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Road trip en van
  • Voyage
  • Vanlife

Récit : « Comment ma première expérience en van s’est transformée en une série de galères »

  • 6 août 2020
  • 9 minutes

La rédaction Outside.fr Marine Saint-Germain

En novembre dernier, quatre amis décident de tester la location de van pour aller de Rome à Amsterdam. Mais le fantasme du road trip sauvage ne se révèle pas aussi idyllique que prévu. Panne de voiture, ensablement ou encore tente de toit non étanche, autant de péripéties survenues dans ce voyage plein de rebondissements, raconte Camila Mora-Scheihing.

L’idée d’acheter un van pour partir en road trip trottait depuis longtemps dans la tête de Camila et son mari Nicolas, tous deux parisiens mais aventuriers dans l’âme. Avant de faire un tel investissement, le couple a choisi d’en louer un avec deux amis pendant une semaine pour voir si, concrètement, le concept leur convenait. De Rome à Amsterdam, en passant par la Suisse et l’Alsace, le voyage a quelque peu changé leurs plans.

« Depuis deux ans, comme beaucoup de gens, on avait le fantasme de voyager en van pour la liberté que cela procure. On pensait éventuellement en acheter un », explique Camila Mora-Scheihing, artiste graphiste. Pour tester l’utilité, le confort et la rentabilité de ce moyen de transport, Camila et son mari, Nicolas, architecte, s'associent à un couple d'amis pour louer un van via la société "Wicked Camper". D’origine australienne, elle propose un concept peu connu en Europe : la « relocation ». 

« On récupère le van dans une ville et on le dépose dans une autre à la fin du séjour, inutile de revenir au point de départ comme l'imposerait une agence de location traditionnelle. Une caution est exigée à la prise du véhicule, mais par la suite, l'opération ne coûte qu’un dollar ou un euro par jour ! Sans compter que l'agence offre un budget pour le carburant », poursuit Camila. "En principe, une fois la caution récupérée, le voyage ne devrait donc rien coûter."

Rendez-vous dans un garage au milieu de nulle part

En novembre dernier, les quatre amis se lancent donc dans l'aventure. Le plan est de rejoindre Rome en avion pour y récupérer le van et de prendre quelques jours pour parcourir le nord de l’Italie dans l'espoir de trouver une maison de vacances à acheter, puis d’accélérer les deux derniers jours pour déposer le véhicule à Amsterdam.

« Rendez-vous était donné dans une ville un peu perdue, en périphérie de Rome, accessible seulement en train, faute de voiture. Là, dans une sorte de de garage au milieu de nulle part, nous attendait notre van. Pas de vérification, ni d’état des lieux, le véhicule nous a été remis tel quel, plutôt sale et surtout recouvert de peinture et de graffitis assez douteux. Je suis moi-même artiste, et j’adore les graff, mais l'ensemble était vraiment de mauvais goût. L'énorme Pinocchio dessiné sur la carrosserie affichait un ‘tout peut être un vibromasseur quand on le veut’. Pas top", se souvient Camila. 

Road trip en van
Le van, équipée d'une tente de toit, et son graph Pinocchio (Camila Mora-Scheihing)

Côté intérieur, le van disposait de quatre couchages… enfin, deux par dessus les sièges arrières, et deux à l’extérieur, dans une tente fixée sur le toit. « Dans le coffre, se trouvaient une mini cuisine avec un évier, une pompe à eau, un peu de vaisselle et des rangements. Equipement que nous n'avons jamais utilisé, lui préférant un bidon d’eau et une bassine, nettement plus pratiques à nos yeux. Au final, c’était plus une grosse voiture qu’un van, en tout cas on ne pouvait pas s'y tenir debout », ajoute-t-elle. 

