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Lhakpa Sherpa : Des sommets de bravoure
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  • Alpinisme & Escalade

Netflix : Le bouleversant destin de Lhakpa Sherpa, première femme népalaise à avoir conquis l’Everest

  • 30 juillet 2024
  • 6 minutes

Frederick Dreier Frederick Dreier

Longtemps analphabète, cuisinière sur des expéditions... Rien ne prédestinait Lhakpa Sherpa à s’ériger en modèle pour toute une génération de Népalaises en devenant la première femme de son pays à gravir le plus haut sommet du monde et en totalisant aujourd'hui dix ascensions. Le tout pratiquement sans argent ni sponsor. Raconter sa propre histoire devant la caméra a exigé beaucoup de confiance de sa part, nous explique la réalisatrice Lucy Walker, nominée aux Oscars pour le documentaire qu’elle vient d'en tirer. Une œuvre passionnante, disponible sur Netflix à partir du 31 juillet, qui est bien plus qu’un film d'alpinisme.

L’Everest a servi de toile de fond vertigineuse à de nombreux documentaires sur des alpinistes célèbres – on pense à « Sherpas, les véritables héros de l’Everest » (2009), « Finding Michael » (Le disparu du Mont Everest, 2023), bien sûr, « 14 Peaks : Nothing Is Impossible » (2021). Dernier en date : « Mountain Queen : The Summits of Lhakpa Sherpa (« Lhakpa Sherpa : Des sommets de bravoure ») - film de 1h45 diffusé sur Netflix à partir du 31 juillet - est sans doute l'un des meilleurs. Il retrace la vie de Lhakpa Sherpa, pionnière de l'alpinisme népalais, qui comptabilise à ce jour dix ascensions de l'Everest, le record féminin.

https://youtu.be/0yz5F9WtmsI?si=52nvC7NFdbx4mIdC

Le film suit Lhakpa Sherpa en 2022, lors de sa dixième ascension du sommet, mais il met également en lumière sa vie loin de l'Himalaya. La caméra de Lucy Walker montre le quotidien que partage l'alpiniste de 51 ans dans son modeste appartement du Connecticut ( USA) avec ses deux filles adolescentes (nées d'un premier mariage, elle a un troisième enfant d'une autre union, ndlr). On la voit aussi au travail, en train de ranger les rayons et de nettoyer les sols chez Whole Foods, le supermarché bio qui l’emploie.

Mais ce documentaire ne serait pas complet sans les archives qu’a pu exploiter la réalisatrice qui permettent de retracer l’impressionnante trajectoire de Lhakpa. Née d'une mère célibataire vivant dans une grotte, elle a travaillé comme employée à tout faire et cuisinière dans un camp sur une expédition, avant de devenir la première femme népalaise à gravir le plus haut sommet du monde. C’est en montagne qu’elle va rencontrer l'alpiniste roumain Gheorghe Dijmarescu qui deviendra son mari. Un homme violent qu’elle sera contrainte de quitter, comme elle le raconte dans les interviews bouleversantes recueillies au cours du tournage.

Déjà très remarquée pour « Blindside », documentaire sorti en 2006 racontant l'ascension du versant nord de l'Everest par six adolescents tibétains aveugles, la réalisatrice Lucy Walker, nominée aux Oscars, nous raconte comment elle en est arrivée à s’intéresser au destin de Lhakpa Sherpa.

Qu'est-ce qui vous a attiré dans son parcours ?

Je suis toujours à la recherche d'histoires qui me touchent profondément. En fait, après « Blindside », je n’avais pas vraiment l’intention de refaire un film sur l’Everest, bien que je sache comment filmer la montagne depuis cette expérience. Ce qui me parle, c’est pouvoir monter des documentaires axés sur des personnages.- des films qui retracent la vie d'une personne incroyable. Si vous y consacrez le temps nécessaire, et que vous montez intelligemment, vous pouvez vraiment mettre en lumière le parcours d'une personne exceptionnelle. C'est ce que je voulais offrir à Lhakpa. Après l'avoir rencontrée en 2004 et avoir lu son histoire, je me suis dit qu’on devait en faire un film, et que ce film se devait d'être superbe. 

On parle ici d'une personne qui a décidé un jour d'inspirer les femmes et les jeunes filles à s'instruire, à poursuivre leurs propres rêves et à ne pas se contenter de ce qu'on attendait d'elles. On parle d'une fille qui s’est coupée les cheveux et s'est fait passer pour un garçon afin d'exercer un métier masculin. D'une femme travaillant dans un domaine dominé par les hommes. Tout ça, ça m'a touchée. J’ai toujours eu beaucoup d''admiration pour ces êtres, des champions à mes yeux, qui essayent de rendre le monde meilleur. Et c’est précisément ce qu’a fait Lhakpa. Je suis partie avec cette vision des sommets de Lhakpa - on peut raconter l'histoire d'une vie entière à travers les montagnes qu'elle a gravies, à la fois en montagne et dans la vie. Personne d'autre n'aurait pu rendre justice à son histoire, et je pensais vraiment qu'elle méritait qu'on la raconte.

Le film contient beaucoup d'images d'archives datant du début des années 2000. Comment les avez-vous retrouvées ?

