S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts
Arran Strong
  • Aventure
  • Water Sports

Le surfeur pro Arran Strong disparaît en mer : le récit du dernier homme à l’avoir vu

  • 31 juillet 2026
  • 4 minutes

La rédaction Outside.fr Marina Abello Buyle

« J'ai pagayé aussi vite que possible pour rejoindre sa planche. J'ai plongé plusieurs fois pour le chercher... » Quatre jours après la disparition du surfeur professionnel britannique Arran Strong, 27 ans, lors d'une expédition en stand-up paddle au large de la côte sud-ouest du Portugal, son compagnon de traversée raconte les dernières heures du jeune athlète. Malgré d'importants moyens maritimes et aériens déployés pendant quatre jours, les autorités portugaises ont annoncé jeudi 30 juillet la suspension des recherches. Arran Strong naviguait ce jour-là sans leash.

Lorsque le Portugais José Maria Pyrrait, 60 ans, aperçoit la planche d'Arran Strong dériver seule à une centaine de mètres de lui, il comprend immédiatement que quelque chose ne va pas. Dans un témoignage publié quelques heures plus tard sur les réseaux sociaux, cette figure du stand-up paddle raconte avoir tout tenté pour retrouver son partenaire, le jeune surfeur pro disparu lundi.

Une traversée de la côté portugaise sans leash

Les deux hommes participaient à une étape de la traversée entreprise par Pyrrait, qui parcourt actuellement l’intégralité de la façade atlantique du Portugal en paddle, depuis la frontière espagnole au nord jusqu’à l’Algarve, à l’extrême sud du pays. Arran avait choisi de se joindre à lui sur le tronçon reliant Monte Clérigo à Carrapateira, une portion d’environ 17 kilomètres parmi les plus sauvages de la côte. Le duo avait marqué une halte à Arrifana, un petit village de l'Algarve, pour boire de l'eau et prendre quelques photos avant de reprendre leur progression le long de la côte.

Dans son témoignage publié sur les réseaux sociaux, le Portugais revient en détail sur les minutes qui ont précédé la disparition. « Comme mon rythme est plus soutenu, j’avais l’habitude de procéder ainsi : je le rattrapais, je prenais une légère avance, puis je m’arrêtais pour l’attendre. Cette fois-ci ne faisait pas exception. Mais lorsque je me suis arrêté, j’ai aperçu sa planche qui dérivait à une centaine de mètres de là », raconte-t-il. « J’ai pagayé aussi vite que possible pour la rejoindre. J’ai plongé plusieurs fois pour le chercher, mais nous étions dans une zone très profonde et la visibilité était très faible. »

Il a immédiatement alerté son équipe de soutien restée à terre. Un bateau de pêche local l’a finalement récupéré avec les deux planches, avant qu'il ne reparte lui-même fouiller la zone pendant plus de deux heures, jusqu’à l’arrivée des équipes de secours. Arran, aperçu pour la dernière fois à environ un mille nautique au large, « reste introuvable et, malheureusement, il n’y a pratiquement aucune chance qu’il soit encore en vie », écrit-il ensuite.

Tout au long de la journée de lundi, l’Autorité maritime nationale portugaise a mobilisé des canots de sauvetage, la Police maritime, des pompiers, des drones, les équipes du projet SeaWatch ainsi qu’un avion de l’armée de l’air portugaise pour ratisser le secteur. Les recherches se sont interrompues à la tombée de la nuit avant de reprendre mardi matin. Malgré l'importance des moyens engagés, aucune trace du surfeur n'a été retrouvée, et les opérations ont officiellement été suspendues jeudi 30 juillet.

