S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Lance Armstrong au Tour de France
  • Aventure
  • Vélo

Le Tour de France commenté par Lance Armstrong

  • 9 juillet 2019
  • 18 minutes

Marc Peruzzi Marc Peruzzi

La légende la plus tristement célèbre du cyclisme, l’icône déchue, honnie dans le monde entier, revient sur la scène publique suite à son mea culpa. Miracle de la rédemption à l’américaine ! Au cœur de toutes les polémiques, le Texan reste toutefois un observateur hors normes du Tour. Son podcast, « The Move », animé avec son ami et ex équipier George Hincapie, est numéro un sur iTunes US dans la catégorie « Sports & Recreation ». Chaque jour, pendant toute la durée du Tour, Outside en publie en exclusivité des extraits choisis.


Étape 6 : Le Belge Dylan Teuns remporte la 6e étape du Tour, Julian Alaphilippe cède son maillot jaune

 Une étape encore plus excitante que prévu 

Lance: Hier, nous nous attendions tous à une journée passionnante. Forcément !  Une étape de 160 km avec 4000 m de dénivelé, comment ne pourrait-il pas en être autrement ? Et bien oui, c'était vraiment passionnant. Comme je l’ai dit lors de la victoire de Julian Alaphilippe, ce Tour est vraiment fun. Ajoutez du gravier et des montées à 20 % … j'ai trouvé ça génial. J'ai adoré !

George: Quelle journée ! Je pense que Quick-Step n’était pas complètement au top en ce qui concerne la traction et la protection de son maillot jaune [Julian Alaphilippe ]. Ils n'auraient pas dû laisser l'écart dépasser les huit minutes.
(Dylan Teuns (Bahreïn-Mérida) et Giulio Ciccone (Trek-Segafredo) faisaient partie d'une échappée qui s'est creusée jusqu'à 8 minutes à environ 70 km du but. Puis Teuns a lâché l'Italien dans la dernière montée, à 50 mètres de l’arrivée.] Ils ne s'y attendaient sans doute pas, mais Julian Alaphilippe s'est avéré être l'un des gars les plus forts de la journée. Son équipe, Quick-Step n'aurait pas dû perdre le maillot jaune.

Lance : Je pensais bien qu'Alaphilippe allait perdrait le maillot jaune, mais ça aurait pu être évité. Il était impressionnant. Cela soulève une question : quel peut être son potentiel au classement général ? La dernière côte d’hier n'était que de sept kilomètres. Ce n'est pas le Ventoux. Et dans l'avant-dernière ascension, il n'avait pas l'air bien. Le visage tendu, il grinçait des dents. Mais en fait ça ne laissait rien augurer de ce qu’on a vu à l’arrivée. Au final, malgré tout, il était bien là, avec Geraint Thomas [le vainqueur de l'année dernière et le plus fort du peloton du classement général hier]. Pour moi, c’est bien Alaphilippe l’homme du jour sur cette 6eétape, contrairement à ce que j’avais imaginé.  

George reconsidère ses favoris

George : Dans l’ensemble, je me suis clairement trompé dans le choix de mes favoris. Vinceno Nibali [Bahreïn-Mérida] n'avait pas l'air bien aujourd'hui. Alejandro Valverde[Team Movistar] a prouvé qu'il est là pour faire avancer son équipe. 
Pour moi Geraint Thomas, Alaphilippe et Fuglsang [Astana] sont les gars les plus forts du Tour.

Lance : Moi je tire mon chapeau aux organisateurs, ASO. Nous savons tous à quel point les courses sur gravier sont attendues en ce moment. Pour ASO, jouer cette carte est très judicieux. J'ai adoré ça. Si dans cinq ans la tendance est au monocycle, ils devront avoir une étape en monocycle ! Ils font le bon choix. Ils sont à l’écoute des gens. Peut-être qu'à l'avenir, on ne fera plus que des ascensions sur chemin de terre. Je suis curieux de savoir ce que les coureurs ont pensé du gravier. Ils ont peut-être détesté ça. Mais nous, on a adoré !

George : Ciccone [deuxième hier et maintenant maillot jaune] est l’homme du jour pour moi. Il s’est donné à fond toute la journée d’hier dans cette échappée.

