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Trail : Matthieu Blanchard, le défi du GR A1
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  • Trail Running

Trail : 650 km ultra sauvages au Québec ou le défi du GR A1

  • 2 août 2020
  • 6 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

C’est le premier GR d’Amérique du Nord. Homologué en 2015, il reste peu connu des Français. Pour cause : il est accessible moins de trois mois par an et traverse des régions parmi les plus reculées du Québec, peuplées d’ours et de grands cervidés. Un parcours périlleux mais sublime qu’à ce jour une centaine de randonneurs seulement sont parvenus à réaliser dans son intégralité. Un mois et demi est nécessaire aux plus rapides. L’ultra traileur français Mathieu Blanchard entend bien le boucler, lui, en moins de dix jours.  Il entame son aventure aujourd’hui, depuis la ville Matapédia, au sud de la Gaspésie québécoise. 

Carte du GRA1


Il devrait être en train de finaliser sa préparation pour l’UTMB.  L’événement étant annulé, le marseillais Mathieu Blanchard, installé au Québec depuis quelques années, s’est lancé des défis dans son périmètre proche, à l’instar de nombreux athlètes ces derniers mois. Après avoir réalisé pendant le confinement le tour de l’Île de Montréal – 125 km de route longeant le fleuve (10h à 4,45/ km ) – il a couru l’équivalent du dénivelé de l’UTMB. Soit 10 000m de D+, et autant de D- sur la petite colline du Mont-Royal au centre de Montréal. Chrono : 15h45. Mais aujourd’hui l’attend un défi plus impressionnant encore : le tour du GR A1, 650 km très techniques en Gaspésie, zone située au centre-est du Québec, un milieu ultra sauvage. Un dernier volet clôturant son vaste projet dont il entend tirer un documentaire. Outside l’a interviewé à la veille de son départ.

Pourquoi le GR A1 

Trail : Matthieu Blanchard, le défi du GR A1
(Jérome Binette)

Le Sentier International des Appalaches au Québec (GR A1) est le premier GR d'Amérique du Nord. Au départ de Matapédia, Il s'étire sur plus de 650 km vers la Vallée jusqu'à Amqui pour atteindre la réserve faunique de Matane. Si le parcours dans son intégralité est réputé très technique, et très long, une multitude d’itinéraires et des degrés de difficultés variables suivant les zones (La  Vallée,  Les Chic-Chocs,  La  Côte), permettent à chacun de trouver son bonheur, le temps d’une journée ou pour plusieurs semaines. Outre le plaisir de la randonnée, c'est à une véritable plongée dans la nature québécoise qu'on se livre en empruntant le GR A1 où l’on croise des ours, des caribous, grands ongulés, et une multitude d’oiseaux ou poissons. 
« Le sentier n’est ouvert que de juin à fin août », explique Mathieu Blanchard. « Je profite donc d’un créneau assez étroit. Impraticable l’hiver, les températures tombent à -20 °, voire -30°, interdit d’accès jusqu’en juin, les chasseurs d’ours et autres cervidés y sont équipés d’armes lourdes, ne reste que quelques mois. Les randonneurs y seront peu nombreux, comme d’habitude, le terrain étant très technique, même si, cette année au Québec, comme en France, la randonnée est plus populaire que jamais. 
Pour être labélisé GR, à l’instar du GR 20 qui parcourt la Corse, par exemple, le sentier est équipé de superbes refuges, ce qui est rare en Amérique, mais je ne les utiliserai pas. Je fonctionne en effet en autonomie avec mon crew »,précise-t-il.

Comment je me suis préparé

Trail : Matthieu Blanchard, le défi du GR A1
(Jérome Binette)

« On a peu d’expériences d’ultra de cette envergure. Mais j’ai la chance de pouvoir m’appuyer sur les conseils de Kilian Jornet et François D’Haene, du team Salomon comme moi. Pour boucler les 650 km, je vais donc courir 15 à 16 heures par jour. Les 8 heures restantes étant dédiées à l’alimentation et à 5-6 heures de sommeil. Un point capital, selon Kilian qui préconise de couvrir au moins un cycle de sommeil profond pour faire un « reset » du cerveau. « Une semaine avant le départ », m’a dit Kilian, « tu dors, tu hibernes, comme un ours ! ». Le tout à l’horizontale pour soulager le système veineux.
Au niveau nutrition, j’ai un système digestif solide, mais j’ai embauché une nutritionniste. Je vais consommer entre 6000 et 7000 calories par jour, il faut donc trouver le bon ratio entre ce qu’on peut rentrer et ce qu’il faudrait absorber. Pas facile, je vais donc sans doute perdre une dizaine de kilos. Les menus sont répartis en plusieurs prises, pour faciliter la digestion, mais j’ai choisi des plats qui me donnent envie d’avancer. Capital pour le mental, quand en fin de journée, on commence à gamberger sur le repas du soir. Pas trop lourd, il faut pouvoir dormir dans la foulée, mais toujours savoureux.

