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  • Santé

Les réseaux sociaux pourraient bien être la cause de vos contre-performances sportives

  • 7 avril 2025
  • 4 minutes

Alex Hutchinson Alex Hutchinson Physicien et coureur de fond de l’équipe nationale du Canada, récompensé pour son travail de journaliste, Alex écrit pour la rubrique science d'Outside.

Accusés de nuire à la santé mentale, d'étouffer la créativité, d’évincer toute notion de vie privée, d'alimenter la désinformation, voire de porter atteinte à la sécurité nationale, les réseaux sociaux portent une lourde responsabilité sur l’instabilité de notre monde actuel. Plus anecdotique, une récente étude scientifique révèle que les Tiktok, Instagram, Facebook et consorts impacteraient aussi négativement vos performances sportives. Décryptage.

Une étude publiée dans l’European Journal of Sport Science par Carlos Freitas-Junior et son équipe de l’Université fédérale de Paraíba (Brésil) s’est penchée sur l’impact du scrolling avant l’entraînement. Surprise : ce n’est pas seulement la séance qui en pâtit, mais aussi la progression à long terme. Ces résultats en disent long sur les effets des réseaux sociaux, mais aussi sur l’importance de l’état d’esprit dans lequel vous abordez votre entraînement.

Les (nombreux) effets pervers des réseaux sociaux

Depuis plusieurs années, la science s’intéresse à l’impact des réseaux sociaux sur la performance des athlètes. L’une des études les plus marquantes, menée en 2019 par des chercheurs de l’université de Stony Brook, a révélé un lien entre l’utilisation nocturne de Twitter (nouvellement X) et la performance des joueurs NBA le lendemain. Résultat : ceux qui postaient après 23 h avaient tendance à marquer moins de points, à prendre moins de rebonds et à afficher un taux de réussite plus faible au tir.

On pourrait objecter, à juste titre, que le véritable coupable est le manque de sommeil plus que Twitter lui-même. Mais d’autres études ont montré un lien direct entre certaines applications, comme TikTok, et des perturbations du sommeil chez les jeunes sportifs, suggérant que le problème vient bien des plateformes elles-mêmes. Les chercheurs ont également établi des corrélations entre l’usage des réseaux sociaux, le bien-être mental et même les troubles alimentaires chez les athlètes, autant de facteurs qui impactent la performance.

Ces effets ne sont pas toujours linéaires : l’étude sur l’impact de TikTok sur le sommeil a aussi révélé qu’Instagram était, à l’inverse, associé à une sensation de calme accrue. Mais il existe une conséquence plus directe et immédiate : les réseaux sociaux entraînent une fatigue mentale qui, à son tour, nuit à l’endurance et à la prise de décision.

Fatigue mentale : le vrai sujet

C’est en 2009 que le chercheur Samuele Marcora a lancé la réflexion sur la fatigue mentale dans le sport. Son expérience était simple : il a demandé à des cyclistes de réaliser une tâche cognitive exigeante sur ordinateur pendant 90 minutes, puis de rouler jusqu’à l’épuisement. Résultat : leur endurance était réduite d’environ 15 % par rapport à un autre groupe qui, lui, avait passé le même temps à regarder un documentaire.

Depuis, de nombreuses études ont exploré différents types de fatigue mentale et leurs effets sur la performance sportive. La plupart ont confirmé les résultats de Marcora, mais pas toutes. L’une des grandes questions en suspens reste leur applicabilité dans la vie réelle. Évidemment, enchaîner un examen ou une déclaration d’impôts avant un marathon semble une mauvaise idée. Mais qu’en est-il des activités du quotidien, comme scroller sur son téléphone ?

En 2021, une étude sur la natation a montré que 30 minutes passées sur les réseaux sociaux dégradaient les performances des nageurs sur 100 et 200 mètres nage libre, mais pas sur 50 mètres. Une autre étude a révélé que des boxeurs prenaient de moins bonnes décisions après avoir utilisé les réseaux sociaux, sans impact sur leurs performances en saut. À l’inverse, aucune baisse de niveau n’a été constatée en musculation après une session de scrolling.

Ces résultats s’inscrivent dans un schéma plus large, observé notamment dans les recherches sur la fatigue mentale et le manque de sommeil : avec une motivation suffisante, on peut toujours produire un effort maximal. En revanche, l’endurance et la prise de décision en pâtissent.

Ce que disent les nouvelles données

L’étude de Freitas-Junior s’intéresse aux joueurs de volley et à leur capacité de saut ainsi qu’à leur « efficacité en attaque » – une mesure de la puissance et de la précision de leurs frappes lors d’une séquence offensive. Son originalité ? Elle s’attarde sur les effets à long terme plutôt qu’immédiats.

Pendant trois semaines, quatorze athlètes ont passé une demi-heure avant l’entraînement soit sur Facebook, WhatsApp et Instagram, soit à regarder des documentaires sur l’histoire des Jeux olympiques. Ensuite, leurs performances ont été évaluées. Après cette première phase, les groupes ont été inversés pour trois nouvelles semaines d’expérimentation.

Résultat ? Après trois semaines, l’usage des réseaux sociaux n’a pas eu d’impact sur la détente verticale, mais a diminué l’efficacité en attaque. Statistiquement, la différence est significative. Mais en y regardant de plus près, les données sont loin d’être aussi convaincantes.

Prenons d’abord les chiffres sur la fatigue mentale. Ceux-ci montrent que le simple fait de regarder un documentaire a augmenté la sensation de fatigue chez presque tous les participants. L’effet des réseaux sociaux est encore plus marqué et uniforme. Sur ce point, la conclusion est claire : scroller sur son téléphone fatigue plus mentalement que regarder un documentaire.

Fatigue mentale des athlètes avant et après le visionnage d'un documentaire, et avant et après l'utilisation des médias sociaux
Fatigue mentale des athlètes avant et après le visionnage d'un documentaire, et avant et après l'utilisation des médias sociaux. (Illustration : European Journal of Sports Medicine)

En revanche, les résultats concernant l’efficacité en attaque sont beaucoup plus dispersés. L’analyse statistique indique qu’en moyenne, ceux qui avaient utilisé les réseaux sociaux ont vu leurs performances baisser, tandis que ceux qui avaient regardé un documentaire se sont améliorés. Est-ce un effet réel ? Probablement, si l’on se fie aux études précédentes. Mais la variabilité individuelle est telle, que ces résultats ne permettent pas d’établir une règle universelle. Certains joueurs ont même progressé après avoir utilisé les réseaux sociaux – un hasard ? Ou le signe qu’un usage modéré et maîtrisé peut parfois être bénéfique, en mettant certains athlètes dans un bon état d’esprit avant l’entraînement ?

Efficacité de l'attaque des athlètes avant et après avoir regardé un documentaire, et avant et après avoir scrollé sur les médias sociaux
Efficacité de l'attaque des athlètes avant et après avoir regardé un documentaire, et avant et après avoir scrollé sur les médias sociaux. (Illustration : European Journal of Sports Medicine)

En fin de compte, la réalité est plus nuancée qu’un simple « les réseaux sociaux nuisent à la performance ». Ce qui est certain, c’est que tout ce que nous faisons avant un entraînement – que ce soit scroller sur TikTok, lire, écouter de la musique, travailler ou rêvasser – influence notre état mental et notre capacité à performer. Il n’y a pas de règle universelle, mais il vaut la peine d’identifier ce qui nous met dans les meilleures dispositions pour en tirer parti au bon moment.

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