Lance : Ciccone, c’est un pur italien, vraiment agité, il faisait de grands gestes à Teuns.  A tel point que Cleary, son directeur sportif, lui a glissé à l’oreillette qu’il avait une chance de décrocher le maillot jaune mais … qu’il fallait qu’il se mette à pédaler !

George : Je pense que Ciccone et Teuns ont fait un arrangement entre eux. "Tu emportes cette étape et moi je prends le maillot jaune." Tu vois, ce genre d'arrangement, parce que quand c'est vraiment devenu chaud,  ils ont cessé de se disputer et ils ont maintenu l'écart. 

Geraint Thomas, le retour

George : Gerainet Thomas marqué un point hier. Il s'est détaché de ses concurrents, il a rattrapé et dépassé Alaphilippe sur la partie la plus raide du parcours.

Lance : C'était vraiment difficile.

Qui a flanché ?

Lance : Michael Landa [le pilote du Movistar a attaqué trop tôt]. Non seulement il n’a pas tenu le rythme mais il s'est retrouvé rejeté à l’arrière. Un gars avec autant d'expérience ne devrait pas se faire avoir comme ça.

George : Tejay van Garderen[de Education First].  Ça m’a surpris. Je pensais qu'il serait plus fort. J'espère qu'il n'est pas malade. Et j'espère qu'il reviendra pour les victoires d'étape.

Lance : Nibali. Nibali a perdu 50 secondes contre Geraint Thomas en moins d'un kilomètre.

Un peu d’explications techniques

(Hier, nous avons vu un certain nombre de coureurs revenir en arrière et accrocher leurs coéquipiers, voire même leurs concurrents, pour les remettre en position).

George : Je me charge d’expliquer ça, puisque Lance n'en a jamais fait de sa vie. Un « hang sling », c’est comme ça qu’on l’appelle, est une question de respect des usages. Tu peux, par exemple, avoir, sans le vouloir, distancé un coéquipier. Alors tu tends la main et tu le remontes. Quand tout le monde est à plein gaz, il faut savoir faire amende honorable. 

Aujourd’hui … l’ennui

Lance : Aujourd’hui, c'est l'étape la plus longue du Tour : 240 km, dont un tronçon de 9 km en zone « neutre ». J’ai toujours détesté ça. "neutre" est un mot terrible. 

George : Je mise sur Dylan Groenewegen [Jumbo-Visma]. Par ailleurs, les équipes de sprinters devraient jouer la collaboration, les gars devraient donc arriver à bon port plutôt frais.

Lance : Moi je mise sur Viviani.


Étape 5 : Sagan impose sa loi

Lance : Nous étions tous les deux d'accord sur le fait que ce serait une belle échappée, eh bien voilà, on l’a eue !

L’homme qui a marqué l’étape d’hier

George : Pour, moi, c’est le letton Toms Skujiņš ! Il a fait une étape magnifique. Il faut garder un œil sur lui, il va encore nous faire de belles échappées. 

Je pense que je devrais expliquer comment ces échappées fonctionnent. Quand la course est un peu molle, un groupe de coureur démarre mais il est pratiquement sûr qu'ils ne vont pas tenir jusqu’au finish. Les coureurs se donnent à fond, mais en général, c’est plus pour gagner en expérience ou faire un peu d’audience TV pour leurs sponsors.  Mais hier, on a assisté à une échappée de quatre experts en la matière. Et on a vu des centaines d'attaques dans les premières heures de la course. Il faut être vraiment fort pour assurer sur ce rythme.

Lance : Pour moi, c’est Peter Sagan qui a marqué l’étape d’hier. Il a un punch impressionnant. C’est sûr qu’on a déjà vu dans la course de solides sprinters dépassés, mais là, Sagan a vraiment assuré. 

George : Lors de sa première année en tant que pro, il a déjà roulé comme ça, sans freiner, en « position de jockey ». Si tu le fais pour gagner la course, c'est une chose. Mais si tu brigues la 20e place, c'est mal vu.

