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Les jumeaux Turner au-dessus de Val D'Isère en paramoteur
  • Aventure

Les célèbres Turner Twins veulent réinventer le parapente avec des moteurs électriques

  • 31 décembre 2024
  • 5 minutes

Owen Clarke Owen Clarke Owen Clarke est rédacteur indépendant spécialisé dans les sports outdoor. Son travail porte sur des sujets liés à l'escalade, à la randonnée au long cours et à la préservation de l'environnement.

Bien connus sous le nom des « Adventure Guinea Pigs », ou « les aventuriers cobayes » pour les Français, les jumeaux Turner ont entrepris d’explorer le monde, mais surtout, « d’aider l’industrie et le grand public à découvrir notre monde grâce à la technologie et à l’aventure », expliquent-ils sur leur site. On les a ainsi vu escalader l’Elbrouz (5 642 m) pour tester les équipements d’alpinisme d’il y a 100 ans, ou encore rejoindre le pôle d’inaccessibilité australien en paramoteur. Dernier défi en date : montrer qu’on pouvait repousser les performances du parapente électrique. Survolant Val d'Isère, ils ont atteint, en tandem, les 2590 mètres d'altitude. Une première mondiale. De quoi révolutionner ce sport aérien, sont-ils convaincus.

Ceux qui se trouvaient le 30 octobre à Val d'Isère ont sans doute eu la chance de voir dans le ciel savoyard Hugo et Ross Turner survoler la station à bord d'un bord d'un paramoteur, un aéronef électrique ressemblant à un parapente. Dans le cadre de leurs expériences scientifiques, les jumeaux britanniques de 36 ans sont parvenus à 2 590 mètres d'altitude. Interviewés par Outside, ils affirment qu’il s’agit-là d'un record du monde pour l'altitude la plus élevée atteinte par un tandem dans l'un de ces appareils alimentés par batterie. Une performance dont ils ont soumis toutes les données à la Fédération aéronautique internationale (FAI), l'organisme qui régit les sports aériens. 

Un paramoteur ou parapente motorisé est équipé d'une hélice arrière géante. Contrairement à un parapente traditionnel, où les pilotes doivent décoller d'une falaise ou d'une colline et attraper des colonnes d'air chaud ascendant pour monter, le moteur et l'hélice permettent aux pilotes de décoller à partir d'un terrain ouvert et plat, sans colline ni falaise.

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Problème majeur : le poids des batteries

Pour ce faire, on utilise principalement des moteurs à essence, mais certaines entreprises travaillent depuis quelques années sur des alternatives plus écologiques. Non sans mal. L’un des problèmes majeurs restant le poids. Les batteries électriques sont notoirement lourdes, or, ici, chaque gramme compte. « Le grand défi auquel l'industrie est confrontée, est la décision d'abandonner les moteurs à essence », explique Hugo Turner, « d'autant, qu’à ce jour, la puissance des batteries est insuffisante pour justifier le poids ».

La paramoteur électrique n’est pas nouveau. Le premier est apparu en 2006, mais la technologie n'a guère été améliorée au cours des deux décennies qui se sont écoulées depuis. La plupart des appareils sont alimentés par des moteurs à combustion à deux temps. Ils consomment environ un gallon (3,7 litres ) d'essence à l’heure, et peuvent généralement voler pendant deux à trois heures sans ravitaillement. « Pour obtenir la même durée de vol avec un paramoteur électrique, le poids de la batterie est tel, qu'un être humain ne pourrait pas la porter physiquement », explique Hugo. 

Le poids reste un problème difficile à résoudre, mais, expliquent les jumeaux, les enjeux valent la peine qu’on se penche sérieusement sur la question. Car, au-delà des préoccupations liées aux émissions, les paramoteurs électriques présentent d'autres avantages. Ils sont plus silencieux et, comme les voitures et les motos électriques, plus agréables à conduire. Les moteurs électriques offrent un couple instantané et constant, ce qui rend le pilotage plus prévisible que celui d'un paramoteur à essence. L'énergie électrique présente également des avantages uniques en altitude. À mesure que l'altitude augmente, la pression atmosphérique diminue, ce qui entraîne une perte de poussée pour les moteurs à essence en raison d'un rapport oxygène-carburant plus faible. Les moteurs électriques, conservent, eux, une puissance constante, quelle que soit l'altitude.

