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Guirec Soudée tour du monde
  • Aventure
  • Water Sports

« Qui ose gagne ! » : l’aventurier Guirec Soudée, au départ de la Route du Rhum

  • 24 octobre 2022
  • 10 minutes

Coralie Havas Coralie Havas Passionnée d'escalade, de montagne et de culture outdoor au sens large, Coralie est journaliste pour Outside. Elle est basée à Uzès quand elle n'est pas sur la route à bord de son van.

En 2015, un tour du monde à la voile avec sa poule Monique le rendait célèbre. L'année dernière, une traversée de l'Atlantique à la rame, et solitaire et sans assistance, confirmait, s'il le fallait, ses talents de marin et son profil d'aventurier. On ne s'étonne donc pas de voir l'aventurier breton prendre le départ de la Route du Rhum, le 6 novembre de Saint-Malo. D'autant qu'il ne s'agirait que d'une mise en jambes, l'occasion de gagner de l'expérience avant un défi plus grand encore : le Vendée Globe, nous confie-t-il dans une longue interview.

Depuis ses premières aventures en mer Guirec Soudée est guidé par une conviction : "Qui ose gagne !". Cela le conduira à se faire embaucher sur un crevettier en Australie, à 18 ans - histoire de réunir les fonds pour s’acheter un voilier - et, deux ans plus tard, à réaliser sa première transatlantique, avant de vivre un hivernage au coeur des glaces du Groenland. Plus jeune marin à franchir le passage du Nord-Ouest en 2016, le Breton s’engage aujourd’hui sur un autre projet : le Route du Rhum, une course de deux semaines environ, qui traverse l’océan Atlantique. Plus rapide, plus technique, moins dangereuse que les 107 jours que Guirec a passé à ramer en pleine mer, coupé du monde en 2021. Pourtant il a (presque) tout à apprendre, nous explique-t-il.

Guirec Soudée Route du Rhum IMOCAGuirec Soudée Route du Rhum IMOCA

D’où te vient cette envie d’aventure ?

De l’endroit où j’ai grandi, en Bretagne, dans les Côtes d’Armor, sur la petite île d’Yvinec, où il n’y avait que ma maison dessus. Enfant, on me laissait beaucoup de liberté. À six ans, je partais déjà tout seul en mer, en bateau pour aller pêcher, relever les casiers, plonger, faire de la planche à voile… Etant très tôt autonome, j’ai rapidement eu envie d’aller un peu plus loin. La mer, c’était un peu mon terrain de jeu, si bien que je me disais qu’un jour, j’essaierai de traverser un océan.

Toujours guidé par ce rêve d’acheter un voilier et de partir loin, je suis allé en Australie, à 18 ans. Lorsque je suis arrivé là-bas, je n’avais rien, pas d’argent. J’étais à la rue. Alors j’ai fait plein de petits boulots. Mais j’ai surtout bossé sur des bateaux de pêche, sur des crevettiers, pendant près d’un an, à partir plusieurs semaines en mer. Ca m’a permis de mettre pas mal d’argent de côté. Ainsi, à vingt ans, je suis rentré en France et j’ai acheté mon bateau.

Guirec Soudée tour du monde
(Guirec Soudée)

Pendant cinq ans, tu pars ensuite faire le tour du monde. Tu fais un hivernage de 130 jours dans les glaces du Groenland en autarcie. Tu deviens également le plus jeune marin à franchir le fameux passage du Nord-Ouest, en solitaire et sans assistance. Pourquoi t’être lancé dans une telle aventure ?

Le tour du monde, ça fait rêver plein de gens. Quand tu es jeune, tout le monde a envie de faire ça. Au départ, comme je n’avais pas d’expérience en voile, je voulais simplement commencer par traverser l’Atlantique, dans le but de voir si ça me plaisait. Comme je pensais bien que ça allait être le cas, j’avais pris un bateau en métal - j’avais très envie d’aller dans les glaces. […] À chaque escale, je me demandais : "Où est-ce que je veux aller ? Qu’est-ce qui me tente ?". Et je m’y rendais. Des Caraïbes, je suis parti au Groenland. Du Groenland, j’ai enchaîné avec le Nord-Ouest (passage permettant de relier l’océan Atlantique à l’océan Pacifique en passant entre les îles arctiques du Nord canadien, ndlr). Et après, le Pacifique. L’idée c’était de vivre des moments très forts, de profiter d’être jeune, sans d’enfant, sans crédit. Une liberté totale. Je me disais que ces aventures allaient forcément me servir pour plus tard, qu’elles auraient un impact sur ce que j’allais devenir, sur ce que j’allais faire.

