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Hélico du PGHM
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  • Survie

Mission survie : déclencher des secours, guider un hélico

  • 16 septembre 2019
  • 6 minutes

David Manise David Manise

Ça arrive rarement, mais ça arrive. Une mauvaise chute, un malaise, une blessure qui vous empêche de vous déplacer. Seule issue parfois : déclencher les secours. Mais pas pour n’importe quoi. David Manise, notre expert en survie, nous explique, quand, comment et pourquoi recourir aux grands moyens. A lire, maintenant. Sur place, il sera peut-être trop tard. 

Mieux vaut prévenir que guérir, et heureusement, en France et dans beaucoup de pays, nous avons une couverture réseau, pour les téléphones, vraiment très bien... et des secours en montagne absolument phénoménaux. 
Certains massifs ne sont pas couverts par le réseau, et plusieurs pays du monde ont une couverture GMS moins complète, mais le téléphone portable, reste de nos jours un moyen relativement fiable de joindre les secours en cas de problème. A condition qu'il reste au sec, qu'il soit chargé, et qu'il soit avec vous !

Avant de commencer, petit point éthique : les secours en montagne ne sont pas des taxis. Les appeler pour rien revient à mobiliser des ressources humaines et logistiques très précieuses et coûteuses, et très utiles pour les gens qui pourraient en avoir vraiment besoin. Par ailleurs, même si les secouristes se font un devoir de venir en aide aux personnes en détresse, ils détestent cordialement les gens qui : 

  • Font appel à eux pour rien.
  • Les obligent à se mettre en danger, en les forçant à sortir dans des conditions trop limites.
  • Se mettent en danger par négligence...

Alors ceux qui sont négligents, et qui appellent pour presque rien un soir de tempête risquent d'être moins bien accueillis. 


Trois règles simples pour ne pas être une plaie, pour les secouristes : 

  • Soyez prudents et préparés, et faites preuve de bon sens (ça s'apprend !).
  • Appelez seulement quand vous en avez vraiment besoin, mais dans ce cas faites-le sans délai (ne laissez pas une situation pourrir, la météo se dégrader, ou la nuit tomber avant d'appeler à l'aide).
  • Soyez précis, factuel, et faites de votre mieux pour les aider ou (faute de mieux) pour ne pas leur nuire.

Passer un message d'alerte :

Un bon message d'alerte, c'est un message clair, précis, factuel, et bien construit. Si vous êtes un peu paniqué, prenez le temps de respirer, de vous calmer, et de préparer votre message. Vous pouvez même prendre le temps d'écrire les points importants sur un bout de papier, si ça vous aide. "Bien, c'est plus rapide que vite". Une bonne structure de base tient en quatre points : je suis, je vois, je fais, je demande.

Je suis : votre identité, et votre position précise (du plus gros au plus petit). 
Exemple : "Je suis David Manise, 06 XX XX XX XX, je me trouve aux coordonnées 44°39'53.1"N 5°06'42.1"E, commune de Piegros la Claste, sur la crête nord du synclinal de Saou, 10m en contrebas de la chapelle Saint Médard".

Je vois : décrivez factuellement ce qui se passe.
Exemple : "je suis en présence d'un homme d'environ 60 ans qui a fait une chute de 8m depuis une barre rocheuse. Il est conscient. Il ventile correctement. Il se plaint d'une forte douleur à la hanche, à la cuisse et au bras, côté gauche. Son fémur gauche est visiblement déformé, avec un angle de 40° au-dessus du genou. Il est très pale. Il ne peut pas se relever."

Je fais : décrivez les actions déjà posées. 
Exemple : "je l'ai couvert avec une couverture de survie, je lui ai recommandé de ne pas bouger. Je lui immobilise les cervicales avec un maintien tête."

Je demande : 
Là on passe du côté "pro" de la Force. En général, en tant que civil lambda, on ne vous laissera pas le choix, et on décidera à votre place après vous avoir posé quelques questions. Mais vous pouvez quand-même argumenter un peu. Exemple : "vu la difficulté d'accès dans la zone et la gravité des blessures, je pense qu'un hélitreuillage s'impose". 

Si vous appelez les secours avec un message aussi construit et précis, il est possible qu'on vous demande si vous êtes pompier ou secouriste pro.  Répondez franchement. Ensuite, répondez factuellement aux questions. Si vous ne savez pas, dites "je ne sais pas." Si vous savez, dites les faits, sans interprétation, sans analyse, sans exagérer, et sans y mettre de l'affect. Vos impressions, ressentis, intuitions et pronostics seront de toute manière ignorés.

Les personnes qui reçoivent les messages d'alerte sont des professionnels dont le métier consiste à obtenir des informations précises sur une situation sans pouvoir la voir. Ils vont rester calmes et froids. C'est leur métier. Ils poseront des questions qui vous sembleront parfois déplacées ou inutiles, mais répondez tranquillement. Et faites leur confiance. Ils sont vraiment bons.

Restez en ligne tant qu'on ne vous dit pas que vous pouvez raccrocher. Economisez la batterie de votre téléphone. Et laissez la ligne libre. Vous appellerez les proches ou posterez vos exploits sur les réseaux sociaux plus tard.