Une question demeure toutefois : comment un surfeur aussi expérimenté a-t-il pu disparaître dans une mer que son compagnon décrit comme calme ? Si les circonstances exactes de l’accident restent inconnues, José Maria Pyrrait expliquait, dans un entretien accordé à la chaîne portugaise CMTV, qu’Arran avait oublié son leash avant le départ et avait finalement choisi de poursuivre la traversée sans cette attache de sécurité reliant habituellement le pratiquant à sa planche. Selon lui, c'est ce qui expliquerait que le jeune homme ne se trouvait plus à proximité de son paddle lorsque celui-ci a été retrouvé dérivant. « La mer était calme. C’était un athlète habitué à surfer des vagues immenses. Personne n’aurait imaginé qu’une telle chose puisse arriver. » À ce stade, les autorités portugaises n'ont communiqué aucun élément permettant d'établir les circonstances précises de la disparition. Le témoignage de José Maria Pyrrait constitue donc le principal récit disponible des événements.

Un surfeur atteint d'une maladie génétique rare

Installé depuis plusieurs années à Ericeira, au Portugal, Arran Strong s’était imposé comme l’un des meilleurs surfeurs de la scène européenne, enchaînant les compétitions de la World Surf League, notamment sur le circuit Qualifying Series. En parallèle de sa carrière sur le circuit professionnel, il avait représenté la Grande-Bretagne lors des éditions 2024 et 2025 des ISA World Surfing Games, terminant à chaque fois meilleur surfeur britannique de la compétition. Au moment de sa disparition, le Britannique né en Espagne évoluait sous les couleurs d’Ericeira Surf Club et occupait la sixième place du championnat national portugais. Son parcours était d'autant plus remarquable qu'il vivait depuis l'âge de trois ans avec un déficit en alpha-1 antitrypsine, une maladie génétique rare susceptible d'augmenter les risques de pathologies pulmonaires et hépatiques. Un diagnostic qui n'avait jamais freiné sa passion pour l'océan ni sa carrière sportive.

Au-delà des circonstances de sa disparition, c'est aussi la personnalité d'Arran Strong qui explique l'émotion suscitée dans le monde du surf. Sur Instagram, José Maria Pyrrait lui a rendu un hommage très personnel : « Arran était comme un fils pour moi. Depuis qu’il avait dix ans, nous nous entraînions ensemble, nous passions nos week-ends et nos vacances ensemble. Comme le disait sa mère, il était un peu le fils de parents divorcés. Mon amour pour lui était celui d’un autre fils que la vie m’avait offert. Repose en paix, mon "fils". » Profondément affecté, il a annoncé suspendre temporairement sa traversée de la côte atlantique portugaise avant de reprendre son périple en mémoire d’Arran Strong. Un paddle out est également organisé à Ericeira ce samedi afin de célébrer sa vie et son parcours.

Depuis l’annonce de sa disparition, les hommages affluent dans le monde du surf. GB Surfing a salué « un coéquipier exceptionnel, un compétiteur respecté et une personne profondément généreuse, dont la passion pour le surf a marqué tous ceux qui ont eu la chance de le connaître », évoquant « une perte dévastatrice pour notre sport ». Luke Dillon, entraîneur de la sélection britannique, a rappelé un homme qui « avait affronté tant d’épreuves tout en gardant constamment le sourire et un rire infectieux ». La championne britannique Lucy Campbell a écrit que « le sourire d'Arran allait terriblement manquer à tous », tandis qu’Alys Barton, qui avait partagé de nombreuses compétitions avec lui, a salué « quelqu’un qui encourageait toujours les autres ». Leonardo Fioravanti, actuel leader du Championship Tour de la World Surf League, lui a également rendu hommage en quelques mots : « Un être humain exceptionnel, toujours souriant. Repose en paix Arran. »

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

Surfeur pro et scientifique renommé, Cliff Kapono veut cartographier un million de récifs coralliens d’ici 2030
La rédaction

On connaît mieux Mars que nos fonds marins : ce surfeur pro et scientifique veut cartographier un million de récifs coralliens d’ici 2030

Le surf c'était mieux avant
La rédaction

« Le surf, c’était mieux avant » : une surf fiction ancrée en Bretagne qui pose les bonnes questions

Natural High John Peck
La rédaction

Film « Natural High » : la vague comme expérience spirituelle

Caroline Marks sur la vague de Cloudbreak, aux Fidji, où se jouera le titre mondial 2025, le 18 août 2025.
La rédaction

Aux Fidji, faudra-t-il payer pour accéder aux spots de surf ?

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications