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Sur les chemins noirs
  • Société
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« Sur les chemins noirs », l’adaptation du best-seller de Sylvain Tesson avec Jean Dujardin a-t-il une chance aux Oscars ?

  • 20 septembre 2023
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Cinq films français sont en lice cette année pour représenter la France à Los Angeles en 2024, mais un seul sera choisi demain, jeudi 21 septembre, par une commission réunissant les producteurs, vendeurs internationaux et les distributeurs américains de chaque film présélectionné. Parmi ces œuvres, le long métrage de Denis Imbert inspiré du livre de Sylvain Tesson relatant sa douloureuse marche sur les sentiers de la fameuse Diagonale du vide. Énorme succès en France, ce film a plus d’un atout pour lui. Mais rien n’est gagné pour autant. Pour, ou contre ? Etat des lieux avant le verdict.

https://youtu.be/9KTOLsuFUBQ?si=xRH1gw9NXysoSBNt

Les "pour"

1. Jean Dujardin

Personne aux Etats-Unis n’a oublié « The artist », comédie en noir et blanc franco-belge-américaine réalisée par Michel Hazanavicius, mettant en scène Jean Dujardin dans le rôle de George Valentin, star du cinéma muet, confronté à l'arrivée des films parlants à la charnière des années 1920 et des années 1930.  La grande époque de Hollywood, de multiples références aux films des années 1920, de « Une étoile est née » à « Les Lumières de la ville » en passant par « Chantons sous la pluie «, le film avait tout pour plaire. Résultat : un pluie de récompenses internationales et notamment cinq Oscars, dont ceux du meilleur film et du meilleur acteur pour Jean Dujardin. Notre Brice de Nice national est donc un énorme atout pour "Sur les chemins noirs".

2. « Sur les chemins noirs » a dépassé le million de spectateurs au box-office

Sorti le 22 mars, le film de Denis Imbert cumulait en mai dernier 1 018 013 spectateurs en France. Les Américains ne sont pas les Français, mais, quelque part, ça rassure un peu sur son potentiel hors frontières.

3.  C’est une histoire de rédemption 

En août 2014, Sylvain Tesson fête la publication de son épique Berezina. Funambule sur la corniche d’un chalet, c’est la chute et de multiples fractures - côtes, vertèbres et crâne. Une fois à l’hôpital, « corseté dans un lit » après un coma d’une semaine, il se dit : « Si je m’en sors, je traverse la France à pied ». Moins d’un an plus tard, encore bien amoché, le voilà sur les sentiers de la fameuse Diagonale du vide, une large partie du territoire où la densité de la population est plus faible qu’ailleurs. Son objectif ? Relier le Mercantour à la Manche. S’en suivent près de trois mois d’itinérance – une rééducation, une quête initiatique aussi. « Il m’aura fallu courir le monde et tomber d’un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j’ignorais les replis, d’un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides ». Le gars qui traverse une terrible épreuve mais qui s’en sort (grandi) après de nombreuses souffrances, Hollywood maîtrise. Or le drame de Tesson coche toutes les cases, d’autant qu’il ne manque pas d’y ajouter une dimension littéraire, historique et une réflexion sur notre société de consommation. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour faire un excellent cocktail aux Oscars.

4. La France comme les Américains l’aiment (ou la rêvent)

« Sur les chemins noirs » nous conduit au travers d’une France qui a tout pour séduire les Américains. Ce qu’Amazon résume ainsi dans la présentation du livre de Tesson, rebaptisé », « On the Wandering Paths” dans la version anglaise  « En suivant les chemins obscurs que les paysans empruntaient autrefois dans la campagne, Tesson entreprend un voyage de trois mois de solitude et de contemplation personnelle en marchant le long de vastes étendues de chaînes de montagnes et de rivières, rencontrant d'anciens ponts et passerelles romains en pierre, la Légion étrangère française, des sites de prières païennes, des villages provençaux et le majestueux Mont-Saint-Michel.''
Ajoutons que le Vaucluse et les Hautes-Alpes, régions on ne peut plus touristiques, y sont à l’honneur et l’on imagine déjà combien d’Américains philosophes vont être tentés de suivre les pas de Tesson. Ou tout au moins d’aller voir le film s’inspirant de son périple.

5. C’est Tesson quand même, encore que...

Même si Sylvain Tesson ne jouit pas aux Etats-Unis de l’immense popularité qu’il connait en France, il n’est pas un parfait inconnu. Les lecteurs de Thoreau, sans doute plus localisés à New York, Boston ou San Francisco qu’à Dallas, ont de bonnes chances d’avoir croisé dans les meilleures librairies quelques-uns de ses titres les plus connus : outre « Sur les Chemins noirs » : « The Consolations of the Forest: Alone in a Cabin on the Siberian Taiga », « Berezina: From Moscow to Paris Following Napoleon's Epic Fail » ou encore « The Art of Patience: Seeking the Snow Leopard in Tibet ». Mais est-ce suffisant pour être un vrai "plus" ?

Les "contre"

1. Face à « Sur les chemins noirs » il y a du (très) lourd 

La commission réunissant demain, jeudi 21 septembre, les producteurs, vendeurs internationaux et les distributeurs américains de chaque film présélectionné va devoir choisir l’œuvre, parmi les cinq présélectionnées, qui va défendre nos couleurs aux Oscars en 2024. Elle doit la jouer stratège, afin de mettre toutes les chances du côté de la France. Or, « Sur les chemins noirs » a des atouts, on l’a vu, la concurrence est rude. 

Si deux films, « Goutte d'or » de Clément Cogitore et "Le règne animal" de Thomas Cailley, ne semblent pas le menacer. Deux autres pourraient bien l’emporter. A commencer par le magistral « Anatomie d'une chute », Palme d'or à Cannes et de surcroit un énorme succès commercial en France : les Alpes pour cadre d’un drame familial complexe, une distribution internationale, des dialogues bilingues et du suspens : de quoi plaire beaucoup outre Atlantique. D’autant que le fim est écrit et réalisé par une femme, ce qui peut être un « plus », ou pas, aux yeux de la commission. 

A moins que "La passion de Dodin Bouffant", de Tran Anh Hung, l'emporte : une relation amoureuse sur fond de gastronomie française (et avec Juliette Binoche !) voilà qui peut plaire aussi à Los Angeles.

2. « Sur les chemins noirs » parle trop

Certes, il y a les beaux paysages de la France profonde et secrète, mais ce film, soutenu par le texte de Sylvain Tesson, montre peu et parle beaucoup. Pas vraiment de suspens ici, le voyage est lent, et intérieur. Les mots comptent autant, voire plus, que les images. Parfait pour les inconditionnels de Tesson. Sans doute moins convainquants en sous-titres (que n’aiment guère les Américains). À moins que le doublage soit à la hauteur ? C’est un pari risqué.

 

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