Repos, préparation de la future saison, changement de sports, les skieurs, quels que soient leur profil et leur discipline, n’abordent pas tous la période estivale de la même façon. Quand l’été arrive, deux solutions s’offrent à eux : s’exporter pour aller trouver de la neige ailleurs, ou varier les plaisirs et laisser les skis de côté. Tour d’horizon.
Le ski d'été en péril en Europe ?
Alors qu’il y a quelques années, le ski d’été avait encore la côte, même sous nos latitudes, il devient de plus en plus compliqué de s’adonner à cette pratique. En période estivale, certains glaciers permettent de rider sans aller à l’autre bout du monde., notamment en France, où il reste trois domaines ouverts de juin à août - les dates varient en fonction des conditions : Tigne (glacier de la Grande Motte), les 2 Alpes (Dôme de la Lauze), Val-d’Isère (glacier du Pisaillas). D’année en année la fenêtre se raccourcit néanmoins.
Les Alpes dans leur ensemble sont touchées par le phénomène. En Italie, le glacier de Stelvio a connu un événement qui a marqué les esprits à l’été 2017. Zone réputée pour le ski d’été, la station a dû fermer en catastrophe du fait d’un épisode caniculaire.
Skier dans l’hémisphère sud
Beaucoup de skieurs professionnels préfèrent donc se délocaliser ponctuellement à quelques milliers de kilomètres pour trouver une neige de qualité. La Nouvelle-Zélande, le Chili, l’Argentine (Ushuaïa), sont les destinations les plus courues. Cela permet aux athlètes de ne pas couper trop longtemps et de préparer au mieux la saison qui arrive à l’automne. L’Équipe de France de ski a ainsi longtemps alterné un stage à Ushuaïa avec une étape sur les Glaciers européens.
Travailler physiquement grâce à d’autres sports
Après la fin de la saison, et une phase de repos, les skieurs reprennent généralement l’entraînement en se préparant physiquement. Ils posent les fondations nécessaires pour tenir toute la saison. De nombreuses options s’offrent à eux notamment en extérieur : vélo, VTT, course à pied/trail...
Alexis Pinturault : une préparation millimétrée
Le skieur français a prévu pas moins de onze semaines de préparation physique cette année avec une toute nouvelle équipe d’encadrement de six personnes, qui lui sont entièrement dédiées. Avant de reprendre le ski à la mi-août et de s’envoler pour Ushuaïa en septembre, il travaille beaucoup en salle (musculation), mais il n’oublie pas son endurance grâce au vélo, un sport qui présente l’avantage de ne pas être traumatisant. Pour des gabarits comme le sien, c’est une donnée essentielle pour prévenir les éventuelles blessures qui retarderaient tout son programme.
Martin Fourcade : trail, vélo et ski roue
La star du biathlon aime changer de sport pendant l’été. Lui aussi passe de longues heures sur son vélo, mais également baskets aux pieds. On l’a vu notamment cet été avec le traileur de la team Salomon, Michel Lanne.
En parallèle, les biathlètes ont une option intéressante pour travailler le ski de fond en été : le ski roue. Même si les sensations ne sont pas tout à fait les mêmes que sur neige, il permet de travailler de façon très similaire. Les gestes sont les mêmes et l’effort se rapproche vraiment du ski de fond. Les 24 et 25 août prochain se dérouleront d’ailleurs les championnats de France de la discipline, dans le Sancy, en Auvergne.
Varier les plaisirs
Ski alpi et trail : une passerelle évidente
D’autres enfin profitent du changement de saison pour changer aussi de sport. C’est une pratique courante chez les skieurs alpinistes qui font de plus en plus deux saisons en alternance avec le trail. Le leader des Golden Trail Series (circuit mondial de référence en trail), Davide Magnini, en est l’exemple, tout comme Kilian Jornet et bien d’autres athlètes. Les deux sports sont finalement assez proches, ce qui explique de voir autant de spécialistes de l’un ou l’autre de ces sports switcher en fonction des saisons.
Léo Slemet : freerider mais montagnard
Terminons enfin avec le freerider français, champion du monde en 2017. Il passe ses hivers sur le Freeride World Tour, le circuit mondial de référence, mais quand l'été arrive, il n'hésite pas à profiter de la montagne autrement. Il vient d'ailleurs d'achever une belle aventure dans les mythiques Grandes Jorasses, dans le massif du Mont-Blanc, avec en prime, une descente en parapente. Preuve que ce qui anime tous ces sportifs est, d'abord et avant tout, la passion de la montagne.
►Bonus : Candide Thovex, lui, ne lâche jamais ses skis
La suite est réservée aux abonnés
- Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
- Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
- Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€
