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Film « Creativity is a Muscle » : le récit inédit de States of Elevation par le photographe de Kilian Jornet

  • 9 avril 2026
  • 8 minutes

NNormal NNormal Article Sponsorisé

Si Kilian Jornet demande qu’un sandwich au Nutella l’attende au sommet d’un fourteener, soyez sûr que Nick Danielson sera là, sandwich et appareil photo en main, prêt à immortaliser l’odyssée dans laquelle s’est embarqué l’ultra-traileur. Après avoir couvert les exploits de l’athlète catalan, de la Hardrock à l’UTMB, en passant par Alpine Connections ou encore la création de sa marque NNormal, Danielson entraîne cette fois son regard sur States of Elevation, une traversée qu’entrepend Kilian pour relier les 72 sommets de plus de 14 000 pieds (4 267 mètres) de l’Ouest américain, sans autre moteur que le sien. Homme de peu de mots, Jornet se dévoile ici à travers le regard de son ami et photographe, qui s’efforce de saisir celui qui se déplace plus vite qu’une image. Il en résulte un film, disponible en avant-première pendant 24 heures sur Outside, brut et sensible sur la créativité, l’endurance et l’art de vivre pleinement dans le moment présent.

Creativity is a muscle
VOIR LE FILM

Le 3 septembre dernier, Kilian Jornet s’élançait depuis Longs Peak, dans le Colorado, donnant le coup d’envoi de ce qui s’annonçait déjà comme son projet le plus ambitieux de sa carrière : States of Elevation. Pensé dès l’origine comme une simple ligne tracée sur une carte, le projet consistait à relier, en un seul trait, les 72 fourteeners, sommets de plus de 4 000 mètres des États-Unis continentaux. Une idée qui, sur le terrain, s’est traduite par une traversée de 5 145 kilomètres — dont plus de 4 000 à vélo — et 123 000 mètres de dénivelé positif, à travers les Rocheuses, les déserts de Californie, la Sierra Nevada et les forêts du Nord-Ouest Pacifique, jusqu’au Mont Rainier, dans l’État de Washington, atteint un mois plus tard.

Mais derrière cette ligne, il y a une autre trajectoire, plus discrète mais tout aussi essentielle : celle de Nick Danielson, photographe et réalisateur, chargé de documenter cette odyssée au long cours.

Avec Creativity is a muscle, court-métrage de 22 minutes disponible en avant-première découpé en quatre chapitres — persistance, résilience, créativité, présence — Danielson s’éloigne d’un récit purement performatif pour livrer un regard intime sur l’évolution de Kilian Jornet pendant les 31 jours de sa traversée. Et pour raconter l’homme qui refuse les grands discours et « ne parle jamais en hyperbole », c’est au cinéaste de prendre la parole, non pas pour amplifier, mais pour traduire ce qui nourrit sa manière d’être au monde.

Observer quelqu’un évoluer à ce niveau, c’est à la fois fascinant et terrifiant. 

(Nick Danielson / Nnormal)

« J’ai passé toute ma carrière à m’assurer d’être derrière la caméra, jamais devant. Et pour ce film, les rôles se sont inversés », nous confie Nick Danielson. Originaire de Seattle, dans l’État de Washington, ancien athlète et guide, aujourd’hui photographe et réalisateur basé dans l’Utah, Danielson s’est imposé au fil des années comme l’un des collaborateurs visuels les plus proches de Kilian Jornet et de sa marque, NNormal.

Sa singularité tient en partie à son parcours hybride, à la croisée du photojournalisme et du design graphique, dont il tire une approche très narrative de l’image. « Je cherche toujours l’image la plus étrange qui raconte quand même l’histoire, celle qui sort du lot », explique-t-il. Rien ne prédestinait pourtant Danielson à se retrouver un jour à documenter les plus grands projets d’ultra-endurance. Ses débuts, plus modestes, remontent aux photos prises pour l’annuaire de son lycée — une entrée en matière presque anodine, qui contraste avec les terrains sur lesquels il évolue aujourd’hui. Depuis, il a suivi Kilian Jornet sur certaines des courses et projets les plus emblématiques de sa carrière, de Hardrock à l’UTMB, en passant par Western States, Sierre-Zinal ou encore Alpine Connections. Autant d’expériences qui lui ont permis d’affiner progressivement sa compréhension de l’athlète. « À chaque projet, on comprend un peu mieux ce qui le fait avancer », confie-t-il. « Le fait de passer du temps avec lui, de voir comment il fonctionne, est extrêmement précieux, parce que cela permet de saisir ce qui le motive profondément. »

