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Bi-moteur ATR 72 de la compagnie aérienne Yeti Airlines
  • Voyage

Nouveau crash : pourquoi est-il si dangereux de prendre un avion au Népal ?

  • 16 janvier 2023
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

C'est la catastrophe aérienne la plus meurtrière en trois décennies dans le pays himalayen. Moins d’an après le crash de l’avion de la compagnie Tara Air, qui en mai 2022 avait 22 victimes dans le nord du Népal, hier, dimanche 15 janvier, 67 personnes, dont un Français, ont trouvé la mort dans l’accident du bimoteur ATR 72 de la compagnie aérienne Yeti Airlines près de l'aéroport de Pokhara, au centre du Népal où il devait atterrir. Il est peu probable qu'il y ait des survivants. Un triste bilan, qui ne fait que s’alourdir pour la flotte népalaise au fil des ans, et dont les causes sont multiples.

Journée de deuil aujourd’hui pour le Népal suite à un nouvel accident aérien, celui de l’appareil de la compagnie aérienne Yeti Airlines. Son bimoteur ATR 72. LIl avait décollé de la capitale népalaise, Katmandou, dimanche à 10h30 (04h45 heure de Paris) pour ce qui devait être un court voyage, direction l'aéroport local de Pokhara, au centre du pays, où il devait atterrir. Mais peu avant 11 heures (6h15), il s’est écrasé. Les débris ont été retrouvés entre cet ancien aéroport créé en 1958, et le nouveau terminal international de Pokhara, ouvert il y a deux semaines seulement. 72 passagers et membres d'équipage étaient à bord : 53 passagers népalais,15 ressortissants étrangers, dont cinq Indiens, quatre Russes, deux Coréens, un Australien, un Argentin, un Irlandais et un Français. Ce lundi 16 janvier, quelque 300 sauveteurs ont repris leurs recherches, mais l’espoir de retrouver des survivants est nul d’après la police.

Des images filmées avec des téléphones portables montrent que l'avion de Yeti Airlines a fait un virage serré à l'approche de l'aéroport. Il s'est ensuite écrasé dans les gorges de la rivière Seti, à un peu plus d'un kilomètre de l'aéroport. Divya Dhakal, une habitante de la région, a raconté à la BBC comment elle s'était précipitée sur le site du crash après avoir vu l'avion plonger du ciel peu après 11h00 heure locale (05h15 GMT). "Le temps que j'arrive, le site du crash était déjà bondé. Il y avait une énorme fumée qui s'échappait des flammes de l'avion. Et puis des hélicoptères sont arrivés en un rien de temps", a-t-elle déclaré. "Le pilote a fait de son mieux pour ne pas toucher la civilisation ou une maison", a-t-elle ajouté. Khum Bahadur Chhetri, un résident local qui observait le vol depuis le toit de sa maison alors qu'il approchait de l'aéroport a déclaré à Reuters : "Il y avait un petit espace juste à côté de la rivière Seti et le vol a touché le sol dans ce petit espace. J'ai vu l'avion trembler, bouger de gauche à droite, puis soudain il a piqué du nez et il est tombé dans la gorge".

Avion de la compagnie Yeti Airlines. (Depositphotos)

20 opérateurs népalais bannis du ciel européen

Un accident qui n’étonne guère lorsqu’on consulte la banque de données de l’ASN (Aviation Safety Base), organisme international enregistrant tous les accidents aériens dans le monde. On apprend ainsi que depuis mai 1946, 67 accidents ont eu lieu au Népal. Dont 49 sur les 30 dernières années, causant la mort de 648 personnes. Parmi les plus meurtriers, on se souvient du crash, en septembre 1992, d’un Airbus A300 de la compagnie Pakistan International Airlines lors de son atterrissage à l’aéroport de Katmandou. Bilan 167 morts. L’enquête devait révéler une erreur du pilote, descendu trop tôt dans cette zone réputée très difficile. 

