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le sac du traileur Guillaume Arthus
  • Équipement
  • Running

Que met Guillaume Arthus dans son sac de 3 kg pour faire la Via Alpina, 2581 km en 44 jours ?

  • 1 novembre 2019
  • 3 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Un sac de 3307 g seulement pour courir 2581 km en autonomie ? Mais comment a-t-il fait ? Vous avez été nombreux à nous poser la question, suite à la publication de notre interview de Guillaume Arthus. A 29 ans, ce traileur vient de réussir il y a quelques jours son défi le plus fou : traverser les Alpes en courant, de la Slovénie à Monaco. Soit cinq ans d'entrainement physique mental mais aussi d'innombrables nuits blanches à cogiter sur son sac. Voici, en détails, comment il s'y est pris.

Guillaume est comptable. Un sacré atout quand on est aussi traileur et qu'on a dans l'idée d'arriver à produire le sac à dos le plus léger possible pour avaler les quelque 2581 km et 150 400 m de dénivelé positif, inscrits au menu de la Via Alpina, voie rouge. Un défi fou, qu'il a mis cinq ans à planifier. Outre la préparation physique, abordée tout simplement en alignant tous les ultras les plus costauds du moment : La Barkley, l’UTMB, le Tor des Géants, le Marathon des Sables mais aussi la traversée des Pyrénées en 14 jours, l’Ultra Trail de Montmartre ou le Tunnel Ultra – 200 miles dans un tunnel - le coureur s'est trouvé confronté à un problème majeur : comment s'équiper pour courir en autonomie pendant aussi longtemps? A savoir, partir sans aucune aide prévue à l’avance. "Si tu croises un gite, tu peux t’y arrêter, voire un hôtel, mais c’est rare", a-t-il expliqué à Outside. " Et bien souvent c’est une bergerie abandonnée dans laquelle tu passes la nuit. J’avais donc de quoi bivouaquer dans mon sac. J’ai ainsi passé 25% de mes 44 nuits à dormir dehors. "

Son sac? Un 20 litres en toile étanche, pesant à vide 380 grammes (Guillaume Arthus)
Guillaume a couru une moyenne quotidienne de 60km, dont 3400m de D+ pendant 44 jours
Guillaume a couru une moyenne quotidienne de 60km, dont 3400m de D+ pendant 44 jours (T.Nalet/Peignée verticale)

Dans son sac, il devait donc pouvoir porter tout le nécessaire à sa survie, en sachant qu'il pourrait se trouver longtemps dans des zones isolées ou exposé à des conditions extrêmes, comme ce fut le cas dans le Queyras: 450 km, seul sous la pluie, pendant dix jours.

Le traileur s'est donc attelé à la recherche du sac parfait. Fort de son expérience du Marathon des Sables ( 250 km en autonomie dans le désert; le poids maximum y est rigoureusement contrôlé par l'organisation), il a fait un tour d'horizon des modèles disponibles. Las, la perle rare n'existait pas. Qu'à cela ne tienne, Guillaume a acheté de la toile imperméable 420 deniers, s'est équipé d'une machine à coudre et s'est mis à la couture. Son "sac maison" est donc un hybride, entre le sac de rando, de canyoning et de trail. Un petit 20 litres étanche de 380 grammes qui, une fois rempli de l'essentiel à sa survie, ne dépasse pas les 3,4 kg. 3307 grammes exactement.

Une prouesse, qu'en amoureux des graphiques, il a traduite ainsi :

Kit 3 saisons optimisé pour le fastpacking et la course à pied (Guillaume Arthus)

Dans son sac, dont vous pouvez découvrir tous les détails ici, que trouve-t-on?

  • "Un Bivy, customisé, et un bon sac de couchage, mais aussi un oreiller. Essentiel pour bien dormir et récupérer", explique Guillaume. "D'autant que mes nuits ont été courtes : 4 heures et demi en moyenne. Donc pas du luxe pendant les nuits passées sous l'auvent de refuges fermés pour l'hiver ou sous la seule protection d'un escalier.
  • Cinq pièces de textiles seulement. Dont deux tee-shirts. Un était réservé à la nuit, sinon, on dort mal quand on est trop sale. Certaines nuits, par -2°C, j'ai dormi dehors tout habillé, gants et bonnet compris. A cette panoplie minimale, j'ai seulement ajouté un poncho de pluie, acheté en route, vu les conditions météo désastreuses.
  • Le kit électronique indispensable à ma sécurité, mon tracking et mes prises de vue (Guillaume va tirer un documentaire de son incroyable périple, ndlr).
  • Enfin, des bâtons de marche, jamais utilisés au final, mais que j'ai considérés comme des éléments de sécurité.
  • Sécurité, maître mot de mes choix. A défaut, tout accessoire s'imposant devait répondre à au moins deux ou trois fonctions essentielles, sinon, il était impitoyablement écarté."
Les articles étoilés sont personnalisés. Il s'agissait d'une optimisation 100% sur mesure ou d'une optimisation du poids des articles existants.

A ce sac de base de 3,307 kg se sont ajoutés 2,5 kg de nourriture ( à raison de 7000 calories par jour ) et 3 kg d'eau ( 3 l), nécessaires à 2 jours et demi de survie en autonomie. Au total, Guillaume aura couru pendant 44 jours avec un sac oscillant entre 3,4 kg et 8,4 kg. Un bel exploit dont il partage volontiers tous les détails sur son site Runnexplorer ainsi que sur cette page dédiée à son matériel, incluant les adresses de tous les produits mentionnés dans la liste ci-dessus.

Sur le même thème, lire aussi : Traversée de la Via Alpina en 44 jours : « Pendant cinq ans, je n’ai osé parler de mon projet à personne » 


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