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Pierre-Adrien Hivert La Sportiva
  • Aventure
  • Trail Running

Pierre-Adrien Hivert, la patiente construction d’un ultra-traileur

  • 26 juin 2026
  • 6 minutes

La Sportiva La Sportiva Article sponsorisé

Ce samedi, l’Annécien d’adoption s’alignera sur son premier Lavaredo Ultra Trail. La version 80K, une étape importante dans son cheminement vers le 100 miles. Converti tardivement aux sports d’endurance après plusieurs années dans le sport automobile, l’athlète La Sportiva, neuvième de la TDS en 2025, entraîneur autant que coureur, avance sans brûler les étapes. À Cortina, il compte bien continuer à apprendre, courir juste, et rallier l’arrivée sans avoir gardé la moindre cartouche.

Pierre-Adrien Hivert n’a encore jamais mis les pieds dans les Dolomites. Il n’a pas reconnu le parcours, encore moins foulé les sentiers du Lavaredo, ni mesuré ces longues sections au-dessus de 1 800 mètres. À défaut, « J’ai beaucoup, beaucoup poncé les vidéos, les cartes 3D, les profils. J’adore regarder les cartes », affirme-t-il. Une première qui arrive dans une saison où les choses n’ont pas toujours glissé comme prévu, entre petites blessures et sensations à retrouver. « Mon ambition, c’est de faire une course pleine. » Une course pleine, c’est rentrer à Cortina en ayant tout engagé. « Si j’arrive en me disant : OK, mon gars, tu n’avais plus de cartouches possibles, tu as tout mis, je serai content. »

Pierre-Adrien Hivert La SportivaPierre-Adrien Hivert La Sportiva

« Je n’ai pas du tout commencé par les sports d’endurance »

Rien, au départ, ne le destinait vraiment au trail. Il n’est pas de ces gamins passés très tôt par l’athlé, le cross ou la montagne. Son premier sport, c’est l’automobile, dans le sillage d’un père qui baignait dans ce milieu. « Quand j’étais jeune, j’ai commencé par le sport auto, rien à voir », raconte-t-il. « J’en ai fait pendant quasiment huit ans. » La course à pied est déjà là, mais seulement en appoint, comme un élément de préparation physique.

Le virage arrive plus tard, autour de 18 ou 20 ans, au moment des études supérieures. Il entre en STAPS, se forme pour devenir préparateur physique, court de plus en plus, et finit par trouver dans l’endurance autre chose qu’un simple outil de préparation. « Je n’étais pas un grand fan de la route. J’étais surtout passionné par le fait d’aller passer du temps dehors, en montagne, en forêt. » Dans le Beaujolais, où il vit alors, il découvre le trail par des formats courts, des 15 kilomètres, des courses locales, loin encore des ultras qu’il vise maintenant.

À 30 ans aujourd’hui, et depuis seulement deux ans, il se considère vraiment engagé dans un projet de haut niveau. À côté, il entraîne, accompagne des coureurs de tous niveaux, travaille avec la plateforme Nolio et tient à conserver ce double rôle. « Je suis entraîneur dans le domaine du trail. Ça m’offre du temps pour m’entraîner, tout en ayant une activité professionnelle que je veux absolument garder, ça me permet aussi d’avoir du contact avec d’autres personnes et de faire autre chose que penser uniquement à moi. »

« Il y a deux aspects fondamentaux dans ma pratique », explique-t-il. « J’adore passer du temps dehors, peu importe la météo, peu importe les conditions. Et après, je suis aussi hyper compétiteur. » Le vélo de route occupe également une place importante dans sa saison, jusqu’à représenter « 25 à 30 % » de son volume. Un socle d’endurance qu’il continue de construire, alors même qu’il reste encore jeune dans l’ultra : avant la TDS, en 2025, il avait surtout couru des efforts de cinq ou six heures, puis quelques 100K autour de dix ou onze heures. Le 100 miles est arrivé tard, et avec lui une autre manière d’apprendre.

Pierre-Adrien Hivert La SportivaPierre-Adrien Hivert La Sportiva

« Je me donne encore trois ans »

Sa neuvième place sur la TDS, l’an dernier, pourrait suffire à le ranger parmi les coureurs français à suivre. Lui l’aborde comme un point de départ. « J’ai découvert le format 100 miles, que j’ai beaucoup aimé, et ça m’a fait passer un cap. » Il parle d’un « gros step » franchi en 2024 et 2025, rendu possible par un cadre de vie davantage tourné vers l’entraînement. Mais il sait aussi ce qui lui manque encore : des années de très long, des repères, et cette mémoire musculaire que seuls les ultras répétés finissent par créer.

« Je suis encore plutôt jeune, au final. Je me donne trois ans pour essayer d’aller chercher la meilleure version de moi-même. » Dans son esprit, les deux prochaines saisons seront largement orientées vers le 100 miles. Pas seulement pour courir plus longtemps, mais pour apprendre ce que ces distances impriment dans le corps. « Sur des formats au-delà de douze ou treize heures, il y a une mémoire musculaire qui se crée au fur et à mesure des années. Je commence vraiment à la créer. Je suis au début de cette phase. »

À la TDS, Pierre-Adrien estime avoir fait une course pleine au regard de son niveau du moment. Il y a eu des erreurs de gestion, des moments d’euphorie, d’autres où il a « broyé du noir », sans que cela fasse dérailler sa course. De quoi identifier assez clairement ses marges de progression. Cette année, il a augmenté le volume, avec l’envie de voir comment son corps encaisse davantage de kilomètres. Sur le plan mental, il ne suit pas de préparation spécifique, mais s’appuie sur un cadre de vie stable, une hygiène assez simple, et le soutien de sa compagne, qu’il décrit comme « une belle aide mentale » dans son projet sportif.