Guirec Soudée tour du monde
(Guirec Soudée)

Comment as-tu financé ce premier projet ?

Après être rentré d’Australie, à 20 ans, j’ai pu acheter mon voilier. Mais au départ du tour du monde, je n’avais plus que quelques centaines d’euros. Et lorsque j’ai fait escale en Espagne, je n’avais plus rien. À peine de quoi me payer à manger. À chaque fois que j’arrivais dans un nouvel endroit, je me disais : "Maintenant, nouveau challenge, tu vas essayer de rencontrer du monde, de parler un peu la langue. Et il va falloir trouver un boulot parce que l’argent ne va pas tomber du ciel !". C’est comme ça que j’ai fait l’Espagne, le Portugal, les Canaries. Une fois arrivé à Saint-Barthelémy, j’ai travaillé en tant que prof de surf, de paddle. À ce moment-là, je venais de traverser l’Atlantique avec ma poule Monique. J’ai vu que l’aventure commençait à plaire. J’ai donc réalisé qu’il y avait peut-être moyen d’en vivre un petit peu. C’est pourquoi j’ai commencé à démarcher des partenaires, à vendre mes photos, mes images pour deux/trois chaînes TV. C’était du bricolage mais ça me suffisait pour vivre très simplement. Petit à petit, j’ai réussi à en vivre. Après, j’ai fait des livres, des expositions, des conférences.

Guirec Soudée tour du monde
(Guirec Soudée)

Plus tard, en 2020, tu traverses l’Atlantique à la rame d’Est en Ouest sans assistance. Tu vas également faire le retour, une expérience bien plus difficile. À un moment, ton bateau s’est même retourné. Peux-tu nous raconter ce qui s’est exactement passé à ce moment-là ?

Lors de ma première traversée, direction les Caraïbes, j’avais le livre de Gérard d’Aboville (“L’Atlantique à bout de bras”, ndlr), le premier Français à avoir fait l’Atlantique Nord, ce qui était quand-même autre chose que ce que j’étais en train de faire. Il fallait absolument que j’y aille. […] Quelques mois plus tard, départ des Etats-Unis. Compliqué, avec des courants et des vents pas très favorables. Je ramais fort. Entre 20 et 24 heures par jour. Je ne m’arrêtais pas, c’était le début, j’avais la niaque, ce qu’il fallait en nourriture, suffisamment pour bien m’approvisionner. Je suis ensuite arrivé dans le Golf Stream, le courant que je cherchais, et je me suis pris une tempête tropicale. […] À ce moment-là, j’avais des moyens de communication et un accès à la météo. Au début, je pouvais ramer encore. Mais une fois que le temps a commencé à se charger, je suis rentré à l’intérieur, en sécurité. Là, le bateau s’est mis à l’envers. Sauf que je n’avais pas prévu que ça allait arriver aussi vite. C’est pourquoi j’avais encore un petit hublot d’ouvert. L’eau a donc commencé à rentrer. Impossible de le fermer. Plus l’eau rentrait, plus le bateau commençait à s’enfoncer.

Une autre aération, qui sert logiquement à avoir un peu d’air dans le bateau, pour ne pas mourir asphyxié au bout de quinze minutes quand tout est fermé, laissait passer de l’eau. J’ai été obligé de la condamner également. Très rapidement, je n’ai plus eu d’air. Je suis alors sorti de mon bateau, en ouvrant la porte principale. L’eau s’y est engouffrée. Là, je me suis retrouvé sous l’eau, projeté en arrière, sans air. J’ai tout de même réussi à me dégager, à me retrouver à cheval sur mon bateau, en maillot de bain, pendant des heures, à me dire que j’allais crever comme ça - le bateau n’était pas retournable parce qu’il était rempli d’eau. Je voyais mes affaires partir à droite et à gauche, sans moyen de les récupérer. Je pensais à ce que j’allais faire subir à mes proches. […] Au final, j’ai réussi à redresser mon bateau, avec des bidons flottants que j’ai amarrés. J’ai fini de le vider au saut, je l’ai positionné correctement afin d’éviter de me retourner à nouveau. Et j’ai continué ma traversée. Impossible désormais de communiquer avec la terre ferme, d’avoir la météo, la lumière. Plus grand-chose ne fonctionnait. J’étais à court de nourriture aussi. Plus de gaz, beaucoup d’humidité […]. Au final, j’ai réussi à sauver une VHF portable que je transportais. Ainsi, j’ai pu rentrer en contact avec les cargos que je rencontrais. Je leur expliquais la situation. Souvent ils ne comprenaient rien, quelqu’un au milieu de l’Atlantique à la rame, ce n’est pas commun. Parfois, ils me proposaient de l’assistance, de se dérouter pour venir me récupérer. Mais ce n’était pas nécessaire. Par contre, je leur demandais de donner ma position GPS à mes proches. […] C’était vraiment compliqué. Mais, d’un autre côté, j’ai vécu des moments de folie, hyper privilégiés avec la nature, coupé de tout contact, ce que j’avais déjà connu en Australie. J’adore ça !

