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Nims Dai en parapente à Chamonix
  • Aventure
  • Alpinisme & Escalade

Interview. Nims Dai prépare son surprenant retour

  • 24 juillet 2020
  • 6 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Un livre, trois expéditions dans l’Himalaya cet automne, une en Antarctique en décembre, des 8000 en parapente en préparation, l’alpiniste népalais pourtant durement touché par la crise du Covid-19, bataille sur tous les fronts et pas forcément là où on l'attend le plus. Interviewé par Outside à l’occasion de son passage à Chamonix cette semaine, il fait le point sur ses projets.

En octobre 2019, Outside rencontrait Nirmal Purja, plus connu sous le surnom de Nims Dai, à Katmandou. A l’époque, il avait déjà côché treize cases à sa liste des quatorze sommets de plus de 8000 mètres, objectif de son “Project Possible 14/7”. Entamé avec l’ascension de l’Annapurna (8 091 m), le 23 avril dernier, seul lui restait le Shishapangma (8 013 m). S’il parvenait à gravir ce 14e et dernier sommet, Nims promettait de “prendre du repos”, avant de se tourner vers d’autres défis. Mais toujours à plus de 8 000 mètres, nous racontait-il. “J’ai encore envie de grimper ces montagnes. « Je suis accro à ces sensations. Pour le futur ? Je pense à des ascensions hivernales ou des voies différentes sans utiliser de réserve d’oxygène”, concluait-il sans entrer dans les détails.

A l’époque l’alpiniste et ancien officier népalais - six ans dans les Gurkhas, les forces spéciales népalaises puis dix dans les britanniques - entendait rester discret sur ses plans, comme à son habitude, mais aussi répondre une fois de plus aux critiques qui n’ont pas manqué de l’égratigner depuis l’annonce de son méga projet, en 2018. Trop d’ambition, trop de moyens, trop d’hélico, trop de cordes fixes, et surtout trop d’oxygène. En bref, certains dans la communauté de l’alpinisme lui reprochaient de manquer de style, oubliant au passage, comme il le rappelle volontiers lui-même, qu’en juillet 2019 sur le K2, son équipe avait ouvert la voie cette année-là, installé des cordes fixes dans la zone exposée au risque d’avalanche et que les grimpeurs qui avaient suivi ses traces - Adrian Ballinger et Carla Perez qui grimpaient, eux, sans réserve d'oxygène -  l’avaient chaudement remercié, » sans nous ils ne tentaient pas l’ascension ! », avait-il alors déclaré.

Nims Dai à Chamonix

(Nims Dai / Facebook)

"Qui décide ce qu'est l'esprit de l'alpinisme?"

Pas assez élégant, pas en phase avec l’esprit alpin, Nims ?  “C’est facile d’être assis à une table et de critiquer ce que je fais. Pourquoi je prends de l’oxygène? Pour ma sécurité et celle de mon équipe. Nous avons déjà sauvé plusieurs alpinistes qui étaient à la dérive grâce à nos bouteilles", nous racontait-il quelques mois plus tard. «  Sur le Kanchenjunga, avec les membres de mon équipe, nous avons offert nos propres bouteilles d’oxygène à deux grimpeurs indiens et leur guide Sherpa qui étaient coincés à 8 400 mètres d’altitude (les deux grimpeurs indiens sont finalement décédés, ndlr). Est-ce que ce n’est pas ça l’esprit de la montagne? »

Et au journaliste d’Explorersweb qui lui demandait ce qu’il répondait à ses détracteurs lui reprochant le côté « consommateur » (en temps et en ressources) de son projet, écrivions-nous récemment, Nims Dai rétorquait : « Qui décide ce qu’est l’esprit de l’alpinisme ? Chacun a ses propres raisons d’entreprendre une ascension. […] Certains disent qu’ils préfèrent mourir sur place parce qu’ils ont dépensé toutes leurs économies [pour y aller]. C’est ça l’esprit de l’alpinisme ? Sur le site de l’Alpine Club (le club alpin britannique, le plus ancien au monde, ndlr), il est écrit que l’esprit d’alpinisme est de porter assistance, au mépris de sa propre sécurité, à ceux qui en ont besoin. J’ai participé à quatre sauvetages pendant ce challenge : ça ne cadre pas avec l’esprit d’alpinisme tel que défini par l’Alpine Club? »

Nims Dai

“Project Possible 14/7”, 2019 (Nims Dai / Facebook)

"Le parapente, j'y travaille"

Bref, en rappelant toujours et encore son désir de faire des ascensions sans oxygène, l’outsider qui sidéra plus d’un sceptique le 29 octobre 2019 en arrivant au sommet du Kanchenjunga, réussissant ainsi son défi en six mois et six jours, l’ancien Gurkha devenu une star de l’alpinisme, laissait entendre à qui voulait bien l’écouter, et surtout le croire, qu’il pourrait lui aussi monter en style alpin et sans oxygène. S’il voulait. Et quand il le voudrait.