Lance : L’équipe Sunweb a tenté toute la journée de placer son sprinter Michael Mathews face à Sagan. Pour rien, au final.  

George : Mathews s’est retrouvé seul à la fin et il ne l’a pas joué comme Sagan pour s’imposer. A la place de Sunweb, j'aurais ménagé deux ou trois gars hier pour qu'ils puissent assurer aujourd’hui. 

Les stupides fans et le parapluie

Lance : J'ai vu beaucoup de choses sur les courses. Par exemple, des fans complètement souls qui essayaient de faire des selfies. Et maintenant il faut se méfier des parapluies ! C’est dingue qu’on soit obligé de demander aux gens de faire attention à leur parapluie qui pourrait bien s’envoler. Pauvre Tony Gallopin ! Il est tombé hier, et aujourd'hui, il a dû esquiver un parapluie. Imaginez qu'il se soit cassé une clavicule et que rentré chez lui, il raconte à ses potes et à sa famille qu’il a été « attaqué par un parapluie » !

George : J'ai vu beaucoup de choses bizarres aussi, mais le plus étrange, je crois bien que c’est la fois où je suis tombé sur un cheval au milieu de la route. C’était effrayant.

Un message à Jan Ullrich, le plus grand rival de Lance

[Suite aux scandales du dopage impliquant les plus grandes stars du cyclisme – Lance Armstrong et Jan Ullrich en tête - le coureur allemand Jan était est tombé dans la dépression et la toxicomanie.]

Lance : Le Tour est passé à moins de 30 minutes de chez Ullrich aujourd'hui (à Colmar, ndlr). J’ai une pensée pour lui. On est toujours en contact, on s’est parlé récemment. Il s'en sort très bien. Il a complètement décroché de la drogue maintenant.  Depuis neuf mois déjà. Il s’est remis au vélo. Il est en grande forme. Je ne sais pas comment on peut ne pas être fan de Jan.

George : Lance, tu t’es toujours soucié de la forme physique de Jan. De quoi il avait l'air ? S’il était gros, ou maigre ? Vous étiez les concurrents absolus.

Lance : Être en bonne santé, ça se travaille sur la durée.

Les Paparazzi et le maillot jaune 

Lance : Sagan a été agressé par des journalistes quelques secondes après avoir gagné l'étape. Le Tour protège les coureurs mieux que tout autre Grand Tour. Mais il y a quand même de quoi te rendre claustrophobe. Ce n’est pas normal. Imaginez un vainqueur de Formule 1 à peine sorti de sa voiture, se faisant massacrer par la presse qui lui brandit des micros sous le nez pendant que le boulanger du coin lui donne des grandes tapes dans le dos.

George : Je n'ai pas gagné aussi souvent que Sagan ou, toi, Lance, mais j’ai un point de vue différent sur le sujet.  Le coureur normal qui gagne une course est extatique, lui.  Ils ne remarquent même pas les gens. Il est trop heureux.

Lance :  Je me souviens qu’un jour Cadel Evans [ancien maillot jaune] a frappé des journalistes qui avaient piétiné son chiot. Mais … qui amène un chiot sur le Tour ?

L’étape d’aujourd’hui

(On a beaucoup parlé de la 6°'étape. Il est très inhabituel qu'une grande étape de montagne de 4000 mètres de dénivelé positif arrive avant la 8eou la 9e.  On va donc voir aujourd’hui si l’entraînement des grimpeurs a porté ses fruits).

Est-ce que le VTT est une bon entraînement pour la course sur route ?

George : Je n'ai jamais utilisé de VTT pour m'entraîner en tant que professionnel, mais ces deux dernières années, j'ai fait la Cape Epic [course par étapes de VTT en Afrique du Sud], et j’y ai tant gagné en efficacité que je pourrais bien l’envisager sérieusement.

Lance : En montée en VTT, tu es plus proche de la course que du cyclisme. Ça affecte ta façon de rouler sur route. 

George : Sans compter que si tu ne fais que du VTT, tu n’auras la même puissance sur du plat. Mais pour gagner en efficacité, ça peut être un plus.

George : Les gars déjà bien classés se sont faits discrets hier, ils ont économisé leur énergie pour aujourd’hui. C'est malin, ça. 

