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Lucas Braathen
  • Aventure
  • Snow Sports

Homosexualité, climat, sponsors… la star de l’équipe de ski norvégienne claque la porte et annonce sa retraite à 23 ans

  • 2 novembre 2023
  • 5 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Coup de théâtre vendredi dernier, Lucas Braathen, Globe de cristal de la Coupe du monde de slalom en 2023 et tête d’affiche des redoutables "Attacking Vikings", l’équipe norvégienne de ski alpin, expliquait, au bord des larmes, qu’il abandonnait la compétition. Un coup dur pour ses milliers de fans mais surtout pour la Fédération norvégienne de ski (NSF) qui, visiblement, ne s’y attendait pas à la veille de l’ouverture de la coupe du monde. Pourtant tout laissait augurer depuis quelques mois que le champion, ouvertement gay et sensible aux causes environnementales, ne se retrouvait plus dans une vision du ski qui n’était plus la sienne : « je me sens enfin libre ! », a-t-il dit.

Après une déception aux Jeux olympiques d'hiver de 2022, Lucas Braathen avait remporté le Globe de cristal de la Coupe du monde de slalom en 2023, aussi ne s’attendait-on pas à l’annonce qu’il a faite vendredi dernier, au bord des larmes, vêtu de rose et de violet, les ongles peints. « C’est fini. J’arrête. Pour que je puisse continuer à skier dans ce système, je ne dois pas simplement mettre mes rêves de côté, mais aussi ma joie. Et je ne suis pas disposé à faire ça. Je prends ma retraite. J'annonce que ma carrière est finie ici à Sölden, là où j'ai remporté ma première course de Coupe du monde. Je l'ai dit à mes coéquipiers hier et ils m’ont tous soutenu ", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse organisée à la veille de l’ouverture de la saison de ski alpin. "Je suis une personne qui a toujours suivi ses propres rêves et c’est ce qui me rend le plus heureux. Je ne cesserai jamais de le faire, et j'en suis très fier. Pour la première fois depuis au moins six mois, je suis heureux d'avoir pris cette décision. Pour la première fois depuis des années, je me sens libre. Et tous ceux qui me connaissent savent que si quelque chose m'apporte le bonheur, c'est ma liberté. Je suis très reconnaissant d'avoir pu vivre cette vie de rêve jusqu'à présent : découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles personnes, de nouveaux endroits. Et cela avec la meilleure équipe du monde, oui, la meilleure équipe. J'ai beaucoup de chance. Cette culture dont j'ai pu faire partie... c'est quelque chose qui restera avec moi pour le reste de ma vie, et cela n'a pas de prix. Je vais maintenant faire mon petit bout de chemin tout seul pour essayer de trouver ma prochaine aventure, et je suis très excité à l'idée d'y arriver ».

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Lucas Pinheiro Braathen (@pinheiiiroo)

Son annonce, suivie d’un post sur Instagram a fait l’effet d’une bombe dans le monde du ski alpin, elle lui a valu des centaines de messages de soutien de ses fans. Elle intervient après des semaines de tensions entre la Fédération de ski norvégienne et un champion à l’esprit libre, ouvertement gay et souvent critiqué pour ses prises de position comme pour ses tenues vestimentaires. En cause ?  Essentiellement la question des droits d'image. Lucas Braathen avait en effet participé à un shooting avec la marque suédoise J. Lindeberg. Or la Fédération norvégienne de ski (NSF) est en contrat d’exclusivité avec Helly Hansen et avait décidé de lui infligé une amende. Un épineux sujet déjà au cœur dans le passé d’un conflit avec un autre skieur, Henrik Kristoffersen.

"Voir ce qui est bon pour le ski mais aussi pour le climat"

Mais ce différent, qui aurait dû être réglé par une modification du contrat du skieur avant l’ouverture de la saison, n’est peut-être qu’un simple détonateur. Car le skieur norvégien, qui a également la nationalité brésilienne par sa mère, est sans doute l’un des personnages les plus atypiques d'un circuit assez conservateur. Lucas Braathen a beau compter cinq succès en Coupe du monde, dont trois la saison passée en slalom, son style flamboyant n’est pas du goût de tous. Sa décision, irrévocable, remonterait donc à plusieurs semaines et serait le fruit d’une immense lassitude et de beaucoup de frustrations aussi. 

