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Full Circle Namche Bazar
  • Aventure
  • Alpinisme & Escalade

La première cordée noire vient d’atteindre l’Everest : tout un symbole !

  • 12 mai 2022
  • 5 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Annoncée en août dernier, cette expédition soutenue par Conrad Anker était qualifiée « d’historique » aux US, où les médias ont suivi de très près sa préparation. Baptisée la « Full Circle Everest Expedition », elle vient d'aboutir aujourd'hui, 12 mai, dans la matinée. Une première pour la communauté noire qui devrait trouver un large écho aux Etats-Unis, mais aussi en France, à l’heure où nos montagnes peinent encore à s’ouvrir à toutes les communautés.

Il y a près de 70 ans, l'explorateur néo-zélandais Edmund Hillary et le Sherpa Tenzing Norgay devenaient les premiers alpinistes confirmés à atteindre le sommet de l’Everest. Depuis, un peu plus de 10 000 personnes ont réalisé cet exploit. Parmi eux, seuls six étaient noirs et un seul était un Noir américain. En l’occurrence, il s’agissait d’une femme, Sophia Danenberg, originaire de Seattle, qui en mai 2006 y réussit. Depuis quelques semaines, une équipe de neuf alpinistes noirs réunis sous le nom de « Full Circle Everest Expedition » entendait changer cela et écrire à nouveau l'histoire sur le plus haut sommet du monde. Mission accomplie aujourd'hui, en ce 12 mai 2022.

Dirigé par Phil Henderson, ancien instructeur à la National Outdoor Leadership School (NOLS, une véritable institution aux Etats-Unis) et alpiniste chevronné, ce groupe, composé d'athlètes venus de tous les Etats-Unis, aspirait à monter la première expédition américaine entièrement noire à atteindre le sommet et ce faisant à encourager d'autres personnes de couleur à se lancer dans l’alpinisme. Certes, avant eux, des alpinistes noirs d'Afrique et de Jamaïque avaient déjà atteint le célèbre sommet himalayen, mais, rappelle Phil Henderson,  jamais une équipe composée exclusivement de Noirs américains n'y était parvenue. 

"Je pense que ce projet est important pour le développement des membres de notre communauté dans le domaine de l'alpinisme", expliquait-t-il à Outside avant le départ. "Il suscite tout un débat sur ce que cela signifie pour nous, en ce qui concerne notre passé, notre présent et surtout notre futur. Étant donné que l’intégralité de notre cordée est composée de Noirs, il s'agit d'une démonstration importante de leadership, d'engagement et de travail d'équipe pour notre communauté ainsi que pour le monde de l'alpinisme en général.", soulignait-t-il.

Full Circle Namche Bazar
(Full Circle)

"L'opportunité n'a pas été égale au talent qui est là"

Un symbole qui n’avait pas échappé à Conrad Anker, l’une des voix plus respectées dans le monde de la montagne. "Imaginez que les garçons et les filles noirs aient des modèles qui partagent les valeurs de dévouement, de travail acharné et de confiance depuis les hauteurs aériennes de l'Everest", expliquait-t-il. "Ce n'est pas que l'Everest n'est pas là pour les grimpeurs noirs, c'est que l'opportunité n'a pas été égale au talent qui est là." 

Le message était clair et bien entendu par les neufs membres de l’équipe, dont six auraient atteint le sommet aujourd'hui ( la liste complète n'est pas encore disponible à l'heure où nous bouclons cet article ). A commencer bien sûr par le fondateur de « Full Circle », Phil Henderson, alias "Oncle Phil", d'après le personnage qui a servi de mentor à Will dans la série "Le Prince de Bel-Air". Un surnom que l’alpiniste originaire de Californie mérite bien. Pour la communauté noire américaine, cette homme de 58 ans fait figure de pionnier dans l’univers de l’outdoor où il compte trente ans d’expérience et où, bien souvent, il s’est retrouvé être le seul Noir du groupe. Personne n’oublie que c’est lui qui en 2000 a mené une équipe d'alpinistes noirs au sommet du Kilimandjaro. Comme beaucoup de jeunes hommes noirs, Phil Henderson a commencé par des sports d’équipe. Son truc, le football américain. Il y excelle, mais une blessure met fin à ses rêves. Il se tourne alors vers les sports de plein air où il va s’imposer et former toute une nouvelle génération d’experts noirs. "Les Noirs sont bien présents dans l'alpinisme, l'escalade et l'ensemble de l'industrie de l'outdoor", écrit-il sur Instagram, "mais nos histoires ne sont pas racontées." 