Guirec Soudée traversée atlantique à la rame
(Likka)

Aujourd’hui, serais-tu prêt à repartir sur une aventure pareille ?

Quand je suis parti à la rame, je savais que je n’avais pas grand-chose à faire dans ces endroits-là, que les moments à venir allaient être intenses. Avec du recul, jamais je ne referais ma traversée retour mais par contre, j’en garde un super souvenir. C’était très dur, mais très formateur.

Tu as récemment publié un livre, "L’océan me dit reviens" aux éditions Solar. Mettre des mots sur tes aventures, c’était important pour toi ?

Bien sûr. En tant que marin, petit aventurier solitaire totalement déconnecté, tu vis des moments privilégiés, très égoïstes aussi, il faut le dire. C’est pour ça que c’est très important pour moi de retranscrire tout ça. Pour les gens qui me suivent derrière. J’essaie de revenir avec un maximum d’infos pour raconter ce que j’ai vécu avec le plus de détails possibles. En mer, j’essaie de prendre des notes, de m’enregistrer, de me filmer aussi. Après, il y a un gros boulot, que je ne peux pas faire tout seul. Plusieurs personnes m’ont aidé à écrire mon livre, parce qu’il me fallait retranscrire, reformuler… On a aussi fait un livre pour enfants, "Mon journal de bord", très pédagogique, avec des petits jeux pour apprendre à calculer une position GPS, expliquer un peu ce qu’il y a en mer, les courants, la vie marine, la pollution, etc.

Guirec Soudée tour du monde
(Likka)

Prochain objectif : la Route du Rhum, au départ de 6 novembre de Saint-Malo. Un projet bien différent de ce que tu as l’habitude de faire. Ce sera ta première traversée de l’Atlantique en mode course. Pourquoi ce défi ?

À la base, le gros projet c’est le Vendée Globe. Mais avant ça, il y a plein de courses hyper importantes à faire pour s’y qualifier et pour prendre de l’expérience. Dont la Route du Rhum, une course emblématique, la plus belle de la transatlantique. Je suis hyper fier, hyper honoré d’y participer. Ca va être un super moment, avec 138 bateaux au départ. Après, j’ai un très beau bateau d’ancienne génération. Ce n’est pas un bateau qui prétend à la victoire, de toute façon je n’ai pas du tout l’expérience pour, mais l’idée c’est d’arriver de l’autre côté avec un bateau propre, de se faire plaisir et de prendre de l’expérience en vue des autres projets derrières. Car avant tout, j’aime être sur l’eau !

Quelle est ta préparation pour la Route du Rhum ?

C’est un projet beaucoup plus structuré, avec un bateau, une écurie, un grand hangar, une équipe permanente de six personnes pour s’occuper des choses assez spécifiques dans mon bateau - la mécanique, l’hydraulique, l’électronique. J’ai aussi un coach, Sébastien Audigane, qui m’a appris à prendre le bateau en main. Parce que ce sont des bateaux très compliqués, de vraies Formule 1. Et souvent, tu n’as pas le droit à l’erreur, sinon tu casses tout. Il y a beaucoup de choses à respecter. À bord, tout est gros : le bateau fait 18 mètres, la quille 4,5 mètres, le mât 29 mètres… le tout avec 700 mètres carrés de toile. Il faut donc anticiper un peu quand tu sens que l’eau va monter. Plus jeune, j’ai fait beaucoup de planche à voile. Là, j’ai l’impression d’être sur une planche à voile de 18 mètres. Sans parler de la vitesse... j'ai fait des pointes à 27 noeuds !