Lance : Aujourd’hui est une dure journée : 4000 mètres de D+ sur 160 km.

George : Avec 13% de pente en moyenne, je pense qu'on n’aura pas plus de trois gars qui atteindront la ligne d'arrivée ensemble. Et Quick-Step ne contrôlera pas la course.

Lance : Je suis d'accord. C’est l’équipe Ineos qui va mener le jeu aujourd’hui. Je ne pense pas que Julian Alaphilippe puisse garder le maillot jaune. C'est trop dur pour lui. Je mise aujourd’hui sur Egan Bernal. 

George : Alaphilippe était à l’aise hier, mais mon choix pour d'aujourd’hui, c’est Alejandro Valverde. La montée est très raide, mais s'il parvient à atteindre le sommet avec les favoris, personne ne pourra égaler son sprint. Après 4000 de D+, personne ne sera frais !


Étape 4 : L’Italien Elia Viviani s’impose lors de la 4eme étape. L’ennui. Alaphilippe et son maillot jaune. Les pros de l’échappée vont se faire plaisir aujourd’hui.

Lance : Félicitations à Elia Viviani de Quick-Step pour sa première victoire d'étape. Cela dit, hier on s’est ennuyé à mourir. Mais bon, sur une course de trois semaines, c’est normal qu’on ait des jours sans fin. 

George: C'était ennuyeux pour nous, mais pas pour les coureurs. Ils ont dû se battre contre les vents de travers. 

Héros du jour et domination de Quick-Step

Lance: L’homme du jour pour moi, c’est Julian Alaphilippe. Voilà un Français qui court en France, qui est maillot jaune, à qui tout le monde prédit qu’il ne va pas passer la sixième étape et que l’on voit à l’avant, en train de tirer Viviani [son coéquipier] pour la première place. Il aurait pu la jouer tranquille. C'est le héros du jour !

George : Pour moi, l’homme du jour, c’est Viviani. Il n’a pas gagné une seule étape l'an dernier, il doit ressentir une énorme pression. Dans son équipe, beaucoup d’autres sprinters auraient pu être choisis à sa place. Son équipe a fait une année incroyable : près de 50 victoires !

Lance : D'autres équipes ont aligné cinq victoires. Mais en engranger dix fois plus, c’est dingue !

Où est passé l’esprit d'équipe chez Jumbo-Visma ?

Lance : Quand vous avez des coureurs [dans votre équipe] qui cherchent à gagner tout le Tour alors que vous avez deux coéquipiers en 5ème et 6ème position à l'arrivée d'un sprint, on imagine que ça doit être un peu tendu. Il faut savoir se sacrifier pour laisser la place aux meilleurs, mais ils semblaient tous la jouer perso chez Jumbo-Visma.

L'équipe Ineos avait tout bon

Lance :Hier la course était ardue et plutôt incertaine jusqu'à la ligne d'arrivée, mais Ineos a bien fait de protéger ses meilleurs coureurs. C'est comme ça qu'on doit faire. 

George: Oui, l’idée c’est de les faire monter à l'avant sur les arrivées très techniques et de les garder à l'arrière en 30e position sur une ligne droite.

Aujourd’hui, les pros de l'échappée vont se faire plaisir

 Lance : Aujourd’hui, 5eme étape, est un jour comme je les aime. Le profil topo ressemble à une lame de scie, avec des tas de virages. Si vous êtes à l’arrière, c’est chaud au niveau des chutes.

George : Il y a de fortes chances que plusieurs coureurs tentent une échappée. On va voir si Quick-Step garde le contrôle et vise la victoire.

Lance : Je doute qu’Alaphilippe la joue comme ça.  Cela lui demanderait trop d'énergie.

George : Je pense qu’on va encore être en mode pause aujourd’hui, comme hier. 

Lance : Je suis d'accord avec toi. D’ailleurs, on va vite être fixé, dans les deux premières heures. 

George : L'étape d’aujourd’hui est le terrain de jeu idéal pour les pros de l'échappée.