Car Kilian Jornet, insiste Danielson, n’est pas un sujet qui se raconte facilement. « C’est quelqu’un de très simple, qui n’a pas besoin de mise en scène… et qui est souvent très factuel dans sa manière de parler. Il est difficile de le faire prendre du recul pour qu’il exprime à quel point ce qu’il fait est exceptionnel. Une partie de mon travail consistait justement à observer et à témoigner là où il ne le fait pas. »

States of Elevation behind the sceneStates of Elevation behind the sceneStates of Elevation behind the scene

À première vue, rien n’est simple dans une aventure de cette ampleur. Et pourtant, derrière la démesure du projet, le dispositif mis en place reste d’une étonnante sobriété. « Nous étions en réalité très peu nombreux : Kilian, Person à la logistique, moi-même, et deux autres réalisateurs », résume Nick. Un RV comme home base, un truck pour se déplacer, un vélo pour Kilian et basta. Une simplicité qui s’inscrit pleinement dans la manière dont Kilian Jornet envisage ses projets. « Cela correspond totalement à sa philosophie : il veut que les choses restent simples, pures. Ce qu’il recherche avant tout, ce sont ces expériences en montagne. »

(Nick Danielson / NNormal)

Suivre l’homme qui se déplace plus vite qu’une image

Si Kilian s’engage pleinement dans ce projet titanesque, il ne faut pas oublier que, pour Nick Danielson, documenter States of Elevation revient aussi à repousser ses propres limites, en enchaînant pendant 31 jours des journées longues et des nuits trop courtes, dans une forme d’endurance qui fait écho à celle du coureur. Une immersion qui lui permet de mieux comprendre, et donc de mieux raconter, ce que traverse le catalan.

Habitué à suivre des athlètes, Nick Danielson qui consacre déjà ses étés à courir en montagne, avoue que ce projet l’a poussé à aller plus loin. En amont, il s’est entraîné spécifiquement dans son État de Washington, accumulant les longues sorties et les itinéraires techniques. « Au final, le meilleur entraînement a été de faire des sorties que j’envisageais depuis des années et que je n’avais jamais pris le temps de faire. Et d’une certaine manière, c’est assez représentatif du projet lui-même. »

Sur le terrain, pourtant, aucune routine ne s’installe vraiment. Chaque journée devient une forme « d’équation mouvante », qu’il faut résoudre en permanence. « Je partais souvent avec lui le matin depuis le camping-car, je courais quelques heures, puis je redescendais pour rejoindre le camion, je conduisais jusqu’à un autre point d’accès, et je repartais courir pour essayer de le retrouver plus loin », raconte-t-il. Le tout dans des zones reculées, parfois accessibles uniquement par de longues pistes forestières, au cœur d’un territoire immense.

À cette complexité logistique s’ajoute l’absence totale de repérage. Danielson découvre les lieux en même temps que Jornet : « Ce qui est assez beau, c’est que je découvrais ces endroits en même temps que lui », explique-t-il.

Sur le tableur Excel dont dispose Kilian, où chaque étape est anticipée, Danielson y ajoute sa propre colonne, les points où il espère pouvoir le rejoindre, les moments qu’il souhaite capturer, en cherchant à « maximiser le temps passé avec lui, notamment en altitude ». Mais, sur le terrain, ces plans restent volatiles. « J’ai réussi à atteindre certains de ces endroits, mais beaucoup d’autres sont tout simplement tombés à l’eau », reconnaît-il. Car au-delà des contraintes géographiques, il faut composer avec les éléments — les tempêtes, la nuit, la fatigue — mais aussi avec le sujet lui-même. « Il y a eu des moments où il avançait tellement vite que je faisais simplement de mon mieux pour le suivre », confie Danielson.

Et surtout, Kilian Jornet ne cesse d’ajuster sa trajectoire. Comme ce jour, sur une arête effilée du Colorado, la Knife’s Edge, où Danielson choisit d’attendre en retrait, certain de tenir « the shot ». Kilian atteint le sommet… puis disparaît hors vue, choisissant une descente improvisée dans un couloir. « C’était une descente assez engagée, mais il a dû regarder et se dire que ça passait. Il navigue dans le terrain en fonction de ce qu’il voit, et il prend ses décisions comme ça, sur le moment, ce qui ne simplifie pas trop mon travail », dit-il en rigolant.