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Un modèle fait sur mesure

Cette sous-discipline est encore très neuve. Au point que les records y sont quasi inexistants. Celui des jumeaux Turner 2 590 mètres, est relativement bas, mais il suffit pour figurer dans le livre des records. Il ne doit pas faire oublier toutefois celui de Nathan Finneman 4 507 mètres atteint en septembre dernier. Mais cet Américain volait en solo et est parti d'une altitude bien plus élevée, à plus de 3 048 mètres, à Leadville, dans le Colorado. La batterie de son paramoteur a produit 4,8 kilowattheures (kWh) d'énergie, ce qui lui a permis de monter pendant 28 minutes malgré des températures extrêmement froides : jusqu'à -13 degrés Fahrenheit (-25°C) avec le refroidissement éolien. « Nous connaissons ce type de paramoteur électrique », commente Ross, « mais ils ne sont conçus que pour le vol en solo. Nous, nous voulions aller plus loin, et voir ce qu’on pouvait faire en tandem. Nous voulons repousser les limites des nouvelles technologies. Nous sommes partis d'une toile blanche et nous nous sommes demandé quelle était la meilleure technologie sans émission que nous pouvions utiliser pour établir une référence ».

Pour construire sur mesure leur paramoteur, baptisé E-Maverick Max, ils ont fait appel au constructeur britannique Parajet International. L'ensemble de l'engin pesait environ 36,2 kg, dont 22,6 kg pour la batterie. Le moteur alimentait une hélice en fibre de carbone, dotée de trois pales de 137 cm. De quoi donner aux jumeaux une poussée de 79,3 kg, alimentée par une batterie lithium-ion de 5,8 kWh. Ils ont ainsi pu rester 35 minutes dans les airs.

Trente-cinq minutes… c'est peu. On est loin des deux ou trois heures que peut assurer un moteur à essence, mais c'est un début, et c'est même plus que les 28 minutes de Finneman qui, rappelons-le volait en solo. L’exploit peut sembler dérisoire, mais il faut tenir compte du fait qu’au moment du décollage, le tandem pesait rien moins que 240 kg ! 

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L'idée : amorcer la tendance vers une aviation de loisir plus durable

Les jumeaux ont décollé de 1 889 mètres d'altitude, et ils espéraient monter à plus de 3 000 mètres. Mais tout ne s’est pas passé comme ils l’espéraient. « Nous pesions tellement lourd, que nous avons vraiment eu du mal à prendre de l'altitude », se souvient Ross, ajoutant que l'observateur de la Fédération mondiale des sports aériens (FAI) qui suivait leur expérience depuis le sol avait même été surpris qu’ils aient réussi à décoller.

« Nous avons décollé du terrain et nous avons immédiatement filé vers le bas de la vallée, puis nous avons chuté », explique Ross. « Cette énorme poche d'air froid nous a fait perdre de l'altitude assez rapidement. Heureusement, nous avons trouvé une ligne de crête, entre deux vallées, qui nous a permis de nous élever. C'est là que nous sommes restés, en suivant des thermiques entre les lignes de crête pour continuer à nous élever ». Les jumeaux ont alors atteint 2 596 m avant que la batterie ne s'éteigne. Ils attendent actuellement que leur record soit officiellement validé par la FAI.

Hugo et Ross sont convaincus qu'ils auraient pu monter plus haut encore s'ils avaient commencé à une altitude plus élevée, mais les stipulations du record d'altitude de la FAI exigent qu'ils décollent d'un endroit plat avec un rayon de 100 mètres dans toutes les directions, ce qui est rare dans les Alpes, où vivent les jumeaux. « Sinon, nous aurions certainement décollé du sommet d'une montagne », ajoute Hugo. « Quoi qu'il en soit, nous espérons que ce projet amorcera une tendance et qu'on ira vers une aviation de loisir plus verte et plus respectueuse de l'environnement ». 
« L'électrique est incontestablement l'avenir », déclare pour sa part Gilo Gardozo, fondateur de Parajet. « Mais il faut maintenant que les gens intègrent cette réalité… et que la technologie suive ».


The Turner Twins Double or Nothing
The Turner Twins ∙ 54 minutes

Pour en savoir plus sur les Turner Twins, voir "A deux, ou pas du tout". Un documentaire de 52 minutes très rythmé revenant sur le parcours totalement hors normes de ces deux Britanniques de 36 ans qui ont fait de leur géméllité une marque de fabrique et un fabuleux atout pour monter des expéditions scientifiques aux quatre coins de la terre.

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