En cas de rhume ou de virus hivernal, est-il conseillé de continuer à se dépasser ou faut-il opter pour une pause ? Outside a interrogé un médecin pour quelques conseils avisés.
Dépasser les signes de fatigue et d'inconfort est presque inscrit dans l'ADN des sportifs de haut niveau. C'est ce courage, cette capacité à aller au-delà de ses limites qui les amène à aller plus vite, plus loin, à établir des records et à se retrouver sur la plus haute marche du podium. Mais c'est pour cette même raison qu'il est d'autant plus difficile de les convaincre que c’est dans leur intérêt de se reposer pendant quelques jours.
Si on sent qu'on couve quelque chose, l'exercice peut faire du bien : courir ou marcher d'un bon pas peut aider à dégager les sinus ou à recharger un peu les batteries. Mais cela peut aussi avoir l'effet inverse et nous clouer ensuite au lit pendant des jours. Nous avons demandé à Kim Harmon, médecin du sport à l'université de Washington aux Etats-Unis, comment faire la part des choses.
Étudier ses symptômes
“Si cela ne concerne pas la zone de la tête et de la gorge, il est sans doute préférable de manquer une séance d'entraînement. En revanche, en cas de rhume ou de problèmes aux sinus, a priori faire du sport ne pose pas de problème”, estime-t-elle.
Contrôler sa température
“Si vous avez plus de 38- 38,3°de fièvre, faire de l'exercice n'est pas une bonne idée. Cela vous fera sans doute plus de mal que de bien”, affirme Kim Harmon. Sans thermomètre à portée de main, il faut surveiller toute apparition de frissons, de maux de tête, une transpiration excessive et un état de fébrilité général, qui font partie des symptômes les plus courants en cas de fièvre.
Rester prudent en cas de douleurs musculaires
“Cela indique que le virus, quel qu'il soit, a atteint les muscles. Dans ce cas, les faire travailler ne va pas arranger la situation, et peut même empirer les choses”, explique-t-elle. Des complications peuvent alors survenir, y compris au niveau du coeur. Faire du sport malgré ces symptômes peut donc être dangereux.
Respecter la règle du “lendemain matin”
“La plupart du temps, le bon baromètre c’est notre corps”, souligne Kim Harmon.”Ce que je dis habituellement aux gens, c'est que s'ils font du sport et qu'ils en ressortent anéantis, c'est qu'ils n'étaient pas prêts à reprendre et qu'ils doivent faire une pause. Je parle de la ‘règle du lendemain matin’: ne pas se sentir bien pendant l'entraînement, ce n'est sans doute pas dramatique. En revanche, si le lendemain matin on se sent encore plus mal qu'avant d'avoir fait du sport, alors c’est qu’on en a trop fait et qu’on n'est pas encore prêt à reprendre l'exercice.”
Attention aux maladies chroniques
Évidemment, chaque situation est différente et ces conseils sont donnés à titre indicatif. Les sportifs qui souffrent de certaines maladies chroniques (asthme, diabète, drépanocytose) doivent être particulièrement prudents s'ils font du sport alors qu'ils ont un virus.
Selon Kim Harmon, convaincre un sportif de lever le pied est particulièrement difficile. Elle recommande souvent le repos à des athlètes de haut niveau - qui sinon poursuivraient l'entraînement - en tentant de faire appel à leur raison et en plaidant la défense de leur intérêt à long terme.
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