Je savais qu'il y avait des images de ses premières ascensions au début des années 2000, mais Lhakpa n'en avait aucune. J'ai dû chercher partout : Roumanie, États-Unis, Népal. Nous avons retourné chaque pierre ! De superbes images sont sorties d'un garage de Boulder, dans le Colorado, grâce à l'auteur Michael Kodas, qui possédait des vidéos de son expédition de 2004. Je travaillais déjà sur le film depuis plusieurs années lorsqu'il a accepté que nous utilisions ces images et que nous l'interviewions. Il m'a dit qu'il s'agissait d'une vidéo que personne n'avait jamais vue. Elle raconte l'histoire d'une dispute avec Gheorghe (l’ex mari de Lapkha, ndlr) qui marquera un tournant dramatique dans la vie de la jeune femme. Je savais aussi qu'il y avait des images de sa première expédition, en 2000. Je suis une optimiste forcenée et je me suis dit que si je pouvais rassembler ces éléments pour raconter son histoire, utiliser mes connaissances sur la manière de filmer une ascension de l'Everest et raconter le voyage qu'elle entreprend au Népal pour essayer d'inspirer ses propres filles - qui, nous le voyons, ont vraiment besoin d'inspiration - alors nous aurions tous les ingrédients d'un film. J'ai bien considéré tous ces éléments, et je me suis dit qu'il fallait que cela se fasse, et que c’était à moi de le faire.

Faire un film pour Netflix, c'est essayer de toucher le grand public. Quels défis cela a-t-il représenté à l’heure de raconter l'histoire de Lhakpa ?

Nous n'avions pas l'intention de faire un film pour Netflix. Il ne s'agit pas d'un projet bien financé : ce film est le fruit d'une montagne de travail effectué par des personnes vraiment passionnées qui étaient aussi inspirées et déterminées que moi à rendre justice à l'histoire de Lhakpa, même avec un budget relativement restreint. Nous avons été ravis que Netflix l'ait choisi pour qu’il puisse être diffusé dans le monde entier. La difficulté réside dans le fait que Lhakpa n'est pas très connue. À part l'article paru dans Outside, elle n'a pas fait l'objet d'une grande couverture médiatique. Le New York Times a récemment publié un article très intéressant. Mais la plupart des gens ne connaissent l'Everest que grâce aux hommes qui l'escaladent, aux Sherpas ou aux riches touristes. Or, on parle ici d'une femme qui l'a gravi dix fois sans un centime en poche pour payer son ascension. Et pour raconter son histoire complète, dix sommets de l'Everest, une vie dans les montagnes, pour tisser tout cela en un récit qui va bien au-delà d'un film d'alpinisme, je voulais être sure de pouvoir toucher une très large audience.

Dans les premières scènes, les filles de Lhakpa, Sunny et Shiny, semblent peu enthousiastes à l'idée de participer au tournage. Comment les en avez-vous convaincues ?

Pour être honnête, j'ai dû travailler avec Lhakpa pour qu'elle participe au film. En racontant son histoire, elle voulait inspirer les filles et les femmes à rêver grand. Mais c'est une chose d'être filmé au sommet de l'Everest, et c'en est une autre de s’ouvrir, de se montrer vulnérable, de se laisser aller face à la caméra. En particulier lorsque cette histoire inclut le traumatisme d'avoir été victime de violences de la part de son partenaire. C'est une situation tellement complexe. Lhakpa s’était toujours montrée bienveillante à l'égard de Gheorghe Dijmarescu et elle voulait créer un portrait nuancé de lui. Sans parler, que ses filles l'aiment toujours comme leur père. Je voulais rendre compte de cette situation - il est indéniable qu'elles ont tous été traumatisées. Pour pouvoir partager ce point de vue, il a fallu beaucoup de confiance et de patience de leur. Par exemple, j'ai réalisé trois entretiens avec Lhakpa à Katmandou, et elle ne voulait pas parler de Gheorghe. Elle se contentait de passer sur les mauvaises années et de parler des moments heureux de leur mariage. Mais peu à peu, elle abordait les moments plus durs. Elle traversait alors une période difficile, tout comme ses filles, en particulier Sunny. Au début du tournage, elle était catatonique. Ce n'est pas qu'elle ne voulait pas me parler - elle ne parlait pratiquement à personne. Je ne savais pas que, par la suite, elle serait tellement inspirée par l’exemple de sa propre mère. Et elle a fini par commencer à parler. Un soir incroyable où nous étions à l'appartement, elle est sortie de sa chambre et j'ai senti qu'elle se déplaçait différemment. Nous avons pris la caméra et commencé à tourner, nous avons allumé les lumières et elle a commencé à dire à sa mère « à chaque pas sur la montagne, tu m'inspirais ». C'était un moment magnifique que nous avons eu la chance de capturer.

Pensez-vous que ce film va changer la situation financière de Lhakpa ?

Oui, j’en suis convaincue. Nous avons mis en place une une grosse campagne de financement pour accompagner le film, qui s'engage à la fois pour Lhakpa et pour sa famille. Si vous lui demandez ce qu'elle attend du film, elle vous répondra qu'il s'agit d'aider les autres. Elle souhaite que les femmes des régions rurales soient incitées à faire des études et qu'elles apprennent les bienfaits des activités de plein air pour la santé. Ses objectifs sont désintéressés. Mais nous travaillons avec elle pour que sa vie à elle soit transformée.

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