Étape 3 : L'incroyable envolée de Julian Alaphilippe

(Le Français Julian Alaphillipe de l’équipe Quick-Step a remporté lundi la troisième étape à Épernay. Son attaque décisive à 16 kilomètres de la ligne d’arrivée lui a valu le premier maillot jaune de sa carrière, ndlr).

Lance : Félicitations, tu avais raison. Tu avais choisi Julian Alaphillipe ! C'était génial à regarder. Si la course garde ce niveau là, sûr qu’il va y avoir du monde pour la suivre. Cela dit, tu avais choisi Alaphillipe, mais pour gagner au sprint - en montée, non ? Tu ne pensais pas que sa victoire serait aussi impressionnante, pas vrai?

George : J’avoue que je n’avais pas imaginé un tel exploit. Mais Quick-Step avait prévu cette fin de course depuis des semaines. A un moment, ils ont senti qu'ils avaient une chance de décrocher le maillot jaune. Alaphillipe pensait qu’il serait suivi, il l’espérait vraiment je crois, mais au final, il n’a eu besoin de personne. C’est un incroyable !

Lance : A mon avis, personne n’aurait pu le suivre. C’est notre héros du jour !

Lance : Ce qui s’est passé, c’est qu’il n’avait pas l’air de représenter vraiment une menace, du coup personne n’a pris la peine de le suivre.

George : Ils pensaient probablement qu’ils pourraient le rattraper à 15 km de l'arrivée. Mais comme il n’y a pas eu d’attaque organisée derrière lui, il lui a suffit de garder le rythme. 

George : Alaphilippe a pris dix secondes d'avance dans la montée, et 30 secondes dans la descente. Trente secondes, tout seul !

Lance : Il avait gambergé sur cette arrivée. Il ne freinait pas dans les angles morts. S'il ne freine pas alors que le peloton le fait, il gagne deux ou trois secondes à chaque virage. C'est un Français en France. Il va s'accrocher à ce maillot pendant un moment.

Geraint Thomas dans une mauvaise passe

(Suite à la dure course pour limiter les dégâts face à la montée d'Alaphilippe, des écarts se sont formés dans le groupe GC ; Geraint Thomas, vainqueur l'an dernier, a été rattrapé, ndlr).

Lance : Egan Bernal était 12ème et Geraint Thomas 13ème hier. Suite à l’intervention des officiels, Thomas a perdu cinq secondes contre Bernal. Cinq secondes, c'est rien, mais c'est psychologique. 

George : Leur directeur de course criait dans leurs écouteurs qu'ils devaient rester en tête parce qu'ils allaient creuser les écarts hier. Mais Thomas n'était tout simplement pas dans la bonne position.

Philippe Gilbert aurait dû être là

(Le vainqueur du Paris-Roubaix 2019, star du Tour de France 2018, a été exclu de l'équipe du Tour par Quick-Step, ndlr)

Lance : Philippe Gilbert a été écarté. Qu'en penses-tu, vu la scène d'aujourd'hui ?

George : Gilbert est un copain à moi, c’est le gagnant du Paris-Roubaix quand même. Je suis sûr qu'il était heureux pour son coéquipier, mais il devrait être là.

Valverde est plus mince que jamais

George : D’après nos sources, Valverde a perdu près de trois kilos. Il n’a jamais vraiment été balèze. S'il est vrai qu'il en pesait 60, la saison dernière, il ne doit plus peser que 57 kilos maintenant. A voir s’il a toujours la même énergie.

Aujourd’hui, ça va être la bagarre

George : Ça va être un départ très chaud.  Beaucoup d'équipes vont essayer de percer. Mais elles n’y arriveront probablement pas. Quick-Step voudra garder le Jaune aujourd’hui. Ils ne laisseront personne s'échapper. 

Lance : Ils se battront dans les cinq derniers kilomètres, sur des virages qui s’annoncent difficiles.

George : Hier, tu as dit que si Sagan ne gagnait pas, tu ne miserais plus sur lui. Donc je moi je mise sur Sagan aujourd’hui.

Lance : Et moi sur Dylan Groenewegen. Jumbo-Visma veut gagner une autre étape.

George : Il y a une montée à 15 km de l'arrivée, l'équipe de Sagan va essayer de faire tomber Groenewegen. Ils vont mener la danse demain.