Tempête et déluge : « C'était l'enfer ! »

Le voyage peut enfin commencer. Direction Cinque Terre, pour visiter quelques maisons en vente. Mais dès le deuxième jour, les deux couples font face à un obstacle de taille : le sable. Garé sur une plage, le van s’embourbe. Et comme si les quatre heures nécessaires à le dégager ne suffisaient pas, voilà que se met à tomber un déluge, accompagné d’une nuée de moustiques. « C’était l’enfer ! On cherchait des planches sur la plage pour caler les pneus, on était trempés ». 

Et ce n’était qu’un début. Peu de temps après, s’abat sur eux une tempête de trois jours. « Ce n’est que plus tard que nous avons réalisé combien elle était exceptionnelle. On s’est retrouvés pris dedans de manière assez ridicule. Avec mon mari on dormait dans la tente sur le toit, complètement secoués par le vent. C’est là qu’on s’est rendus compte que la toile n’était pas étanche ni très isolée du froid», raconte Camila. «Un espace entre le toit et le sol de la tente, laissait l’air passait. Nous étions transis. Soit notre modèle était usé, soit il manquait une bâche. C’est vraiment dommage, car de là-haut la vue était super."

Road trip en van
Sur la route, entre deux tempêtes (Camila Mora-Scheihing)

Épuisés par les intempéries, les deux couples se réfugient une nuit dans un hôtel, le temps de laver et sécher tous leurs vêtements humides. Un brin de repos, avant de se diriger vers le lac de Côme. « On a décidé de s’installer en hauteur, au-dessus du lac. Nous avons pris une route très étroite, sans jamais croiser un être vivant, hormis les chamois", raconte-t-elle.

Une panne au sommet de la montagne

La solitude était leur saint graal. Jusqu’à ce que le van tombe en panne. Diagnostic: la batterie a rendu l'âme. Seuls au sommet d’une montagne, pas l’ombre d’un mouvement ne les fait espérer. « Le froid était intense", se souvient Camila. "En bords de routes, on voyait déjà de la neige, la température était tombée à 4°C dans la tente. Enroulée dans mon sac de couchage, j’avais gardé deux pulls, un jean par dessus un legging, trois paires de chaussettes et un manteau. Nos amis, qui dormaient dans la voiture, n'étaient pas mieux lotis et n’avaient qu’une petite couette pour se réchauffer. Avec un peu de recul, j'avoue qu'on était vraiment des bleus, on n’était pas du tout préparés à ça », se souvient-elle. 

Road trip en van
Novembre dans le nord de l'Italie (Camila Mora-Scheihing)

« Mais nous avons eu une chance extraordinaire. Un Italien est passé par là en voiture. Heureuse coïncidence, il avait vécu dans un van en Australie pendant un an, il comprenait notre galère. Il a fait démarrer la voiture, on a pu rejoindre la ville la plus proche et y changer la batterie. Quand j’y repense, il n’y avait vraiment pas un chat dehors. Je crois que personne ne part faire du camping sauvage fin novembre ! À part nous… »

Traversée de la Suisse sous terre

Après cette frayeur, cap sur la ville thermale de Bormio, où chutes d’eau à 38°C et pistes de ski se côtoient. De quoi inspirer Camila : « Depuis plusieurs jours, on avait du mal à trouver des endroits où se laver sans se geler. On s’arrangeait entre les salles de bain d’hôtels et les coins douche des stations services, mais ce n’est clairement pas ce qu'il y a de plus agréable. C’est là qu’on a pensé à profiter des douches des piscines et des bassins thermaux. Une super alternative ! »

Road trip en van
Nettement plus pratique que la micro cuisine du van, la vaisselle dans la neige (Camila Mora-Scheihing)

S’en suit la traversée de la Suisse, en partie dans un train souterrain dans lequel s’engouffrent les voitures les unes derrière les autres, « le van était installé dans une sorte de cage ouverte d'où l'on apercevait la roche du tunnel. Nous avons parcouru ainsi une bonne partie du pays », raconte Camila. À la clé, l’Alsace, et une dernière nuit dans le van passée sur un parking, brisant le charme de cette ambiance de Noël qui sublime l’est de la France. 