Deux mois seulement avant le crash de l’Airbus A300, en Juillet 1992, c’est un Airbus 310 de Thai Airways qui s’écrasait, lui aussi, lors de son approche à Katmandou, tuant les 99 passagers et les 14 membres d’équipage. En cause cette fois, une défaillance technique mineure de l’avion mais surtout une mauvaise communication entre le pilote et la tour de contrôle dans des conditions climatiques difficiles, compte tenu de la mousson. La formation du pilote serait également discutée.

En Février 2019 : c’est l’accident d’un hélicoptère exploité par Air Dynasty, alors qu’il tente de retrouver son chemin vers Katmandou. Et, une fois encore, la visibilité est mauvaise. Bilan : sept morts. L’enquête mettra en évidence des violations des procédures d’exploitation, notamment un déséquilibre des poids dû au positionnement du réservoir de carburant et à la mauvaise disposition des sièges des passagers. Mais aussi une « pression indue » sur le pilote pour faire voler les passagers VIP dans de mauvaises conditions météorologiques. Parmi les victimes en effet, rien moins que le ministre népalais du Tourisme, Rabindra Adhikari, et Ang Chhiring Sherpa, propriétaire de Yeti Air, d’Himalayan Airlines en partenariat avec Tibet Air et de Tara Air.  

Comme Tara Air, la compagnie au cœur de la catastrophe de mai 2022, Yeti Airlines, la compagnie en cause hier, fait partie des opérateurs bannis du ciel européen, au même titre que  Makalu Air, Nepal Airlines, Sita Air, Gomar Air, Buddha Air ou encore Agni Air. Depuis 2013, le Népal est en effet dans le collimateur de l’Union Européenne. Bruxelles interdit de vol dans son espace toutes les compagnies aériennes de ce pays pour des raisons de sécurité. L’administration locale de l’aviation civile étant incapable d’exercer sa tutelle sur les transporteurs, ceux-ci ne répondant pas aux règles minimales de sécurité. 

Une sanction qui n’a pas été levée depuis, au contraire. Le 11 avril 2022, l’UE a actualisé sa liste noire des compagnies aériennes interdites sur son territoire. À ce jour, 90 certifiées dans 15 pays sont concernées. A savoir, l’Afghanistan, l’Angola (à l’exception de 2 compagnies, l’Arménie, Congo-Brazzaville, Djibouti, l’Érythrée, la Guinée équatoriale, le Kirghizstan, le Liberia, la Libye, la République démocratique du Congo, São Tomé-et-Principe, Sierra Leone, le Soudan et… le Népal.         

Aeroport Lukla Népal
Aeroport de Lukla, Népal. (Depositphotos)

Des pilotes mal formés, des conditions météos extrêmes

Un pays qui jouit d’une mauvaise réputation hors frontières mais aussi et surtout sur son propre territoire, pour de multiples raisons.

Première cause : le terrain, que seuls des pilotes aguerris peuvent aborder. A commencer par le seul aéroport international du Népal, situé dans une vallée étroite à 1 338 mètres au-dessus du niveau de la mer. Un espace relativement étroit. 
Deuxième : la météo. Changeant rapidement dans les montagnes, elle rend souvent les conditions de vol dangereuses.
Troisième : l’absence de technologie radar appropriée. Au point que les pilotes doivent naviguer à vue sur un terrain déjà difficile, compte tenu de la topologie et des conditions météorologiques délicates.
Quatrième enfin : le niveau de qualification insuffisant du personnel de l’aviation civile, tant au niveau de la navigation que de l’entretien des avions. Des effectifs au demeurant souvent insuffisant, faute de budget, et donc débordés.  

Or quand on sait que le Népal n'a pas encore récupéré de la crise économique générée par la pandémie de Covid et combien chaque expédition et chaque trek compte pour sa survie, on peut craindre que les conditions de vol ne continuent de se dégrader encore.

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