« Une grande partie du travail consistait simplement à résoudre des problèmes, en permanence, explique-t-il simplement. L’athlète est celui qui dirige le projet. En tant que réalisateur, il faut être constamment réactif : ce n’est pas toi qui décides d’aller à gauche ou à droite, tu décides seulement si tu documentes ou non ce qui se déroule devant toi. » C’est précisément dans cette contrainte que se loge, selon lui, la richesse de l’histoire. « Cela t’oblige à rester fluide, à réagir à chaque imprévu, sans jamais savoir à l’avance ce qui va se passer. Ma mission, c’est de raconter l’histoire de la manière la plus fidèle possible. »

(Nick Danielson / NNormal)

Les leçons apprises à suivre Kilian Jornet

« La créativité se travaille et s’entretient comme un muscle » . « Dans mon métier, c’est assez évident, nous les créatifs, on ressent tous ça. Mais le voir s’exprimer dans un domaine où on ne l’attend pas forcément, c’est vraiment fascinant », explique-t-il. « Je pense que beaucoup de gens ne voient pas Kilian comme quelqu’un de créatif. Et pourtant, il l’est profondément. Il prend tous les outils qu’il a à sa disposition, nourris par des années à courir, grimper, skier, explorer, et il les transforme en une forme de créativité qui lui est propre. Le projet lui-même en est la preuve. »

Je pense que beaucoup de gens ne voient pas Kilian comme quelqu’un de créatif. Et pourtant, il l’est profondément.

Au-delà de la performance, ce qui marque profondément Nick Danielson au cours de ce mois passé aux côtés de Kilian Jornet, c’est sa manière d’habiter les lieux. Il y a quelque chose de presque rassurant à savoir que l’homme qui a parcouru certains des environnements les plus spectaculaires de la planète, de l’Himalaya à l’Alaska, apprécie de façon profonde ce qui l’entoure, comme peu le font. Et ça, Nick Danielson l’a très vite compris. « Il a une capacité incroyable à apprécier les espaces sauvages, souligne-t-il, alors même qu’il a été sur les plus hauts sommets du monde. Là où certains diraient que ces endroits sont objectivement “moins beaux”, dans un désert aride, sur une piste au milieu d’un massif oublié, peu importe où, lui y trouve une forme de beauté et de puissance. Et ça, c’était vraiment quelque chose de spécial à observer. »

On pouvait courir dans le désert, et il s’arrêtait pour montrait quelque chose du doigt en disant : « C’est très beau ».

Une attention à son environnement que Danielson a voulu traduire dans le film, à travers des long plans fixes. « Je voulais laisser aux gens un moment pour vraiment apprécier ces paysages, explique le photographe. L’idée, c’est aussi d’emmener le spectateur dans des endroits où il n’ira probablement jamais, de montrer ce qui les rend uniques et de les inviter à ralentir. »

Kilian JornetStates of Elevation behind the sceneStates of Elevation behind the sceneStates of Elevation behind the scene

Filmer Kilian Jornet, c’est aussi chercher sa place en permanence, entre photographe et ami. « En photojournalisme, on t’apprend à rester observateur et à laisser les choses se dérouler. Mais ici, j’étais à la fois là pour documenter, mais aussi pour le soutenir. On se connaît, on est amis, et évidemment, je voulais qu’il s’en sorte. » Pas toujours facile de savoir quel rôle prendre : « Rétrospectivement, c’est presque drôle de se dire que j’étais inquiet pour lui, alors que c’est probablement l’une des personnes les plus à l’aise en montagne au monde, reconnaît-il. Mais il y a des moments où je le voyais complètement épuisé, et je me demandais où était la limite : est-ce qu’il devait partir sur cette traversée, est-ce que je devais l’accompagner, l’aider ? »

La réponse, souvent, venait de Kilian lui même. « Je lui demandais simplement comment il se sentait, ce qu’il en pensait. Je pouvais le retrouver à mi-chemin, ou de l’autre côté. Et lui me disait : “fais comme tu veux, ça ira dans tous les cas.” Et dans les rares moments où il m’a exprimé un besoin, comme un sandwich au Nutella sur je ne sais plus quel sommet, je faisais en sorte d’être présent. »

Finalement, « On ne savait pas s’il allait réussir en 30 jours. Lui non plus. Il y a eu plusieurs moments où je me suis dit que l’aventure était impossible à capturer, confie Nick Danielson. Mais Kilian ne se préoccupait jamais du lendemain ou de la semaine suivante. Il était entièrement concentré sur le moment qu’il était en train de vivre. À la fin du projet, nous nous sentions tous les deux encore capables de poursuivre une semaine ou deux. »

Au-delà des chiffres, des sommets et de la performance, Creativity is a muscle laisse ainsi apparaître le portrait de deux hommes en mouvement, l’un courant après l’autre, tous deux unis par le même émerveillement face à la grandeur sauvage de l’Ouest américain.

VOIR LE FILM COMPLET

Photo d'en-tête : Nick Danielson / NNormal
Thèmes :
Alpinisme
Films
Kilian Jornet
Ultra Trail

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