Aussi, quand on connait la détermination de Nims Dai, on ne sera pas étonné d’apprendre que ses jours-ci, il a quitté pour près de trois semaines sa résidence londonienne et sa femme Suchi Purja pour se poser à Chamonix, en compagnie de Sandro Gromen-Hayes, son ami et photographe déjà à ses côtés au cours des ascensions de Project Possible. Pas pour grimper, comme il nous l’annonçait en novembre dernier, mais pour s’initier au parapente. «  Je débute pour l’instant,  je ne suis pas très bon », nous expliquait-il cette semaine dans une interview.  « Mais j’y travaille. Dès que j’aurai le niveau, j’entends bien faire des 8000 m avec descente en parapente ». Vitesse, on reconnait le style de Nims. Et légèreté, et là, c’est nouveau pour un alpiniste qu’on a vu plus lourdement équipé, mais toujours aussi déterminé.

Nims Dai en parapente à ChamonixNims Dai en parapente à ChamonixNims Dai en parapente à Chamonix

Nims Dai lors de son passage à Chamonix, juillet 2020 (Sandro Gromen-Hayes)

"J'ai dû vendre ma maison pour soutenir mes porteurs"

Ces derniers mois n’ont pourtant pas été faciles pour Nims Dai. A l’instar de toute la communauté népalaise, très durement touchée par la crise sur le plan économique suite l’épidémie de Covid-19, Nims Dai a vu sa saison brusquement stoppée. Lui qui cette année envisageait très sérieusement l’ouverture d’une nouvelle route sur le Cho Oyu (8 188 m) du côté népalais, en lien avec la campagne du gouvernement du Népal baptisée “Visit Nepal 2020”, a vu tous ses projets balayés par le confinement. Fort de son succès sur "Project Possible", Nims Dai venait de lancer son agence d’expédition Elite Himalayan Adventure.

Après avoir déjà guidé sur l’Ama Dablam au Népal et l’Aconcagua, en Argentine, il planifiait de nouvelles expéditions commerciales pour 2020, notamment l’Everest et le Lhotse en avril, le K2 et le Broadpeak cet été et le Manaslu et l’Ama Dablam cet automne.  Sans parler de son programme de conférences internationales. Le 24 mars prochain, il devait raconter ses quatorze sommets à la Royal Geographic Society de Londres. Sold out deux mois auparavant, l’événement a bien sûr été annulé.

« C’est toute la communauté de l’alpinisme qui a été touchée », nous explique Nims Dai. "Mais pour les Népalais, l’impact a été très violent. A titre personnel j’ai dû vendre ma maison pour subvenir aux besoins des gens, guides ou porteurs, qui reposent sur moi pour vivre ou survivre pendant la saison de printemps. J’ai dû trouver de l’argent pour les payer, au moins la moitié de leur salaire, pour qu’ils puissent acheter à manger et subvenir aux besoins de leur famille. Ça a été très éprouvant. Mais il y a toujours une lueur d’espoir. Bien sûr, c’est compréhensible, certains ont sombré, on a vu le taux de suicide augmenter, les gens étaient désespérés, ils ne savaient pas comment gérer la situation ou tout simplement partager leurs angoisses, alors qu’il est essentiel de parvenir à en parler.

Nims Dai

“Project Possible 14/7”, 2019 (Nims Dai / Facebook)

De l'Everest ... à l'Antarctique

Mais nous savons tous qu’il y aura une fin à tout cela. Il faut juste rester positif et en bonne santé pour pouvoir reprendre notre vie normale. Les réservations sont à nouveau ouvertes, et j’espère pouvoir guider sur trois expéditions dans l’Himalaya à l’automne, dont l’Everest et le Manaslu. Mais aussi dans l’Antarctique en décembre. Si tout va bien."

En attendant, Nims Dai continue de travailler sur son projet de film sur "Project Possible", et surtout il prépare à la sortie de sa biographie, annoncée pour septembre. La traduction en italien est déjà prévue, mais rien encore n’est arrêtée pour la version française.
« Vous le croirez ou non, mais écrire mon livre est la chose la plus difficile que j’ai faite de ma vie. Je me donne toujours à 100% dans ce que j’entreprends et j’ai vraiment voulu tout raconter : mon histoire, mon enfance, mon passage chez les Gurkhas et chez les forces spéciales britanniques, pourquoi j’ai pris le risque de quitter cette unité alors qu’il ne me manquait que six ans pour en partir avec une retraite complète. Comment j’ai fait face à la question du financement de « Project Possible ». Au fond, le confinement est bien tombé, jamais auparavant je n’avais eu le temps de m’y mettre vraiment. Ça fait maintenant neuf mois que je travaille dessus, mais ces quatre derniers, c'est douze heures par jour que j'y ai consacrés. J’espère que les lecteurs y trouveront la motivation pour leur propre projet personnel. Très humblement, c’est ma contribution personnelle ».

Nims Dai à Chamonix

Nims Dai lors de son passage à Chamonix, juillet 2020 (Sandro Gromen-Hayes)

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