Étape 2 : L’équipe néerlandaise Jumbo-Visma a dominé le contre-la-montre par équipe.

Lance : Vingt secondes d’avance sur cette deuxième étape, c'est énorme. Ils ont fait perdre dix places à leurs concurrents, voire plus.

George: C'était une nette domination. L'équipe Movistar a maintenant 45 secondes de retard.

Lance : Le contre-la-montre est en temps réel. Romain Bardet doit rattraper la minute que son équipe a perdue. En misant sur la tactique.

George : C'était aussi super de revoir mon ami Tony Martin [de l’équipe Jumbo-Visma] dans la course. Il s’est beaucoup de blessé, mais il est en forme maintenant. En Allemagne, on l'appelle le Panzerwagen, le tank. Et, hier, c’était un vrai tank.

L'échauffement.

(En raison d'une certaine confusion, quelques équipes ont failli manquer leur départ. Cela a soulevé tout un débat sur les méthodes d’échauffement pour un contre-la-montre).

Lance : En règle générale, plus l'effort est long, moins l'échauffement est intense, et plus l'effort est court, comme hier, plus l'échauffement est intense. Tu passes d'une position assise sur ton cul à un départ à plein gaz. 

George : Les gens me demandent si le contre-la-montre par équipe est plus facile qu'une étape normale. En fait, pas du tout. Sur le plan logistique, c'est encore plus difficile. C'est difficile à planifier. C'est une journée intense même si l'effort n'est que de 27 km. Je dirais que c'est plus dur. Vous êtes en zone 5 ou 6 tout le temps. Tu n'es pas assis à parler à tes coéquipiers.

L'UCI était présente au départ pour mesurer la hauteur des vélos et des chaussettes de compression.

Lance : Là, c’est moi qui suis à blâmer pour cette histoire de hauteur de chaussettes.  Avec mon équipe, on avait repéré un coureur qui gagnait des marathons avec ces chaussettes que les gens achètent dans les pharmacies et on a commencé à les tester, pour voir.

George : Par pitié, pas de sortie en groupe avec des chaussettes de compression. Ce n’est pas cool du tout !

Lance : Quoi qu'il en soit, on les testaient - en fait, c’était efficace!-  et un jour un officiel m’a repéré. Il m'a demandé ce que c’était et il a fait des yeux grands comme des soucoupes. Il m'a balancé et a raconté à l'UCI que j'allais porter des chaussettes de compression pendant le Tour. C'est à ce moment-là qu'ils ont mis au point la règle sur la hauteur des chaussettes.  Le marché pour ce type de produit est devenu énorme. Aujourd'hui l'UCI mesure les chaussettes et lutte contre la criminalité.

Sur l'étape d'aujourd’hui, c'est plutôt plat, mais une montée de douze pour cent pourrait blesser les sprinters.

Lance : On est sur un parcours de 215 km. Plat toute la journée, sauf sur la fin. Les 500 derniers mètres sont à environ huit pour cent. 

George : Je mise sur Julian Alaphilippe. Il est en pleine forme, et on pourra compter sur Sagan. Il y a une montée de douze pour cent sur quinze km, ils vont essayer de laisser quelques sprinters derrière.

Lance : Moi, je mise sur Sagan. S'il ne gagne pas aujourd’hui, c'est la dernière prédiction que je ferai.


La preview

Doom et Gloom sans Chris Froome ni Tom Dumoulin. 

Ces deux stars sont out cette année : Tom Dumoulin est blessé au genou, et Chris Froome souffre de plusieurs fractures aux côtes, au coude et au fémur. Le TDF va-t-il en perdre toute saveur ou, au contraire, gagner en intérêt ?

Lance : Chaque fois que vous vous penchez sur le TDF avant le début de la course, vous examinez le parcours et les athlètes. Sur le papier, la course ne semble pas vraiment excitante. Ce sont les athlètes qui apportent toute l’intensité dramatique. Et vous ne pouvez pas faire l’impasse sur le fait que Dumoulin et Froome ne sont pas là cette année. Mais ça rend le Tour presque plus excitant. Cette course donne du coup sa chance à n’importe quel coureur.