Dernière ligne droite, Amsterdam. Mais, en passant la frontière, le petit groupe est arrêté par la douane française. « En voyant notre van, peu discret, les policiers pensaient arrêter des petits jeunes allant à Amsterdam pour fumer de l’herbe. Ils ne s’attendaient pas à trouver des quarantenaires qui sentaient le feu de bois ! », s’exclame Camila. « Mais morts de rire, sans même vérifier nos papiers, les agents se sont lancés dans unes série de selfies avec en toile de fond, Pinocchio. C’est vrai qu’on oubliait souvent à quoi il ressemblait, alors quand on voyait la tête des gens dans la rue, le visage un peu horrifié… on se disait ‘‘et merde ...’’ ». Pourtant, pas de temps à perdre sur la route. Car après avoir déposé le van - à nouveau en banlieue - le retour à Paris se faisait en avion, le soir-même. 


6 questions à Camila

Vous êtes partis tous les quatre en plein mois de novembre, vous pouviez vous douter qu’il ferait froid et que le temps ne serait pas forcément clément. Pourquoi être parti camper en plein hiver ?

Questions de timing. C'est tout simplement parce qu’on était tous libres à cette époque là et tous motivés à l'idée de trouver sur notre chemin des maisons pas trop chères, notre rêve à terme. Notre plan initial n'était pas de faire du camping mais seulement de louer une voiture pour faire nos recherches immobilières. Mais nous sommes tombés sur cette opportunité, et nous nous sommes dits, pourquoi pas?

Finalement je suis assez contente de l’avoir fait en novembre, cela donne une réelle vision du camping. En été, il y a un côté très facile : les vêtements sèchent vite, on a moins de contraintes météo… Mais si on survit en novembre, on peut le faire toute l'année ! Le point positif, c'est qu'il n’y avait pas de touristes, on était seuls, les villages étaient plus tranquilles aussi, la neige était immaculée et on avait plus l’impression de vivre une aventure. C’est ce que j’ai préféré en traversant les Alpes.

Compte tenu de tous les imprévus survenus, notamment la panne de batterie, comment s’est passée la communication avec l'agence Wicked Camper ? 

Pendant le voyage, on a bien sûr essayé de communiquer avec eux, via WhatsApp, quand nous avons eu cette panne. Parce que c’est nous qui devions en avancer les frais. Une fois rentrés du voyage, on a entamé les démarches pour se faire rembourser, mais ce n’est pas une entreprise très réactive. Nos interlocuteurs ont mis des jours à nous répondre, et un mois pour nous rembourser. Ce qui, pour un petit budget peut être très pénalisant. Heureusement en ce qui nous concerne, nous avions un peu d’avance financière, reste que je me mets à la place de jeunes de 25 ans - cible principale de cette agence - qui pourraient se retrouver avec 1000 euros en attente (800€ de caution, 170€ de batterie et 100 d’essence).

Si c’était à refaire, vous le referiez ?

Oui, sans hésiter. Mais on se préparerait mieux ! Il faudrait prévoir des couchages plus chauds surtout. Mais même en plein hiver, nous avons eu de belles surprises. On s’est retrouvés à faire la vaisselle dans la neige, on a fait un feu de bois tous les soirs, on y grillait des légumes et du poisson. C’est le genre de chose qu’on se permettrait pas de faire en plein été, quand il y a beaucoup plus de risques d’incendies. Ça, ce sont typiquement des solutions qu’on ne trouve qu’en hiver.

Et puis, au final, les aventures sont toujours plus marrantes quand les choses ne se passent pas comme prévu. Ce sont de beaux souvenirs, différents des road trips d’été, mais aussi uniques dans leur genre. 

Est-ce que ça vaut vraiment la peine d’acheter un van ? 

