Pour sa première édition, l’ultra réunionnais de 224 km et 14 330 m de D+ aura connu tous les aléas climatiques, enchaînant cyclone sur cyclone. Certains craignaient même une annulation de dernière minute due à un nouveau problème, l’épidémie de chikungunya, à l’origine de neuf morts sur l’île. Mais, bonne nouvelle, ce jeudi 8 mai, à 6 h 00, le départ sera bien donné pour cette traversée du sud au nord. Avec plusieurs changements de parcours, dont un très important qui ne devrait pas déplaire aux coureurs en lice !
« Est-on sûr que la course va se tenir ? », s’interrogeait-on encore quelques semaines au lendemain du cyclone Garance. Arrivé le 28 février sur La Réunion, il s’avérait encore plus violent que Belal qui, en janvier 2024 avait, lui aussi, provoqué la mort de quatre personnes sur l’île. « Il va y avoir beaucoup de travaux de remise en état : beaucoup de routes sont encombrées par des branchages, voire par des arbres en travers de la route, des routes sont inondées, des routes sont coupées, emportées, des ponts sont coupés », décrivait alors le préfet de l’île. Pour les organisateurs du tout nouvel ultra, l’Ultra Terrestre, - course XXL ajoutée à l’UTOI, événement qui tient cette année sa deuxième édition seulement - c’était un nouvel obstacle à franchir. L’équipe de l’organisateur, Hassen Patel, et l’ONF venaient tout juste de remettre en état les sentiers de la course phare, très abîmés en 2024.

Un challenge du meilleur grimpeur au sommet du piton des Neiges
Lancé au départ de Saint-Philippe, le parcours de l’Ultra Terrestre s’étend sur 224 km et 14 330 m de D+ jusqu’à Saint-Denis. Soit du point le plus au sud de l’île, jusqu’au point le plus au nord. C’est le format le plus long de l’UTOI, événement organisé du 8 au 14 mai. Quatre autres sont aussi au menu : l’Ultra Trail des Géants, la Speed’Goat, le Mega Trail de l’Ouest et le Trail des Pétrels. Aucun changement majeur n’est à signaler sur ces formats.
Mais il n’en est pas de même pour l’Ultra Terrestre dont certaines portions mythiques, comme le sentier Scott Grand-Place, seront exceptionnellement fermées aux coureurs pour des raisons de sécurité, a-t-on appris lors de la conférence de presse officielle organisée le 29 avril. « Cette portion est aujourd'hui ouverte aux randonneurs mais pas aux trailers, l'ONF étant en train de la consolider », devait expliquer Hassen Patel.
Une bonne surprise en revanche : les coureurs de l'Ultra Terrestre, mais uniquement eux, pourront monter jusqu’en haut du piton des Neiges, le plus haut sommet de l’île (3 070 m). Un vrai « plus » que les organisateurs tentaient de négocier depuis quelque temps déjà, et qu’ils ont pimenté avec un challenge meilleur grimpeur, a précisé Stéphane Ferrier, directeur de course.
Présenté comme une « vraie diagonale », du sud au nord, cet ultra XXL se veut plus intimiste que la course phare du Grand Raid de La Réunion. Un « retour aux sources », selon les organisateurs, qui semble déjà séduire un certain nombre de traileurs, ce qui n’était pas gagné non plus. Annoncé en novembre dernier, l’Ultra Terrestre, dont la portée du nom n’a échappé à personne, arrive sur un territoire déjà bien occupé, le Grand Raid y règne en maître depuis trois décennies. Mais, hasard ou pas, l’illustre rendez-vous du trail réunionnais est un peu chahuté ces derniers temps par le départ de son directeur de course, Thierry Chambry. Du coup, elle compte bien se faire une place dans l’île.
3 questions sur l’Ultra Terrestre
Quelle différence avec la Diagonale des Fous ?
La distance et le dénivelé, bien sûr. Son illustre prédécesseur annonce 170 kilomètres et plus de 10 000 de dénivelé positif. Mais la différence ne s’arrêterait pas là. Ses créateurs n’ont pas l’intention de faire dans la course de masse. Leur mot clef ? L’authenticité, disent-ils volontiers. Alors bien sûr, ils vont marcher un peu sur les plates-bandes de la Diag, vu la taille de l’île, cela leur semble inévitable. Mais on s’attend aussi à de nouveaux sentiers. Dont certains très techniques. Et ça, c’est intéressant.
Qui se cache derrière cette course ?
Une association, l’ACSR ( Association Culturelle et Sportive de La Reunion, spécialisée dans l’organisation des épreuves sportives, notamment le trail et le running. Et une société, HP EVENTS, des pros de l’événementiel, basée à Sainte Clotilde. Mais le concepteur de la course, c’est Hassen Patel, président de l’UTOI, l’Ultra-Trail de l’Océan Indien. Il ne vient pas du trail. Son univers à la base, c’est la course automobile, où il a travaillé pendant vingt ans comme directeur de course. Le trail, il l’a découvert en s’y essayant lui-même sur la Zembrocal, il y a environ deux ans. Il en a tiré l’idée de lancer un salon du trail ( déjà deux éditions), qui évolue aussi vers le vélo et les sports d’endurance. Et, après avoir fait un tour du côté de l’UTMB et la SaintéLyon, en observateur, il s’est lancé dans le business de la course à pied. Son objectif : redécouvrir les sentiers de La Réunion en proposant des parcours innovants, qui sortent des sentiers battus, dit-il. Mais aussi organiser des courses aux trajets inédits, partout dans l’Océan Indien : La Réunion, Madagascar, Maurice, Les Seychelles, Rodrigues, Mayotte, Les Comores.
A qui s’adresse cet ultra XXL ?
On n’est pas ici dans la logique de sélection du type UTMB, mais vu la difficulté de l’épreuve, les organisateurs ont pris soin de mettre des barrières horaires assez courtes : 80 heures. Soit une moyenne horaire minimum de 2,80 km/h. Pas évident, quand on sait que sur la Diagonale des Fous ( 66 heures max), la moyenne horaire minimum de 2,57 km/h.
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