Candidat au Piolet d'Or 2020, le grimpeur allemand Martin Feistl, aussi féru d’escalade en mixte que de grandes voies extrêmes, a chuté samedi en pleine ascension de la voie Spitzenstätter-Baldauf. Une ligne de 270 mètres située sur la face sud du Scharnitzspitze (2463 m), en Autriche, qu’il gravissait en free solo. Retour sur le parcours d'un jeune prodige épris d'absolu.
« Saisissez toutes les occasions de vivre votre passion et ne culpabilisez pas de réaliser vos rêves » aimait dire Martin Feistl, grimpeur allemand adepte de free solo décédé samedi lors d’une chute de 40 mètres. À 27 ans seulement. « Il a heurté une corniche au pied de la paroi, et la force de l'impact l’a projeté sur de la neige, où il a glissé sur 50 mètres avant d'atteindre un sol rocheux » a rapporté Alpin.de, citant un rapport de police. D'autres alpinistes, dont un sauveteur professionnel, sont rapidement descendus en rappel pour l'aider. Mais ils n'ont rien pu faire.
Un puriste dans l’âme, adepte de l’ecopoint
Aspirant guide, Martin Feistl faisait des études de géographie. Tout en poursuivant avec brio ses exploits en montagne. Ce qui n’était pas une évidence pour cet enfant ayant grandi à proximité du lac Ammer, au sud-ouest de Munich. Il ne s’est pourtant jamais laissé séduire par les sports aquatiques. Leur préférant la diversité offerte par l’escalade (sportive, sur glace ou en milieu alpin). Une discipline qu’il a découverte très jeune, grâce à ses parents. Et dans laquelle il a très vite excellé.
En 2010, à seulement 14 ans, il se rend dans la région du Ladakh, en Inde, pour gravir son premier 6 000. Le début de belles choses. Car au cours des années suivantes, le palmarès de Martin s’étoffe. Avec des ascensions de grandes voies difficiles et exigeantes ainsi que des lignes de glace et mixtes. De quoi s’imposer comme l’un des meilleurs de la discipline.
Un brin idéaliste, Martin Feistl a longtemps « activement résisté à être payé » pour ce qu’il faisait en montagne. Puriste dans l’âme, il mettait également un point d’honneur à réaliser ses ascensions en mode « ecopoint ». Une approche visant à réduire l’empreinte carbone de son déplacement jusqu’à la paroi, en utilisant les transports en commun, le vélo et /ou la marche. « Au regard de mes études de géographie, il était évident que je mette des choses en place pour limiter mon impact environnemental » affirmait-il récemment. Pas de quoi affecter ses performances. Bien au contraire. Car en 2020, il est l’un des candidats au Piolet d'Or pour la première ascension de Stalingrad, une voie de glace de 1 000 mètres dans le massif autrichien du Karwendel, aux côtés de David Bruder.
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