À quoi pouvait donc penser Froome quand il s’est blessé ?

Lance: Ce qui est arrivé à Chris Froome ? Si on en croit tout ce qu'on lit, il s'est blessé lors de la reconnaissance de la quatrième étape du Critérium, en préparation du Tour. 

Il aurait enlevé une main du guidon pour se moucher. Mais dans une vidéo juste avant l'accident, on le voit enfiler un coupe-vent, sans les mains sur le guidon. On connaît la suite. Son coéquipier lui disait de ne pas prendre de risques. C'est totalement inacceptable, surtout de la part de Chris Froome. Il a 35 ans. Ça peut signifier la fin de sa carrière. C'est une fin de carrière potentielle. Je ne le vois pas revenir.

George: C'était une erreur de jugement momentanée. J'ai essayé de me souvenir des fois où j’ai enlevé les deux mains du guidon sur ce type de course. Et la réponse est : jamais. Mais j'aimerais le voir revenir. Pour moi, il n’est pas encore out. 

(…) Lance et George déplorent aussi l'absence de Lawson Craddock, le favori des fans américains (le gars qui a fait tout le Tour avec une omoplate cassée l'an dernier) et de Mark Cavendish, la superstar du sprint.)

Le gagnant de l'année dernière, Geraint Thomas.

George :Je suis curieux de voir comment il roule cette année. Tout s'est bien passé pour lui l'année dernière. Mais cette année, il n’a pas la même préparation.

Lance: J'ai entendu dire que Thomas roulait très bien en ce moment. Mais je suppose qu'il a moins de 20 jours de course dans les jambes. Nous, on essayait d'arriver 40 jours avant le Tour. Ça nous donnait 20 jours supplémentaires pour rouler, et dans ce cadre, ça compte. Surtout pour Thomas qui n'a pas une maîtrise parfaite du pilotage.

George: Il va forcément avoir en tête sa dure chute du Tour de Suisse. Je vois cela comme un problème.

Le prodige colombien, Egan Bernal.

Lance: Je ne sais pas grand-chose sur Bernal parce qu'il n'a que 22 ans. Mais il a obtenu des résultats incroyables cette saison. En fait, j’ai du mal à croire qu'un jeune de 22 ans puisse gagner le Tour de France. La seule chose qui m'inquiétait au début, c'est comment ce maigre grimpeur colombien pourrait bien arriver à se gérer avec son vélo. Mais lors du Tour de Suisse, il a eu très très chaud. A sa place, quatre-vingt-dix-neuf pour cent du peloton se serait écrasé. Mais il s’en est bien tiré. Après, j'ai appris qu'il était dans les trois premiers aux championnats du monde juniors de VTT. Il faut être un bon rider pour bien finir.

George: Il y a aussi des erreurs mentales à éviter. Les chances qu'un coureur plus expérimenté ait une mauvaise journée sont inférieures à celles d'un jeune de 22 ans. 

Le pro danois Jakob Fugslang.

George: Il fait nécessairement partie des favoris. C’est un athlète très complet. Candidat au podium si ce n'est pas le vainqueur, selon moi.

Lance : S'il veut gagner, c'est cette année ! Il en a l'expérience, la forme et l'équipe. Si quelqu'un devait me forcer à choisir un favori, je pourrais le choisir.

Les frères Yates, Adam et Simon.

George: J'aime bien ces gars. Ils sont super agressifs avec une équipe solide [Mitchelton-Scott GreenEDGE] derrière eux. 

L'étoile française imprévisible,Thibaut Pinot.

George : C'est un candidat pour le podium à mon avis.

L'étoile colombienne imprévisible, Nairo Quintana.

Lance: Quintana, on s'attend toujours à ce qu'il ne tienne pas ses promesses. Pour moi, c’est Egan Bernal qui va marquer le Tour côté Colombie. Les Colombiens veulent avoir leur premier vainqueur. 