Mon objectif  

Trail : Matthieu Blanchard, le défi du GR A1
(Jérome Binette)

« Le terrain est ultra sauvage, très technique, et la météo peut-être très difficile », précise Mathieu.  Dans les montagnes Chauves, par exemple, la brume peut surgir d’un coup. En quelques minutes tu n’y vois plus à 2 mètres. Je suis équipée d’un GPS tracker, d’une carte hors ligne pour visualiser où je me trouve, sans compter bien sûr une carte et d’une boussole. Mais dans ce cas, seule solution, s’arrêter, s’envelopper dans une couverture de survie et attendre.
« il n’est donc pas simple d’estimer le temps qu’il me faudra, mais j’espère le réaliser en moins de 10 jours. Le record actuel étant de 19 jours et cinq heures. 
La distance est énorme, l’équivalent d’un ultra tous les jours pendant dix jours.  « Au matin du 3e ou du 4e jour, tout est tellement douloureux », m’a raconté Kilian qui a l’expérience de la traversée des Pyrénées, « que tu te dis, ce n’est pas possible de repartir pour 16h de course. Mais il faut y aller. Et parfois tu commences par trois ou quatre heures de rando avant de pouvoir faire le premier pas de course ».
Ce qui te lâche en premier, ce sont les pieds. Ils partent en lambeaux. Aussi, au moindre échauffement, il faut s’arrêter, se sécher et changer de chaussettes. Surtout ne pas attendre. Il faut prendre ce temps-là, d’autant que je vais avoir beaucoup de traversées de rivières. Sinon, tu le payes très cher, très vite.

Ma logistique 

Trail : Matthieu Blanchard, le défi du GR A1
(Jérome Binette)

J’ai la chance de pouvoir compter sur une équipe de: cinq personnes, notamment un chef de projet gérant les points de ravitaillement, particulièrement complexes à organiser dans ce territoire sauvage. Des amis proches, qui savent me 'lire' quand ça va mal, vont apporter la bonne ambiance. Dans l’équipe aussi, Jérome Binette, chargé des images dont nous comptons tirer un documentaire. Ils dormiront tous en tente, quant à moi j’ai droit à un petit van.

Ce que je redoute le plus 

Trail : Matthieu Blanchard, le défi du GR A1
(Jérome Binette)

Là, à la veille du départ, j’ai très peur. J’ai peur des douleurs. J’espère que ce sera seulement musculaire. Mais pas osseux, ni musculaire.
Peur de l’échec. A ce jour je n’ai jamais dépassé les 170 km de course : l’UTM, bouclé en 22h50.  D’autant que j’engage dans l’aventure beaucoup de monde. Or si j’échoue, j’en serai le seul responsable, alors qu’il y a beaucoup d’imprévisibilité dans ce type de course. 
Peur aussi des éléments, de la nature. Dans les White Mountains, quand la météo tourne, la température tombe, la pluie te transperce et entre vent et grêle, il y a un gros risque d’hypothermie. Je m’y suis préparé, j’ai un protocole pour chacune des situations d’urgences, mais la peur est là.

Ce qui me pousse à partir 

Trail : Matthieu Blanchard, le défi du GR A1
(Jérome Binette)

La taille du défi. 650 km, 40 000 m de dénivelé, un parcours ultra sauvage, dans un territoire très reculé, loin de tout, sans aucun réseau téléphone dans bien des zones, ça me fait rêver.
Et puis voir de gros animaux. Des ours et aussi des originaux. Fascinant, mais il faut s’y préparer. Je me suis déjà fait attaquer par une femelle. Je ne dois mon salut qu’à un arbre autour duquel j’ai tourné pour lui échapper alors qu’elle me chargeait !
J’aime aussi le terrain, la Gaspésie, entre terre et mer, ou plutôt fleuve, le Saint-Laurent. Le travail d’équipe et l’ampleur du projet me passionnent également. C’est différent des compétitions, où au final, on est très solitaire. Et ça, c’est une découverte. Au point que je me demande si, à l’avenir, je ne me donnerai pas que six mois pour les courses et six pour ce type d’aventures. Enfin, je cours aussi pour les lever des fonds en faveur des deux associations que je soutiens. Et je sais que quand je serai dans le dur, je n’aurai qu’un but, mettre un pied devant l’autre, avancer d’un mètre, progresser, ne pas lâcher. Pas le droit d'arrêter, car je cours aussi pour mon petit frère. A 16 ans il a perdu une jambe dans un accident de scooter. Il en a 18 maintenant. 


Pour en savoir plus sur le GR A1, Sentier International des Appalaches au Québec, c’est ici.

Très bien conçu, le site aborde toutes les questions à se poser avant de se lancer sur un parcours qu’on ne doit pas aborder à la légère.
Depuis l'auto-évaluation : via un questionnaire de cinq minutes qui vous permettra de savoir si vous avez le niveau suffisant pour vos ambitions. Mais aussi la planification, avec des randos courtes pour vous tester. Des cartes interactives, des tableaux de distances, l'état des sentiers et les périodes de chasse, à éviter absolument.
Sans compter les réservations. Si le GR A1 est gratuit, pour y accéder plus d'une journée, il vous faudra réserver votre place.

Carte du GRA1

Pour suivre le défi de Mathieu à compter d'aujourd'hui, dimanche 2 août, c’est ici.



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