« Je n'arrête pas parce que je veux protester ou être vindicatif, a-t-il ajouté. J'ai été traité de manière extrêmement irrespectueuse. Nous sommes représentés par une fédération qui manque totalement de « boussole morale ». Je me suis excusé après le shooting auprès de mes coéquipiers et des sponsors de la fédération, mais je ne me suis pas excusé auprès de la fédération. Tout ceci aurait pu être évité si nous avions eu un dialogue constructif. Ma vie est trop courte pour continuer à faire quelque chose qui ne me rend pas heureux. Je souhaite le meilleur à mes coéquipiers. » conclut l’athlète qui, rappelle le magazine Ski racing, s’est montré également très critique à l’égard de la FIS qui devrait “lutter en faveur du climat et non contre et voir ce qui est bon pour le ski mais aussi pour le climat »

https://www.youtube.com/watch?v=lnqi9NsiAfY

Son modèle ? "Steve Jobs et Dennis Rodman !"

A 23 ans, Lucas Braathen a donc des positions très affirmées sur bien des sujets et ne se définit pas seulement comme un skieur, aussi brillant soit-il. Et ça ne date pas d’hier. Car si la Fédération avait bien écouté l’athlète ou tout simplement lu les interviews accordées aux médias cette année, elle aurait certainement compris qu’il y avait péril en la demeure et, peut-être, géré autrement une crise qui aurait pu être éviter. Qu’on en juge.

En février déjà, lors d'une interview accordée à Red Bull, Lucas Braathen avait exprimé son attachement à cultiver son style personnel, montrant que sa passion ne se limitait pas aux pistes de ski : "La mode est subjective. Le ski, ce sont des centièmes de seconde, des podiums, des victoires. Je cherche le contraire dans les autres facettes de ma vie. Je veux pouvoir m'exprimer comme je l'entends. J'ai besoin de cela pour être un bon skieur. Lorsque la saison de ski est terminée, je dois pouvoir m'éloigner le plus rapidement possible de ma vie de sportif professionnel afin de revenir motivé plus tard. Chaque jour passé avec des amis qui n'ont rien à voir avec le ski fait de moi un meilleur skieur."

Interrogé sur son « role model, » le skieur répondait : Steve Jobs ! . « Steve Jobs est mon modèle parce qu'il a résisté aux règles strictes qui prévalaient dans l'industrie informatique conservatrice de l'époque. Il s'est démarqué et s'est contenté de faire ce en quoi il croyait. » Mais si vous deviez citer une star du sport comme modèle, ce serait qui ?, insistait le magazine . « Dennis Rodman. Pour moi, Rodman est l'exemple même de la star du sport qui fait les choses à sa façon. Il jouait pour la plus grande équipe de basket-ball du monde et les yeux du monde entier étaient braqués sur lui, mais il s'en moquait. Après tout, c'était lui qui devait marquer, pas les journalistes, pas l'entraîneur, pas le club. C'est comme ça pour moi aussi. Les membres de la famille, les entraîneurs, les professeurs, les écoles, les associations... Ils ont tous une opinion. Et tu dois tous les écouter. Mais c'est à toi de décider. Parce que tu es le seul à être au départ. Tu êtes le seul à pouvoir gagner la course. ».

Servir d'inspiration pour rendre le sport plus inclusif

A ce stade, on ne sait pas quelle voie va choisir Lucas Braathen, et certains spéculent déjà sur la possibilité de le voir courir sous les couleurs du Brésil, sa seconde nation – si tant est que la Norvège le permette -, mais une chose est sûre, c’est que sa sortie flamboyante, bien à son image, va donner à réfléchir à plus d’un athlète et, peut-être, faire bouger les lignes au sein d’une fédération qui semble de plus en sclérosée. Dans ce cas Lucas Braathen aura commencé à atteindre ce qu’il définissait comme son but principal : « Je veux changer ce sport en étant moi-même. Je ne veux pas avoir à restreindre ma personnalité simplement parce que le système s'attend à ce que je le fasse. Ou parce que le public des skieurs l'attend. Ou la presse norvégienne. Je ne veux pas qu'on me dicte comment me comporter en tant que skieur. Et j'espère ainsi pouvoir être une source d'inspiration pour quelqu'un. Un garçon qui veut se peindre les ongles peut enfin oser le faire, comme je le fais. Un garçon qui veut s'habiller de manière féminine peut oser le faire, ou bien adopter une certaine position politique, même si les gens autour de lui ne partagent pas son opinion. Le monde du sport est souvent très conservateur, strict, enfermant. Je ne suis pas assez fort pour nous débarrasser de ces carcans à moi tout seul, mais si je peux servir d'inspiration pour rendre le sport un peu plus tolérant, coloré et diversifié, cela me rendrait bien plus heureux que n'importe quelle victoire sportive !".

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