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Kelia Gallina Tahiti Pro 2026
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Kelia Gallina, « Miss Teahupo’o », la surfeuse de 14 ans qui fait tomber deux championnes du monde au Tahiti Pro

  • 14 août 2026
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Le lendemain de ses 14 ans, Kelia Gallina s’est offert Tyler Wright, double championne du monde. Le jour suivant, elle éliminait Caroline Marks, sacrée championne olympique sur cette même vague de Teahupo’o. Son parcours s’est finalement arrêté en quarts de finale, mais la jeune Tahitienne avait déjà fait sensation. Fille d’un surfeur hawaïen devenu son entraîneur et d’une mère tahitienne, Kelia a grandi au pied du reef, qu’elle surfe depuis l’âge de quatre ans. Longtemps seule fille de son âge dans le line-up, elle a ensuite appris aux côtés des meilleures mondiales avant de devenir, l’an dernier, la plus jeune surfeuse à participer au Championship Tour.

À Teahupo’o, si les wildcards ont souvent créé la surprise — Kauli Vaast avait atteint la finale en 2022 et Vahine Fierro avait remporté l’épreuve en 2024 —, Tyler Wright et Caroline Marks étaient sans doute loin d’imaginer qu’une gamine de 14 ans allait les sortir du tableau.

Une enfance à Teahupo’o

Née le 10 août 2012 d’une mère tahitienne et d’un père hawaïen, Kelia Mehani Gallina a grandi au bout de la route, dans le village de Teahupo’o. La passe de Hava’e se trouve à quelques centaines de mètres de la maison familiale et, depuis son lit, la jeune fille peut observer la vague. Son père, Ryan Gallina, l’a mise sur une planche avant même qu’elle sache marcher. Kelia a pris ses premières vagues à l’embouchure, devant la maison, puis découvert Teahupo’o vers l’âge de quatre ans, un jour où la houle dépassait à peine quelques dizaines de centimètres. Son surnom, « Miss Teahupo’o », lui vient d’un pêcheur qui l’appelait ainsi lorsqu’elle avait deux ans. Le nom est resté. Kelia, elle, passe désormais une bonne partie de ses journées dans l’eau. « Tant qu’il y a des vagues, elle est à l’eau », racontait sa mère à Radio 1 Tahiti après sa première victoire dans les Trials, en 2025.

Lorsque Teahupo’o devient trop gros, Kelia retrouve les vagues plus régulières de Taharuu et de Papara, où elle s’entraîne avec ses amis Terevanui Thornton, Kiara Goold et Liam Sham Koua. Son père, qui surfe le reef depuis plus de vingt ans, est aussi son entraîneur. Dans les grosses journées, il reste près d’elle dans l’eau, l’aide à lire les séries et lui indique les vagues sur lesquelles s’engager. Avant les Jeux olympiques de Paris 2024, Molly Picklum était venue s’entraîner avec elle à Teahupo’o. L’année suivante, alors numéro un mondiale, l’Australienne confiait avoir été frappée par son aisance dans les tubes. « Elle m’inspire », expliquait-elle à ABC Sport. À l’époque, Kelia n’avait pas encore disputé la moindre série sur le Championship Tour.

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Une publication partagée par Fédération Tahitienne de Surf (@fts.tahiti)

Longtemps la seule fille du line-up

Dans un portrait publié lorsqu’elle avait 10 ans, le magazine australien Tracks décrivait Kelia comme une enfant de son âge, qui aimait dessiner, jouer au badminton et sillonner l’île avec ses amis à la recherche des meilleures vagues. Mais aussi comme une surfeuse de 1,27 m déjà capable de s’engager à Teahupo’o. Pendant longtemps, elle est pourtant restée l’une des seules filles de son âge dans le line-up. Après sa disparition du circuit mondial en 2006, l’épreuve féminine de Tahiti n’a fait son retour qu’en 2022, privant les jeunes surfeuses locales de la possibilité de voir les meilleures mondiales s’affronter sur leur vague. Kelia a ensuite participé à plusieurs éditions de Rising Tides, le programme de la World Surf League qui leur permet de partager des sessions avec les professionnelles du circuit. Caity Simmers, Molly Picklum ou Erin Brooks ont d’abord été des modèles avec lesquels elle pouvait surfer. En 2025, Kelia retrouvait Molly Picklum comme adversaire pour sa toute première série sur le Championship Tour.

Kelia a commencé la compétition sur les épreuves locales de Taharuu, avant de remporter la Roxy Vahine Cup et de prendre la troisième place de l’Occy Grom Comp, à Snapper Rocks, en Australie. En juillet 2025, sa victoire dans les Trials féminins de Teahupo’o lui a ouvert pour la première fois les portes de la Tahiti Pro. Le 8 août, à 12 ans et 363 jours, elle devenait la plus jeune personne à participer à une épreuve du Championship Tour, hommes et femmes confondus. Pour ses débuts, le tirage n’avait pas été tendre. Kelia avait d’abord affronté Molly Picklum, alors numéro un mondiale, puis sa dauphine Gabriela Bryan en repêchages. Battue à deux reprises dans des vagues de 2,50 à 3 mètres, elle quittait la compétition sans avoir remporté de série, mais avec une première expérience du plus haut niveau. Quelques jours plus tard, Erin Brooks lui offrait l’une de ses planches pour son treizième anniversaire.

Un an après, Kelia a remporté les Trials pour la deuxième fois consécutive en dominant Kohai Fierro dans un Teahupo’o puissant. Elle connaissait désormais le fonctionnement d’une épreuve du Championship Tour et savait qu’elle pouvait surfer dans les mêmes conditions que les meilleures. Surtout, contrairement à ses adversaires, elle ne jouait ni son classement ni son avenir sur le circuit.

https://youtu.be/cIrf4IuI_Qk?si=kzvIucAUyxy1cwTw

Deux championnes du monde éliminées

Au lendemain de son quatorzième anniversaire, Kelia Gallina a d’abord affronté Tyler Wright. Dans des conditions ventées et difficiles à lire, la jeune Tahitienne a trouvé un petit tube avant d’enchaîner une manœuvre sur la section suivante. Ses deux meilleures vagues, notées 2,77 et 2,57, lui ont permis de battre la double championne du monde 5,34 à 4,57. Le tour suivant a été d’un autre niveau. Face à Caroline Marks, championne du monde 2023 et médaillée d’or sur cette même vague lors des Jeux olympiques, Kelia a réussi un tube backside qui lui a rapporté 5 points. Avec un total de 8,27 contre 5,50 pour l’Américaine, elle s’est offert une place en quarts de finale. « J’ai pris les choses simplement, sans pression, avec seulement l’idée de trouver de beaux tubes et de réussir ma série », expliquait-elle ensuite au micro de la WSL.

Son parcours s’est arrêté au tour suivant face à Anat Lelior, victorieuse 9,50 à 6,53. L’Israélienne a ensuite atteint la finale, où elle s’est inclinée face à Erin Brooks, celle-là même qui avait offert une planche à Kelia pour son anniversaire un an plus tôt. La jeune Tahitienne aimerait désormais rejoindre un jour le Championship Tour à temps plein. Son père veille cependant à ne pas faire de cette ambition une obsession. « C’est un objectif, pas l’objectif », expliquait-il au Guardian. Qu’elle atteigne ou non le circuit mondial, le surf restera pour la famille Gallina un mode de vie avant d’être une carrière.

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