George: Quintana a déjà gagné un Grand Tour. Il a de l'expérience. Je reconnais qu'il n'a pas été à la hauteur de son potentiel. Je ne l'exclurais pas, ni lui, ni Rigoberto Uran. Entre ces trois Colombiens, l'un d'eux pourrait bien être sur le podium. Ils sont tous engagés à 1 000 pour cent dans le sport. Vivre à des milliers de kilomètres de chez toi te fait ça. 

Lance : Mais Quintana partage la direction de l'équipe avec Mikel Landa et Alejandro Valverde. Difficile de gérer cette situation.

Romain Bardet, l’espoir des Français

Lance : Beaucoup de points d'interrogation sur sa forme. Mais il pourrait bien cacher son jeu. Je pense que son équipe est meilleure qu'elle ne l'était. Ce n'est pas une mauvaise équipe. Et il n'y a pas de contre-la-montre majeur, donc il a une chance.

Lo Squalo dello Stretto ("Le requin"), Vincenzo Nibali.

Lance: Ne jamais dire jamais. Il a déjà gagné la course. Il dirige l'équipe. Il a fait le Tour d'Italie. C'est un vrai coureur cycliste. 

Une saison difficile pour Richie Porte.

Lance: Je crois qu'il pourra gagner l'Ironman un jour. C’est un nageur né.

George: Il n'est pas à la hauteur de son potentiel cette année.

Peter Sagan pour le Green Jersey :

Lance : Il me semble qu’il va mieux. Il s'est entrainé en altitude dans l'Utah. Il est en pleine forme.

Mais pourquoi un seul contre-la-montre?

Lance : Là, ça me gonfle. C'est le Tour de France, non ? La plus grande course cycliste du monde. Et il n'y a que 25 km de contre-la-montre individuel. Moi je dis, ramenez-moi tous ces gars qui ne peuvent tenir un contre-la-montre. Y compris les Français. C'est inacceptable. Mais peut-être que ce sera plus excitant à cause de ça. 

Qui prend le contre-la-montre par équipe de l'étape 2 ?

Lance : J'aime bien Michelton-Scott. C'est une équipe complète. Je n'écarterais pas non plus EF Education First. Et Quick-Step a remporté 46 courses cette année. Comparez cela à Trek - tout l'argent qu'ils dépensent et ils n'en n’ont gagné que six. 

George: Je mise sur EF Education. Tejay [van Garderen], Simon Clarke, Michael Woods - ils ont beaucoup de solides rouleurs.

Quelle est l’ascension la plus attendue ?
[La course de 2019 est dépourvue d'ascensions mythiques.]

Lance: La seule qui se dégage, c’est le Tourmalet. En temps normal, on aurait le Tourmalet, mais aussi le Ventoux et l'Alpe d'Huez. Cette année, ils montent du côté facile du Galibier. On joue vraiment dans la cour des petits.

George : Malgré tout, je pense que nous aurons notre lot de finish bien hard sur ce Tour. Même si on n’a pas les grandes ascensions.

Trois Américains à suivre ? (Outre Tejay)

Lance: Si vous voulez soutenir un Américain cette année, c’est Ben King. Son histoire est géniale. Sur son site, il écrit : "Quand je suis sous la pluie, fouetté par le vent, que je bouffe la poussière de la route et que je souffre comme un porc loin de chez moi, c'est bon de savoir que les gens se soucient de ce que nous faisons." 

George:  Je dirais, Chad Haga. Il a gagné une étape au Giro. J'étais super excité de le voir emporter ce contre-la-montre. Peut-être qu'il gagnera le contre-la-montre ici aussi. 

Et j’ajouterais aussi Joey Rosskopf : Je suis très heureux de le revoir. Je suis vraiment à fond pour lui.

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

Trail running nuit
La rédaction

Faut-il interdire le trail de nuit pour protéger la faune ?

Pauline Ferrand-Prévot Tour de France
La rédaction

Comment le VTT a rendu Pauline Ferrand-Prévot imbattable sur le Tour de France

Caitlin Fielder
Andy Cochrane

Artiste en vogue, traileuse ultra-talentueuse, Caitlin Fielder parmi les favorites de la Western States

Traileur Monoxyde de carbone
Alex Hutchinson

Inhaler du monoxyde de carbone : la nouvelle tendance des sports d’endurance ?!

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications