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Beñat Marmissolle
  • Aventure
  • Trail Running

A la veille de la Hardrock 100, Beñat Marmissolle plus en forme que jamais !

  • 13 juillet 2023
  • 9 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

« Je veux kiffer ce projet, et j’y vais sans pression », nous confiait en mars le Basque de 41 ans évoquant son planning 2023 : rien moins que la « trilogie » Hardrock-UTMB-Diagonale des fous ! Un énorme challenge pour cet athlète discret mais qui n’a rien d’impossible pour le vainqueur de la Diagonale des fous 2022. A la veille de la première étape, la sauvage Hardrock, un 100 miles organisé ce vendredi 14 juillet dans les montagnes du Colorado, il s’est confié à Outside sur son entraînement, ses espoirs et son immense plaisir de vivre son « rêve américain ».

Souvent considéré comme l’un des ultras les plus difficiles au monde, un des plus sauvages aussi, la Hardrock 100, organisée dans le Colorado, revient ce vendredi 14 juillet. 160 kilomètres attendent les 146 coureurs qui traverseront les montagnes de San Juan. Au programme : 10 000 mètres de dénivelé, une altitude moyenne d’environ 3350 mètres et un point culminant de 4284 mètres. Du très haut niveau, savamment entretenu par des organisateurs. Car cet ultra, devenu mythique en trente ans, c’est toute une histoire liée au parcours des chercheurs d’or, aussi l'épreuve a-t-elle ses rites et ses règles bien à elle, et qui font tout son charme. Il est ainsi dans la légende que les coureurs doivent embrasser le rocher blanc où est peint la tête de mouflon symbolisant l’arrivée. Mais on sait moins que tous les coureurs sont dans l’obligation, avant la course, d’offrir 8 heures de travail d’intérêt général sur un ultra, à savoir participer à son organisation, en travaillant par exemple sur un poste de secours. Bon esprit et vrai challenge pour une épreuve qui se veut très dure. 

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« Notre parcours offre un défi de niveau supérieur pour les courses d’endurance », expliquent les organisateurs. « Il est conçu pour offrir des défis extrêmes en termes d’altitude, de dénivelé et d’éloignement (…) Ce parcours est dangereux ! En plus de courir sur les sentiers, vous devrez probablement traverser des ruisseaux glacés, des champs de neige très glissants, voire glacés, courir le long de crêtes surplombant plus de 1000 mètres de vide, faire de l’escalade (légère, mais nécessitant d’y mettre les mains) et vous confronter à de violents orages avec risque de foudre. Au cours des dernières années, plusieurs coureurs ont été en contact direct avec la foudre et plusieurs l’ont échappé belle. Sans parler, bien sûr du risque d’hypothermie (…) Les températures et les conditions de vent peuvent être très différentes en altitude et la température peut chuter de façon soudaine et spectaculaire. Enfin, vous aurez sans doute les pieds mouillés pendant 90 % ou plus de votre course. » précisent-ils. Et, comme si cela ne suffisait pas, ils ajoutent que, « vous verrez presque certainement des élans, parfois avec leurs petits. Restez à l’écart : ils peuvent être parfois agressifs. Les ours sont présents, mais rarement vus. Les lions des montagnes peuvent également être rencontrés ».

Voilà qui est rassurant. Et terriblement excitant pour la poignée d’heureux élus qui chaque année ont la chance d’en être, car de l’avis général, il est aussi difficile de terminer cette course que d’y participer ! Chaque année, ils sont plus de 2000 à tenter leur chance au tirage au sort. Et demain, vendredi 14 juillet, ils seront 146 seulement à prendre le départ. Parmi eux, côté masculin, les Américains Dylan Bowman, 2e à Hardrock en 2021, et Jeff Browning, vainqueur sur la course en 2018 . Tous deux font partie des favoris. Mais la France n’est pas en reste, loin de là. Personne n’a oublié que depuis dix ans maintenant les Européens prennent un malin plaisir à décrocher le podium. A commencer par Sébastien Chaigneau (24:25:50) en 2013, sans parler bien sûr de François D’Haene, détenteur du record en 21:45:50 en 2021, mais aussi de Kilian Jornet, cinq fois vainqueur de l’épreuve ( !) qui lui a ravi son titre, et son record, en 2022 en 21:36:24. François D’Haene devant se contenter de la deuxième place (21:51:19) devant, tout de même, l’Américain Danoka Jones (23:06:17).

Autant dire que cette année encore, dans le Colorado, on tient les Frenchies à l’œil ! Car si ni D’Haene, ni Jornet ne sont là pour mettre la pression, Aurélien Dunand-Pallaz, 2e sur l’UTMB en 2021, aura l’occasion de faire ses débuts cette année en tant que favori, mais il n’est pas le seul. Il faudra également compter sur Beñat Marmissolle, vainqueur de la Diagonale des Fous en octobre dernier, qui a passé un mois à courir dans les montagnes de San Juan et semble très en forme à la veille d’entamer cette course mythique, première étape d’un programme très costaud. Rien moins que la Hardrock, l’UTMB et pour boucler sa saison, la Diagonale.

