. Si vous partez pour “l'Égypte, le Sénégal,  Madagascar, la Côte d'Ivoire, la Barbade, l’Iran, l’Irak, l’Arabie Saoudite, le Koweït, le Kirghizistan ou encore la Syrie”, prenez vos photos de voyage avec des appareils classiques, pour éviter tout malentendu. Selon Lonely Planet, Ready-to-go, et de nombreux autres guides de voyage, les arrestations de touristes et confiscations de drones se sont multipliées ces dernières années, faute de cadre juridique précis. Aussi, à l’heure de prendre en route et de passer les frontières, ne vous laissez pas tromper pas l’absence d’interdictions… 

Suite à la condamnation de Benjamin Brière à huit ans de prison pour espionnage, ses avocats s’apprêtent à faire appel de la sentence. Une pétition pour la libération du vanlifer - en grève de la faim depuis plus d’un mois maintenant pour protester contre ses conditions de détention - a été lancée sur Change.org. Vous pouvez la signer ici.

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