Etre à l’intérieur du van, c’est bien quand il fait vraiment froid et que le temps est mauvais, mais en été, avoir une tente serait peut-être ce qu’il y a de mieux. L’intérieur d’un van, n'est pas beaucoup plus agréable qu’une tente. On s’est dit au final que combiner auto et tente de toit, ou au sol, serait peut-être plus pratique, surtout si l'intérieur de la voiture est adapté au couchage, important en cas de gros temps. Cette solution semble plus adaptée à nos besoins et nettement moins chère qu'un van.

Il ne faut pas oublier qu'un van est compliqué à garer et à conduire. Ce n'est pas un véhicule tout-terrain. Celui que nous avons loué affichait 200 000 km au compteur et arborait une plaque d’immatriculation australienne, il a certainement été beaucoup utilisé là-bas avant d'arriver en Europe. On a trouvé qu’il consommait énormément. Tous les deux jours, il engouffrait 80 € d’essence !

Plutôt van ou voiture aménageable ?

Ça dépend du terrain et de la saison… A chacun de voir en fonction de ses préférences, de ses expériences et de sa préparation. Après avoir testé le van, j’ai envie de voir ce que cela donne en voiture. J’aime bien l’idée d’une auto qui deviendrait autre chose pendant un moment, qui serait hybride et très adaptable. Utilisable pour faire ses courses au quotidien, mais aussi pour partir en road trip… Parce qu’un van, qu’est-ce qu’on en fait le reste de l’année quand on ne voyage pas ? Tout dépend bien sûr de la vie qu’on mène, mais quand on habite en ville, qu'en faire ?

À l’inverse, quand on installe une tente sur le toit d’une voiture, il faut prévoir des vélos avec. Parce qu’une fois que la tente montée, si on veut faire le moindre déplacement, il faut tout remballer. Les vélos, c’est un encombrement en plus aussi à prévoir.

Aussi, au final, nous avons décidé d'acheter une Prius, qu’on va tester cet été. C'est un modèle qui ne consomme pas beaucoup et qui a la réputation d'être assez fiable. Sans compter qu'on devrait pouvoir y dormir dedans, d'après nos mesures, ou au moins y adapter une tente de toit. 

Par contre, pour avoir déjà fait un road trip aux États-Unis, je trouve que là-bas le van est vraiment une bonne option. Les règles de camping sauvage y sont moins strictes et les routes plus larges. Nous avons ainsi appris que bricoler soi-même l'aménagement de son van n'est plus si simple aujourd'hui, car soumis à pas mal de contrôles. On perd un peu l’idée de liberté qui donne envie, à l’origine, de partir en van.

Quels seraient tes conseils à ceux qui voudraient tenter l’expérience ?

Je conseille vraiment à ceux qui veulent acheter un van d’en louer un avant, ou de faire de la « relocation ». Il faut le vivre d’abord avant de se lancer dans un tel achat, ça permet d’identifier ses besoins. Est-ce qu’on a vraiment besoin d’un van, ou est-ce qu’une voiture et une tente ne suffiraient pas ? Quel genre de van veut-on ? Comment l’aménager ? Comment on vivrait-on dedans ? Moi par exemple je me suis rendue compte que je n’aurais pas besoin d’une cuisine dans un van. Il faut aussi se projeter avec un van : est-ce qu’on aura vraiment envie de partir tous les ans en road trip, donc est-ce que ça vaut le coût ?

Il est également important de bien se préparer et d'anticiper certaines contraintes, surtout au niveau météo. De manière générale, c’est évident que le camping est plus adapté à l’été. L’hiver, il faut savoir que les deux problèmes majoritaires sont le froid, et trouver un moyen de se laver sans geler sur place. 

Enfin, dernier conseil, trouver un véhicule en bon état, qui ne consomme pas trop de carburant. Sinon, votre voyage peut vite se transformer en un gouffre financier.

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