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Simon Messner : « l’alpinisme tel que l’a connu mon père n’est absolument plus le même aujourd’hui »

  • 8 août 2019
  • 4 minutes

Pierre Le Clainche Pierre Le Clainche Pierre Le Clainche est navigateur professionnel, ultra-trailer et reporter amoureux de la nature et des montagnes. Alpinisme, escalade, ski de randonnée ou paddle, aucun sport outdoor n’est étranger à ce grand voyageur.

L’héritage aurait pu être pesant pour Simon Messner, l’un des quatre enfants de la légende de l’alpinisme, l’Italien Reinhold Messner ; le premier à avoir atteint l’Everest sans oxygène et à avoir gravi les quatorze sommets de plus de 8000 mètres. Il n’en n’est rien. Simon s’est construit à l’ombre de son père pour se faire un prénom et s’est imposé dans les grandes premières de voies très techniques.  Au Pakistan cet été, il a ouvert deux nouvelles voies, le Geshot Peak /Toshe III (6200 mètres) et tout récemment la Black Tooth (6718 mètres). L’alpiniste de 29 ans nous a accordé une interview depuis son camp de base, avant de rentrer.

Quand as-tu décidé de suivre les pas de ton père ?
L’alpinisme et la montagne ont toujours été liés à notre vie de famille. Mon père nous racontait toutes ses histoires de voyages et d’alpinisme quand nous étions plus jeunes avec ma soeur et croyez-moi il en avait quelques-unes en stock à raconter (rires) !  Mais paradoxalement je n’ai débuté la grimpe qu’à 16 ans seulement. Donc quand vous dites « suivre les pas de mon père », ce n’est pas réellement exact, je me suis mis à l’alpinisme en suivant mes propres envies et ma conviction personnelle. De plus, l’alpinisme tel que l’a connu mon père n’est absolument plus le même aujourd'hui, tout a évolué. 

Simon Messner, à droite, avec l'un de ses amis venus le rejoindre pour tenter l’ascension de « Muztagh Tower » dans le Karakoram (Simon Messner)

Le nom « Messner » accolé à ton prénom t'a-t-il rendu la tâche plus facile ou plus difficile quand tu as débuté dans l’alpinisme ?
Je ne sais pas si ce fut plus difficile ou plus facile. J’adorais tout simplement ce que j’accomplissais et j’ai continué dans cette voie. Grimper symbolise quelque chose de très personnel pour moi, c’est une sensation très intérieure que je garde au fond de moi et sur laquelle je n’aime pas m’étendre avec le monde extérieur. Je grimpe pour moi-même et je désire poursuivre l’alpinisme avec ce même leitmotiv.

Ton père t'a-t-il encouragé à devenir alpiniste ?
 Absolument pas. Il m’a toujours simplement dit : « trouve une activité qui te plait et exerce-la ! » 

De quoi rêvais tu quand tu étais enfant ?
Enfant, j’étais toujours occupé, rien n’était ennuyeux pour moi car j’avais et j’ai toujours beaucoup de curiosité et de centres d’intérêt. Jusqu’à aujourd’hui j’ai toujours été occupé par mes passions et dès que je fais quelque chose, je le fais à fond, passionnément. Pour le moment j’en ai suffisamment pour m’occuper. 

Tu es désormais connu comme un alpiniste de haut niveau spécialisé dans l’ouverture des voies. Pourquoi as-tu décidé de suivre cette voie de l’alpinisme ?
 Tout simplement parce que les premières ascensions incarnent la façon la plus créative d’escalader une montagne.

Comment as-tu trouvé ton propre chemin pour te différencier de ton père ?
 J’ai suivi mon propre chemin comme tous les alpinistes en recherchant mes propres rêves et mes idéaux. Heureusement je n’ai pas eu « besoin » de me différencier de mon père, ça s’est fait tout seul. Un exemple : je n’essayerai jamais de gravir les quatorze 8000 mètres sans oxygène car ça a déjà été fait et donc ça ne m’intéresse plus.  

« Les conditions de neige étaient si mauvaises que personne n’a voulu me suivre »  

Tu étais au Pakistan cet été pour tenter l’ascension de nouveaux sommets, comment se sont déroulées tes expéditions ? 
Mon voyage au Pakistan était d’abord prévu pour le tournage d’un film, puis j’ai gravi pour la première fois un sommet vierge de 6200 mètres (le Geshot Peak /Toshe III). J’ai réalisé cette ascension en solo car les conditions de neige étaient si mauvaises que personne n’a voulu me suivre. Ensuite, deux amis venus d’Innsbruck sont venus me rejoindre pour tenter l’ascension de « Muztagh Tower » dans le Karakoram mais nous n’avons réussi à atteindre que l’antécime, « Black Tooth » (6718 mètres), ce qui reste malgré tout une première. La météo exécrable a rendu cette ascension très très difficile, mais c’est exactement ce qu’on vient chercher en haute montagne, vivre des expériences extraordinaires.

Topo du Black Tooth Erstbesteigung (Simon Messner)
(Simon Messner)
(Simon Messner)
(Simon Messner)
(Simon Messner)
(Simon Messner)

Quelle est ta prochaine expédition ? 
Répondre à tous les mails que j’ai reçus pendant mon absence (rires).

Quel serait ton expédition rêvée ?
 Il y en a tellement ! Mais honnêtement l’ascension de « Black Tooth » fut typiquement l’une dont j’aurais rêvée. On a tenté et atteint le sommet (l’antécime) en pleine tempête sachant qu’en abandonnant notre tente on n’avait aucune autre option que de monter et de redescendre le même jour soit 2100 mètres sur une voie très technique. 

« Nous devons trouver des solutions à des problèmes que nous avons nous-mêmes créés »

Comment vois-tu le problème écologique en haute montagne ?
Je vois la dérive écologique comme un immense problème à grande échelle et qui nous touche de plein fouet. Par exemple, au Pakistan, je vois du plastique partout, et ce n’est qu’un des aspects visibles. Le réchauffement climatique commence à avoir un impact que nous ressentons directement dans nos vies courantes. Le fait est que nous devons trouver des solutions à des problèmes que nous avons nous-mêmes créés.

Fais-tu quelque chose de particulier pour ne pas polluer lors de tes expéditions ? 
Beaucoup de gens accèdent désormais à leur camp de base par hélicoptère. Certains quittent même le camp pendant leur acclimatation le temps d’un diner à l’extérieur… Je ne pourrais pas dire que nous sommes plus respectueux de l'environnement qu’au temps de mon père. Personnellement, j’essaie de toujours laisser l’endroit de nos camps aussi propre que possible, comme je le ferai chez moi dans mon jardin. Mais que puis-je faire de plus ? La plus forte pollution vient des vols internationaux que l’on prend pour rallier le Pakistan. Je pollue donc aussi, je ne suis pas dans le déni. Mais j’espère trouver une solution plus écologique pour mes prochaines expéditions. 

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