Avant la Route du Rhum, j’ai fait trois courses dont une où nous sommes partis jusqu’en Islande. Sinon, en général, je fais des sorties de 24 ou 48 heures en mer pour être sur le bateau la nuit. Je passe aussi beaucoup de temps à terre, sur la technique du bateau (le réparer, grimper au mât en solitaire), sur les stratégies à prendre notamment en fonction de la météo. Sinon, concernant l’aspect mental, je ne fais pas grand-chose, parce que je n’ai jamais rien fait à ce niveau-là. Parce que je ne prends pas le temps. Ca pourrait surement m’apprendre des choses, mais je n’en ressens pas le besoin. Par contre, concernant la gestion du sommeil, j’essaie de faire des petites siestes, de 20 minutes maximum, pour prendre le rythme que j’aurais en mer. Si le vent est stable, que le bateau est bien réglé, tu peux quand-même te permettre de dormir un peu plus. Même si au bout de 25 minutes, tu pars dans un sommeil profond, ce qui peut quand-même être assez dangereux. […] C’est assez stressant, tu es aux aguets en permanence.

Guirec Soudée Route du Rhum IMOCA
(Polaryse)

Lors de tes aventures, j’imagine que tu es témoin de la pollution plastique des océans, du recul de la banquise. Est-ce que ça t’a donné envie de t’impliquer en faveur de l’environnement ?

Lors de ma dernière traversée à la rame, j’ai vu du plastique en permanence, tous les jours, encore plus que sur un voilier parce que j’avançais très lentement au ras de l’eau. J’avais le temps de voir les choses défiler à côté de moi. Ca allait du sac en plastique au ballon de baudruche en passant par des bidons, des filets de pêche… J’ai aussi passé beaucoup de temps dans les glaces. […] Là-bas, tu es amené à voir des ours polaires bien fatigués parce qu’ils traversent d’énormes étendues d’eau avant de réussir à trouver des bouts de banquise pour enfin se reposer. En Antarctique, j’ai vu des bouts de glace énormes, jusqu’à deux fois et demi la taille de Paris, 250 km2 qui dérivaient. Vu que j’ai été confronté à tout ça, j’en parle, je fais des interventions en France dans les écoles, j’essaie de sensibiliser. Après, je pense que tout le monde est bien au courant, essaie de faire attention, d’aller dans la bonne direction. […] C’est sûr que c’est quelque chose qui me touche. Je ne sais pas où on va mais ce n’est pas très beau à voir. Mais j’ai envie de rester positif. […] La planète reste magnifique. Et heureusement qu’il y a encore plein de belles choses à faire.

Guirec Soudée tour du monde
(Guirec Soudée)

Quels sont tes projets ?

J’ai plein d’envies, forcément. Mais pour le moment, je me projette jusqu’au Vendée Globe, en 2025. À voir pour le reste. Soit repartir sur un Vendée Globe, soit sur un projet d’expédition. En tout cas, tant que ça me plaît, je continue.

Guirec Soudée tour du monde
(Guirec Soudée)

Que dirais-tu à un jeune qui aurait envie de vivre des aventures en mer comme les tiennes ?

Que c’est une super idée, qu’il faut y aller. Et tout de suite. Parce que quand tu y réfléchis trop, ce n’est jamais forcément le bon moment pour se lancer, dans quoi que soit, une aventure maritime, professionnelle ou autre. De le faire intelligemment, de ne pas partir sans trop d’expérience. Parce que c’est vrai que parfois, les gens disent que je pars sans rien connaître. Mais bon, il ne faut pas oublier que j’ai baigné dans ce milieu, que j’ai grandi sur un île, je viens de la mer. Ensuite, je dirais qu’avant de partir à l’autre bout du monde, il y a un beau terrain de jeu en France, et surtout en Bretagne, histoire de se faire la main. Et surtout foncer, parce qu’il y a beaucoup de gens qui n’osent pas forcément, qui ont peur. Chacun est différent, c’est sûr. Mais moi, si j’avais écouté tout le monde, je n’aurais rien fait. Qui ose gagne.

L'océan me dit reviens

Guirec Soudée. Éditions Solar. 256 pages.

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