Une première fois dans les Dolomites

Le La Sportiva Lavaredo Ultra Trail by UTMB arrive à un moment précis de sa progression. « C’est une belle classique », dit-il. « Une course que beaucoup de gens ont envie de faire, et qui était aussi dans mes favorites. » Cette année, l’opportunité est venue avec La Sportiva, partenaire titre de l’événement. Pour lui, ce premier départ dans les Dolomites doit servir autant à découvrir la région qu’à rencontrer les équipes de la marque, prendre des repères, et peut-être revenir plus tard avec d’autres ambitions.

Aligné sur le 80 kilomètres, avec 4 600 mètres de dénivelé positif, il partira à 7 heures de Val Marzon, près d’Auronzo di Cadore, pour rejoindre Cortina d’Ampezzo. Pas de nuit au programme, contrairement à la distance reine, mais une inconnue déjà bien identifiée. « Ce que j’appréhende le plus, c’est plutôt l’altitude », explique-t-il. « Je n’ai pas fait du tout d’altitude depuis le début de l’année, et à Annecy, on n’est vraiment pas haut. Là, on passe quasiment à 2 500 mètres, et je crois qu’il y a 90 % de la course au-dessus de 1 800 mètres. » La chaleur pourra jouer, aussi, même s’il dit mieux s’y habituer.

Le classement comptera, évidemment. Pierre-Adrien aimerait aussi décrocher sa qualification pour la CCC l’an prochain. Mais après un début de saison contrarié par quelques pépins physiques et une pression qu’il dit s’être parfois mise lui-même, l’enjeu est d’abord de retrouver une course où tout s’aligne enfin. Le physique, le mental, l’approche et l’état d’esprit. « Tous les leviers activés à 100 % », résume-t-il.

La Sportiva Prodigio 2
(La Sportiva)

« Une vraie marque de pure montagne »

Après la TDS, l’envie de construire quelque chose sur plusieurs saisons, à haut niveau, fait son chemin. C’est aussi à ce moment-là que La Sportiva France lui propose de courir sous ses couleurs. « Le projet et l’équipe me chauffaient vraiment », explique-t-il. « D’abord parce que c’est une vraie marque de pure montagne, et ça, c’était le facteur numéro un. »

Il y a la marque, son ancrage montagne, mais aussi l’équipe, le marketing, les échanges autour du matériel, cette impression de ne pas seulement recevoir des produits mais de pouvoir entrer dans une dynamique commune. « Il y a une progression collective », résume-t-il. Aujourd’hui athlète La Sportiva France, Pierre-Adrien Hivert aimerait, si les résultats suivent, rejoindre un jour le team international. Là encore, sans brûler les étapes. Comme pour l’ultra, il avance par paliers.

Avec La Sportiva, cette progression passe aussi par le choix du matériel. Plus Pierre-Adrien allonge les distances, plus il distingue ce qu’il attend d’une chaussure selon les séances, les terrains, l’état de fatigue ou l’objectif du moment. « J’aime bien être bien maintenu dans une chaussure », explique-t-il. Sur les longues distances, il parle surtout de « confort global » : de l’amorti, du maintien à l’avant-pied, de la stabilité, mais aussi de la réactivité, parce qu’une chaussure d’ultra ne sert pas seulement à encaisser les kilomètres. Elle doit encore permettre de courir quand les heures commencent à peser.

La Prodigio Pro, plus dynamique, plus typée race, accompagne davantage ses objectifs en compétition. La Prodigio 2, elle, a trouvé sa place dans le quotidien de l’entraînement, là où se construit justement une saison d’ultra. « Je la mets en rotation à l’entraînement », dit-il. « Généralement sur des petits footings d’endurance. C’est une chaussure un peu moins dynamique que la Pro, mais je l’aime bien parce qu’elle est assez confortable et surtout beaucoup plus stable. Quand j’ai des footings où je suis un peu fatigué, je mets cette chaussure et je suis un peu plus peinard dans les sentiers. »

Pensée pour les longues sorties, la Prodigio 2 mise justement sur l’amorti, une plateforme stable, un chaussant précis, une empeigne respirante en mesh 3D et une semelle FriXion Red avec des crampons de 4 mm pour garder de l’accroche sur terrains secs, mixtes ou techniques. Moins orientée compétition que la Prodigio Pro dans l’usage qu’en fait Pierre-Adrien, elle correspond à ces séances où l’on cherche moins le dynamisme pur que la capacité à enchaîner les kilomètres avec du confort, du maintien et de la sécurité sous le pied.

Samedi matin, au départ de Val Marzon, Pierre-Adrien Hivert partira surtout pour savoir où il en est. Découvrir le Lavaredo, prendre des repères, remettre sa saison dans le bon sens et continuer à apprendre sur les formats longs. À Cortina, il espère simplement pouvoir se dire qu’il n’a pas gardé la moindre cartouche.

Plus d’informations sur le Lavaredo Ultra Trail et la Prodigio 2 sur www.lasportiva.com.

Photo d'en-tête : Auguste Devaire
Thèmes :
Équipement
La Sportiva
Ultra Trail

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