Full Circle Namche Bazar
(Full Circle)

9 alpinistes confirmés

Pour Phil Henderson, l’expédition de « Full Circle » s'était donc la deuxième tentative de l’Everest, la première étant restée inachevée en 2012. Il était le seul à avoir de l’expérience sur cette montagne, mais se montrait très confiant dans les alpinistes réunis autour de son projet. 

L'équipe de neuf membres était composée de sept hommes et de deux femmes. Outre Adina Scott, 41 ans, informaticienne, spécialiste en instrumentation marine ( elle a assuré le soutien technique et logistique au camp de base), on trouve donc Manoah Ainuu, 25 ans et Frederick Campbell, 37 ans, tous deux ambassadeurs The North Face ; Eddie Taylor, 31 ans, professeur de lycée dans le Colorado ; Demond "Dom" Mullins, 40 ans, professeur de sociologie basé à New York, vétéran de la guerre d'Irak ; Abby Dione, 45 ans, directrice de "Coral Cliffs Climbing Gym" en Floride, l'une des deux seules femmes noires des États-Unis à posséder une salle d'escalade; James "KG" Kagambi, 60 ans, Kenyan et instructeur NOLS comptant à son actif de nombreuses ascensions en Afrique et en Europe ; Thomas Moore, 37 ans, homme d’affaires basé à Denver et Rosemary Saal. Instructrice NOLS elle aussi, elle faisait partie de la première équipe américaine entièrement noire au sommet du Kilimandjaro en Afrique en 2018 et du Denali en Alaska. "J'ai été exposée à l'escalade à l'âge de 12 ans par le biais d'un magasin REI de ma ville. C'est là que j’ai découvert que c'était quelque chose que les gens faisaient", explique-t-elle. Et lorsqu’à son tour, elle prend ses premiers cours d’escalade et d’alpinisme, autour d’elle, ses proches sont unanimes : « Les Noirs ne font pas ça. Ils ne font pas de ski, ni d’escalade », entend-elle. C’est justement cela, le regard des autres, mais aussi la propre perception de la communauté noire que le projet Full Circle Everest Expedition entend changer.

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(Full Circle)

Dejà des sponsors : The North Face, Scarpa, Mountain Safety Research

Dans cette perspective, toute l’équipe entendait mettre toutes les chances de son côté et travaillait d’arrache-pied pendant des mois. Dès l'annonce officielle de l'expédition en août dernier, les alpinistes sont partis à la chasse aux sponsors. Un budget conséquent quand on sait qu’une ascension standard peut coûter entre 30 000 et 85 000 dollars par personne. Voire jusqu’à 100 000 dollars, selon les prestations et le niveau d’encadrement. L’expédition s'est assurée le soutien de plusieurs marques, notamment Perkins Coie, Hestra, Summit Coffee,The North Face, Osprey Packs, Smartwool, Mountain Safety Research (MSR), la Greening Youth Foundation ou encore Scarpa. "En fait, cette expédition arrive au bon moment, car de nombreuses marques et organisations commencent à reconnaître que l'histoire de l'alpinisme est marquée par le colonialisme", expliquait alors Rosemary Saal. Je veux dire qu’elle se résume à l'histoire des alpinistes blancs, souvent issus de l'Empire britannique qui régnait autrefois sur l'Inde et l'Himalaya. Or dans l'industrie, beaucoup soutiennent aujourd’hui un effort visant à changer le visage de ce sport et à y faire participer des communautés traditionnellement laissées dans l’ombre ou écartées jusqu’à présent. Des Sherpas aux personnes de couleur.

Au niveau de l’entraînement, tous avaient intensifié leur pratique, en s’adaptant à leurs options locales. Rosemay Saal, qui vit du côté de Tucson dans l’Arizona, loin des massifs les plus imposants des Etats-Unis, se contentait du Mont Lemmon ( 3000 m ) et multipliait les randonnées à fort dénivelé chaque semaine. Plus chanceux en revanche, Eddie Taylor installé dans la région de Boulder, dans le Colorado, avait accès à des sommets élevés à une heure de route de chez lui.

En janvier cette année, les neuf alpinistes avaient pu passer un mois complet au Népal pour entamer le processus d'acclimatation à l'altitude. De retour aux Etats-Unis, ils avaient poursuivi leur entrainement dans le Colorado. Leur objectif était de doubler le nombre de Noirs parvenus au sommet de l'Everest. Tout un symbole quand on se souvient que lorsque Edmund Hillary y était parvenu en 1953, tous les Noirs ne pouvaient pas voter aux Etats-Unis, la ségrégation dans les parcs nationaux venait tout juste d’être abolie et elle mit plus d'une décennie encore à disparaitre dans tous les Etats américains.

Article publié initialement le 1er avril 2022, mis à jour le 22 mai 2022

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