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Mission survie : Le duct tape, pour se tirer des mauvais pas

  • 2 septembre 2019
  • 3 minutes

David Manise David Manise

Un canoë qui prend l'eau, une ophtalmie des neiges ou une cheville en vrac : vous aurez plus de chances de vous tirer de ces situations périlleuses avec un bon mètre de duct tape dans votre sac à dos. David Manise, référence française en matière de survie, a partagé avec Outside ses utilisations de ce gros scotch super collant, qui lui a sauvé la mise plus d'une fois en milieu hostile.

Un jour, j'étais en canoë sur la rivière Cascapedia. Une magnifique rivière à saumon de la Gaspésie, au Québec. Je pense que je devais avoir 13 ou 14 ans. On était partis avec un club de canoë et mon cousin Jonathan, pour trois ou quatre jours de pagaie et autant de bivouacs au milieu de nulle part. Et là, crac. Un des gamins percute un rocher bien trop fort, dans un rapide, et c'est le drame. Un trou énorme dans la coque de son embarcation. Le canoë qui coule. Les sacs étanches qui flottent.

Petit moment de doute, forcément. J'allais dire "flottement", mais justement pas.

Aucune route, aucun accès, pas de téléphone. Il faut gérer. Un des guides qui nous accompagnait a mis le canoë à l'envers, l'a séché, et a réparé le trou avec du duct tape. Et ça a tenu deux jours de plus.

Ce jour là, j'ai pris une note mentale :

Le duct tape, c'est comme la Force, dans Star Wars. Il y a un côté clair, un côté sombre, et c'est le truc qui fait tenir l'univers.

Aujourd'hui, j'ai donc envie de vous parler de quelques usages carrément pratiques, voire vitaux, de ce gros scotch super collant qu'on peut déchirer avec les doigts. Rien à voir avec le gaffer (qui n'est pas vraiment étanche), ni avec d'autres types de scotch. Il existe plusieurs marques et plusieurs qualités de duct tape (dont une marque qui s'appelle duck tape, histoire de faire simple). Certains sont plus épais, d'autres moins. Certains ont des adhésifs dignes de ce nom qui couvriront une plage de température énorme, et d'autres pas. Certains tiendront longtemps, et d'autres se délamineront au soleil en quelques jours.

J'utilise couramment un bas de gamme, orange, que j'utilise pour un peu tout, marquer mon chemin, rendre un objet plus visible, etc. J'ai aussi un rouleau de duct tape militaire de marque 3M très robuste et très collant. Et finalement celui sous stéroïdes : le "Gorilla Tape", très cher, très lourd, très épais, et tellement collant qu'il est généralement too much pour plusieurs usages.

Le duct tape se décline aussi en différentes couleurs. Personnellement, j'affectionne le duct tape orange vif pour quasiment tout, et le kaki pour le reste. L'intérêt du duct tape orange, c'est de pouvoir marquer son chemin, ou de rendre un objet trop terne facile à retrouver par terre.

Comme il est enduit d'un adhésif dit repositionnable, il collera plusieurs fois, tant qu'il est propre ou à peu près. Aussi, comme les Post-it, on peut le déplacer sans problème. Du coup, je stocke mon duct tape un peu partout sur des objets, comme ma gourde, des briquets ou autre, ça me permet d'en avoir toujours sous la main.

Le duct tape est un adhésif repositionnable, ce qui fait qu'on peut le stocker un peu partout, et en avoir toujours un bout sous la main en cas de besoin sans devoir trimballer tout un rouleau. Pas de raison de s'en passer. (David Manise)

Quelques exemples d'utilisation du duct tape pour me tirer de mauvais pas dans la nature ou en milieu éloigné :

  • réparer un canoë (comme dit plus haut, et ensuite je l'ai refait deux fois)
  • faire un plâtre temporaire pour une cheville (la mienne, avec luxation du péroné et 1000m de dénivelé à descendre, c'était chouette !)
  • réparer un trou dans une doudoune qui perdait des plumes
  • faire un pansement (avec un bout de mouchoir) pour un petit bobo sur le terrain
  • remplacer une courroie d'alternateur sur une 205 (j'ai eu envie de tester, ça a tenu près de deux mois... et je ne parle pas du phare qui tenait aussi comme ça)
  • faire une atèle avec un matelas autogonflant
Exemple d'atèle très efficace pour immobiliser une cheville. (David Manise)
  • faire des passants pour la ficelle aux 4 coins d'une petite couverture de survie pour en faire un abri
  • faire tenir les morceaux d'un vieux téléphone qui, sans ça, refusait d'appeler les secours après une belle chute en VTT
  • idem pour une lampe frontale après un face-à-face avec un petit rocher
  • fabriquer des lunettes de soleil de fortune (à la mode inuit : des petites fentes) et prévenir une belle ophtalmie des neiges
  • réparer un matelas autogonflant (il a fallu regonfler toutes les deux heures heures mais ça a sauvé la nuit)
  • réparer un sac à dos éventré, un arceau de tente, une gourde souple, un double-toit de tente, des raquettes, des bâtons de rando, des lunettes de soleil, un tube de dentifrice qui fuyait dans le sac, et un millier d'autres trucs que j'ai oubliés
  • cacher une clé de véhicule sous son parechoc (ici le kaki était pratique) pour une rando
  • laisser un mot au propriétaire d'une bergerie de montagne où on s'était réfugiés avec des amis un jour de tempête de neige (j'ai écrit au sharpie mon 06 et mon nom sur le scotch orange, bien en vue, en expliquant que j'allais payer les dégâts de la porte enfoncée : le berger m'a appelé au printemps et presque aussi content du récit de notre périple que d'être remboursé !)

Du coup, que ce soit en ville, en voyage, en avion, en voiture, en montagne ou autre, j'ai TOUJOURS quelques mètres de duct tape avec moi. J'en glisse un peu partout dans mes kits, dans mes affaires, dans mes sacs. J'en colle un peu partout. Ça en deviendrait presque un TOC. Finalement, les utilisations du duct tape ne sont limitées que par notre imagination !

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