Inconnu aux US il y a un an encore, le Basque de 41 ans s’est fait un nom depuis sur la scène internationale de l’ultra. L’aboutissement d’années d’entrainement et de sacrifices pour cet homme modeste, ouvrier dans l’industrie aéronautique vivant dans son petit village du Pays Basque, Tardets-Sorholus, 558 habitants. Depuis 2008 il se consacre corps et âme, et budget aussi, au trail. Une passion qu’il a découverte sur le tard, à 28 ans, parce que, comme beaucoup, il voulait se remettre en forme et perdre du poids. Sans trop viser le podium au début, mais très vite les résultats ont été là : 6e place à la Coupe du monde en 2019 notamment. 2022 confirmera son talent : il truste le haut du podium au Black Mountain Trail en juin, la Restonica et la 6000 D en juillet avant d’enchaîner sur l’UTMB quelques semaines plus tard où il s’impose à la 6e place au scratch, premier dans la catégorie des 40-44, à 24 secondes de l’icône américaine de l’ultra, Zach Miller. Sa victoire, quelques semaines plus tard sur la Diagonale des fous le positionne définitivement dans la catégorie des favoris dans le circuit international. A commencer par la Hardrock 100, première étape d’un projet un peu fou. Rien moins que la « trilogie » Hardrock-UTMB-Diagonale des fous, nous confiait-il en mars dernier.

La première ? L’Amérique « mon grand-rêve, toute une aventure », dit-il. La deuxième ? L’incontournable rendez-vous de Chamonix, où il sait pouvoir aller « beaucoup plus vite, faire moins des 21h28 qui lui ont valu une 6e place sur l’édition la plus rapide de son histoire. « L’année dernière, c’était l’inconnu. Je ne connaissais pas le parcours, et je n’avais fait qu’un seul 100 miles. Mais je sais comment j’ai couru. Je sais la prudence que j’ai affichée et je sais aussi que d’une édition à l’autre, il y a une marge de progression, même si tout peut arriver le jour de la course. Quant à la Diagonale des fous, c’est son titre qu’il va défendre. L’idée ? Faire moins des 23 heures.

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« Je veux kiffer ce projet et j’y vais sans pression », nous expliquait-t-il. Lui qui a couru en 2022 sous dossard ASICS, part cette année en solo, et à son rythme. A quelques mois de son premier gros rendez-vous, il affichait alors un volume d’entraînement encore relativement léger, dans les 20 heures hebdomadaires « Je suis costaud dans ma tête. J’ai compris que pour durer sur cette saison, il fallait que j’y aille crescendo, que je monte progressivement en puissance. La fameuse trilogie est impitoyable. Le but, c’est de la faire et de la réussir. Alors j’y vais doucement sur les sollicitations, il faut calmer le cheval qui tire sur la bride », dit-il. « J’y vais pour donner le meilleur de moi-même, c’est une aventure ! », Une aventure à laquelle il se donne corps et âme depuis des mois mais dont l’issue relevait aussi du hasard. « La Hardrock, c’est difficile, ça dépend du tirage. », nous confiait-il. « Je pense que je n’arriverai pas à l’obtenir, mais je rêve d’aller courir aux Etats-Unis. C’est la course la plus mythique. »

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A J-3, rencontre avec un homme serein

Interviewé mardi dernier, à quelques jours du départ attendu demain, vendredi 14 juillet, Beñat Marmissolle prépare tranquillement ses affaires de courses.

Sa routine ? Bien rodée

 « Je n’ai rien changé par rapport à d’habitude, je fais le tri pour éviter les déchirures, les frottements, c’est chaque fois la même chose. » Avec bien sûr son boxeur fétiche. Celui qu’il porte depuis 2021, année de ses débuts dans l’ultra, après s’être imposé dans le skyrunning. « Je le porte à chaque course et jamais pour les entrainements. Je l’use pas mal, mais je suis quelqu’un d’assez conservateur, quand je suis bien dans quelque chose, je ne change pas, mais je lave à chaque fois ! » dit-il en riant. « J’en ai un de secours, le titulaire et le remplaçant, mais le remplaçant n’est jamais usé ». Aux pieds, pas des ASICS comme pour l’UTMB ou la Diagonale en 2022, mais des La Sportiva, des chaussures qui lui ont porté chance lors de son dernier ulta, l’Eus’Kal trail. Un 130 km et 8000 m de dénivelé positif organisé sur ces terres, dans le pays basque, où il est arrivé premier. Un vrai challenge sans doute passé inaperçu aux yeux de beaucoup.

