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Un Van rouge roule sur une route de montagne
  • Voyage
  • Vanlife

Van life : comment survivre au nouveau contrôle technique

  • 6 mars 2019
  • 4 minutes

Pierre Le Clainche Pierre Le Clainche Pierre Le Clainche est navigateur professionnel, ultra-trailer et reporter amoureux de la nature et des montagnes. Alpinisme, escalade, ski de randonnée ou paddle, aucun sport outdoor n’est étranger à ce grand voyageur.

Navigateur, mais aussi grimpeur et trailer, notre journaliste, Pierre Le Clainche, a naturellement épousé tous les codes de la van life. A commencer par l’incontournable van aménagé. Malheureusement, le casse-tête du nouveau contrôle technique est venu contrarier sa liberté. A près d’un an de l’entrée en vigueur de la règlementation, un point s’impose.

Longtemps j’ai démarré mon van le cœur léger, en route vers d’innombrables road-trips dans les montagnes, vallées isolées ou criques au bord de l’océan. Oui, ça c’était avant, c’était le bon temps, avant que le gouvernement français ne décide de renforcer sévèrement la loi sur les contrôles techniques des véhicules afin de coller aux directives européennes. Depuis le 20 mai 2018 mon instinct de liberté post-Woodstock a pris un sérieux coup : si je veux continuer à rouler dans mon Volkswagen T4 aménagé je dois m’astreindre à l’homologuer dans la catégorie « VASP » soit « véhicule automoteur spécialisé » ou alors passer une journée entière à démonter tous mes aménagements minutieusement bricolés pour passer ce maudit contrôle technique.

Pourquoi l’homologuer ? 

D’abord parce que tel qu’il est à l’heure actuelle (cuisine équipée, gaz, lit, rangements, table) mon van ne fait plus partie de la catégorie des « VP » (véhicule particulier) ni des « CTTE » (véhicule utilitaire et camionnette) ce qui était le cas de mon amour de T4. Si je me pointe tout sourire au contrôle technique avec mes aménagements et ma carte grise stipulant « CTTE », je vais écoper direct d’un « non conforme avec la carte grise », et là, finies les escapades bercées par Jimmy Hendrix. 

Trois degrés de sanction existent : la défaillance mineure, qui n’impose pas de contre-visite ; la défaillance majeure, qui nécessite une contre-visite dans les deux mois ; et la tant redoutée défaillance critique. Cette dernière catégorie comporte 127 points précis tels que « feux stop inopérant ou siège conducteur mal fixé ». Si votre love truck a le malheur d’en posséder un, votre fin de journée va ressembler à un thriller hollywoodien : votre mission, si vous l’acceptez, consiste à réparer votre véhicule avant minuit ce jour sous peine d’immobilisation.

Résumons : si mon aménagement possède l’un des quatre critères de la nouvelle directive (présence d’un lit, celle d’une table, de sièges, de rangements ou d’une cuisine), je suis concerné et dois homologuer ma seconde maison.

Les étapes de l'homologation

Ok, franchissons le pas de l’homologation ! Que fait-on ? D’abord je passe chez un artisan qui veille à mettre en conformité toutes mes belles installations bricolées avec l’aide de mes potes durant les longs weekends d’hiver. Eau, électricité, gaz, câblage, douche, tout est passé au crible pour un coût d’une centaine d’euros. Cette étape est nécessaire pour préparer mon van à obtenir le premier sésame délivré par un organisme spécialisé (Veritas ou Qualigaz) : le certificat de conformité « VHL » (véhicule habitable de loisir). C’est bon ? Non pas du tout ! Ce n’est qu’une étape qui laisse un trou de 350 euros dans mon portefeuille. La seconde tutoie les sommets de la paperasserie : le dossier d’homologation à déposer à la DREAL (Direction Générale de l’Environnement l’Aménagement et le Logement) avec en malus un chèque de 87,60 euros. Une fois mon dossier validé, il ne reste plus qu’à quémander ma nouvelle carte grise « VASP » en me délestant de 54 euros. 

Bref, tout ceci est long (approximativement trois mois) cher (environ 600 euros) et fastidieux. Pour preuve, des professionnels du secteur proposent désormais d’assurer ces démarches pour 650 euros.  D’où la deuxième solution : contourner habilement la loi. 

Comment ne pas l’homologuer ?

Inamovible. Là est la clé du problème. C’est seulement dans ce cas que l’homologation est nécessaire. Je préfère donc me lancer dans une journée de bricolage et de démontage en vue de passer mon contrôle technique plutôt que d’affronter les arcanes de l’homologation. De plus, si vous êtes un nouveau ou futur possesseur de van, vous pouvez optez pour des kits d’aménagements démontables vendus de 600 à 3500 euros pour les plus complets, sorte de Lego géant amovible. Contactées, ces sociétés confirment que les commandes vont bon train depuis le durcissement de la loi en mai 2018. Ainsi votre précieux van restera dans sa catégorie d’origine sur sa carte grise et vous économiserez de l’argent et du temps. 

Néanmoins, pour les résidents quasi-permanents, l'homologation permet de mieux assurer ses biens. Rassuré par le label aux lettres d'or : « VASP », votre assureur devrait alléger le tarif de votre contrat.

Alors que faire ?

Sans prôner une solution plutôt qu’une autre, il est important de noter que les textes de loi sont soumis à leurs interprétations de la part de tous les acteurs : vous-même, moi, les autorités publiques et les contrôleurs techniques. La réforme du nouveau contrôle technique est très récente, les cas particuliers et les différentes options pour le passer n’ont pas encore fait l’objet de retouches ou de mises à jour. C’est pourquoi ce flou bénéficie aujourd’hui aux utilisateurs. 

L’autre dernier point important vise à informer votre assureur de la véritable utilisation de votre fourgon, car si vous optez comme moi pour la solution de la facilité (et de la phobie administrative), démonter et remonter ses aménagements engendre un risque non-négligeable en cas d’accident. Les assurances assurent les modèles de véhicule en fonction de leur carte grise, or, si comme moi vous restez en « VP » ou « CTTE », vous risquez de ne pas être couvert en cas de problème lors du passage de l’expert.

Alors, oui, on peut toujours crier contre ces normes qui visent à homogénéiser et unifier, ces lois qui brident et nous enlèvent une part de créativité. Mais l’homologation vise à sécuriser nos petits hôtels sur roues. Aussi, pour réduire le nombre de normes à remplir, autant faire l’impasse sur certains extras tels que la douche et le chauffage. Franchement, de toute façon, si vous avez un van aménagé, ce n'est quand même pas pour en faire un palace cinq étoiles ? Quoi de mieux qu’une bonne douche sous une cascade et une belle nuit en bonnet et sous-couche technique au fond de son duvet par des températures négatives ? Rien. 

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