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montagnes enneigées
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Mission survie : marcher dans la neige, par grand froid … ça s’apprend !

  • 7 janvier 2020
  • 3 minutes

David Manise David Manise

Quand on a vu peiner Mike Horn et Borge Osland pendant 87 jours sur la banquise par des températures descendant jusqu’à -40°C, lors de leur dernière expédition au Pôle Nord, on s’est demandé comment - toutes proportions gardées ! -  nous pourrions gérer une progression en pleine nature, dans des conditions extrêmes.
David Manise, notre expert en survie, nous a donné quelques clefs. A méditer sérieusement avant d’organiser votre sortie cet hiver.

Bien réussir un bivouac en hiver, surtout s'il y a du vent et du "vrai froid", demande du temps. Tout est long. Et il faut donc se laisser de la marge. Combien de fois ai-je dû monter ma tente à la frontale, par grand froid, alors que le vent se levait et que le froid mordant arrivait ? 
J'ai fini par apprendre à mieux calculer mes temps de déplacement en hiver, de manière à pouvoir bien organiser ma journée. 

Estimer un temps de parcours hors neige

Déjà, avant de tenir compte des éléments liés au grand froid, il est utile de savoir estimer un peu finement comment vous allez vous déplacer sans le facteur  neige,  qu’on rajoutera ensuite. 
Une recette simple, qui n'est pas terriblement précise mais qui fonctionne en montagne, est de prendre en compte deux facteurs : la distance et le dénivelé. 

L'idéal est de connaître intimement son rythme de marche sur du plat et d'avoir une bonne idée de sa capacité à manger du dénivelé. Ca varie beaucoup en fonction de la condition physique et de l'habitude. En moyenne, un adulte en condition physique moyenne et en bonne santé marche à environ 4km/h et peut monter environ 300m de dénivelé positif à l'heure. On est souvent capable de faire plus, mais cette moyenne tient compte des micro-pauses, et permet d'en garder un peu sous le pied.

Connaissant ces données-là, on peut ainsi estimer assez facilement le temps nécessaire pour faire un parcours à plat ou un parcours vertical. Mais comment combiner les deux ? Un truc simple et empirique, mais qui a fait ses preuves : vous additionnez le plus gros des deux avec la moitié du plus petit.
Par exemple, si vous avez 16km à faire et 600m de dénivelé positif : 
16km / 4km/h = 4h 
600m / 300m/h = 2h
Vous divisez la plus petite de ces deux valeurs par deux : 2h / 2 = 1h
Et vous additionnez les deux : 4h + 1h = 5h.
Le dénivelé négatif (la descente, quoi) n'a presque pas d'influence sur la vitesse de progression à plat, sauf si c'est très raide et qu'il faut vraiment ralentir pour éviter un accident.

Et la neige et le froid dans tout ça ?

C'est là que ça se complique. 
Déjà, grosso modo, 1cm d'enfoncement dans la neige équivaut à 1% de pente en plus, en termes d'efforts à fournir. Environ. Par exemple, s'enfoncer de 50cm à chaque pas équivaut à peu près à marcher dans une pente à 50% (soit 45°, ce qui est très, très, raide). Marcher simplement sur du plat en s'enfonçant seulement de 10cm à chaque pas donne l'impression d'un faux plat vraiment significatif. Vous pouvez vous amuser à faire les calculs en termes d'équivalence de dénivelé, à ajouter dans le calcul de temps de déplacement ci-dessus. 

Exemple : 6km à plat avec 30cm de neige, donc une équivalence de pente à 30%, équivaut à 200m de dénivelé. Ca se vérifie assez bien sur l'effort à fournir et le temps additionnel de marche. Et évidemment, si on a une pente en plus de la neige, ça s'additionne. 
Moralité : la neige, ça fatigue.
Je parle ici évidemment de déplacement en raquettes, et pas de ski de rando (où les descentes vont carrément plus vite). 

Autre point à ne pas négliger : le poids des chaussures et des raquettes, qui ajoutent énormément à l'effort à fournir pour avancer. Les Chasseurs Alpins disent qu'il vaut mieux avoir 10kg dans le sac qu'un kilo de plus à chaque pied, et c'est vraiment très juste (comme beaucoup des choses que disent les Chasseurs Alpins sur ce type de sujets, d'ailleurs, il faut le reconnaître : ils ne sont vraiment pas mauvais pour ce qui concerne le grand froid et les pentes enneigées !).

Et finalement il faut tenir compte du froid, qui ajoute une déperdition d'énergie parfois très importante, et qui épuise, notamment les plus petits gabarits, qui sont en moyenne plus frileux et produisent moins de chaleur en déplacement. Le froid compte énormément dans l'effort à fournir pour aller du point A au point B en hiver. 

Tout ça mis bout à bout nous indique une chose simple : pour un déplacement dans la neige, il faut vraiment bien évaluer son temps.
Et pour monter son camp, faire fondre de la neige pour obtenir de l'eau, sécher ses affaires, réchauffer ses doigts, organiser un peu la zone de cuisine, réchauffer ses doigts, ranger son sac, et puis encore réchauffer ses doigts... il faut beaucoup, beaucoup, de temps.
Il faut donc en tenir compte. Prévoir deux heures pour lever le camp le matin n'est vraiment pas superflu. Et deux heures le soir pour tout installer et faire de l'eau non plus. 

Bref, le grand froid ne pardonne pas. Comptez large ! 


Cette rubrique est réalisée en collaboration avec David Manise, instructeur de survie et de self-protection depuis 2003. Fondateur du forum vie sauvage et survie, il est également  à l’origine du CEETS, Centre d’Etude et d’Enseignement des Techniques de Survie.

Formateur, il est aussi conférencier, traducteur et auteur de plusieurs ouvrages, notamment :  La vie est injuste, et à la fin tu crèves. « Un petit essai énervé sur la différence entre la théorie et la pratique » et Manuel de [sur]vie en milieu naturel, chez Amphora, en juin 2016.


Envie d’en savoir plus? Lire aussi: Mission survie, les 3 manuels qu’il est encore temps de dévorer.

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