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Son entrainement ? Mesuré et progressif

En homme prudent,  l’athlète s’est montré discret ses derniers mois, on l’a peu vu sur les courses les plus médiatisées. « je me suis lancé dans une aventure humaine exceptionnelle (sa trilogie, ndlr) donc tu es obligé de t’économiser, sinon, comment veux-tu que je tienne physiquement ? Alors cette saison, je suis resté sur les mêmes bases d’entrainement, sauf que je n’ai pas fait beaucoup de compétitions. Moins de deux mois ont passé depuis l’Eus’kal trail, et 8000 de D+, ça laisse des traces, et je ne peux pas me griller les ailes.

Son objectif ? Avant tout kiffer l'aventure

"Je veux franchir la ligne d’arrivée des trois courses que je veux faire sans me fixer d’objectif de podium. Je laisse parler tout le monde et si quelque chose de merveilleux arrive, c’est bien ! Je vais faire du mieux possible, mais physiquement, je sais que je m’expose à quelque chose de très  compliqué au niveau de la régénération musculaire et mentale. Mais je n’ai à prouver à personne et arrive ce qui arrivera ! Car si je pars dans l’idée d’un top 3… Je suis lucide, il y a des adversaires très forts, mais je suis près. J’ai un certain recul sur la vie, peut-être à cause de mon âge. Mais j’ai la chance de réaliser mon rêve alors faut pas se poser de questions et je croque cette aventure à pleine dent !"

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Sa dream team ? Avant tout la famille et les potes

"Comment je me sens, là ? Je suis très entouré, j’ai toute une équipe avec moi : ma famille et mes proches. Nathan, mon fils, Cendrine, mon épouse, Beñat mon neveu et sa compagne Kattalin, et bien sûr Gilles, mon meilleur ami. Et depuis que je suis arrivé dans le Colorado, il y a près d’un mois, je me focalise sur du positif et sur la préparation." 

Sa crainte sur la Hardrock ? Le froid

"Ca, c’est dur à gérer. Vraiment pas facile sur ce terrain incroyable, d’autant que j’irai sans pacer."

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Un pacer ? Finalement non

"C’est autorisé ici, et on m’a fait des propositions, mais sans vouloir vexer personne, j’ai fait le choix de ne pas en prendre. La question se posait encore il y a quelques heures, mais j’ai tellement envie de vivre cette course tout seul que je prends le risque de moins performer. Je sais que c’est un énorme avantage d’en avoir un à ses côtés, mais c’est une belle aventure, tout seul face à tous ceux qui ont un pacer. J’ai envie de me débrouiller, comme on le fait sur toutes les courses en Europe. J’ai envie de vivre ça, comme ça, car sur cette course, dans ces montagnes où tout peut arriver, avec un pacer, je vais être perturbé. Imagine qu'il soit attaqué par un grizzli ! », dit-il en riant. 

Hardrock vs UTMB ? Rien à voir !

"J’ai découvert plein de choses ici. La Hardrock, ce n’est pas comme l’UTMB, on est peu nombreux, mais l’environnement est extraordinaire. Du jamais vu ailleurs pour moi. Une montagne comme vierge, sauvage. Depuis mon arrivée j’ai déjà vu 8 grizzlis, des centaines de cerfs et de biches, des orignaux de la taille d’un cheval, des tas d’oiseaux que je ne connais pas et même des traces fraiches de puma. Chez nous dans les Pyrénées ou les Alpes, la montagne est belle, mais la présence humaine est plus forte. Alors, ici quand je cours j’ai tous les sens en éveil, je regarde partout si je ne vois pas une bête. Moi qui suis un homme de la montagne, très proche de la nature, j’ai découvert tout ça. Alors, rien que pour ça, la Hardrock, c’est le voyage de ma vie, j’en rêvais. Et je vais le savourer !"


Météo, records à abattre, les chiffres clefs

Contrairement aux deux dernières éditions, qui ont connu des conditions de parcours presque sèches, cette année, la neige fera son grand retour sur la Hardrock. Du côté des altitudes moyennes, de longues zones de transition avec des sentiers humides et boueux avant de retrouver un terrain plus sec plus bas. Une chose est certaine : le parcours sera très différent de celui des années précédentes. Ce qui pourrait venir bouleverser le podium. Tout peut donc arriver !

Pour mémoire, voici les chronos depuis 2012

En 1992, l’Américain David Horton gagnait la première édition de la Hardrock 100 en 32:24. En trente ans, les records n’ont cessé de rendre cette épreuve de plus en plus rapide. Et si les Américains ont dominé au cours des premières décennies, depuis dix ans, les Européens se sont formidablement imposés.

  • 2022 : Kilian Jornet 21:36:24 (nouveau record)
  • 2021 François D’Haene 21:45:50
  • 2018 Jeff Browning 26:20:21
  • 2017 Kilian Jornet 24 :32:20 
  • 2016 Jason Schlarb 22:58:28, ex aequo avec kilian Jornet. (Xavier Thevenard 2e, en 22:57 :10)
  • 2015 Kilian Jornet 23:28
  • 2014 Kilian Jornet 22:42:33
  • 2013 Sébastien Chaigneau 24:25:50
  • 2012 Hal Koerner 24:50:00

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