Le numéro à retenir pour joindre les secours partout en Europe : le 112.
Astuce pour les zones à couverture incertaine : vous pouvez faire un SMS au 114 (service d'urgence pour les malentendants).
Parfois, il y a trop peu de réseau pour un appel, mais les SMS passent, ou finissent par passer. Dans ce cas, évitez les MMS (restez sur des petits messages de 160 caractères ou moins, format SMS). Envoyez votre identité et les coordonnées GPS. Dans un autre message décrivez la situation brièvement.
Exemple : 
SMS 1 : David Manise 44°39'53.1"N 5°06'42.1"E Chapelle Saint Medard
SMS 2 : Un homme de 60 ans. Chute de 10m. Douleur bras, hanche femur gauche déformé. Ne peut pas bouger. 
SMS 3 : Pas de réseau pour appel vocal. Je demande assistance par SMS.


Pour trouver vos coordonnées GPS / Lambert

Plusieurs applications vous permettent, sur un smartphone, d'obtenir vos coordonnées. Sur Iphone, l'application Boussole peut les afficher. Sur Android, l'application "Mes coordonnées GPS" les fournit. Sinon, l'application "Urgence 114" vous permet de les afficher et de transmettre votre position.


Pour guider un hélico jusqu'à vous

J'ai eu la chance d'avoir en stage un pilote d'hélico du PGHM qui nous a fait un super topo, de l'intérieur, sur la recherche de victimes en montagne. J'ai aussi eu le privilège de discuter de ça en long, en large et en travers avec Yannis Turlais, qui est accompagnateur en montagne dans les Hautes Alpes et moniteur en formation au CEETS. Yannis a fait se poser et a guidé déjà plusieurs hélicos (plus souvent pour les clients blessés de ses collègues que pour les siens, d'ailleurs !). Au final, les principes sont simples : 

1) Se rendre visible
Vu d'en haut, la montagne est souvent pleine de monde, et le problème n'est pas tellement de voir les personnes en bas, mais bien de savoir à qui on va devoir aller porter assistance. Une perche avec un fanion bien visible (gilet fluo ou autre) qu'on agite sera facile à voir de loin. Faute de mieux, tenez-vous face à l'hélico, les deux bras levés, de manière à former un Y avec votre corps.

2) Rester joignable
Les systèmes téléphoniques actuels permettent au pilote de vous joindre par téléphone, par l'intermédiaire de sa radio. Dans ce cas, s'il vous demande de le guider jusqu'à vous, indiquez-lui la direction DE SON POINT DE VUE A LUI. Par exemple, dites bien "je suis sur vos deux heures, environ à 500m" plutôt que "vous êtes juste devant moi", ce qui ne leur sert à rien...

3) Préparer la surface d'atterrissage
Les gros hélicoptères des secours Français sont maintenant des monstres de puissance : ils soufflent extrêmement fort et leur approche va faire voler toutes les brindilles, petits cailloux ou autres objets légers dans un rayon de plusieurs dizaines de mètres autour de la zone où ils vont se poser. Il faut tout dégager, tout ranger, et protéger la victime, si elle se trouve à proximité de la zone où l'hélico se posera. Pour ce faire, on peut se placer au-dessus d'elle, dos à l'hélico, et protéger son visage et le haut de son corps du souffle et des objets projetés.

4) Se protéger
Pour aider un hélicoptère à se poser, surtout sur la neige ou en cas de visibilité réduite, il est utile de se tenir à un bout de la zone d'atterrissage, dos au vent, avec les bras en Y devant soi. Le fait d'avoir un repère visuel fixe et bien visible aidera le pilote à se poser en douceur. Prévoyez si possible un masque de ski, des lunettes, une écharpe, et de quoi vous protéger du souffle. Veste fermée, gants, etc. Ça envoie !

5) Bien se positionner
Quand l'hélico approche et que vous sentez le souffle de l'appareil, restez en place et posez un genou à terre, les bras toujours en Y. Maintenez le contact visuel avec le pilote. Ne touchez pas l'hélicoptère avant qu'il ait touché le sol (parfois ils se posent vraiment très près). Il est chargé en électricité statique, et vous risquez une bonne décharge. Ne vous relevez et ne bougez pas tant que les hélices tournent, sauf si l'équipage vous l'ordonne. 

De plus en plus souvent - compte tenu de toutes ces contraintes de souffle, notamment- les équipages optent pour l'hélitreuillage. Surtout en montagne ou en zone boisée où les zones plates et dégagées sont rares. Dans ce cas, suivez simplement les instructions de l'équipage.
Voilà, c'est tout.

Soyez prudents !


Cette rubrique est réalisée en collaboration avec David Manise, instructeur de survie et de self-protection depuis 2003. Fondateur du forum vie sauvage et survie, il est également  à l’origine du CEETS, Centre d’Etude et d’Enseignement des Techniques de Survie.

Formateur, il est aussi conférencier, traducteur et auteur de plusieurs ouvrages, notamment :  La vie est injuste, et à la fin tu crèves. « Un petit essai énervé sur la différence entre la théorie et la pratique » et Manuel de [sur]vie en milieu naturel, chez Amphora, en juin 2016.


Envie d’en savoir plus? Lire aussi: Mission survie : les 3 manuels qu’il est encore temps de dévorer.

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